Le rôle des policiers selon Gbagbo Laurent

Vous êtes des policiers, vous n’êtes pas des juges... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Vos ennemis, ce sont tous ceux qui sont contre la République.Tous ceux qui veulent installer la chienlit, le désordre. Tous ceux qui veulent troubler les élections. Battez-vous contre le désordre, contre la chienlit… Ne réfléchissez pas, ce sont les juges qui réfléchissent. Vous êtes des combattants du respect de l’ordre public. S’il y a des dégâts, les juges rétabliront tout. La République se construit avec les Forces de l’ordre, avec les forces de combat… Moi, j’ai les bras de la République. Quand le moment arrive pour que je lance mes bras, je les lance.
Matez tous ceux qui sèment le désordre et après on réfléchira … Matez, matez, tous ceux qui sont contre la République... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Votre rôle n’est pas de réfléchir comme les juges. Ce sont les commissaires qui réfléchissent à votre place… Vous, votre rôle, c’est de mater, de mater…Le policier ne doit pas réfléchir… Il doit taper et s’il y a des erreurs, s’il y a des problèmes nous allons arranger…

Gbagbo Laurent, Chef de l'Etat ivoirien, à l'occasion de l'installation de la CRS 3 à Divo le vendredi 27 Août 2010


lundi 8 février 2010

Lotérie électorale

Qui bien malin pourrait dire quand aura lieu l’élection présidentielle. L’accord politique de Ouagadougou est en très grand danger car la colonne vertébrale de cet accord voulu par le Chef de l’Etat Laurent Gbagbo, l’élection présidentielle devient de plus en plus hypothétique. Le candidat Laurent Gbagbo, l’initiateur de cet accord, en accusant le Président de la CEI de fraude sur le listing électoral, vient sans doute de signer le certificat de décès de cet accord, malgré les efforts du Premier Ministre, l’autre signataire, de calmer le jeu et de rassurer les différents protagonistes, surtout le camp présidentiel. Curieusement, le Président du Burkina Fasso, Blaise Compaoré, facilitateur de la crise ivoirienne, reste muet comme une carpe. Le facilitateur serait-il exaspéré par les crises à n’en point finir qui jalonnent le processus de sortie de crise ?

D’ailleurs l’ONU, à travers le dernier communiqué de son conseil de sécurité concernant la crise ivoirienne, vient de lancer une sévère mise en garde aux autorités ivoiriennes les menaçant de reconsidérer les relations de l’ONUCI avec la Côte d’ivoire si l’élection présidentielle n’avait pas lieu avant juin 2010. Cette attitude de fermeté traduit l’exaspération et la lassitude de la communauté internationale devant les crises à répétition et le report incessant de la date de l’élection présidentielle. Le fait que le Directeur de la banque mondiale, lors de sa visite dans notre cher pays, ait lié le point d’achèvement du PPTE à la tenue de l’élection présidentielle, laisse de marbre les autorités ivoiriennes.

Tout ce mic mac traduit le manque de volonté notoire des acteurs de la scène politique ivoirienne, surtout du camp présidentiel alors que tous les sondages donnent vainqueur leur candidat dans tous les cas de figure, à aller à l’élection présidentielle. Chaque camp tire d’une façon ou d’une autre avantage de cette situation, ignorant totalement la souffrance du peuple.

Cette énième crise traduit bien, à l’analyse, une véritable crise de confiance et la hantise de chaque camp à perdre l’élection présidentielle. D’où cette lutte farouche pour le contrôle de la CEI. Amenant ainsi les acteurs politiques à s’inscrire dans une logique d’affrontement. Aucun camp n’est psychologiquement près à accepter sa défaite éventuelle. Ce ne sont pas des adversaires mais des ennemies politiques, engagés dans une bataille épique pour le contrôle des richesses de la Côte d’Ivoire et de la manne financière d’après crise. Et c’est là le malheur des ivoiriens.

Finalement, je crois que la solution radicale pour une paix durable et définitive en Côte d’Ivoire passe par les trois mesures suivantes
- L’ONU doit prendre toute ses responsabilités dans la résolution de cette crise. L’ONUCI ne doit plus être dans une mission d’accompagnement du processus de sortie de crise qui a atteint ses limites. Il est question d’imposer la paix par la mise à l’écart de la scène politique ivoirienne de Gbagbo, Bédié et Alassane qui depuis 1993 sont responsables des malheurs des ivoiriens et de Soro Guillaume.
- Une transition de trois ans avec des hommes et des femmes non marqués politiquement, sous la haute autorité de l’ONUCI
- Une dissolution du FPI, du RDR et du PDCI car ces partis politiques n’existent qu’à travers leurs leaders et sont ethniquement très marqués et cela tient des circonstances de leur création. Ces partis seront remplacés par de nouveaux partis avec de nouveau leaders.

Que Dieu ou Allah protège la Côte d’Ivoire car je ne crois plus à la capacité des trois, voire des quatre de sortir mon pays de cette situation.

vendredi 5 février 2010

Le cinquantenaire selon Gbagbo


Le dimanche 31 janvier 2010, rendant visite à un ami de l’école primaire, J’ai été surpris de voir une cérémonie qui avait lieu à la présidence de la république (je regarde très rarement la RTI) en présence du maître des lieux. Renseignement pris, il s’agissait du lancement de l’année du cinquantenaire de notre très cher pays, déchiré par une crise politique depuis 2002. A cette occasion le Chef de l’état a prononcé un discours d’environ une trentaine de minutes où il a demandé aux africains de réfléchir sur ce qu’ils ont fait de ces cinquante ans d’indépendances. Cette réflexion est nécessaire pour faire l’autopsie des Etats africains et surtout réfléchir sur le future de nos Etat.

La seule fois où Laurent Gbagbo a évoqué le nom du premier président de la Côte d’Ivoire, c’était de se poser la question de savoir pourquoi Houphouet Boigny qui était si populaire a opté pour le parti unique. Et cela sur un ton ironique. Peut-on parler d’indépendance de la Côte d’Ivoire sans rendre hommage au premier président de la Côte d’Ivoire. Tout le monde connait le parcours de Félix Houphouet Boigny au temps colonial. C’est en grande parti grâce au combat qu’il a conduit que la Côte d’Ivoire est devenu indépendante. Qui est à l’origine de l’abolition du travail forcé ? C’est Houphouet Boigny. Et Gbagbo Laurent en tant qu’historien le sais. Même si on déteste le lapin, il faut reconnaître qu’il a de grandes oreilles et qu’il court vite.

Ce discours du Chef de l’Etat, m’amène à me poser la question suivante : qu’el est l’intérêt de la célébration en grande pompe de ce cinquantenaire dans une période aussi trouble que celle que nous vivons actuellement avec l’affaire des 429 000 électeurs qui plombe le processus électoral, donc la sortie de crise ? Pour moi la célébration de cet évènement devrait se faire dans un climat de réconciliation nationale, occasion de renforcement de l’unité nationale, de rassemblement de tous les ivoiriens. Les conditions politique, économique, sociale et psychologique sont-elles réunies pour la célébration de ce cinquantenaire ?

L’impression que j’ai eue en écoutant ce discours est que le processus électoral, colonne vertébrale de la sortie de crise, n’est plus la priorité de Laurent Gbagbo. Pour lui la priorité des priorités est la célébration du cinquantenaire qu’il compte conduire jusqu’à son terme. Le Chef de l’Etat en a fait une affaire personnelle comme si célébrer cet évènement est pour lui une victoire sur ses adversaires politiques. D’ailleurs le Premier Ministre à briller par son absence à cette cérémonie de lancement.

Côte d'Ivoire : Un pays en danger. Les Conseils des ministres suspendus.......

Soir Info: Situation sociopolitique

Il ne s’agit pas, pour nous, ici, de jouer aux oiseaux de mauvais augure. Mais, la vérité d’airain est implacable aujourd’hui. Il pèse sur le pays une véritable chape de plomb et l’on s’achemine, inéluctablement, vers un désastre socio-politique dont les conséquences seront dommageables sur processus de sortie de crise… Depuis que cette mystérieuse histoire de présumées fraudes sur la liste électorale, relativement aux 429.000 personnes, imputées au président de la CEI, Robert Mambé Beugré a éclaté, le ciel s’est brusquement assombri sur la Côte d’Ivoire et la « météo » politique annonce des tempêtes, au point de menacer l’équilibre de toute la société démocratique du pays.

Les propos incendiaires entre les camps opposés, la stigmatisation de certaines communautés, l’instrumentalisation des médias d’Etat, la recrudescence de la violence, la chasse aux présumés étrangers sur la liste électorale, l’immixtion de la politique à la CEI (Commission électorale indépendante), les attaques des palais de justices par des pétitionnaires menacés de radiation, la colère ambiante des populations, les intimidations et menaces pour obtenir le départ ou le maintien du président de la CEI, sont autant d’indices et de faits qui menacent au quotidien les Ivoiriens et laissent entrevoir une période de turbulences, d’incertitudes, voire de périls sur la Côte d’Ivoire. A cela, il faut ajouter la chronique des incendies aux origines douteuses. En deux semaines, plusieurs marchés et des espaces commerciaux ont été ravagés par le feu. Puis est venue s’ajouter la spirale des délestages électriques…Qui vont, dit-on, durer trois mois. Dans cette atmosphère de feu, de sangs et de calvaire, le gouvernement semble avoir aujourd’hui marqué le pas dans son fonctionnement régalien, en ce qui concerne, notamment, les conseils des ministres. Depuis le 17 décembre 2009, le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, qui à l’initiative de ces réunions hebdomadaires, n’a plus convoqué de Conseil des ministres… La situation politique pour le moins délétère s’est davantage dégradée quand le ministre de l’Intérieur, Désiré Tagro, a saisi le procureur Tchimou Raymond aux fins d’une enquête judicaire contre Mambé Beugré alors que Soro Guillaume avait choisi la voie du compromis politique. A l’allure où vont les choses, l’on a le net sentiment que tout est fait, sciemment, pour bloquer l’organisation des élections et, par voie de conséquence, disloquer le tissu socio-politique.

Car, comment comprendre que l’appel du président de la Banque mondiale, Robert Bruce Zoéllick, qui était de passage récemment en Côte d’Ivoire ne soit entendu par les acteurs politiques ivoiriens. « Je suis profondément préoccupé par la situation en Côte d’Ivoire. Il y a eu des progrès, mais le problème de la liste électorale a provoqué un doute. Il est vital que tous les acteurs politiques ivoiriens respectent leur engagement d’organiser l’élection avant fin mars 2010″, avait-il affirmé. Vers le scénario sénégalais ?

Le président de la Banque mondiale n’avait pas manqué de souligner la nécessité pour ce pays d’aller rapidement aux élections. ‘’Le message que je veux leur transmettre porte sur la nécessité de boucler le plus tôt possible les listes électorales et de passer aux élections présidentielle et législatives(…) Tant qu’on n’a pas réglé les problèmes politiques et électoraux, il sera difficile d’attirer les investisseurs vers la Côte d’Ivoire’’, avait-il déclaré le vendredi 29 janvier 2010, à l’issue de sa visite de trois jours. Il a rappelé que d’importants efforts ont été déjà entrepris en matière d’annulation de la dette dans le cadre de l’initiative ‘’Pays pauvres très endettés’’ (Ppte). « Mais l’achèvement de ce processus d’annulation de dette dépendra forcément de la tenue d’élections libres et démocratiques ainsi que des réformes à entreprendre ».

