Le rôle des policiers selon Gbagbo Laurent

Vous êtes des policiers, vous n’êtes pas des juges... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Vos ennemis, ce sont tous ceux qui sont contre la République.Tous ceux qui veulent installer la chienlit, le désordre. Tous ceux qui veulent troubler les élections. Battez-vous contre le désordre, contre la chienlit… Ne réfléchissez pas, ce sont les juges qui réfléchissent. Vous êtes des combattants du respect de l’ordre public. S’il y a des dégâts, les juges rétabliront tout. La République se construit avec les Forces de l’ordre, avec les forces de combat… Moi, j’ai les bras de la République. Quand le moment arrive pour que je lance mes bras, je les lance.
Matez tous ceux qui sèment le désordre et après on réfléchira … Matez, matez, tous ceux qui sont contre la République... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Votre rôle n’est pas de réfléchir comme les juges. Ce sont les commissaires qui réfléchissent à votre place… Vous, votre rôle, c’est de mater, de mater…Le policier ne doit pas réfléchir… Il doit taper et s’il y a des erreurs, s’il y a des problèmes nous allons arranger…

Gbagbo Laurent, Chef de l'Etat ivoirien, à l'occasion de l'installation de la CRS 3 à Divo le vendredi 27 Août 2010


mardi 27 octobre 2009

EXCLUSIF - La grande interview de Faustin Toha « La non tenue de l’élection présidentielle justifie le titre de mon livre »


26.10.2009 Interview réalisée par Gbansé Douadé Alexis -pour le Journal de Connectionivoirienne.net (www.j-ci.net)

Faustin Toha est l’auteur d’un essai politique au titre jugé provocateur "Devoir de Mensonges, crise à l’ivoirienne". A l’occasion du premier anniversaire de la publication de son premier livre qui continue de défrayer la chronique, le journaliste politique justifie le titre de son ouvrage par une analyse toujours pertinente.

Vous êtes l’auteur d’un essai politique intitulé ‘’Devoir de Mensonges, crise à l’ivoirienne’’ publié aux éditions Nei/ Ceda, (242 pages) depuis le 31 octobre 2008 sur la crise politico-militaire déclenchée en septembre 2002. Un livre qui continue de défrayer la chronique. Quel bilan faites-vous ?

C’était un rêve qui est devenu par la suite une réalité. Du journalisme à l’écriture. Cet essai politique est le témoignage mien pour éviter que certaines personnes ne prennent en otage un événement qui nous a tous bouleversés. Comme ceux qui ont écrit sur la crise déclenchée en septembre 2002, je suis heureux d’avoir apporté ma modeste contribution à ce travail de recherche. Les nombreux livres qui ont été publiés ne doivent pas empêcher d’autres personnes de continuer de mener la réflexion. Je les y encourage. Moi j’ai choisis d’écrire du vivant des acteurs avec la volonté de faire un travail de journaliste. Ce qui n’est pas toujours sans danger. Pour le reste, les lecteurs peuvent juger de ma volonté de me mettre a équidistance de tous les groupes d’intérêts. Notamment les partis politiques et par ricochet la classe politique. Je pense que j’ai gagné ce pari. Celui de la neutralité engagée. J’avais commencé par une campagne éditoriale à Paris avant sa publication. Je suis retourné à Paris dans le cadre du salon international du livre. En Côte d’Ivoire, j’ai continué avec des interviews dans la presse dans le cadre de la promotion du livre et des dédicaces dans les librairies de France dans la capitale économique. Je pense que ces moments ont été très enrichissants. Il y a eu des échanges avec des lecteurs pendant ces dédicaces. Beaucoup comprennent que la vérité est la somme de toutes les vérités. Quelques invitations à l’intérieur du pays. J’ai été aussi l’invité de la fondation Memél Fotê qui a un partenariat avec l’association des écrivains de Côte d’Ivoire. Je suis heureux de l’accueil que les lecteurs lui ont réservé.

Mais il y a eu l’interdiction de dédicacer à Bongouanou. Comment avez-vous vécu cela ?

Je pense que ceux qui ont pris cette décision n’acceptent pas encore le débat contradictoire. Et ils gagneraient à ne pas tomber dans ce piège. Cela ne fait pas d’ailleurs honneur à notre pays. Je me souviens encore des protestations dans la rue pour la défense de la liberté d’expression quand ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir étaient dans l’opposition. Nous rêvions d’une société de débats. Mais j’ai bien peur pour mon pays. Un pays où on tolère la prise des armes et l’on s’attaque à des citoyens qui réfléchissent pour faire avancer la société. Pour moi c’est de la haute trahison. Cela ne peut pas venir d’intellectuels. En tous cas ceux qui ont un profond respect de la démocratie. Moi j’ai décidé d’écrire sans parti pris. Je pense que cela n’est pas un crime contre l’humanité. J’avais déjà répondu aux uns et aux autres que ‘’ Devoir de Mensonges, crise à l’ivoirienne’ n’est pas un document subversif. C’est un ouvrage qui n’a pas la prétention d’avoir perçu tous les pans de la crise à l’ivoirienne. Mais il n’a pas voulu tomber dans une certaine complaisance au risque de manquer son objectifs : garder une véritable indépendance dans le traitement des faits. Heureusement qu’au sein même de ceux qui semblent me combattre tout le monde n’est pas du même avis. Je reçois des soutiens.

Depuis le 27 février 2009 vous avez été licencié du port autonome d’Abidjan pour dit-on ‘’ suppression de poste’’ où vous étiez le responsable du département communication. Etait-ce une sanction pour avoir écrit avec beau coup de liberté ?

C’est d’abord le manque de considération des choses de l’esprit. A la vérité, si on ne se reproche rien on ne peut pas réagir de la sorte. Et ceux qui pensent maintenir leurs concitoyens dans un état d’ignorance organisée ne doivent pas en être fiers. Je pense que chacun de nous a sa place dans la construction de notre pays. Monsieur Marcel Gossio en signant ma lettre de licenciement avec ce motif fantaisiste et arbitraire a oublié sa propre histoire. Celle qui vaut en partie sa promotion depuis l’avènement du Fpi au pouvoir. Encore que moi je ne suis pas dans une logique de conquête du pouvoir d’Etat. Et si c’était le cas d’ailleurs ? Dans tous les cas au moment venu je parlerai pour la manifestation de la vérité. C’est lui que l’histoire jugera parce qu’il lui sera très difficile de prouver que mon licenciement n’est pas lié à la publication de mon livre, qui n’avait pas pour objectif de faire la promotion d’un parti fut-il celui de monsieur Gossio.

Dans l’avertissement que vous faites dans votre livre vous soulignez le caractère atypique de la classe politique ivoirienne. Est –ce une particularité ?

Je souligne ce qu’elle a montré à la face du monde. C’est par exemple la transformation de la politique en pugilat et en un immense gymnase où tous les coups sont permis. En démocratie les partis politiques et mouvements qui animent la vie socio-politque se surveillent les uns des autres, se critiques pour améliorer la vie de leurs concitoyens. Malheureusement nous n’assistons pas à des débats pour que chaque groupe d’intérêt présente son programme de gouvernement et ceux qui le mettront à exécution en cas de victoire aux élections. Aujourd’hui il y a un consensus né d’arrangements successifs qui me font penser à un retour du parti unique avec la volonté de chaque camp de résister à la tenue de véritables élections. Il y a un arrimage au mandat du président Gbagbo qui profite à ses partisans et courtisans. Tout le monde est d’accord pour faire perdurer cette situation en dépit des grands risques que cela fait courir à la Côte d’Ivoire.

Vous soutenez que le scénario d’hypothétique élection ne laisse pas présager d’un retour imminent à la paix. Comment expliquez vous cela ?

Dans mon livre j’explique qu’il y a avant tout, une volonté de tisser des alliances dans un contexte flou où les courants idéologiques disparaissent au profit des clans. A mon avis, il y a un danger qui guette la Côte d’Ivoire. Est-ce que les leaders politiques joueront la carte du vote qui ne prendrait pas en otage leurs groupes ethniques ? Tout dépend du discours qu’ils voudront tenir devant ceux-ci. Encore faut-il que la liberté de mouvement soit reconnue pour tous. Un autre danger comme je l’explique est la forme triangulaire de la conquête du pouvoir d’Etat qui se résume depuis une décennie à Gbagbo, Bédié et Ouattara. La non tenue de l’élection présidentielle justifie le titre de mon livre.