Pour sa part, le Conseil de sécurité des Nations unies à, le 28 janvier 2010 dans sa résolution 1911, demandé aux parties ivoiriennes de faire en sorte que la liste électorale définitive soit publiée et d’annoncer officiellement la date du premier tour des élections présidentielles. Il est clair que ces appels du président de la Banque mondiale et ceux de l’Onu ont glissé sur la « carapace » des acteurs de la crise ivoirienne. Chaque acteur privilégie l’intérêt de son camp…au dépend de l’intérêt de la nation. Une chose est sûre aujourd’hui. Dans l’affaire Mambé Beugré, le camp présidentiel s’est résolument inscrit dans le scenario « sénégalais », en faisant de sa démission, une option non négociable… Au pays de la « Teranga », Me Abdoulaye Wade, président sortant et candidat à sa propre sucessession pour les élections prochaines, avait contraint, à la démission, en novembre 2009, le juge Mamadou Moustapha Touré, président de la Cena (Commission électorale nationale autonome). Wade et son parti, le Pds (parti démocratique Sénégalais) s’étaient débarrassé du président de la Cena dans les conditions quasiment similaires à celles de Robert Mambé Beugré : de présumés tripatouillages de la liste électorale. En effet, le 26 novembre 2007, peu après la publication des listes électorales, la Cena avait relevé que le fichier électoral ne comportait que 3,5 millions d’inscrits, contre 5 millions annoncés par le ministère de l’Intérieur.

Ce décalage dans la comptabilité des électeurs avait durablement empoisonné les relations entre la Commission et le pouvoir comme c’est le cas en ce moment en Côte d’Ivoire. Wade a réclamé et obtenu la démission de ce président qui ne donnait pas « de garantie de docilité ». Mais au-delà du président de la CEI, c’est peut-être l’accord politique de Ouagadougou ( Apo) qui est visé, avec Soro Guillaume qui en est le garant. Le président-candidat Laurent Gbagbo a dit qu’il « n’irait pas à l’élection présidentielle comme un mouton à l’abattoir ». Qui de Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Konan Bédié (pour ne citer que ceux-là), dans cette mystérieuse affaire de prétendue fraude sur la liste électorale n’est pas aussi sûr qu’il le clame haut et fort de pouvoir s’assurer une victoire à la régulière, au point de chercher à contrôler la CEI ?… Et de ressusciter la question identitaire qui a été à la base de la rébellion. Si on n’évolue pas vers une autre période de « calamité », selon certains observateurs, on s’achemine, inéluctablement, vers un fatal désastre …

Armand B. DEPEYLA

Témoignage d'un ancien fesciste

C’est le coq qui tous les matins annonce généralement le levé jour. Le coq-Fesci a chanté et l’an 2010 s’élèvera sur la Côte d´Ivoire selon sa volonté. Il y a dans le quotidien des hommes des signes qui ne trompent pas. Mieux, il y a dans ce quotidien des faits non négligeables qui dessinent l´ossature et la forme des évènements à venir.

Le week-end du 25 au 27 décembre 2009 dernier, la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d´Ivoire (FESCI) a tenu son congrès ordinaire pour élire son nouveau Secrétaire Général.

Pour cette seule raison, qui semble fondamentale pour l´école ivoirienne en chute libre et désespérée, deux congrès ont été organisés simultanément à Abidjan et à Yamoussoukro assortis de deux secrétaires généraux. Chacun des deux élus revendiquant la légitimité et la légalité statutaires.

Déchirée par une dissidence dangereuse, la Fesci est en proie á une lutte pour son contrôle par les partis politiques et la rébellion du MPCI. À vrai dire, le tiraillement politique dont la FESCI est objet ne date pas de la dislocation du Front Républicain en 1996, une alliance contre-nature entre le FPI de Laurent Gbagbo et le RDR d´Alassane Dramane Ouattara.

Déjà à notre époque, de 1990 à 1994, la Fesci était au centre de basses manœuvres politiques pour son contrôle, entre le FPI, le PIT, le PSI et l´USD de Zadi Zaourou à un moindre niveau. Seulement qu´à cette époque la lutte avait un seul centre d´intérêt. La lutte de front pour faire tomber le pouvoir PDCI. Parti unique au pouvoir depuis le 07 août 1960, date de la proclamation de l´indépendance de la Côte d´Ivoire. Cette fronde estudiantine et scolaire se justifiait dans le manque d´un vrai projet digne de rénovation et de redéfinition du système éducatif national mais surtout cette fronde se justifiait dans l´irresponsabilité du gouvernement ivoirien d´alors vis-à-vis de ce qu’il convient d´appeler la relève et l’avenir de la nation ivoirienne.

Alors que l’école ivoirienne avait besoin dans l’urgence d’un plan d’assainissement et de réorientation pour s’accommoder aux nouvelles exigences de cette époque, dans un contexte de retour au multipartisme. Ce manque d´actions gouvernementales en faveur de l´école ivoirienne pour son renouvellement ne favorisait pas l´épanouissement des élèves et étudiants. Encore moins il ne créait de meilleures conditions de vie et de travail, nécessaires à leur intégration et leur rayonnement qualitatif et surtout positif. Car pour la FESCI « Il ne pouvait y avoir d´école nouvelle sans démocratie véritable ».

Et l´avènement d´une démocratie vraie en Côte d´Ivoire passait souventes fois par l´abandon du champ syndical de l´école nouvelle pour reprendre le refrain du chant hautement politique revendiqué par les partis de l´opposition de cette époque. Ce qui nous valut l´étiquette de bras séculier de cette opposition politique. Ce slogan, bien inspiré, reste d´actualité. Toutefois, il est bien de noter à des fins utiles que les époques ont changé et la gestion du pouvoir d´état a changé elle aussi de main. Le besoin d´école nouvelle en Côte d´Ivoire s´avère toujours d´actualité mais la démocratie véritable, quant à elle, devient tout simplement une illusion transcendantale tellement les gros-bras de l´échiquier politique ivoirien ont pris le pays en otage. Tellement ils ont caporalisé et catégorisé les Ivoiriens en clans ennemis qui se regardent désormais en chien de faïence. Tellement leur volonté de gouverner le pays ramène tout ce qui y est lié à leur seule et petite personne.

Tant que ces gros-bras de la scène politique ivoirienne ne comprendront pas que les hommes passent mais que la nation demeure, il nous sera difficile de réaliser le rêve d´une démocratie véritable dans notre pays. Et les acquis de cette démocratie véritable, arrachés de hautes luttes dans l´abnégation, se sont fragilisés et effrités à la grande satisfaction de nos hommes politiques qui se définissent tous comme de grands démocrates. Ces acquis de la démocratie arrachés de haute lutte et dans l´abnégation ont désormais cédé la place à la désillusion et au chantage humain, nous rappelant étrangement le cycle infernal des damnés de la terre.

Pour mémoire, la dissidence de 1992-1993 y est grandement pour quelque chose. Car le FPI, ne contrôlant pas le Secrétaire Général d´alors, du moins ne supportant plus la trop grande vocation d´indépendance et de liberté de Martial Ahipeaud; c´est de toute pièce que le parti politique de Laurent Gbagbo a monté cette dissidence pour imposer à la tête de la FESCI un militant dévoué pour la cause du FPI et dont la dépendance vis-à-vis de ce parti politique ne souffrait d´aucun doute. Aujourd´hui, avec du recul nous comprenons mieux que tout ceci était une mascarade bien plus qu´une mise en scène et une grossièreté ourdie contre Martial Ahipeaud pour l´empêcher de conduire la FESCI selon la vision syndicale qu´il avait de cette structure. Et cette manigance politique continue d´aménager les meubles dans le pavillon de la FESCI sur les bords de la lagune Ébrié.

Cette latente crise de confiance a connu son apothéose à la suite de l´effritement de l´alliance que le FPI avait passée avec le RDR. À cette époque, Soro Kigbafori Guillaume, actuel Premier ministre de la Côte d´Ivoire et premier responsable de la meurtrière rébellion qui a endeuillé notre pays, était le Secrétaire Général de cette organisation syndicale. Les étudiants de la FESCI généralement majoritaires sur les campus des Universités ivoiriennes avaient cru bien faire en se laissant endoctriner par cette farce d´alliance entre le FPI et le RDR dans l´espoir que cette grande force sociale parvienne à bouter le PDCI hors du pouvoir. Pour que soit la nouvelle école dans une démocratie véritable.

Illusion ou réalité, la bonne volonté des étudiants de la FESCI fut rattrapée par les calculs politiques malsains et mesquins de Laurent Gbagbo. Lui dont la seule volonté qui compte, est de présider aux destinées de la Côte d´Ivoire coûte que coûte peu importe les dégâts matériels et humains que cela comporte. Laurent Gbagbo en s´engageant dans cette alliance avec le RDR avait sa petite idée qu´il répétait à qui voulait l´entendre. Les militants du RDR étaient selon ces propres mots de potentiels électeurs dont le vote lui permettrait d´atteindre son objectif prépondérant. Aujourd´hui, Laurent Gbagbo est président de la république de Côte d´Ivoire et le pays brûle plus que jamais. Ce volte-face spectaculaire de Laurent Gbagbo en renonçant à l´alliance contextuelle avec le laissa pantois si non irrita nombre d´étudiants qui s´étaient pourtant engagés dans ce syndicat pour le seul fait du front républicain. Désorientés, irrités et sans repères, ces étudiants sans réelle conviction politique prenaient le flanc à eux tendus par la séparation des leaders du front républicain. Chacun y est allé avec l´instinct ethno-régionaliste et religieux. Les étudiants de la FESCI, comme à l´image de l´ensemble de la société Ivoirienne, jouent le jeu des accointances ethniques, religieuses et régionales pour choisir et justifier leurs obédiences et appartenances politiques.

Les blocs au sein de la FESCI font des vagues avec l´apparition du phénomène des armes blanches. C´est désormais à coups de machettes que nos jeunes frères se tailladent dans le règlement de tous différends qui opposent les différentes tendances. Pis, le concept politique de l´Ivoirité et la catégorisation des Ivoiriens a finalement ébranlé la lutte syndicale au sein de la FESCI en la transposant sur le terrain de la violence inouïe dont pourtant, personne ne pouvait prédire la fin. Ce mal demeuré en état, ressurgit à la surface au moment où les uns et les autres sont préoccupés par la problématique et l´organisation de l´élection présidentielle.

Un syndicat, deux congrès

Un syndicat, deux congrès pour élire un Secrétaire général qui aura la lourde responsabilité de remettre la FESCI sur la voie de sa propre restauration et sur celle de l´école ivoirienne. Un secrétaire général qui aura la lourde responsabilité de démilitariser et de dépolitiser la FESCI pour la remettre sur le chemin de la revendication syndicale en vue d´améliorer les conditions de vie et de travail des étudiants et élèves de Côte d´Ivoire. Cette noble cause est déjà supplantée par le bicéphalisme ambiant qui règne, seulement deux jours après la tenue des deux congrès d´Abidjan et de Yamoussoukro. Une cause noble qui sera certainement noyée par la guerre des clans et des machettes qui pointe déjà à l´horizon.

À l´image de l´effervescente guerre des clans qui s´annonce avec virulence à la FESCI, c´est tout le paysage politique et social dont le décor est ainsi planté en côte d´ivoire. Alors que le pays s´emploie à sortir d´une crise qui n´a que trop duré, nos hommes politiques, eux n´ont de préoccupations que le seul fauteuil présidentiel qui sera mis en jeu. Pourtant, nous savons tous qu´aucun d´entre les dinosaures de la scène politique Ivoirienne n´est prêt à faire le sacrifice patriotique pour épargner le pays du gouffre de leurs ambitions problématiques et démesurées.

Le mouton de panurge

À l´allure où font les choses dans la précampagne électorale, il est à craindre que la fracture sociale creusée dans le peuple Ivoirien pour des alois politiques incontrôlés, devienne encore plus grande et irréparable. Et les prémices ne manquent pas pour étayer ce que nous disons. Le vrai faux débat sur la nationalité du président du RDR subitement ressuscité par la presse bleue en Côte d´Ivoire n´est rien d´autre que la volonté exprimée par les dirigeants du FPI de tripatouiller politiquement pour influencer les décisions du conseil constitutionnel dont le président n´est personne d´autre que le Prof. Paul Yao N´Dré, un des leurs. Afin de matérialiser cette volonté camouflée, Laurent Gbagbo a, récemment dans une interview qu´il a accordée à Jeune Afrique l´Intelligent, dit qu´il fera une compagne juste et honnête mais qu´il n´entendait pas aller à cette élection comme un mouton de panurge à l´abattoir. Ce bout de phrase traduit toute la psychologie et la détermination de nos ex-camarades refondateurs à ne pas lâcher du lest s´ils arrivaient à perdre l´arbitrage et le suffrage des Ivoiriens. Mieux, par ce bout de phrase Laurent Gbagbo donne le ton de la contestation généralisée qui se prépare dans chaque état major des partis politiques pour prolonger les nombreuses souffrances du peuple Ivoirien. Mille morts à gauche, mille morts à droite, moi j´avance avait-il cyniquement averti.

Par Jean Dekpai – Rédacteur en Chef du Journal de ConnectionIvoirienne.net

samedi 9 janvier 2010

Ah les refondateurs !

Un ministre FPI se fait voler 250 millions de francs cfa dans un hôtel à Yopougon, le quartier des maquis et des hôtels, pouvait-on lire à la une de certains journaux. Ah ces refondateurs ! comment un homme censé, peut-il se balader la nuit avec une si importante somme ? Au point de ramasser une prostituée pour aller lui "offrir" ce joli magot. Alors que, je suis sûr et certain que ce refondateur dispose de plusieurs comptes bancaires, même en Europe. Quelle cupidité ! Imaginez ce que ce ministre doit avoir comme fortune dans un pays où la population tire le diable par la queue. Qu'a fait ce ministre, en si peut de temps, pour avoir une telle fortune? Dans un pays où la justice est indépendante, où la bonne gouvernance est le soucis du pouvoir, où le pouvoir a de la considération pour sa population, une enquête devrait être ouverte contre ce ministre refondateur pour connaître l'origine des 250 millions et de sa fortune. Vraiment les refondateurs exagèrent... souvenez-vous du directeur de l'économie qui s'est fait pomper 500 millions sur un des ses comptent et qui avait refusé de porter pleinte.

« GBAGBO est Périmé »

La vie politique en côte d’ivoire, le temps de Gbagbo est passé S’il avait été une danse, ceux qui exécuteraient ses pas, de nos jours, seraient regardés par les générations présentes comme des « démodés ». S’il avait été un style de vêtement, ceux qui arboreraient cette tenue seraient pris aujourd’hui pour des ringards. Laurent Gbagbo, car c’est de lui qu’il s’agit, est passé de mode. Il ne fait plus rêver. Son discours se situe désormais, à mille lieues des préoccupations des Ivoiriens. Sa méthode de gestion des hommes et des affaires publiques ne sont pas celles d’un dirigeant moderne. Il n’est pas l’homme qui peut faire entrer la Côte d’Ivoire dans cette ère de haute technologie où tout va vite, où la concurrence est rude. Gbagbo est arrivé au pouvoir au moment où on ne l’attendait plus. Parvenu à ses fins, c’est-à-dire au pouvoir, contre toute attente, il n’a pas su rattraper le temps. Il n’a ni recadré son discours, ni emprunté des instruments modernes de gestion.

En effet, en avril 90, quand le pays retourne au multipartisme, Laurent Gbagbo est vu comme le principal artisan de ce changement de système. Il n’avait pas été le seul acteur de ce retour. Avec lui, l’opinion nationale citait Bernard Zadi Zaourou, Bamba Moriféré et Francis Wodié. Tous des professeurs d’université. Mais, la palme était revenue à Laurent Gbagbo, secrétaire général du FPI, parce qu’à l’époque, son discours était perçu comme celui de la rupture et surtout parce qu’il avait choisi, contrairement aux autres leaders, d’affronter à l’élection présidentielle, Félix Houphouët-Boigny. Cela faisait plus de 30 ans que le « Bélier de Yamoussoukro » régnait sans partage sur le pays. Son adversaire à une élection ne pouvait qu’incarner le changement ou constituer une alternative. A l’issue de cette consultation générale, le candidat du FPI a été crédité de 18% de voix, sans réaction de sa part. Le changement n’a donc pas pu se produire. Quand, trois ans après, en décembre 1993, Houphouët décède, ce n’est pas Gbagbo qui lui succède, mais plutôt Henri Konan Bédié, le dauphin constitutionnel. Une fois de plus, sans réaction du candidat malheureux à la dernière élection présidentielle.

Premier décalage. Certes, la succession de Bédié maintenait le pays dans le système Houphouët, mais Bédié n’est pas Houphouët. S’il n’y a pas eu de changement de régime, il s’est quand même produit un changement d’homme. Pour la première fois en Côte d’Ivoire, depuis très longtemps, les Ivoiriens ont un président autre que Félix Houphouët-Boigny. En soi, c’était déjà une petite révolution. Mais comme successeur d’Houphouët, il en aura même un deuxième avec l’avènement du Général Guéi. L’avènement de l’ancien chef d’Etat-major des armées nationales met fin à la succession par ordre établi. L’on peut avoir son avis sur la façon dont cette rupture a été faite, mais, toujours est-il que dans la conscience de beaucoup d’Ivoiriens, ce coup d’Etat changeait la donne politique ivoirienne. Ce n’est pas pour rien que les rues d’Abidjan ont été envahies par des foules en liesse. Aux opposants traditionnels au régime de Bédié, s’ajoutaient ceux qui jugeaient partiel, le changement intervenu en 1993, à la mort du premier président de la République de Côte d’Ivoire. A présent, Gbagbo a beau ironiser sur la guerre des héritiers pour parler de ce coup d’Etat, mais il sait, en son âme et conscience, que le Général Guéi a mis fin à un ordre préétabli. D’ailleurs, c’est lui-même, Laurent Gbagbo qui indiquait qu’il y a « des coups d’Etat qui sont salvateurs ». Le disant, il savait bien de quoi il parlait. Deuxième décalage.

Quand on passe sur les péripéties de la transition militaire et qu’on arrive à cette élection calamiteuse qui a permis au leader du FPI, « coaché » par les socialistes alors aux affaires dans l’Hexagone, de parvenir au sommet de l’Etat, on voit que beaucoup d’eau a coulé sous le pont Félix Houphouët-Boigny. Le changement d’homme à la tête de l’Etat s’est produit par deux fois. L’ordre établi a été brisé. Ce n’est plus l’héritier qui était au pouvoir et qui a été battu ou évincé par l’opposant de 30 ans. De ce point de vue, ceux qui voulaient le changement ont été largement servis. En plus, fait fondamental, le marigot politique national a enregistré la venue d’un autre gros crocodile : Alassane Dramane Ouattara. Gbagbo n’est plus dominateur sur la scène. Le mentor du RDR lui a pris la place. Si avec le long règne d’Houphouët, le slogan du changement faisait mouche, avec la nouvelle donne politique, il devenait anachronique. Après Bédié et Guéi, avec la présence sur la scène politique d’Alassane Ouattara, les Ivoiriens attendent désormais autre chose. C’est ainsi que croyant trouver la parade, le FPI passe précipitamment du changement à la refondation sans une réflexion sur lui-même.

Un autre décalage. Ainsi, Gbagbo prend les rênes du pays alors qu’il n’est plus l’homme le plus populaire du pays, celui dont les Ivoiriens, dans leur grande majorité attendent la venue. La preuve, malgré sa prise de pouvoir, Laurent Gbagbo va perdre les trois élections qui vont suivre. Pour les législatives, il est dominé par le PDCI. Pour les municipales et les départementales, malgré les chars, il se classe troisième derrière le RDR d’Alassane Ouattara et le PDCI d’Henri Konan Bédié. L’UDPCI de Robert Guéi, lui mène la vie dure dans l’ouest du pays. Gbagbo n’aura pas été porté par la dynamique de la victoire. Il est un minoritaire au pouvoir. Le comble c’est qu’il arrive avec des idées rétrogrades et un discours loin, très loin des préoccupations des Ivoiriens. Il met en place un mode de gestion très archaïque. De la politique, il n’a retenu que le jeu des intrigues. Ce que l’on appelle la politique politicienne. Avec lui, tout n’est que politique. Et donc à cause des intérêts politiques, il nommera Pierre ici plutôt que Paul. Sur la gestion des affaires de l’Etat, il aura une vigilance très relâchée. Quand on prendra en flagrant délit des individus mettant en péril le crédit du pays en s’adonnant au trafic de faux billets, comme ce sont des proches, il estimera que les quantités de billets découvertes ne sont pas suffisantes pour les punir. Quand on lui dira que des pontes de son régime ont claqué près de 100 milliards dans une opération d’achat d’usine aux USA, il estimera que ses prédécesseurs ont fait la même chose. Quand on lui dira que les concours d’entrée à la Fonction publique sont vendus, il répondra que s’il y a des corrompus, c’est qu’il y a des corrupteurs. Or, la nouvelle classe de dirigeants que se donnent les pays, actuellement, ne sont pas de cette veine-là. L’on n’imagine pas un seul instant un Nicolas Sarkozy ou un Barack Obama donnant des réponses de ce genre à leurs compatriotes. Le tout politique ne convient pas au monde moderne. Il est donc reconnu de tous que Laurent Gbagbo n’est pas un grand gestionnaire. Il avance au pif. On l’a vu ici distribuant des sous-préfectures et des préfectures à gauche et à droite pour faire plaisir à des proches ou pour appâter une population électorale. Tout cela sans étude préalable pour savoir si l’Etat peut faire face à ces nouvelles charges. Pour avoir combattu un monde ancien, Laurent Gbagbo en a gardé les réflexes. Il gère à l’ancienne. Pour construire Yamoussoukro, d’après lui, comme un écureuil, il a mis de côté, « un peu, un peu » les recettes tirées de l’exploitation du pétrole ivoirien. Résultat : en dix ans, il n’a construit qu’un seul bâtiment, celui de l’hôtel des députés. Non, la méthode de gestion de Laurent Gbagbo ne peut convenir à un Etat moderne, à un pays qui veut se faire une place dans le concert des nations modernes. Pendant les dix ans de règne, l’ancien président du FPI n’a pas laissé entrevoir qu’il avait des capacités pour préparer le pays à relever les défis nouveaux d’un monde en mutation. Surtout, ne nous parlez pas de son livre-programme ! Un ouvrage réalisé précipitamment, pour servir d’alibi politique. Encore de la politique et toujours de la politique.