Les deux derniers sont les leaders respectifs du Pdci et du Rdr et ont eu selon les circonstances des alliances entre eux ou avec le Fpi de Gbagbo. Et chacun a sa revanche à prendre.
Ce sont ces différentes combinaisons qui complexifient la sortie de crise. Par exemple Gbgabo s’est pris au jeu de l’houphouëtisme. Ce qu’il avait critiqué trente ans durant quand il combattait le régime du Pdci. Mais rassurez vous toutes les combinaisons qui sont servies aux populations reposent difficilement sur des projets de société cohérents.

Jusqu’à présent la société civile ivoirienne accompagne le processus de sortie de crise. Est-ce qu’on peut s’attendre à une vraie implication de la part des responsables ?

Tout laisse croire que chacun veut s’engager dans le processus de sortie de crise quelque soit sa position. Mais il faut reconnaître que peu de personnes font confiance à cette société civile jugée partisane. Et il est urgent que le défi de l’impartialité soit relevé. En le faisant, les populations seront plus rassurées. Et il est important que tous les acteurs se mobilisent pour réussir ce pari. L’un des problèmes majeurs sera certainement le rôle que voudra jouer la Fesci. Quel sera le candidat de ce syndicat ? La Fédération des étudiants et élèves de Côte d’Ivoire pourra-t-elle faire montre d’une hauteur d’esprit ? Il faut engager le débat dès à présent pour éviter un autre chaos. N’oublions pas que cette crise politico militaire déclenchée en septembre 2002 trouve aussi ses origines dans les conflits entre les anciens dirigeants qui apportent leur soutien à leur parrain respectif. Tous des leaders politiques.

Vous soutenez que la jeunesse ivoirienne est sans opportunité. Cela est-elle la conséquence de l’échec des politiques ?

Dans mon livre je me réfère à des exemples précis. La Côte d’Ivoire a une jeunesse nombreuse, déboussolée et en quête de modèles, qui voit dans la politique le seul moyen de s’enrichir et de se socialiser. Je souligne l’absence d’une classe politique qui donne à la jeunesse d’autres opportunités. C’est ainsi que tous les soient-disant leaders politiques sont redevables à ceux qui gèrent au quotidien leurs besoins, du reste immense. Comment mettre cette jeunesse au travail ? Combien y pensent dans leur programme de société ?

L’élection présidentielle est en passe d’être encore reportée même si la structure en charge de son organisation n’a pas publié de communiquer dans ce sens. Dans votre livre vous êtes revenu à plusieurs reprises sur cette élection en la qualifiant d’hypothétique. Pourquoi ce grand doute ?

La date du 29 novembre 2009 devient un fond d’écran qui va à son tour disparaître du décor. Comme toute les autres date indiquées depuis 2005.
Etait-ce une volonté déguisée des acteurs ? Toujours est –il que le constat pourrait être décevant pour ceux qui avaient cru à cette belle aventure. Ne serait-ce qu’au respect de la date. Je crois que le facilitateur, le président Blaise Compaoré du Burkina dont je parle aussi dans le livre pourra nous donner les vraies raisons. Mais comme je l’explique il y a des dessous de cartes qui font qu à chaque étape cruciale, il y a semble-t-il des arrangements qui frisent la compromission. Il y a aujourd’hui un autre discours qui veut qu’on traîne le plus longtemps possible avant d’aller aux élections. Mais cela peut ressembler à des réunions au cour desquelles tout le monde veut prendre la parole pour ressasser les mêmes choses. Au bout du compte rien de concret. Pure perte de temps. Est-ce que les acteurs peuvent s’imposer une rigueur pour sortir les ivoiriens de cette situation qui est tout aussi intenable que ce que certains veulent nous faire croire ? Tout est une question de volonté collective. Et c’est ce qui fait cruellement défaut.

Vous analysez de façon particulière les relations entre les présidents Gbagbo et Comparé. Vous dites même que le chef de l’Etat burkinabé estime qu’il est du devoir de la Côte d’Ivoire de demeurer un espace communautaire. Est-ce que cela est pris en compte dans la recherche de sortie de crise ?

J’ai prévenu les lecteurs qu’il y a une difficulté à analyser un présent en constante évolution. Mais dans ‘’la crise à l’ivoirienne’’ comme l’indique le sous-titre de mon livre le temps refuse de prendre son envol et rappelle aux uns et aux autres la falsification des faits qui a alimenté tout ce que le pays traverse. Gbagbo et Compaoré ont connu des brouilles liées à des problèmes historiques et personnels. Nous sommes un peu dans le schéma de ce que l’on peut appeler la parenthèse de 1932 à 1947. En effet, une partie de la Haute-Volta, une autre colonie française, fut incluse dans la Côte d’Ivoire. C’est un territoire pauvre, héritier d’une longue histoire de royautés précoloniales. Cette délimitation des frontières étendait le ‘’territoire ivoirien » jusqu’à la ville burkinabé de Kaya, un peu plus dans le Nord, c'est-à-dire au-delà de ouagadougou. Aujourd’hui on peut penser que l’influence se fait dans le sens inverse.
Vous savez que la Côte d’Ivoire demeure à la fois un modèle et un enjeu. Effectivement, l’idée que ce pays a été construit grâce à des personnes venues du septentrion, peut poser problème. Dans tous les cas le chef de l’Etat burkinabé que certains membres du gouvernement ivoirien qualifient désormais ‘’d’allié respecté’’ ne lâchera pas sa proie de sitôt après. Il sait que quelque soit le président élu celui-ci lui sera redevable.

Vous avez fait les portraits de Gbagbo, Bédié Ouattara et de Guillaume Soro. Les Ivoiriens savent-ils vraiment qui sont-ils ?

J’ai fait un portrait qui est discutable. Sans doute. Mais je l’ai fait en toute liberté. J’invite les lecteurs à y prêter attention avant de porter leur choix définitif. Je souhaite que chacun fasse sa propre analyse.

Prochainement en vente sur Connectionivoirienne.net

"Devoir de Mensonges, crise à l’ivoirienne"

info@connectionivoirienne.net

lundi 5 octobre 2009

Si j’étais candidat !

Enfin la liste électorale provisoire est prête ! Mais les ivoiriens doivent patienter encore des jours, parce que cette liste doit être présentée au Chef de l’Etat avant sa publication. Ce que je ne comprends pas. Le Chef de l’Etat, lui-même candidat, doit-il donner son accord avant la publication ? N’a-t-on pas perdu suffisamment de temps ?

Des candidats ont déjà déposé leur dossier. D’autres pas encore. Notamment Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, deux poids lourds de la scène politique ivoirienne. Moi aussi, je réfléchis sérieusement à ma candidature. Malheureusement j’ignore la date limite de dépôt des candidatures. Le Chef de l’Etat de retour de son fameux voyage aux Etats-Unis lors de l’assemblée générale de l’ONU, avec une délégation de quarante personnes environs, - voyage qui a coûté plus de deux milliards de franc CFA aux contribuables ivoiriens - a parlé du 16 Octobre 2009 comme date limite. D’autres sources parlent du 03 Octobre.

Je disais que je pense à me présenter à l’élection présidentielle. J’ai encore le temps de constituer mon dossier. La date du 29 Novembre 2009 n’est plus tenable et tout le monde le sais.

Si j’étais candidat, quel projet de société je soumettrai a l’intelligence des ivoiriens ? Quelle aventure, au sens noble du terme, je proposerai aux ivoiriens de faire avec moi ? Serai-je capable de faire rêver les ivoiriens d’un avenir radieux ? Les ivoiriens ont besoin de rêver. Ils ont tellement souffert depuis une dizaine d’années et cela continue, qu’ils ont besoin de sortir de ce cauchemar. Le rêve participe de l’équilibre psychologique des humains. Les ivoiriens ont besoin d’un candidat capable de les faire rêver d’une Côte d’Ivoire démocratique et paisible où règne la justice, où le mérite est reconnu et célébré, d’une Côte d’Ivoire développée à l’instar des pays comme la Corée du sud où le travail est une valeur majeure, d’une Côte d’Ivoire où l’impunité ne règne plus. Les ivoiriens ont besoin d’un candidat capable de leur donner espoir et la conviction qu’ensemble, dans l’unité et l’intérêt supérieur du pays nous pouvons relever ce défis.

Si j’étais candidat, je proposerai des reformes institutionnelles. Je commencerai par la justice. La reforme de la justice aura pour principal objectif de renforcer son indépendance vis-à-vis de l’exécutif. La nomination des membres des institutions judiciaires sera validée par les 2/3 des parlementaires. Le recrutement et la promotion des juges du siège seront dévolus au conseil supérieur de la magistrature dont le président sera le plus ancien des magistrats.

Au niveau de la gouvernance, les pouvoirs de l’assemblée nationale seront renforcés notamment en ce qui concerne le contrôle du gouvernement. Pour renforcer la bonne gouvernance, une commission budgétaire sera créée et son rôle sera de contrôler l’exécution du budget de l’Etat et la gestion financière des entreprises publiques, d’entendre chaque ministre sur la gestion de son ministère. Cette commission sera dirigée par un député de l’opposition. Le Premier Ministre sera issu de la formation politique majoritaire au parlement et sera le chef du gouvernement. Je supprimerai le conseil économique et social et je le remplacerai plus tard par un sénat qui sera la représentation des régions et de la chefferie traditionnelle.

Les responsables des entreprises publiques seront désignés sur appel d’offre avec des objectifs de résultat à atteindre.

En lieu et place des conseils généraux, je créerai des conseils régionaux, au nombre de dix, qui seront de véritables entités administratives, avec des assemblées régionales pour dynamiser la vie démocratique. Les conseils régionaux avec des pouvoirs économique, social et fiscal plus renforcés, seront les véritables moteurs du développement de chaque région. Ce sera véritablement le pouvoir au peuple. Tous les services de l’Etat y seront représentés. Plus personne ne sera obligée de quitter la région dans laquelle il exerce pour venir faire le moindre papier administratif à Abidjan.

Si j’étais candidat, mon programme économique se structurera autour de trois axes principaux : l’industrialisation, la modernisation de l’agriculture (motorisation) et le tourisme quand on sait que la Côte d’Ivoire a d’énormes potentialités touristiques et que rien est fait pour valoriser ce secteur important de l’économie et surtout créateur d’emplois. La Côte d’Ivoire doit sortir de cette agriculture d’une autre époque et mettre en place une politique volontariste de motorisation de son agriculture. Pour cela, l’Etat doit redéfinir une nouvelle fiscalité sur le matériel agricole qui rentre dans le cadre de cette modernisation et aider les organisations coopératives à s’équiper. Dans ce domaine, le gouvernement pourrait envisager à court terme le montage des machines agricoles que nous importons et à moyen terme sa fabrication sur place. La politique d’industrialisation doit avoir pour socle la transformation de nos matières premières, notamment notre production agricole. Tout est question de volonté politique et d’ambition pour la Côte d’Ivoire. Nous le pouvons.

Si j’étais candidat, l’école et la santé seront la priorité des priorités eues égard au niveau de dégradation de ces deux secteurs très importants de toute société moderne qui veut faire un pas dans le cercle des pays développés.

L’enseignement primaire et secondaire, l’enseignement technique, la formation professionnelle seront cédés aux régions sous le contrôle du gouvernement. Le rôle de l’Etat se limitant à la détermination de la politique générale de l’éducation et de la formation, à la définition du contenu des programmes académiques. Seul l’enseignement supérieur relèvera de la responsabilité directe de l’Etat central. Chaque région sera dotée d’une université et d’un système de formation professionnelle supérieure en adéquation avec les réalités économiques de chaque région. Au primaire et à la maternelle, la principale langue et les valeurs culturelles de chaque région seront enseignées.

Au niveau sanitaire, chaque région sera dotée d’un centre hospitalier régional (CHR) digne de ce nom, avec tous les services. Les CHR auront le même statut que les CHU et seront animés par des médecins hospitaliers avec un profile de carrière similaire à celui de leurs collègues exerçant dans les CHU, à la seule différence qu’ils ne sont pas enseignants. Cela, pour que chaque habitant puisse avoir accès à des soins de qualité surtout le territoire ivoirien. Chaque village aura un centre de santé et recevra la visite d’un médecin une fois par semaine. Les départements seront dotés de centres hospitaliers départementaux (CHD) et les sous-préfectures d’hôpitaux généraux (HG). Je proposerai également la création d’une assurance médicale dont le financement sera spécifique à chaque secteur d’activité. J’envisagerai la construction de deux autres CHU à Abidjan par rapport à l’évolution de sa population.

Si j’étais candidat, je proposerai aux syndicats, pour éviter les grèves intempestives, un cadre permanent de concertation. Ce qui aura pour avantage d’impliquer les syndicats dans l’action gouvernementale. J’instaurerai la justice salariale dans la fonction publique (même diplôme, même salaire) et une prime de mérite annuel pour tous les fonctionnaires avec des critères précis et consensuels. Chaque corps de métier aura des indemnités spécifiques.

Si j’étais candidat, j’entreprendrai la promotion de la femme à tous les postes de responsabilité et je supprimerai tous les textes de loi qui sont en contradiction avec la question du genre.

Si j’étais candidat, comment ferai-je pour financer cet ambitieux projet ? L’Etat fera un grand effort pour réduire son train de vie en limitant au maximum le gaspillage et les dépenses inutiles. Je formerai un gouvernement d’au plus vingt membres. Je n’aurai pas de nombre pléthorique de conseillers. La bonne gouvernance sera la colonne vertébrale de mon gouvernement. Je serai impitoyable avec la corruption, les pots de vins et les détournements de deniers publics. Toutes les administrations et les entreprises publiques seront sous haute surveillance. Nous mettrons en place un environnement économique et fiscal attrayant et incitatif pour les investisseurs ; ce qui va booster notre économie en matière d’emplois et de recette fiscale. La capacité de recettes fiscale et douanière de la Côte d’Ivoire est loin d’être atteinte. Un effort doit donc être fait dans ce domaine. Un environnement économique assaini, une politique fiscale attrayante, une justice qui inspire confiance, une bonne gestion de l’argent publique sont de nature à donner confiance aux bailleurs de fonds pour soutenir et nous aider à financer nos projets pour permettre à l’Etat de jouer pleinement son rôle régalien et à attirer les investissements étrangers.

Chères ivoiriennes et chers ivoiriens, voici le résumé de mon projet de société. Maintenant, je dois trouver les vingt millions pour le dépôt de ma candidature. Je reste à votre écoute pour répondre à vos éventuelles préoccupations.

lundi 21 septembre 2009

Déchets toxiques: accord amiable entre Trafigura et les victimes ivoiriennes


LONDRES - La multinationale Trafigura a signé à Londres un accord amiable portant sur 30 millions de livres (33 millions d'euros) avec les quelque 31.000 plaignants dans l'affaire du déversement en 2006 de déchets toxiques à Abidjan, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la société.

"L'accord a été signé samedi soir tard" entre Trafigura et l'avocat des plaignants tout juste revenu d'Abidjan avec le feu vert d'au moins 75% de ses clients (seuil légal), a expliqué cette source, précisant que l'indemnisation totale représentait 30 millions de livres, au lieu des 180 réclamés à
l'origine.

Chaque plaignant recevra 750.000 francs CFA, soit 1.150 euros, a indiqué le porte-parole.

Trafigura était l'affréteur du cargo Probo Koala, dont le déversement de résidus toxiques avaient causé, selon la justice ivoirienne, la mort de 17 personnes et des milliers d'intoxications.

Cet accord met fin à la procédure engagée contre Trafigura au Royaume-Uni.

Un procès devait s'ouvrir devant la Haute cour de Londres le 6 octobre, pour trois mois environ.

"Depuis août 2006, les parties ont investi énormément de temps et d'argent afin de réaliser une analyse détaillée des événements survenus à Abidjan en 2006", précise la déclaration commune finale, indiquant que "plus de 20 experts indépendants" de divers domaines avaient oeuvré.

"Ces experts indépendants n'ont pas été en mesure d'établir un lien entre l'exposition aux produits chimiques émanant des déversements d'une part, et les décès, les fausses couches, les naissances d'enfants mort-nés, les malformations, les pertes d'acuité visuelle ou d'autres maladies graves et
chroniques", poursuit le document.

Le cabinet d'avocats des plaignants "Leigh Day and co, à la lumière des conclusions des experts, reconnaît désormais que les déversements ne pouvaient, au pire, qu'avoir provoqué des symptômes passagers semblables à ceux de la grippe et des crise d'anxiété", ajoute-t-il.