Raphaël Lakpé Journaliste-sociologue, consultant

mercredi 30 décembre 2009

Gbagbo et ses contradictions

Gbagbo, lors de la dédicace de son livre, a traité de criminel les fonctionnaires sui légitimement revendiquent de meilleures conditions salariales. Parce que le sieur Gbagbo estime que ceux qui ont du travail doivent s’estimer chanceux au lieu de vouloir racler tout le budget de l’Etat, alors qu’il y a des milliers de jeunes qui n’ont pas de travail. Et que le devoir de l’Etat est de leur trouver du travail. N’est-ce pas un aveu d’incompétence. Dans aucun pays du monde, on a vu l’Etat recruter tout le monde à la fonction publique. L’Etat doit plutôt créer les conditions nécessaires au développement du secteur privé. Car c’est ce secteur qui peut et doit créer de l’emploi par le dynamisme de l’économie. Et c’est à cette seule condition que le pays peut sortir du sous-développement. Un Etat dans lequel la fonction publique est le principal créateur d’emploi, traduit un échec de sa politique économique.

Traiter de criminel des fonctionnaires qui réclament de meilleures conditions de vie est irresponsable. Gbagbo ignore-t-il le sens du mot criminel ? La Côte d’ Ivoire est un pays où les inégalités salariales des fonctionnaires se sont considérablement accrues depuis que Gbagbo est au pouvoir. Le Chef de l’Etat a instauré une véritable discrimination au sein de la fonction publique. Il y a deux catégories de fonctionnaires en Côte d’Ivoire : Ceux qui sont indispensables, et qui pendant cette crise font tout pour maintenir le pays débout, mais surtout son pouvoir et qui mérite sa reconnaissance ; ceux-ci ont été récompensés par de substantielle augmentation de salaire. Il s’agit des corps habillés, des préfets et sous-préfets, des magistrats et des personnels des régies financières. Et ceux qui ne sont pas indispensables, voir inutile. C’est le cas du personnel de santé. Des gens inutiles et qui veulent par des grèves ébranler son régime. C’est ainsi que Gbagbo analyse les grèves. Le personnel de santé après 3 ans d’étude (infirmiers, sages-femmes, techniciens de santé) et 6 à 7 ans d’étude (médecins, pharmaciens chirurgiens-dentistes) demeurent les fonctionnaires les moins payés. Alors en quoi est-ce criminel de réclamer une justice salariale ? Ce monsieur qui crie sous tous les toits qu’il est un démocrates dans l’âme ; ce monsieur dont on connait son activisme syndical et politique, dénie maintenant qu’il est au pouvoir, le droit constitutionnel de grève aux fonctionnaires. Vraiment le pouvoir change les hommes en Afrique ! Malheureusement négativement. C’est cette attitude du Chef de l’Etat que je qualifierai de criminel.

Les criminels, le Chef de l’Etat doit les chercher ailleurs. Et il sait où les trouver. Qu’il regarde autour de lui, il verra les criminels. Les criminels, ce sont les fossoyeurs de l’économie ivoirienne. Les criminels, ce sont tous ces ministres, directeurs d’administration, directeurs de sociétés publiques qui en quelques années sont devenus des milliardaires, alors que nous savons tous d’où ils viennent. Les criminels sont ceux qui gaspillent l’argent des contribuables en payant des conseillers et des gens à ne rien faire. Les criminels, ce sont ceux qui ont pris les armes pour être dans le pouvoir. Le criminel, c'est celui qui a pris la décision de suspendre le salaire d'un mois pour cinq jours grève, portant ainsi une grave atteinte au droit de grève. Le criminel, c'est celui qui signe un décret et qui ne respect pas sa signature. Et non ceux qui exercent un droit constitutionnel. Si le Chef de l’Etat juge criminel le fait de revendiquer, qu’il ait le courage d’interdire les syndicats.

jeudi 24 décembre 2009

Pourquoi le personnel de santé a suspendu la grève ? ?


Le personnel de la santé vient de suspendre son mot d’ordre de grève lors de l’assemblée générale extraordinaire du mardi 22 décembre 2009 à la bourse du travail de Treichville.

Commencée le 15 décembre dernier, la grève du personnel de santé a connu une tournure inattendue suite à la réquisition et les différentes mesures de sanction prises par le gouvernement lors du conseil des ministres du jeudi 17 décembre. Ces mesures ont été prises suite à l’échec des négociations avec le premier ministre la veille.

Le collectif des syndicats de la santé a considéré ces sanctions comme un refus de la part du gouvernement de résoudre leurs légitimes revendications et une atteinte voir une remise en cause du droit de grève, reconnu par la constitution ivoirienne. Ces mesures ayant été prises alors que la première dame, en discussion avec la coordination des syndicats de la santé, avait trouvé un accord pour une sortie heureuse de cette crise. Ce qui poussa la coordination à convoquer une assemblée générale extraordinaire le vendredi 18 décembre à l’effet d’analyser les décisions du gouvernement et décider de la conduite à tenir. A l’issu de cette réunion, qui a drainé beaucoup de monde, le personnel de la santé comme un seul homme, a décidé d’ignorer l’ordre de réquisition et de reconduire le mot d’ordre de grève.

Le personnel de la santé a jugé toutes les mesures prises par le gouvernement à leur encontre, à savoir : l’ordre de réquisition, la suspension de leur salaire de décembre pour cinq jours de grève, les menaces d’emprisonnement, comme une atteinte à leur droit de grève et contraire à la constitution ivoirienne et aux différents textes régissant la grève. Le personnel de santé s’est offusqué du fait que le Président Laurent Gbagbo, du fait de son activisme syndical et politique, de ses idées démocratiques alors opposant, puisse adopter une telle position qui frise la dictature. Dans une démocratie, quand un corps social pause des revendications d’ordre syndicale, le gouvernement se doit de le recevoir à la table de négociation pour y trouver une solution satisfaisante pour les deux parties. Laurent Gbagbo n’est-il pas l’auteur du fameux « asseyons-nous et discutons ». On a l’impression que le gouvernement ivoirien masque son incompétence à résoudre les problèmes sociaux en brandissant des menaces.

Voyant le danger de cette défiance du personnel de la santé au gouvernement ivoirien, la première dame – car c’est elle qui essaie de suppléer à la carence du gouvernement en discutant avec le corps social – reçoit à nouveau la coordination le dimanche 20 décembre pour réitérer son engagement de peser de tout son pouvoir pour que l’accord trouver avec elle soit appliqué. Elle demande donc aux grévistes d’aller dans le sens de l’apaisement. A sa suite, L’Archevêque d’Abidjan a reçu la coordination le même dimanche, pour lui signifier qu’il engage son autorité pour faire avancer nos différentes revendications, en contre partie il demande à la coordination des syndicats de la santé de faire un geste d’apaisement en évitant de défier le gouvernement.

C’est ainsi qu’au cours de l’assemblée générale extraordinaire du mardi 22 décembre à la bourse du travail de Treichville, à laquelle le personnel de la santé a massivement répondu, la grève a été suspendue pour permettre aux médiateurs de tenir leur parole.

Un Etat démocratique, responsable et soucieux du bien-être du peuple, ne bande systématiquement les muscles faces aux revendications sociales. On comprendrait mieux cette attitude dans une dictature. Quand pour un oui un non, un père menace son enfant, l’enfant finit par ne plus avoir peur de ce dernier. Ce n’est pas la meilleure façon de résoudre les problèmes soulevés par les partenaires sociaux. C’est une stratégie suicidaire. Le gouvernement gagnerait à discuter sérieusement avec les partenaires sociaux et surtout à instaurer un climat de confiance par un dialogue permanent à l’effet d’éviter ces grèves à répétition.

Croisons les doigts et espérons que ces médiations connaîtrons un succès afin d’éviter une autre grève de ce corps social car la seule victime est la grande majorité des ivoiriens qui n’ont pas les moyens financiers de se faire soigner en clinique. Comment un gouvernement peut-il laisser tout le personnel de la santé entrer en grève ? Cette attitude s’explique simplement par le fait que la santé des ivoiriens a peu d’intérêt pour le Chef de l’Etat et son gouvernement.

lundi 21 décembre 2009

Usine de Fulton aux Etats Unis - 274 millions dégagés par mois pour les salaires


La gabegie continue dans la filière café cacao. Selon le confrère La lettre du continent le comité de gestion de la filière café cacao(CGFCC) dirigé par Gilbert Ano, un proche de Simone Gbagbo opère en solo. De bonnes sources, il détient des informations qui prouvent que la gabegie se poursuit dans la filière malgré l’incarcération de 24 dirigeants des différentes structures. Ces sources révèlent que le CGFCC a déjà dû consacrer plus de 500 milliards Fcfa pour régler les dettes de la filière. En plus de cela, ce sont plus de 10 milliards qui ont été dégagés pour l’achat de bulldozer destinés à l’entretien des routes villageoises « et près de 200 millions ont été consacrés au renouvellement du parc automobile. Par ailleurs pour l’usine de Fulton qui ne fonctionne pas depuis son acquisition, c’est 600 000 dollars soit plus de 274 millions qui sont dégagés chaque mois « pour les frais d’entretien et de salaires de l’usine de cacao Fullton ». Toujours selon les mêmes sources le CGFCC a mis à la disposition du comité des sages(CNS), présidé par Georges Bléhoué Aka, un important budget. Ce planteur est le directeur départemental de campagne de Laurent Gbagbo dans la région d’Aboisso. Dans nos précédentes éditions, nous avons publiés les photocopies de nombreux chèques empêchés par ce planteur et Sansan Kouaho, un baron de la filière, proche aussi du chef de l’Etat. Ainsi sous divers motifs comme obsèques, jetons de présence etc., ce sont des milliards qui atterrissent dans les poches de ces anciens, qui bénéficient de la protection du Palais. Les autres détenus qui ont saisit la Cour de justice de la CEDEAO, située à Abuja au Nigéria ont été déboutés et leurs avocats priés de fournir des conclusions additionnelles.