"Trafigura est totalement innocenté par les conclusions des experts des deux parties", a déclaré Eric de Turckheim, directeur de Trafigura, cité dans un communiqué. "Depuis 3 ans, on nous accuse d'avoir causé des morts et des maladies graves. Aujourd'hui ces accusations se révèlent sans fondement, comme le reconnaît la déclaration de Leigh Day", a-t-il ajouté, relevant "l'absence totale de responsabilité dans cette pollution".

Aucun représentant des plaignants n'était joignable à Londres dimanche matin.

Un rapport de l'ONU publié jeudi a établi un lien "solide" entre les déchets toxiques et les décès --chiffrés à 15 par le rapport-- survenus à Abidjan, a expliqué le rapporteur spécial de l'ONU sur ce dossier, Okechukwu Ibeanu, admettant néanmoins ne pas disposer de "preuves scientifiques" sur les
effets des 500 tonnes de résidus.

Trafigura a conclu en février 2007 un accord amiable avec l'Etat ivoirien, comprenant une indemnisation totale de plus de 100 milliards de FCFA (152 millions d'euros) dont un quart seulement est allé aux victimes.

En octobre 2008, deux responsables locaux de Trafigura impliqués dans l'affrétement du Probo Koala ont été condamnés à 20 et 5 ans de prison à Abidjan.

Dimanche 20 septembre 2009 - Par AFP

jeudi 17 septembre 2009

Illusion électorale


Laurent Gbagbo, Président d'une Côte d'Ivoire à la recherche de son lustre d'antan, a invité son "ami retrouvé" Blaise Compaoré, Président d'un Burkina triomphant, qu'il avait accusé au début de cette guerre d'en être le parrain, en visite très officielle à Yamoussokro. Première visite du genre depuis septembre 2002, début de la crise politico-militaire. Le Président du Burkina a foulé le sol ivoirien, revêtu de son costume de Président devenu incontournale sur la scène sous regionale. N'est-il pas, en plus de la Côte d'Ivoire, médiateur de la crise politique togolaise?

Officiellement, cette visite est destinée à renforcer les liens d'amitié et la coopération entre les deux pays amis dépuis....belle lurette. Evidemment, en de telles circonstances, il y a des raisons officieuses. Ces raisons officieuses, les deux amis nous ont donnés des indications en faisant des commentaires sur l'élection présidentielle; en ressassant un refrain maintes fois entendu : Il ne sert à rien de faire des élections précitées et baclées, l'important est que les élections soient bien préparées et se déroule dans la transparence, et "patati patata". . Chaque fois que le calendrier électoral ne peut-être respecté, on nous sort ce refrain, qui une fois de plus demontre la mauvaise fois des tenants du pouvoir et leur manque évident de volonté politique d'aller à l'élection présidentielle en 2009, avec la complicité de Blaise Compaoré "l'ami retrouvé" de Gbago. D'ailleur, notre cher facilitateur doit rencontrer les acteurs politiques ivoitiens demain vendredi pour leur faire avaler la couleuse. Pourtant Laurent Gbagbo et son Premier ministre Soro Guillaume nous ont mille fois chantés que cette date était immuable. Soro Guillaume avait même affirmé que ce serait une catastrophe pour la Côte d'Ivoire si l'élection présidentielle n'avait pas lieu le 29 Novembre 2009. Une fois de plus les ivoiriens, mais surtout ceux qui croyaient fermement à la tenue de l'élection présidentielle (moi, je n'en fais pas parti, je suis devenu un "saint Thomas") sont roulés dans la farine. C'est le sport le mieux pratiqué en Eburnie. Finalement les faits sont entain de donner raison à Nicolas Sarkozy, qui disait que le Chef d'Etat ivoirien n'est pas digne de confiance.

Je comprends pourquoi Laurent gbagbo s'est empressé d'offrir 500 millions de cfa à son "ami retrouvé" Blaise Compaoré pour consoler ses victimes des intempéries. Alors que les victimes de ces mêmes intempéries à Abidjan se "cherchent" car ignorés par les autorités ivoiriennnes.


Blaise Compaoré s`invite dans le débat sur le calendrier électoral

Pour sa première visite officielle en Côte d'Ivoire depuis l’élection de Laurent Gbagbo en l'an 2000, Blaise Compaoré s’est rendu hier à Mama, village natal du président ivoirien, dans le centre-ouest du pays. Facilitateur du dialogue inter-ivoirien, le président burkinabé s’est invité dans le débat sur la tenue de l’élection présidentielle prévue le 29 novembre prochain. Alors que le doute plane sur le respect de cette date, Blaise Compaoré estime à son tour que ce qui importe le plus c'est la réussite du scrutin, pour garantir la paix, et non le calendrier électoral.

Lentement mais sûrement. C’est le précepte de Blaise Compaoré pour l’organisation du scrutin présidentiel ivoirien. Mieux vaut prendre son temps que de bâcler cette élection. Quitte à reporter une fois encore la date du premier tour ? le président burkinabé se garde bien de le dire. Mais son avis semble sonner comme une onction à un nouveau possible report de cette échéance tant attendue.

Selon Blaise Compaoré il s’agit d’un processus « important pour l’avenir de nos deux pays ». Il faut donc « avancer sûrement vers l’objectif qui est l’organisation de l’élection présidentielle. » A l’unisson de son homologue Blaise Compaoré et de son Premier ministre, Guillaume Soro, le président ivoirien Laurent Gbagbo invoque l’avenir pour insister sur le soin avec lequel doivent être organisées les élections. « Il ne faut pas confondre l’avenir de la paix et le retard que l’on met dans l’organisation des élection. Ce sont deux choses différentes. Nous sommes en train de préparer les élections, comme on dit ici, ' tchoco tchoco, on va faire les élections’. »

« Tchoco-tchoco... », cela veut bien dire « dans tous les cas ». Mais cela ne veut pas dire quand. Or en Côte d’Ivoire comme ailleurs, personne n’aspire ouvertement à des élections bâclées. Dès lors, on peut se demander pourquoi Laurent Gbagbo insiste maintenant sur le soin à apporter au scrutin. A cela, le président ivoirien doit sans doute avoir une bonne raison.
Source RFI

Pollution/Affaire du "Probo-Koala"


Les déchets déversés en Côte d`Ivoire contenaient un gaz mortel

Le Monde.fr - Les résidus pétroliers se trouvant à bord du Probo-Koala, qui avaient été déversés en 2006 dans des décharges d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, provoquant une dizaine de décès par empoisonnement, contenaient environ deux tonnes de sulfure d'hydrogène, un gaz mortel en cas de fortes inhalations, affirme le quotidien britannique The Guardian, dans son édition du jeudi 14 mai. Une analyse effectuée aux Pays-Bas sur un échantillon des quelque 500 tonnes de déchets du navire a relevé également la présence d'importantes quantités de soude caustique. La société Trafigura, affréteur du Probo-Koala, fait l'objet d'une plainte collective déposée par plusieurs milliers de citoyens ivoiriens.


Accord en vue entre affréteur et victimes

LONDRES - La multinationale Trafigura, affréteur du cargo Probo Koala, dont les déchets toxiques avaient été déversés en 2006 en Côte d`Ivoire, a annoncé mercredi qu`elle avait proposé un accord à l`amiable aux victimes, engagées dans des poursuites à son encontre.

Trafigura, un négociant multinational de produits pétroliers, était l`affréteur du cargo Probo Koala, dont les résidus toxiques avaient été déversés à Abidjan, causant la mort de 17 personnes et des milliers d`intoxications.

Plus de 30.000 victimes ivoiriennes, représentées par le cabinet britannique d`avocats Leigh Day and Co, avaient entamé des poursuites contre Trafigura. Un procès devait avoir lieu en octobre devant la Haute Cour de Londres, qui aurait constitué la plus importante action contre une société jamais menée devant la justice britannique.

Mais mercredi, Trafigura, dont le siège opérationnel est basé à Londres, a fait savoir, dans un communiqué, que "les parties explorent la possibilité d`un compromis sur les demandes d`indemnisation qui ont été faites".

"Un règlement global est considéré par les parties et il apparaît actuellement que cet accord serait probablement acceptable pour la plupart d`entre elles", a ajouté Trafigura. "Cela prendra du temps et d`ici là, les deux parties considèrent qu`il serait malvenu et inapproprié de faire tout commentaire supplémentaire."

Selon le quotidien britannique The Independent, cet accord pourrait se compter en millions de livres.

Trafigura a toujours nié toute responsabilité dans les événements. Mais le 13 février 2007, elle avait conclu un accord à l`amiable avec l`Etat ivoirien qui arrêtait toute poursuite en contrepartie du versement d`une indemnisation globale de plus de 100 milliards de FCFA (152 millions d`euros).

Un quart de cette somme seulement avait été consacrée aux victimes, le reste revenant à l`Etat et aux collectivités locales.

Cet accord avait permis la libération de deux hauts cadres de Trafigura, incarcérés depuis des mois après un déplacement à Abidjan.

En octobre 2008, deux responsables locaux impliqués dans l`affrétement du Probo Koala ont été condamnés à 20 et 5 ans de prison à Abidjan.
Source AFP

mercredi 9 septembre 2009

Nouveau Président du Conseil Constitutionnel - Paul Yao N'DRÉ: La patrie ou le parti?


Le chef de l'Etat de Côte-d'Ivoire Laurent Gbagbo, vient de confier les clés du conseil constitutionnel, organe suprême de décision en matière constitutionnelle et électorale, de son pays au professeur Paul Yao Ndré. La politique reste décidemment une sorte de jeux de foot où l'on ne fait la passe á son adversaire que par erreur. L'analogie est du président Gbagbo lui même. Cela laisse donc comprendre que Laurent Gbagbo entend utiliser Yao Ndré comme une pièce essentielle du puzzle électorale du FPI. Bien évidemment entre un voeux et sa réalisation, il y a souvent, surtout en politique, tout un monde.

Dépouillé de l'essentiel de ses pouvoirs par les différents accords de paix, le président Gbagbo n'a jamais écarté l'idée d'un passage en force pour s'assurer un autre mandat. La nomination de son directeur de campagne pour Hiré au poste stratégique de président de la cour constitutionnelle, participe d'une stratégie bien huilée pour une reconquête moins calamiteuse du pouvoir d'état.

Intellectuellement, nulle ne doute de la capacité de Yao Ndré, ce professeur agrégé de droit International, a mener á bien la tache a lui confiée. Le mandat du juge Yanon Yapo étant arrivée á son terme, il fallait nommer un autre ivoirien au poste. La nomination du président de cette institution obéit donc plus á une raison d'état, qu' á toute autre vision philanthropique, qui mettrait Laurent Gbagbo dans le rôle de dieu qui choisit son prophète..

Politiquement, c'est de la lapalissade que de penser et de croire que, le FPI n'espère aucune dividende de ce deal aux relents tragiques d'un "win-win" politique.

La récente cérémonie de prestation de serment, permet de décrypter facilement la clef du code secret qui scelle le destin des ivoiriens.

D'abord Laurent Gbagbo se braque. Il se défend d'une accusation de clientélisme que ses adversaires n'ont pas formulée directement. Il n'y a que la presse proche des deux camps qui a cru bon de se fendre des commentaires des plus débridés sur la question. A cette accusation informelle, Laurent Gbagbo a cru bon de donner une réponse officielle. "Yao Ndré est mon ami, on l'appelle Pablo et je l'ai nommé et puis après..." avait t-il répondu. La démocratie ivoirienne a pris un coup de froid dans le dos á entendre ces paroles, á la lisière du chantage et de l'intimidation, d'un homme qui a toujours revendiqué être un "enfant des élections". Les charmeurs de serpents ont souvent la vie trouble car conscients de la capacité de destruction des animaux avec lesquels ils travaillent. Avec la nomination de Paul Yao Ndré, éminent juriste, Gbagbo se fait cadeau d'un destin de charmeur de serpent pour au moins deux raisons:

Premièrement, Yao Ndré, brillant universitaire et ancien ministre ayant une connaissance parfaite du contenu de la boite á pandore qu'est devenu le monde politique ivoirien, ne doit sa nomination qu'á sa connaissance parfaite du droit de notre pays. Ni Guy Labertit, ni Geneviève Bro Grebé ne pouvaient prétendre á un tel poste malgré leur coefficient de militantisme au PFI qui est des plus élèves. C'est donc d'abord par mérite et ensuite par sa nationalité ivoirienne que Yao Ndré accède á ce sacro-saint institutionnel de notre pays. Ceci est révélateur. Yao Ndré est libre et n'a de dette envers personne si ce n'est la république qui l'envoie en mission pour six ans et notre texte sacré de constitution fait bien de le rendre inamovible pendant toute la durée de son mandat. Par ce fait, il détient l'ultime passeport pour être un homme juste et droit qui a sur un plateau d'or l'opportunité replonger un pays et ses 20 millions d'habitants sur les chemins de la croissance et sur les chemins obliques de l'abjection et du cauchemar.

Deuxièmement, le président du conseil constitutionnel est un homme de droit et juge qui connait la valeur d'un serment, qui mesure le poids des décisions á prendre. Ses premières déclarations dans la presse sont satisfaisantes. L' homme de droit se démarque nettement de sa chapelle politique et assume courageusement son destin national, son destin de juge de la plus importante décision de l'histoire de notre pays. La Côte-d'Ivoire a ainsi, mis entre les mains de Paul Yao Ndré une mère poule avec pour instruction de bien la nourrir, la protéger de sorte que sa progéniture nourrisse les futures générations d'ivoiriens.

Il y a une seule façon de trahir cet objectif. Celui de manger la poule. Volontairement ou sous impulsion, pour le parti ou contre la patrie. Voici les termes du dilemme.

On regarde!

Bakus vous salut

le Journal de Connection • Catégorie : Le Journal de Connection Ivoirienne.

jeudi 27 août 2009

ELECTION PRESIDENTIELLE Voici la première candidature déposée à la CEI

Le président du conseil général de Sakassou, voulant être le premier à déposer son dossier, s’est rendu, à cet effet, à la CEI pour remplir les formalités d’usage en la matière. Il a donc été reçu par le secrétaire permanent de la CEI, Auguste Severin Miremont, qui a vérifié la conformité de son dossier aux pièces à fournir pour être candidat. Muni de son récepissé d’inscription, le premier candidat à l’élection présidentiel n’a pas dissimulé sa satisfaction. Plutôt confiant, il a affiché sa détermination à se faire élire à l’élection présidentielle de novembre 2009 si d’aventure les signataires de l’accord politique de Ouagadougou respectent leurs signatures. Qu’il y ait élection ou pas à la date indiquée, pour Félix Akoto Yao, l’essentiel, « c’est de prouver aux populations qu’on a de l’ambition pour son pays ».

mercredi 26 août 2009

Election présidentielle ivoirienne

Le dépot des dossiers des candidats à l'hypothétique élection présidentielle du 29 Novembre débute aujourd'hui. Qui sera le premier à déposer sa candidature?

vendredi 21 août 2009

Réflexions d’un électeur

Election présidentielle ivoirienne le 29 Novembre 2009, mythe ou réalité ?
Une chose est certaine, la chasse aux voix a commencé depuis quelques mois même si actuellement il y a une accalmie, comme si les candidats étaient déjà essoufflés. Peut-être qu’ils ne croient plus, tout simplement, au 29 Novembre.

En tout cas, le dernier communiqué de la CEI, laisse les ivoiriens perplexes et pessimistes ceux qui croyaient encore à la tenue de l’élection présidentielle en Novembre 2009.

L’électeur que je suis, avec ma seule voix, combien importante comme des millions d’autres, ma seule et unique voix, comme des millions d’autres, qui peut faire d’un des candidats à la magistrature suprême, Président de la République de Côte d’ivoire, je me pose des questions après avoir écouté les principaux candidats. Pour le moment je suis indécis, je ne sais pas encore pour qui voter. Contrairement au sondage de la Sofres, il y a beaucoup d’ivoiriens comme moi qui n’ont pas encore choisi leur candidat.

Il y a deux catégories d’électeurs :
- la première catégorie concerne les militants et les sympathisants des partis politiques. Ceux là ne sont plus à convaincre ; leur choix est déjà fait, que leur candidat aie un programme de société ou non, que leur candidat soit compétent ou non. Parmi cette catégorie, il y a deux groupes : les militants et sympathisants par conviction politique et ceux par appartenance ethnique (de loin les plus nombreux).
- La deuxième catégorie concerne ceux que j’appelle les « électrons libres », sans appartenance politique. Ceux qui ont besoin d’être convaincus par les différents candidats sur leur capacité à diriger un pays comme la Côte d’Ivoire par un programme de société cohérant, pertinent et réaliste et qui répond aux aspirations du peuple. Je fais parti de cette catégorie. En général, c’est cette catégorie qui détermine l’issue de toute élection.