Mamadou Doumbes

samedi 19 décembre 2009

Face à la grève du personnel de la santé : le gouvernement prend des sanctions

Suite à la série de grèves qui perturbent le bon déroulement des services publics depuis un trimestre, le gouvernement a pris une série de mesures, dont voici les principales


MINISTERE DE LA SANTE ET DE L`HYGIENE PUBLIQUE

Sur présentation du Ministre de la Santé et de l`Hygiène Publique, informant de la situation au sein des formations sanitaires suite à la grève déclenchée par 14 syndicats du secteur de la santé depuis le Mardi 15 Décembre 2009, le Conseil s`est longuement appesanti sur les mesures à prendre pour la reprise du travail dans le secteur de la santé.

Devant la gravité des conséquences de cette grève menée sans observation des dispositions légales et réglementaires imposant le service minimum dans les formations sanitaires, le gouvernement tient à déplorer cet état de fait. Il exprime sa compassion à l`ensemble de la population et plus particulièrement aux malades et aux personnes victimes de cette situation inacceptable.

C`est le lieu d`indiquer que suite à la plate forme revendicative des syndicats de la santé, le gouvernement, en vue de la prise en charge des questions soulevées a eu plusieurs séances de discussion. Le Premier Ministre a reçu le mercredi 16 Décembre 2009 de 11 heures à 15h30 les responsables des 14 syndicats.

Sur les quatre revendications exposées, le gouvernement a accepté de donner satisfaction entière à trois, à savoir :

- l`intégration à la Fonction Publique de (105) aide-soignantes du CHU de Yopougon ainsi que des garçons et filles de salle à compter du 1er Janvier 2010 ;

- la signature du décret portant profil de carrière des infirmiers et sages femmes ;

- l`ordonnance portant statut particulier de santé.

Concernant la quatrième revendication portant sur la revalorisation indiciaire et indemnitaire, compte tenu des contraintes de l`Etat au regard de l`initiative PPTE, le gouvernement a proposé aux syndicats le paiement de 125 points d`indice aux cadres supérieurs de la santé à compter de Janvier 2010, 75 points aux autres personnels à compter de Janvier 2011. Le paiement de la moitié des indemnités commencé depuis le 1er Janvier 2009, sera poursuivi.

Le gouvernement était en droit, dès lors, d`attendre des syndicats, la levée du mot d`ordre pour éviter des drames au sein des populations, ce d`autant plus que la constitution consacre le droit à la vie et que le serment d`Hippocrate fait obligation aux médecins de porter assistance à toute personne malade.

Face à l`obstination des responsables syndicaux à maintenir une grève devenue inopportune et se déroulant sans service minimum, le gouvernement, soucieux de vie et de la santé des populations a pris les mesures urgentes qui s`imposent en la circonstance :

1°- Le Président de la République a signé un décret portant réquisition des personnels de la santé sur l`ensemble du territoire. En conséquence, tous les personnels de santé sont requis d`être en poste dès demain vendredi 18 Décembre à partir de 7h30, sous peine d`être considérés comme démissionnaires et d`être radiés de la Fonction Publique.

2°- Les forces de Défense et sécurité ont reçu instruction de sécuriser toutes les formations sanitaires sur toute l`étendue du territoire national.

3°- Instruction est donnée au Ministre de la Santé et au Ministre de la Fonction Publique de procéder au recrutement de tout personnel de santé susceptible de contribuer à la prise en charge des personnes malades.

4°- Les formations sanitaires militaires sont ouverts et à la disposition des populations sur toute l`étendue du territoire notamment à:

* Abidjan

- Centre de Santé Principal (Agban)
- Centre Médical du GSPM (Indénié)
- Centre Médical de la Marine (Locodjro)
- Hôpital de la police
- Centre Médical du GATL (Aéroport)
- Centre Médical d`AKOUEDO (Nouveau Camp)


* Intérieur du pays

- Centre Médical de Daloa
- Infirmerie de l`ENSOA à Daoukro
- Infirmerie du groupement de San-Pédro
- Infirmerie du Groupement de Bondoukou
- Infirmerie de Dimbokro
- Antenne Médico-chirurgicale
Opérationnelle de Yamoussoukro (située au sein du CHR)
- Soubré

5°- L`engagement de poursuites judiciaires contre les membres des bureaux des syndicats et tout membre du personnel de santé impliqué dans un cas de décès lié à la grève actuelle. Le Président de la République a instruit le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux de saisir les procureurs généraux et les procureurs de la République afin d`engager les poursuites judiciaires nécessaires.

6°- Les sanctions disciplinaires de blâme avec inscription au dossier sont infligées aux dirigeants des 14 syndicats qui ont appelé à une grève sans service minimum.

7°- La suspension de solde de tous les grévistes pour le mois de Décembre 2009.

8°- La suspension du processus d`élaboration des textes relatifs au profil de carrière des infirmiers et sages femmes, ainsi que du statut des personnels de santé.

Le Conseil tient à dire que le gouvernement n`entend pas se laisser distraire dans la conduite de la sortie de crise, il affirme sa détermination à conduire à leur fin, tout le programme de sortie de crise ainsi que le programme de réformes convenu avec les institutions financières internationales en vue de l`atteinte du point d`achèvement de l`initiative PPTE, préalable à la réduction de notre dette.

Extrait du Conseil des ministres du jeudi 17 décembre

Déterminé, le personnel de santé reconduit la grève

Face à la grève des syndicats de la santé déclenchée depuis le 15 décembre dernier, le chef de l`Etat a pris un décret visant à casser la grève de la coordination des syndicats du personnel soignant de la santé. Devant cette mesure grave du gouvernement, la coordination des syndicats du personnel soignant de la santé, regroupant 14 syndicats de la santé, a décidé de reconduire la grève en cours pour 5 jours renouvelables à compter du dimanche 20 décembre. Le dimanche parce que le premier mot d`ordre prend fin le 19 décembre, a précisé le porte-parole du mouvement, Atté Boka Ernest. Qui persiste "ce ne sont pas les sanctions qui vont régler les problèmes. Que propose le gouvernement en terme de solution? Un agent de santé ne peut travailler sous pression et avec la force et les menaces. S`il n`y a rien, il n`y a pas de travail". Le gouvernement qui a décidé de prendre la chicote a plus que jamais soulevé le courroux des agents de santé. La décision qui a fait suite à l`assemblée générale extraordinaire tenue hier, a été obtenue dans une ambiance toute particulière, différente des autres jours. Le personnel soignant, comme un seul homme, a répondu nombreux à l`appel des responsables syndicaux. Bien que l`Ag soit prévue pour 14 h, les responsables des sections venus de l`intérieur du pays avaient déjà pris d`assaut l`amphithéâtre principal de l`Insp dès le début de l`après midi. Déterminés à aller jusqu`au bout de ce combat pour l`amélioration de leurs conditions de vie, ceux-ci déjà dans la cours de l`Insp ne cachaient pas leur volonté d`en finir avec " le buffle blessé " comme le disaient certains d`entre eux, dans l`attente de leur responsable. 16h05 minutes, les responsables font leur entrée dans la salle surchauffée, où ils sont reçus dans un tonnerre d`applaudissement et des cris de guerre tels des guerriers à l`assaut de l`ennemi. Le principal point à l`ordre du jour attendu par tous était la conduite à tenir après le décret lu sur les antennes de la télévision nationale. Décret portant sur la réquisition du personnel soignant, les peines d`emprisonnement encourus, la suspension des salaires du mois de décembre… Sur la question, ce sont les délégués venus de l`intérieur qui, pour la plupart, sont intervenus. De toutes leurs interventions, revenait à chaque fois, la volonté de reconduire la grève tout en jugeant, dans le même temps, le décret de Gbagbo illégal. A tour de rôle, les délégués de Daloa, de San Pedro, de Divo, d`Agnibilekro, de Soubré, de Bouaké, de Bouaflé, d`Abengourou… se sont indignés du fait qu`"en même temps qu`on nous réquisitionne, on suspend notre salaire. Ce que nous retenons, c`est que le président veut qu`on continue la grève en prenant cette décision. Pour tout agent de santé qui sera arrêté, c`est toute la section, qui ira se constituer prisonnière". Pour Atté Boka, "C`est maintenant que nous commençons la lutte. C`est par notre détermination que nous allons obtenir la satisfaction de nos revendications. Les décisions du gouvernement n`auront d`effet que lorsque nous allons échouer". Pour le personnel soignant "les décisions du gouvernement sont nulles et de nul effet, les sanctions sont disproportionnées face à la grève". Certains médecins grévistes sont allés plus loin en souhaitant la saisine du Bit et la cour des droits de l`homme de l`Ua pour porter plainte contre l`Etat pour non respect du droit à la grève. D`autres ont décidé du boycott de toutes les activités de santé. Programme de vaccination, séminaire ateliers…

Jean Prisca (Le Nouveau Réveil)

NB : Le titre est de moi.

jeudi 17 décembre 2009

Après 3 heures de discussions : Le gouvernement et les syndicats de la santé se séparent sans accord


Le Premier ministre Guillaume Soro a eu une séance de travail, le mercredi 16 décembre 2009, avec les syndicats des personnes de la santé à la Primature relativement à la grève en cours dans les centres hospitaliers et les formations sanitaires depuis le mardi 15 décembre 2009.

Ont pris part à cette rencontre les syndicats suivants :

- Le SYNACASS-CI
- Le SYMEPHADENECI
- Le SYNSFI
- Le SYNICI
- Le SYSAFCI
- Le MIDECI
- Le SYNATIMCI
- Le SYNABCI
- Le SYNAPGPCI
- Le SYNATIACI
- Le SYNADSIO
- Le SYNASFOCI
- Le SYNAASCI
- Le SYNASHOCI

A l’issue de cette rencontre qui a duré environ 3 heures, M. Rémi Allah-Kouadio, ministre de la Santé publique et de l’Hygiène a fait la déclaration suivante : « Il y a eu dialogue. Cela nous plait beaucoup que nous nous soyons parlé. Si vous voyez que nous sommes restés longtemps, c’est bien parce que tout le monde tient à ce que nous aboutissions à des solutions heureuses. Mais pour l’heure, je ne peux rien dire. Ce que je peux dire, c’est que ce soir le gouvernement fera une déclaration officielle par rapport aux propositions et aux discussions qui ont eu lieu depuis ce matin. C’est tout ce que je peux vous donner comme information ». Il a invité la presse à suivre le journal télévisé de 20 heures, au cours de laquelle le gouvernement fera une déclaration. Il a dit tout son espoir qu’une solution définitive soit trouvée.

A sa suite, M. Ernest Atté Boka, Porte-Parole des syndicats des personnels de la santé, a déclaré : « Nous avons eu trois heures de discussions avec le Gouvernement. Cette discussion a été présidée par le Premier ministre. Nous le remercions d’avoir ouvert les discussions et nous disons, au terme de ces discussions, qu’il n’y a pas eu d’accord entre le Gouvernement et les syndicats. Les discussions ont achoppé sur des propositions qui n’ont pas été concrètes. Nous pouvons conclure que les discussions ont été un échec pour nous, au sortir de cette rencontre avec le Premier ministre. Concernant le maintien ou pas de la grève, dès l’instant où il n’y a pas eu d’entente, il n’y a pas d’autres dispositions que ce qui est en vigueur. Pour le moment, nous disons que nous sortons d’une rencontre où il n’y a pas eu d’accord. Sur la question, on ne peut pas faire un autre débat. C’est ce que nous disons aujourd’hui. Il y a eu des propositions. Pour le Gouvernement, toute proposition est une avancée. Mais nous disons que sur certains points, ils ont fait des esquisses de propositions. Nous disons que nous n’avons pas encore du concret.

Donc, nous ne pouvons rien dire pour le moment. Sur le point d’intégration des filles et garçons de salle, ils nous ont fait comprendre que d’ici demain, ce point sera réglé. Sur la revalorisation salariale, leurs propositions de perspectives nous amènent jusqu’en 2011. Sur le profil de carrière des infirmiers et sages femmes, il n’y a pas de date indiqué pour la prise du décret.

Même sur le statut particulier, il n’y a pas quelque chose de concret. Nous disons donc, qu’il n’y a pas d’accord entre le Gouvernement et nous ».

Mercredi 16 décembre 2009 - Par CICG

lundi 30 novembre 2009

République bananière sous la refondation

Le mercredi 25 Novembre 2009, regardant le journal télévisé de la RTI 1ère, la chaine des grands évènements, comme le clame son slogan, quelle ne fut ma stupéfaction lorsque je vis un reportage de plus de cinq minutes. En principe lorsqu’un reportage dure aussi longtemps, c’est qu’il s’agit d’un évènement national ou international d’une grande importance. Mais avec la télévision ivoirienne, on ignore l’échelle des valeurs.

Je disais donc, un reportage de plus de cinq minutes pour quel évènement ? Eh bien ! Tenez- vous bien ! Il s’agit, avec tout le sérieux de ce reportage, avec un commentateur très en verve, de la remise du véhicule de fonction du Sous-Préfet d’Adaou, lors d’une grande cérémonie organisée par Bléoué Aka, son richissime paysan, ami personnel du Grand Manitou Laurent Gbagbo. Ce que le Sous-Préeet, c’est une dame, a qualifié d’acte de développement.
Adaou est un village, situé à une douzaine de kilomètres d’Aboisso, dans le sud-est de la Côte d’Ivoire. Ce village a récemment été érigé en chef lieu de sous-préfecture par le Grand Manitou, dans sa générosité légendaire pour faire plaisir à son ami, qui fait la pluie et le beau temps à Adaou.
C’est cette même générosité, qui est à l’origine de ce don d’un véhicule 4*4 flambant neuf du grand manitou au Sous-Préfet d’Adaou. D’où cette fête pour célébrer la magnanimité et la générosité du Grand Manitou. Pour un acte qui fait partie du fonctionnement normal d’un Etat, on déplace la télévision nationale dont les moyens matériels et financiers sont largement insuffisants. N’est-ce pas tous ces reportages dignes de la télévision de l’ex-URSS qui mettent en mal le fonctionnement budgétaire de la RTI. D’ailleurs, un de mes amis appelle la télévision ivoirienne TV Pékin.
Dans la Côte d’Ivoire de la refondation, lorsque le Grand Manitou, le plus démocrate des présidents Africains, que ses partisans osent comparer à Nelson Mandela, « tousse », les ivoiriens ont droit à un long reportage au journal télévisé. Lorsque l’Etat joue son rôle régalien, c’est la générosité et la miséricorde du Grand Manitou qui s’expriment. Comme au bon vieux temps du parti unique.

samedi 14 novembre 2009

Ecole pacotille, suite des images

Ecole pacotille, suite des images



C'est le deuxième bâtiment de l'établissement. Ce que vous voyez en plastique noir, sont les toilettes.

Ecole pacotille



Vous ne rêvez pas. Ce que vous voyez est une école, que dis-je, un groupe scolaire dûment autorisé par le SAPEP (Une direction du ministère de l'éducation nationale en charge des établissements scolaires privés). Ce groupe scolaire va de la maternelle à la terminale. Il est situé à Divo au quartier Dialogue. Cet établissement, comme tous les autres, présentent des candidats aux différents examens. Vous vous posez la question de savoir comment un tel établissement a pu avoir l'autorisation ? Nous sommes en Côte d'Ivoire et tout est possible. Ce cas n'est pas isolé. Des établissements comme celui-ci, il y en a plusieurs en Côte d'Ivoire. Et on s'étonne que les résultats aux examens sont médiocres. Corruption quand tu nous tiens ! Pour de l'argent on a pourri le système éducatif ivoirien qui faisait rêver plus d'un dans la sous région et même en Afrique. Pauvre de nous.

jeudi 12 novembre 2009

Enfin la liste électorale est disponible !


C’est désormais chose faite. La liste électorale provisoire, dans sa version papier vient d’être mise à la disposition de la Commission Electorale par les structures techniques, à savoir l’Institut National de la Statistique et la Sagem Sécurité. La cérémonie s’est déroulée dans les locaux du Forum, à proximité de la Direction de l’Office National de l’Identification ce mardi 10 novembre 2009 en début d’après midi, en présence de plusieurs personnalités dont les Représentants Spéciaux du Facilitateur, Boureima Badini et du Secrétaire Général des Nations Unies, Young Choi.
La liste sera affichée le lundi 16 Novembre, selon la CEI, avec l'ouverture de la période de reclamation.

Les ivoiriens poussent tout de même un ouf de soulagement quand on sait que le processus d'enrôlement a été un parcours du combattant avec de nombreux obstacles car prevu pour durer quelques mois ce processus arrive à son terme après plus d'un an. Esperons que l'affichage de la liste électorale ne connaîtra pas le debut cahotique de l'enrôlement où des centres ont été attaqués par des jeunes patriotes, emportant du matériel de Sagem Sécurité. Le gouvernement doit cette fois sécuriser l'affichage de la liste électorale pour éviter que des jeunes patriotes mal intentionnés ou téléguidés ne déchirent les feuilles qui seront affichées pour empêcher la population de vérifier son inscription.

Le 15 Novembre, le CPC va se réunir chez Blaise Compaorer pour fixer une nouvelle date pour l'élection présidentielle que les ivoiriens espèrent cette fois très réaliste pour éviter un autre repport dont la CEI, le gourvernement, les leaders politiques membres du CPC et le faciliteur assumeront l'entière responsabilté de leur incapacité à conduire ce processus. Dans tous les cas un autre repport signera la mort définitive de l'accord poilitique de Ouaggadougou (APO), longtemps à l'agonie.

lundi 2 novembre 2009

Côte d’Ivoire: Les raisons profondes d’un report

Election en Cote d’Ivoire - C’est maintenant une certitude, il n’y aura pas d’élection en Cote d’Ivoire le 29 novembre prochain.

L’informa-tion contenue dans un document circulait déjà dans les différents QG politiques Ivoiriens depuis plus d’un mois, sans qu’aucun d’entre les acteurs concernés n’aient le courage de l’annoncer publiquement, de peur d’encourir le courroux de la France et de l’ONU.

Maintenant c’est chose faite, le premier à se jeter à l’eau fut Laurent Dona Fologo, deuxième personnalité du Haut Conseil Politique du FPI. Il a devancé de quelques jours son Président, en déclarant que «les élections ne pourrons mathématiquement avoir lieu à la date du 29 novembre prochain…».

Selon lui, toutes les conditions d’une élection Présidentielle propre, libre et transparente ne sont pas encore réunies.

Le Secrétaire Général du Rassemblement des Hou-phouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), Alphonse Djédjé Mady interrogé sur la question par la presse locale ne dit pas le contraire. Il n’exclut pas un report de quelques semaines, voire de quelques mois, le temps de voir clair dans les cas litigieux sur le fichier électoral.

C’est finalement la fin de la semaine dernière que le Président Laurent Gbagbo a choisi pour briser le silence en déclarant, lors d’une sortie dans la Capitale Administrative et politique, à Yamoussoukro, qu’il sera difficile de tenir la date de la présidentielle pour le 29 novembre prochain. Même si rien n’est encore officielle, parce qu’une telle décision est du ressort du Cadre de Concertation Permanent (CCP), placé sous la supervision du Facilitateur Blaise Compaoré, le 29 novembre n’est plus une date inamovible pour le premier tour des Présidentielles en Cote d’Ivoire. Cependant, si le report des élections semble maintenant inéluctable pour tout le monde, sauf la France qui lève le ton, il y a vraiment lieu de s’interroger, selon l’opposition, sur les réelles motivations du Camp Présidentiel, qu’elle soupçonne de traîner le pas, pour glaner encore quelques mois au Palais.

Les raisons du report

De sources proches du RHDP, les refondateurs étaient convaincus, de la prochaine défaite de leur candidat, malgré leurs «sondages truqués», s’ils acceptaient d’aller dans une élection précipitée dont ils ne maîtrisaient pas encore, tous les contours. Voici, selon une source, l’une des principales raisons qui ont poussé le leader du FPI a parler du report de la date du 29 novembre, avant même qu’une réunion du CCP ne statue sur une question aussi sensible que celle la, à Ouagadougou. Peu avant sa mort, la semaine dernière, le Député de Tiébissou, Yves Fofana, cadre du RDR, sûr de la victoire de l’opposition réunit au sein du RHDP, incitait ses leaders à refuser tout report de la date de la présidentielle. «Si on ne veut pas que les élections aient lieu et qu’on fasse tout pour empêcher les gens de voter, que ce soit à l’Est, à l’Ouest au Centre comme au Sud, ce sera vraiment la catastrophe», a-t-il prévenu.

L’autre grande raison a trait à la polémique qui s’est instaurée autour du débat politique concernant les 2,7 millions de dossiers litigieux sur le listing. En effet, la Commission Electo-rale Indépendante (Cei), la Primature et les structures techniques ne se sont pas toujours accordées pour afficher la liste électorale comme convenu. Récemment, le chiffre a été revu à la baisse, mais il reste toujours important avec encore 1.911.254 cas de personnes ne se trouvent pas dans les fichiers dits historiques ayant servi au croisement. Selon des informations reçues dans l’entourage de Soro Guillaume qui pilote l’opération, il est possible qu’avec d’autres fichiers historiques n’ayant pas été utilisés dans le mode opératoire, il pourrait être «repêchées» jusqu’au delà d’un million et demi de personnes.

Ensuite, la recherche et les croisements doivent donc se poursuivre pour récupérer le dernier des Ivoiriens victimes de ce système qui n’est pas aussi huilé qu’on l’a cru, souligne-t-on dans l’entourage du chef du gouvernement. Il ne s’agit pas, dit-on d’intégrer sur la liste, des étrangers ou des fraudeurs, comme l’a dit tantôt, Mamadou Koulibaly, le bouillant Président de l’Assem-blée Nationale. Il s’agit plutôt pour l’Etat d’éviter d’exclure certains de ses citoyens. Selon la même source, la liste électorale sera certainement affichée dans cette semaine partout sur l’étendue du territoire. En attendant, les services techniques (l’INS et Sagem), s’activent à imprimer la liste sur papier pour la remettre à la commission électorale qui, à son tour, la fera acheminer vers les centres d’enrôlement à l’intérieur, par les services de l’ONUCI.