Je me pose des questions. Je vais vous faire l’économie de toutes les questions qui se bousculent dans ma tête et vous faire partager les deux questions que je trouve fondamentales et essentielles pour l'avenir de la Côte d’Ivoire. Le choix de celui qui devra diriger la Côte d’ivoire post-crise doit dépendre de sa capacité à apporter des solutions idoines à ces deux questions.

Comment garantir une paix durable et définitive préalable à tout développement. Le début de ce processus d’instauration d’une paix définitive doit commencer par le respect des résultats qui seront proclamés par la CEI. Sur ce point, c’est silence radio. Est-ce que Bédié, ADO et Gbagbo qui se sont combattus depuis 1993 sont près à accepter une éventuelle défaite et reconnaître la victoire de l’autre ? Je souhaite que les différents candidats à l’élection présidentielle, au cour de leur meeting s’expriment sur cette question de manière claire et prennent solennellement l’engagement devant le peuple de reconnaître et d’accepter les résultats qui sortirons des urnes.

Comment construire un ivoirien nouveau, quand on sait que le premier reflexe de l’ivoirien, quelque soit son secteur d’activité est comment faire pour tricher, pour avoir l’argent facile et sans effort ? L’ivoirien a perdu les vertus du travail. Le travail n’est plus une valeur. La jeunesse n’a plus de repères, plus d’exemples. L’exemple que le pouvoir Fpi vend à la jeunesse ivoirienne, c’est Blé Goudé qu’on voit à tout moment à la télévision ivoirienne. L’image que je retiens de Blé Goudé, c’est comment devenir très riche sans jamais travailler.
La corruption est devenue un sport national. Aucun secteur de l’administration n’échappe à ce fléau qui gangrène l’économie ivoirienne. Sur cette question aussi, aucune proposition concrète des candidats.

C’est sur ces deux sujets que j’attends les candidats à l’hypothétique élection présidentielle du 29 Novembre 2009 pour opérer mon choix.

mardi 4 août 2009

Les vérités de Barack Obama aux africains


....Et je suis venu ici au Ghana pour une raison simple : le 21è siècle sera façonné non seulement par ce qui arrivera à Rome, à Moscou ou à Washington, mais aussi par ce qui arrivera à Accra.

.....Nous devons partir d’un postulat simple : l’avenir de l’Afrique est entre les mains des Africains.
Je le dis en toute connaisance du passé tragique qui a souvent hanté cette partie du monde. Après tout, j’ai le sang de l’Afrique dans mes veines, et l’histoire même de ma famille témoigne des tragédies et des triomphes de l’histoire de l’Afrique.

...Mais malgré le progress qui a été fait – et il y a eu des progress considérables dans de nombreuses parties de l’Afrique – nous savons aussi que la plus grande partie de la promesse reste à accomplir. Des pays comme le Kenya avaient un PIB supérieur à celui de la Corée du Sud à ma naissance. Ils ont été largement dépassés. Les maladies et les conflits ont ravagé des parties du continent africain.
Dans de nombreux endroits, l’espoir de la génération de mon père a cédé le pas au cynisme, souvent au désespoir. Il est facile de pointer du doigt les autres et de les blâmer pour ces problèmes. Oui, une carte coloniale sans grand sens a contribué à la naissance des conflits. L’occident a souvent regardé l’Afrique comme une pourvoyeuse de matières première ou une source de ressources plutôt que comme un partenaire. Mais l’Occident n’est pas responsable de la destruction de l’économie de Zimbabwe durant cette dernière décennie, ou des guerres dans lesquelles les enfants sont enrôlés comme combattants. Dans la vie de mon père, c’est en partie le tribalisme, le clientélisme et le népotisme dans le Kenya indépendant qui a compromis durablement sa carrière, et nous savons que ce genre de corruption est toujours une réalité quotidienne pour beaucoup trop de personnes.

.....Pour réaliser, cette promesse, nous devons premièrement reconnaître une vérité fondamentale qui a été concrétisée au Ghana. Le développement dépend de la bonne gouvernance. Elle est l’ingrédient qui a manqué à trop d’endroits, trop longtemps. C’est le changement qui peut dévérouiller le potentiel de l’Afrique. Et cette responsabilité ne peut être endossée que par les Africains.

.....Mais le vrai signe du succès n’est pas d’être une source perpétuelle d’aide. Il s’agit d’être des partenaires dans la construction d’un changement qui transforme.
Cette responsabilité mutuelle doit être le fondement de notre partenariat.

...Premièrement, nous devons soutenir les gouvernements forts et durablement démocratiques.

...Tenir des élections ne suffit pas. Il s’agit aussi de ce qui arrive entre les élections. La répression peut prendre plusieurs formes, et de nombreuses nations, y compris celles qui tiennent des élections, font face à des problèmes qui condamnent leurs peuples à la pauvreté. Un pays ne peut créer de richesse si ses leaders exploitent l’économie pour s’enrichir eux-mêmes, ou si la police peut être achetée par des trafiquants de drogue. Personne ne veut investi dans un pays où le gouvernement accapare des commissions de 20%... ou où la direction de l’autorité portuaire est corrompue. Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la règle de brutalité et au gangstérisme. Cela n’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie, y compris même si vous y mettez une élection. Et aujourd’hui, il est temps que ce style de gouvernance s’arrête.

Au XXIè siècle, les institutions compétentes, sérieuses et transparentes sont les clés du succès – parlements forts, forces de police honnêtes, juges indépendants… presse indépendante, secteur privé dynamique, société civile. Ce sont des choses qui donnent vie à la démocratie, parce que c’est ce qui compte dans la vie quotidienne des peuples.

...L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, elle a besoin d’institutions fortes.
Cela dit, l’Amérique ne cherchera pas à imposer un système de gouvernement à une autre nation. La vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine son propre destin. Mais ce que l’Amérique fera, c’est augmenter l’assistance aux individus et aux institutions responsables, qui agissent pour la bonne gouvernance, pour des parlements qui signalent les abus de pouvoir et s’assurent que les voix de l’opposition sont entendues, pour la règle de droit, qui assure le caractère équitable de la justice, pour la participation civique, qui pousse le peuple à s’impliquer, sur des solutions concrètes à la corruption comme l’expertise des fraudes et les services automatisés, le renforcement des centres d’appel, la protection des arbitres permettant l’avancement de la transparence et de la responsabilité.

....Le continent est riche en ressources naturelles. Et des entrepreneurs dans le monde du téléphone mobile aux petits fermiers, les Africains ont montré leur capacité et leur engagement à créer leurs propres opportunités. Mais les vieilles habitudes doivent aussi être brisées. La dépendance aux matières premières – ou les économies basées sur une seule exportation – ont tendance à concentrer la richesse dans les mains d’une minorité et à rendre les peuples trop dépendants de la conjoncture.

...Laissez-moi être clair : l’Afrique ne correspond à la caricature grossière d’un continent en guerre perpétuelle. Mais si nous sommes honnêtes, pour beaucoup trop d’Africains, les conflits sont une partie de leur vie, de la même manière que le soleil. Il y a des guerres centrées sur la terre et des guerres centrées sur les ressources. Et il est beaucoup trop facile pour ceux qui n’ont pas de conscience de manipuler des communautés entières dans des combats entre religions et ethnies.

Ces conflits sont une verrue sur le nez de l’Afrique. Nous avons tous des identités différentes – tribales et ethniques, religieuses et nationales. Mais définir quelqu’un en opposition à quelqu’un qui appartient à une tribu différente ou qui
adore un prophète différent n’a pas de place au XXIè siècle. La diversité de
l’Afrique devrait être une source de force, et non une cause de division. Nous sommes tous des enfants de Dieu. Nous partageons tous des aspirations communes – vivre en paix et en sécurité, accéder à l’éducation et aux opportunités, chérir nos familles, nos communautés et notre foi. Cela représente notre humanité commune.

...Les peuples d’Afrique sont prêts à revendiquer cet avenir. Et dans mon pays, les Africains Américains – y compris des immigrants récents – ont réussi dans tous les secteurs de la société. Nous l’avons fait en dépit d’un passé difficile, et nous avons tiré des forces de notre héritage africain. Avec des institutions fortes et une forte volonté, je sais que les Africains peuvent vivre leurs rêves à Nairobi, Lagos, Kigali, Kinshasa, Harare et ici même à Accra.

Pour lire l'intégralité du discours d'Obama au Ghana cliquez sur Blog de Kouamo

lundi 3 août 2009

Affaire de sondage!


Selon le journal Jeune Afrique, un sondage réalisé par la Sofres, a donné les résultats suivants: Laurent Gbagbo vient en première position avec 43, % des intentions de vote, Bédié avec 29% et Ouattara avec 28 %. Les résultats de ce sondage ont surpris la plupart des ivoiriens et les laisse perplexes. Ce sondage me semble curieux et soulève beaucoups de questions.

Dans quelles conditions ce sondage a été réalisé? A-t-il couvert tout le territoire ivoirien? Quelle question a été posée?
Toutes ces interrogation, car curieusement des candidats commeFrancis Wodié qui sera à sa troisième participation à cette élection soit crédité de zéro% des voix et Mabri Toikeusse et l’Udpci qui ont fait main basse sur tout l’Ouest montagneux, ne puissent pas atteindre 1%. Aussi, ce sondage n'envisage pas de sans opinions. Je ne croix pas qu'au moment de ce sondage, tous les ivoiriens avaient une idée claire de qui ils allaient voter.

J'ai lu dans le journal de connection que c’est à partir d’un double échantillon de « 1000 personnes à Abidjan et mille autres ailleurs » que Tns Sofres a réalisé son enquête. Et que, c’est seulement 10 des 19 régions du pays qui ont été visitées. Quelles sont les 9 régions qui n’ont pas été dignes d’être prises en compte ? Pourquoi pour un tel travail commandité qui se veut sérieux, on ne prend pas le temps de couvrir tout le pays ? Il y a lieu de dire aux Ivoiriens pourquoi, on n’est pas allé partout. Il y a véritablement anguille sous roche.

samedi 1 août 2009

Lu dans le journal de connection ivoirienne


Grâce à la magie des ondes, tout peut être vu. Zappant sur une chaine internationale africaine, les images finissent par montrer un avion dans le ciel qui s’apprête à se poser. Du ventre de l’oiseau de fer sort un monsieur bien gras, richement habillé. Au sol, une foule enthousiaste. Il y a eu des discours. L’homme, un grand du pays, a parlé après beaucoup d’autres. Tout le monde a expliqué que le pays a sollicité le chef de l’Etat. Ce dernier, ont-ils soutenu, a répondu favorablement à la demande de millions de ses compatriotes. Quelques personnes s’opposent à cette démarche. Face à cette situation, la démocratie propose une voie pour départager les deux camps : c’est le referendum. « Référendum, oui » a scandé la foule à perdre la voix. Puis, la télévision a suivi le grand homme qui est remonté dans l’avion, un Boeing 737, a précisé le commentateur pour se poser dans une autre grande ville du pays. Cette fois-ci, ce qui dominait dans le décor, c’étaient les véhicules de type 4x4. Alignés à perte de vue. Pas de doute. Un pays qui peut se permettre un tel déploiement de luxe doit être un pays riche. Le journal télévisé de 20 heures qui feuilletait ses pages était centré sur ce sujet unique : le référendum. Et tout le monde était pour le oui. Comme tous les intervenants, une dame, au milieu de ses sœurs, a vanté les mérites du président. Il a construit de nombreuses maternités dans le pays, a-t-elle révélé sous des applaudissements nourris. Après elle, un homme présenté comme politologue, un universitaire du pays, a longtemps parlé. « La démocratie et la bonne gouvernance sont respectées dans notre pays », a-t-il soutenu. Dans le coin de l’écran, c’était affiché « Télé Sahel », la chaine nationale du Niger. Un bon pays nègre comme beaucoup d’autres.
D. Al Seni

lundi 13 juillet 2009

Politiquement incorrect OBAMA et NOUS


Il n’y a pas longtemps, nous nous vantions d’être le poumon de l’Afrique de l’ouest et nos têtes de turcs préférés étaient les Burkinabè qui faisaient tous nos sales boulots et les Ghanéens dont les femmes exerçaient le plus vieux métier chez nous. On disait de quelqu’un qui était très fauché qu’il était « tombé comme le Ghana. » Aujourd’hui, c’est de Ouagadougou que sont prises toutes les décisions importantes qui concernent notre pays, et tous nos leaders politiques, à commencer par notre chef d’Etat, s’y précipitent lorsque le président du Faso claque les doigts. Et c’est Accra que le président des Etats-Unis a choisi pour s’adresser à toute l’Afrique subsaharienne, parce que le Ghana est devenu le modèle de la démocratie et de la croissance économique. Méditons tout cela, si nous savons encore ce que le mot méditer signifie. A Accra, le président américain s’est d’abord adressé aux Ghanéens, pour les féliciter, et au reste de l’Afrique noire pour leur montrer le chemin. Voici quelques extraits de son discours du samedi dernier : « des pays tels que le Kenya dont le revenu par habitant était supérieur à celui de la Corée du sud lorsque je suis né ont été fortement distancés. Les maladies et les conflits ont ravagé plusieurs régions du continent africain. » Remplacez Kenya par Côte d’Ivoire. « Grâce à une meilleure gouvernance et au rôle de la société civile naissante, l’économie ghanéenne a enregistré un taux de croissance impressionnant. » Demandons-nous en notre âme et conscience si notre pays, la Côte d’Ivoire est en ce moment bien gouverné. Demandons à ceux qui nous gouvernent aujourd’hui, si devant le miroir de leur conscience, ils peuvent nous dire que notre pays est bien gouverné. Barack Obama a ajouté : « L’histoire prononce un verdict clair : les gouvernements qui respectent la volonté de leur peuple, qui gouvernent par le consentement et non par la coercition, sont plus prospères, plus stables et plus florissants que ceux qui ne le font pas. Il ne s’agit pas seulement d’organiser des élections. Il faut voir ce qui se passe entre les scrutins. La répression revêt de nombreuses formes et trop de pays, même ceux qui tiennent des élections, sont en proie à des problèmes qui condamnent leur peuple à la pauvreté. Aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants exploitent l’économie pour s’enrichir personnellement, ou si des policiers peuvent être achetés par des trafiquants de drogue. Aucune entreprise ne veut investir dans un pays dont le gouvernement se taille au départ 20%, ou dans lequel le chef de l’autorité portuaire est corrompu. » N’avez-vous pas l’impression qu’il parlait de notre pays ? Et il continue en disant : « Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la loi du plus fort et à la corruption. Ce n’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie, même si de temps en temps on y sème une élection ça et là, et il est temps que ce style de gouvernement disparaisse. En ce 21ème siècle, des institutions capables, fiables et transparentes sont la clé du succès - des parlements puissants et des forces de police honnêtes, des juges et des journalistes indépendants, un secteur privé et une société civile florissants ainsi qu’une presse indépendante. Tels sont les éléments qui donnent vie à la démocratie. » Comprenne qui peut. Enfin, il termine sur cette adresse à la jeunesse : « le monde sera ce que vous en ferez. Vous avez le pouvoir de responsabiliser vos dirigeants et de bâtir des institutions qui servent le peuple. Vous pouvez servir vos communautés et mettre votre énergie et votre savoir à contribution pour créer de nouvelles richesses ainsi que de nouvelles connexions avec le monde. Vous pouvez vaincre la maladie, mettre fin aux conflits et réaliser le changement à partir de la base. Vous pouvez faire tout cela. Oui, vous le pouvez, car en ce moment précis, l’histoire est en marche. » C’est à peu près ce que Sarkozy nous avait dit dans son discours de Dakar. Mais lui, il était Blanc, Français de surcroît. Ça ne pouvait pas passer. Mais je doute fort que tous ceux qui vont s’abrutir tous les jours à écouter des âneries dans les « sorbonne » « agora » et autres « parlements » comprennent ces mots de Barack Obama. Mais que ceux qui le peuvent méditent toutes ces paroles du président américain. Terminons avec quelques informations sur notre future belle élection. Selon des sources très crédibles, l’enrôlement va encore être prorogé de deux mois. Pendant ce temps, on va faire le croisement des fichiers et des listes précédentes. 12 au total. Pourquoi 12 listes ? Ben, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Et comment voulez-vous qu’on atteigne octobre 2010, la date la plus proche pour ces élections ? Selon « La Lettre du Continent », notre élection est en passe d’être la plus chère du monde. On est passé de 48 milliards, à 68, puis à 140 en 2008, et si elle se tient en novembre de cette année, elle nous aura coûté 170 milliards. Mais comme elle ne se tiendra pas à cette date, la facture va évidemment encore augmenter. Mais rassurez-vous. Beaucoup de poches de chez nous ont été bien remplies grâce à cet argent et de nombreuses voitures de grand luxe se sont ajoutées à celles qu’il y avait déjà dans les garages qui débordent. Des appartements ont aussi été achetés à Paris. Quant aux membres de la Commission Electorale Indépendante, ils continuent de se balader autour du monde. Il faut bien profiter de la vie quand elle vous en offre l’occasion. Et le temps que l’on finisse de croiser les 12 listes, ils auront peut-être fini de construire leurs maisons.