Après la déclaration de Laurent Gbagbo sur le report de la date et le rapport de l’ONU sur le réarmement des ex- forces belligérantes sur le terrain, dans les QG, on lorgne vers Ouaga-dougou. Tous s’attendent à une convocation imminente du facilitateur, pour une réunion du Cadre de Concertation Perma-nent dans la capitale Burkinabé. Avant ce jour, tout se passe sur le terrain comme si le scrutin aura lieu le 29 novembre prochain.

De Gildas Correspondant du Républicain à Abidjan

Le Républicain du 02 novembre 2009

mardi 27 octobre 2009

EXCLUSIF - La grande interview de Faustin Toha « La non tenue de l’élection présidentielle justifie le titre de mon livre »


26.10.2009 Interview réalisée par Gbansé Douadé Alexis -pour le Journal de Connectionivoirienne.net (www.j-ci.net)

Faustin Toha est l’auteur d’un essai politique au titre jugé provocateur "Devoir de Mensonges, crise à l’ivoirienne". A l’occasion du premier anniversaire de la publication de son premier livre qui continue de défrayer la chronique, le journaliste politique justifie le titre de son ouvrage par une analyse toujours pertinente.

Vous êtes l’auteur d’un essai politique intitulé ‘’Devoir de Mensonges, crise à l’ivoirienne’’ publié aux éditions Nei/ Ceda, (242 pages) depuis le 31 octobre 2008 sur la crise politico-militaire déclenchée en septembre 2002. Un livre qui continue de défrayer la chronique. Quel bilan faites-vous ?

C’était un rêve qui est devenu par la suite une réalité. Du journalisme à l’écriture. Cet essai politique est le témoignage mien pour éviter que certaines personnes ne prennent en otage un événement qui nous a tous bouleversés. Comme ceux qui ont écrit sur la crise déclenchée en septembre 2002, je suis heureux d’avoir apporté ma modeste contribution à ce travail de recherche. Les nombreux livres qui ont été publiés ne doivent pas empêcher d’autres personnes de continuer de mener la réflexion. Je les y encourage. Moi j’ai choisis d’écrire du vivant des acteurs avec la volonté de faire un travail de journaliste. Ce qui n’est pas toujours sans danger. Pour le reste, les lecteurs peuvent juger de ma volonté de me mettre a équidistance de tous les groupes d’intérêts. Notamment les partis politiques et par ricochet la classe politique. Je pense que j’ai gagné ce pari. Celui de la neutralité engagée. J’avais commencé par une campagne éditoriale à Paris avant sa publication. Je suis retourné à Paris dans le cadre du salon international du livre. En Côte d’Ivoire, j’ai continué avec des interviews dans la presse dans le cadre de la promotion du livre et des dédicaces dans les librairies de France dans la capitale économique. Je pense que ces moments ont été très enrichissants. Il y a eu des échanges avec des lecteurs pendant ces dédicaces. Beaucoup comprennent que la vérité est la somme de toutes les vérités. Quelques invitations à l’intérieur du pays. J’ai été aussi l’invité de la fondation Memél Fotê qui a un partenariat avec l’association des écrivains de Côte d’Ivoire. Je suis heureux de l’accueil que les lecteurs lui ont réservé.

Mais il y a eu l’interdiction de dédicacer à Bongouanou. Comment avez-vous vécu cela ?

Je pense que ceux qui ont pris cette décision n’acceptent pas encore le débat contradictoire. Et ils gagneraient à ne pas tomber dans ce piège. Cela ne fait pas d’ailleurs honneur à notre pays. Je me souviens encore des protestations dans la rue pour la défense de la liberté d’expression quand ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir étaient dans l’opposition. Nous rêvions d’une société de débats. Mais j’ai bien peur pour mon pays. Un pays où on tolère la prise des armes et l’on s’attaque à des citoyens qui réfléchissent pour faire avancer la société. Pour moi c’est de la haute trahison. Cela ne peut pas venir d’intellectuels. En tous cas ceux qui ont un profond respect de la démocratie. Moi j’ai décidé d’écrire sans parti pris. Je pense que cela n’est pas un crime contre l’humanité. J’avais déjà répondu aux uns et aux autres que ‘’ Devoir de Mensonges, crise à l’ivoirienne’ n’est pas un document subversif. C’est un ouvrage qui n’a pas la prétention d’avoir perçu tous les pans de la crise à l’ivoirienne. Mais il n’a pas voulu tomber dans une certaine complaisance au risque de manquer son objectifs : garder une véritable indépendance dans le traitement des faits. Heureusement qu’au sein même de ceux qui semblent me combattre tout le monde n’est pas du même avis. Je reçois des soutiens.

Depuis le 27 février 2009 vous avez été licencié du port autonome d’Abidjan pour dit-on ‘’ suppression de poste’’ où vous étiez le responsable du département communication. Etait-ce une sanction pour avoir écrit avec beau coup de liberté ?

C’est d’abord le manque de considération des choses de l’esprit. A la vérité, si on ne se reproche rien on ne peut pas réagir de la sorte. Et ceux qui pensent maintenir leurs concitoyens dans un état d’ignorance organisée ne doivent pas en être fiers. Je pense que chacun de nous a sa place dans la construction de notre pays. Monsieur Marcel Gossio en signant ma lettre de licenciement avec ce motif fantaisiste et arbitraire a oublié sa propre histoire. Celle qui vaut en partie sa promotion depuis l’avènement du Fpi au pouvoir. Encore que moi je ne suis pas dans une logique de conquête du pouvoir d’Etat. Et si c’était le cas d’ailleurs ? Dans tous les cas au moment venu je parlerai pour la manifestation de la vérité. C’est lui que l’histoire jugera parce qu’il lui sera très difficile de prouver que mon licenciement n’est pas lié à la publication de mon livre, qui n’avait pas pour objectif de faire la promotion d’un parti fut-il celui de monsieur Gossio.

Dans l’avertissement que vous faites dans votre livre vous soulignez le caractère atypique de la classe politique ivoirienne. Est –ce une particularité ?

Je souligne ce qu’elle a montré à la face du monde. C’est par exemple la transformation de la politique en pugilat et en un immense gymnase où tous les coups sont permis. En démocratie les partis politiques et mouvements qui animent la vie socio-politque se surveillent les uns des autres, se critiques pour améliorer la vie de leurs concitoyens. Malheureusement nous n’assistons pas à des débats pour que chaque groupe d’intérêt présente son programme de gouvernement et ceux qui le mettront à exécution en cas de victoire aux élections. Aujourd’hui il y a un consensus né d’arrangements successifs qui me font penser à un retour du parti unique avec la volonté de chaque camp de résister à la tenue de véritables élections. Il y a un arrimage au mandat du président Gbagbo qui profite à ses partisans et courtisans. Tout le monde est d’accord pour faire perdurer cette situation en dépit des grands risques que cela fait courir à la Côte d’Ivoire.

Vous soutenez que le scénario d’hypothétique élection ne laisse pas présager d’un retour imminent à la paix. Comment expliquez vous cela ?

Dans mon livre j’explique qu’il y a avant tout, une volonté de tisser des alliances dans un contexte flou où les courants idéologiques disparaissent au profit des clans. A mon avis, il y a un danger qui guette la Côte d’Ivoire. Est-ce que les leaders politiques joueront la carte du vote qui ne prendrait pas en otage leurs groupes ethniques ? Tout dépend du discours qu’ils voudront tenir devant ceux-ci. Encore faut-il que la liberté de mouvement soit reconnue pour tous. Un autre danger comme je l’explique est la forme triangulaire de la conquête du pouvoir d’Etat qui se résume depuis une décennie à Gbagbo, Bédié et Ouattara. La non tenue de l’élection présidentielle justifie le titre de mon livre.

Les deux derniers sont les leaders respectifs du Pdci et du Rdr et ont eu selon les circonstances des alliances entre eux ou avec le Fpi de Gbagbo. Et chacun a sa revanche à prendre.
Ce sont ces différentes combinaisons qui complexifient la sortie de crise. Par exemple Gbgabo s’est pris au jeu de l’houphouëtisme. Ce qu’il avait critiqué trente ans durant quand il combattait le régime du Pdci. Mais rassurez vous toutes les combinaisons qui sont servies aux populations reposent difficilement sur des projets de société cohérents.

Jusqu’à présent la société civile ivoirienne accompagne le processus de sortie de crise. Est-ce qu’on peut s’attendre à une vraie implication de la part des responsables ?

Tout laisse croire que chacun veut s’engager dans le processus de sortie de crise quelque soit sa position. Mais il faut reconnaître que peu de personnes font confiance à cette société civile jugée partisane. Et il est urgent que le défi de l’impartialité soit relevé. En le faisant, les populations seront plus rassurées. Et il est important que tous les acteurs se mobilisent pour réussir ce pari. L’un des problèmes majeurs sera certainement le rôle que voudra jouer la Fesci. Quel sera le candidat de ce syndicat ? La Fédération des étudiants et élèves de Côte d’Ivoire pourra-t-elle faire montre d’une hauteur d’esprit ? Il faut engager le débat dès à présent pour éviter un autre chaos. N’oublions pas que cette crise politico militaire déclenchée en septembre 2002 trouve aussi ses origines dans les conflits entre les anciens dirigeants qui apportent leur soutien à leur parrain respectif. Tous des leaders politiques.

Vous soutenez que la jeunesse ivoirienne est sans opportunité. Cela est-elle la conséquence de l’échec des politiques ?

Dans mon livre je me réfère à des exemples précis. La Côte d’Ivoire a une jeunesse nombreuse, déboussolée et en quête de modèles, qui voit dans la politique le seul moyen de s’enrichir et de se socialiser. Je souligne l’absence d’une classe politique qui donne à la jeunesse d’autres opportunités. C’est ainsi que tous les soient-disant leaders politiques sont redevables à ceux qui gèrent au quotidien leurs besoins, du reste immense. Comment mettre cette jeunesse au travail ? Combien y pensent dans leur programme de société ?

L’élection présidentielle est en passe d’être encore reportée même si la structure en charge de son organisation n’a pas publié de communiquer dans ce sens. Dans votre livre vous êtes revenu à plusieurs reprises sur cette élection en la qualifiant d’hypothétique. Pourquoi ce grand doute ?

La date du 29 novembre 2009 devient un fond d’écran qui va à son tour disparaître du décor. Comme toute les autres date indiquées depuis 2005.
Etait-ce une volonté déguisée des acteurs ? Toujours est –il que le constat pourrait être décevant pour ceux qui avaient cru à cette belle aventure. Ne serait-ce qu’au respect de la date. Je crois que le facilitateur, le président Blaise Compaoré du Burkina dont je parle aussi dans le livre pourra nous donner les vraies raisons. Mais comme je l’explique il y a des dessous de cartes qui font qu à chaque étape cruciale, il y a semble-t-il des arrangements qui frisent la compromission. Il y a aujourd’hui un autre discours qui veut qu’on traîne le plus longtemps possible avant d’aller aux élections. Mais cela peut ressembler à des réunions au cour desquelles tout le monde veut prendre la parole pour ressasser les mêmes choses. Au bout du compte rien de concret. Pure perte de temps. Est-ce que les acteurs peuvent s’imposer une rigueur pour sortir les ivoiriens de cette situation qui est tout aussi intenable que ce que certains veulent nous faire croire ? Tout est une question de volonté collective. Et c’est ce qui fait cruellement défaut.

Vous analysez de façon particulière les relations entre les présidents Gbagbo et Comparé. Vous dites même que le chef de l’Etat burkinabé estime qu’il est du devoir de la Côte d’Ivoire de demeurer un espace communautaire. Est-ce que cela est pris en compte dans la recherche de sortie de crise ?

J’ai prévenu les lecteurs qu’il y a une difficulté à analyser un présent en constante évolution. Mais dans ‘’la crise à l’ivoirienne’’ comme l’indique le sous-titre de mon livre le temps refuse de prendre son envol et rappelle aux uns et aux autres la falsification des faits qui a alimenté tout ce que le pays traverse. Gbagbo et Compaoré ont connu des brouilles liées à des problèmes historiques et personnels. Nous sommes un peu dans le schéma de ce que l’on peut appeler la parenthèse de 1932 à 1947. En effet, une partie de la Haute-Volta, une autre colonie française, fut incluse dans la Côte d’Ivoire. C’est un territoire pauvre, héritier d’une longue histoire de royautés précoloniales. Cette délimitation des frontières étendait le ‘’territoire ivoirien » jusqu’à la ville burkinabé de Kaya, un peu plus dans le Nord, c'est-à-dire au-delà de ouagadougou. Aujourd’hui on peut penser que l’influence se fait dans le sens inverse.
Vous savez que la Côte d’Ivoire demeure à la fois un modèle et un enjeu. Effectivement, l’idée que ce pays a été construit grâce à des personnes venues du septentrion, peut poser problème. Dans tous les cas le chef de l’Etat burkinabé que certains membres du gouvernement ivoirien qualifient désormais ‘’d’allié respecté’’ ne lâchera pas sa proie de sitôt après. Il sait que quelque soit le président élu celui-ci lui sera redevable.

Vous avez fait les portraits de Gbagbo, Bédié Ouattara et de Guillaume Soro. Les Ivoiriens savent-ils vraiment qui sont-ils ?

J’ai fait un portrait qui est discutable. Sans doute. Mais je l’ai fait en toute liberté. J’invite les lecteurs à y prêter attention avant de porter leur choix définitif. Je souhaite que chacun fasse sa propre analyse.

Prochainement en vente sur Connectionivoirienne.net

"Devoir de Mensonges, crise à l’ivoirienne"

info@connectionivoirienne.net

lundi 5 octobre 2009

Si j’étais candidat !

Enfin la liste électorale provisoire est prête ! Mais les ivoiriens doivent patienter encore des jours, parce que cette liste doit être présentée au Chef de l’Etat avant sa publication. Ce que je ne comprends pas. Le Chef de l’Etat, lui-même candidat, doit-il donner son accord avant la publication ? N’a-t-on pas perdu suffisamment de temps ?

Des candidats ont déjà déposé leur dossier. D’autres pas encore. Notamment Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, deux poids lourds de la scène politique ivoirienne. Moi aussi, je réfléchis sérieusement à ma candidature. Malheureusement j’ignore la date limite de dépôt des candidatures. Le Chef de l’Etat de retour de son fameux voyage aux Etats-Unis lors de l’assemblée générale de l’ONU, avec une délégation de quarante personnes environs, - voyage qui a coûté plus de deux milliards de franc CFA aux contribuables ivoiriens - a parlé du 16 Octobre 2009 comme date limite. D’autres sources parlent du 03 Octobre.

Je disais que je pense à me présenter à l’élection présidentielle. J’ai encore le temps de constituer mon dossier. La date du 29 Novembre 2009 n’est plus tenable et tout le monde le sais.

Si j’étais candidat, quel projet de société je soumettrai a l’intelligence des ivoiriens ? Quelle aventure, au sens noble du terme, je proposerai aux ivoiriens de faire avec moi ? Serai-je capable de faire rêver les ivoiriens d’un avenir radieux ? Les ivoiriens ont besoin de rêver. Ils ont tellement souffert depuis une dizaine d’années et cela continue, qu’ils ont besoin de sortir de ce cauchemar. Le rêve participe de l’équilibre psychologique des humains. Les ivoiriens ont besoin d’un candidat capable de les faire rêver d’une Côte d’Ivoire démocratique et paisible où règne la justice, où le mérite est reconnu et célébré, d’une Côte d’Ivoire développée à l’instar des pays comme la Corée du sud où le travail est une valeur majeure, d’une Côte d’Ivoire où l’impunité ne règne plus. Les ivoiriens ont besoin d’un candidat capable de leur donner espoir et la conviction qu’ensemble, dans l’unité et l’intérêt supérieur du pays nous pouvons relever ce défis.

Si j’étais candidat, je proposerai des reformes institutionnelles. Je commencerai par la justice. La reforme de la justice aura pour principal objectif de renforcer son indépendance vis-à-vis de l’exécutif. La nomination des membres des institutions judiciaires sera validée par les 2/3 des parlementaires. Le recrutement et la promotion des juges du siège seront dévolus au conseil supérieur de la magistrature dont le président sera le plus ancien des magistrats.

Au niveau de la gouvernance, les pouvoirs de l’assemblée nationale seront renforcés notamment en ce qui concerne le contrôle du gouvernement. Pour renforcer la bonne gouvernance, une commission budgétaire sera créée et son rôle sera de contrôler l’exécution du budget de l’Etat et la gestion financière des entreprises publiques, d’entendre chaque ministre sur la gestion de son ministère. Cette commission sera dirigée par un député de l’opposition. Le Premier Ministre sera issu de la formation politique majoritaire au parlement et sera le chef du gouvernement. Je supprimerai le conseil économique et social et je le remplacerai plus tard par un sénat qui sera la représentation des régions et de la chefferie traditionnelle.

Les responsables des entreprises publiques seront désignés sur appel d’offre avec des objectifs de résultat à atteindre.

En lieu et place des conseils généraux, je créerai des conseils régionaux, au nombre de dix, qui seront de véritables entités administratives, avec des assemblées régionales pour dynamiser la vie démocratique. Les conseils régionaux avec des pouvoirs économique, social et fiscal plus renforcés, seront les véritables moteurs du développement de chaque région. Ce sera véritablement le pouvoir au peuple. Tous les services de l’Etat y seront représentés. Plus personne ne sera obligée de quitter la région dans laquelle il exerce pour venir faire le moindre papier administratif à Abidjan.

Si j’étais candidat, mon programme économique se structurera autour de trois axes principaux : l’industrialisation, la modernisation de l’agriculture (motorisation) et le tourisme quand on sait que la Côte d’Ivoire a d’énormes potentialités touristiques et que rien est fait pour valoriser ce secteur important de l’économie et surtout créateur d’emplois. La Côte d’Ivoire doit sortir de cette agriculture d’une autre époque et mettre en place une politique volontariste de motorisation de son agriculture. Pour cela, l’Etat doit redéfinir une nouvelle fiscalité sur le matériel agricole qui rentre dans le cadre de cette modernisation et aider les organisations coopératives à s’équiper. Dans ce domaine, le gouvernement pourrait envisager à court terme le montage des machines agricoles que nous importons et à moyen terme sa fabrication sur place. La politique d’industrialisation doit avoir pour socle la transformation de nos matières premières, notamment notre production agricole. Tout est question de volonté politique et d’ambition pour la Côte d’Ivoire. Nous le pouvons.

Si j’étais candidat, l’école et la santé seront la priorité des priorités eues égard au niveau de dégradation de ces deux secteurs très importants de toute société moderne qui veut faire un pas dans le cercle des pays développés.

L’enseignement primaire et secondaire, l’enseignement technique, la formation professionnelle seront cédés aux régions sous le contrôle du gouvernement. Le rôle de l’Etat se limitant à la détermination de la politique générale de l’éducation et de la formation, à la définition du contenu des programmes académiques. Seul l’enseignement supérieur relèvera de la responsabilité directe de l’Etat central. Chaque région sera dotée d’une université et d’un système de formation professionnelle supérieure en adéquation avec les réalités économiques de chaque région. Au primaire et à la maternelle, la principale langue et les valeurs culturelles de chaque région seront enseignées.

Au niveau sanitaire, chaque région sera dotée d’un centre hospitalier régional (CHR) digne de ce nom, avec tous les services. Les CHR auront le même statut que les CHU et seront animés par des médecins hospitaliers avec un profile de carrière similaire à celui de leurs collègues exerçant dans les CHU, à la seule différence qu’ils ne sont pas enseignants. Cela, pour que chaque habitant puisse avoir accès à des soins de qualité surtout le territoire ivoirien. Chaque village aura un centre de santé et recevra la visite d’un médecin une fois par semaine. Les départements seront dotés de centres hospitaliers départementaux (CHD) et les sous-préfectures d’hôpitaux généraux (HG). Je proposerai également la création d’une assurance médicale dont le financement sera spécifique à chaque secteur d’activité. J’envisagerai la construction de deux autres CHU à Abidjan par rapport à l’évolution de sa population.

Si j’étais candidat, je proposerai aux syndicats, pour éviter les grèves intempestives, un cadre permanent de concertation. Ce qui aura pour avantage d’impliquer les syndicats dans l’action gouvernementale. J’instaurerai la justice salariale dans la fonction publique (même diplôme, même salaire) et une prime de mérite annuel pour tous les fonctionnaires avec des critères précis et consensuels. Chaque corps de métier aura des indemnités spécifiques.

Si j’étais candidat, j’entreprendrai la promotion de la femme à tous les postes de responsabilité et je supprimerai tous les textes de loi qui sont en contradiction avec la question du genre.

Si j’étais candidat, comment ferai-je pour financer cet ambitieux projet ? L’Etat fera un grand effort pour réduire son train de vie en limitant au maximum le gaspillage et les dépenses inutiles. Je formerai un gouvernement d’au plus vingt membres. Je n’aurai pas de nombre pléthorique de conseillers. La bonne gouvernance sera la colonne vertébrale de mon gouvernement. Je serai impitoyable avec la corruption, les pots de vins et les détournements de deniers publics. Toutes les administrations et les entreprises publiques seront sous haute surveillance. Nous mettrons en place un environnement économique et fiscal attrayant et incitatif pour les investisseurs ; ce qui va booster notre économie en matière d’emplois et de recette fiscale. La capacité de recettes fiscale et douanière de la Côte d’Ivoire est loin d’être atteinte. Un effort doit donc être fait dans ce domaine. Un environnement économique assaini, une politique fiscale attrayante, une justice qui inspire confiance, une bonne gestion de l’argent publique sont de nature à donner confiance aux bailleurs de fonds pour soutenir et nous aider à financer nos projets pour permettre à l’Etat de jouer pleinement son rôle régalien et à attirer les investissements étrangers.

Chères ivoiriennes et chers ivoiriens, voici le résumé de mon projet de société. Maintenant, je dois trouver les vingt millions pour le dépôt de ma candidature. Je reste à votre écoute pour répondre à vos éventuelles préoccupations.