[14/07/09 - L´Inter] - Par Venance Konan, écrivain journaliste

samedi 11 juillet 2009

Sévère mise en garde du chef de l'ONUCI aux autorités ivoiriennes


Le chef de l`ONUCI, Ban Ki-moon a averti les acteurs politiques ivoiriens que s`ils ne tenaient pas la date du 29 novembre fixée pour l`élection présidentielle, cela pourrait leur coûter le soutien de la communauté internationale, dans un rapport publié vendredi, selon l'AFP.

"Le non-respect de cette date pourrait coûter aux parties ivoiriennes la bonne volonté et la confiance de leurs partenaires internationaux", met en garde M. Ban.

Censée permettre de clore la crise politico-militaire née du coup d'Etat manqué de septembre 2002, l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, reportée à plusieurs reprises depuis 2005, a été fixée au 29 novembre.

M. Ban affirme que le fait de tenir cette date "témoignera de la crédibilité du processus de paix et de la capacité des parties ivoiriennes d'honorer leurs engagements".

Jusqu'à présent, 6,4 millions d'électeurs ont été enregistrés, sur un total de 15 millions d'habitants, y compris la moitié des Ivoiriens résidant à l'étranger, soit plus de 72.000, relève le rapport.

Mais l'élection "est susceptible de continuer à rencontrer d'importants défis logistiques et opérationnels", avertit M. Ban.

Il cite le fait que certains organes liés à l'organisation de l'élection ne sont pas financés et que la Commission électorale indépendante n'a pas encore fourni de plans pour l'impression et la distribution de cartes d`électeur.

M. Ban recommande par ailleurs que le mandat de la Mission de l'ONU en Côte d`Ivoire (Onuci) soit prorogé de six mois jusqu`au 31 janvier.

L'Onuci, qui compte 7.661 troupes et est appuyée par la force française "Licorne" de 900 hommes, est chargée d'assurer la sécurité et d`apporter une aide au processus d'enregistrement des électeurs.

vendredi 10 juillet 2009

Lu dans le "Nouveau Reveil":“Votre nom après Dagri me gêne”




Le chef de l'Etat, dans ses hommages aux personnalités de Jacqueville, hier, a égratigné par deux fois Mme Henriette Dagri Diabaté, secrétaire général du RDR et fille de la région. En effet, saluant les personnalités décédées ou encore en vie, le président Laurent Gbagbo a également parlé du Pr Henriette Dagri Diabaté, présente dans la tribune officielle. Avec l'humour qu'on lui connaît, Laurent Gbagbo a indiqué ceci : "Je voudrais saluer maintenant Mme Dagri Diabaté. Je suis toujours gêné avec son nom qui vient après. Diabaté. Parce que pour nous, c'est Henriette Dagri". Et de poursuivre après des rires accompagnés de ceux du public : "Elle, on a une petite histoire commune. On se poursuit. C'est à Gagnoa que son père était. C'est avec son père que j'ai appris que les gens qui bégayent chantent très bien (rires collectifs). Ils ne bégayent pas en chantant. Son père bégayait mais il était le chef de chorale de l'Eglise de Gagnoa. Donc, on était à Gagnoa, on s'est retrouvés à l'Institut d'histoire. C'est une grande historienne, Docteur d'Etat en histoire, Professeur titulaire. Je la remercie d'être là parce que quand même c'est la république (rires collectifs)…".


Renversant non, comme hommage. Hommage ou moquerie? A chacun d'apprécier. En quoi le patronyme d'un cytoyen peut-il géner le Président de la République garant de l'unité nationale? Y a-t-il des patonymes qui ne sont pas dignes d'être portés par des ivoiriens parce que ne sonnant pas ivoirien? Bizarre cette déclatation de Laurent gbagbo. Quelle mouche l'a piqué comme le dirait Dezza XXL.

jeudi 9 juillet 2009

Fin de l'identification et de l'enrôlement?


Commencés il y a environ huit mois, l'identification et l'enrôlement ont pris fin le 30 juin dernier.

Depuis la fin ce processus, un débat fait rage dans la classe politique ivoirienne. Les partisans de Gbagbo Laurent réclame la poursuite du processus jusqu'à ce que tout le monde soit prit en compte, alors que le RDR, le PDCI et leurs partisans militent pour que le chronogramme arrêté lors de la dernière dernier Cadre permanent de concertation (Cpc)- le Cpc est composé de Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Konan Bédié, Soro Guillaume et Blaise Compaoré comme facilitateur - soit rigoureusement respecté.

Blé Goudé, Chef de la galaxie patriotique a donné le ton au cours d'une émission à la télévision ivoirienne, en menaçant implicitement la Côte d'Ivoire de graves troubles si tous les ivoiriens ne sont pas enrôlés. Ce message va être relayer dans les agoras sous contrôle du Fpi, lieu de lavage de cerveau, pour préparer leurs militants à de telles éventualités car le général Blé Goudé a parlé. Ce qui sort de la bouche de leur général est parole d'évangile.

Voici une autre occasion pour le Général Mangou, Chef d'Etat Major (CEMA) pour faire une sortie très remarquée, comme il le fait lorsqu'il estime que les déclarations des acteurs politiques menacent la cohésion nationale et la sécurité du pays. Mais cette fois, le CEMA ne dira rien. Il choisira de se taire car le général Blé Goudé a parlé. Et quand Blé Goudé parle, personne n'ose le contredire, personne n'ose le ramener à la raison. Pas même le CEMA. Blé Goudé jouit d'une totale impunité. Il est sous le "parapluie atomique" du Président Gbagbo.

Cette excitation des partisans du Président Gbagbo vise un seul objectif : empêcher la tenue de l'élection présidentielle le 29 novembre prochain. A chaque étape du processus le Fpi aura cette attitude comme si les refondateurs ont une peur bleue des élections. Rappelons nous qu'au tout début de l'identification et de l'enrôlement, au lieu de sensibiliser ses militants à cette étape crucial du processus électoral, au contraire le Fpi avait tout essayé pour entraver le processus.

La communauté internationale, le facilitateur de la crise ivoirienne, le premier ministre et la CEI ne doivent pas céder au chantage du Fpi. La CEI doit rester ferme sur sa position. L'identification et l'enrôlement sont terminés, on passe à l'étape suivante car le respect du 29 novembre en dépend. Ce qui n'ont pas pu se faire identifier, pourront le faire après les élections pour avoir leur cartes d'identité qui feront d'eux des citoyens.

La question que les observateurs de la vie politique ivoirienne se posent, en voyant les agissements du Fpi à chaque étape du processus électoral, est de savoir si le Fpi et Laurent Gbagbo sont prêts à aller aux élections?

lundi 6 juillet 2009

Côte d'Ivoire : les impératifs de sortie de crise

SYNTHESE

Le 4 mars 2007, les deux principaux protagonistes de la crise ivoirienne signaient l’accord politique de Ouaga­dougou (APO). Ce compromis a, dans un premier temps, apporté un environnement de paix en Côte d’Ivoire. La ligne de démarcation entre les deux protagonistes a été démantelée. Un nouveau gouvernement a été formé et les bases ont été jetées pour apporter une réponse aux deux questions-clés du conflit : l’identité et la citoyenneté ivoiriennes et la légitimité du pouvoir. Mais, plus de deux ans après son adoption, l’APO va mal. Une sortie de crise sera possible uniquement si les engagements pris dans la capitale burkinabé sont enfin suivis d’effets. Sortir la Côte d’Ivoire de sa décennie de crise ne nécessitera pas seulement l’organisation d’élections crédibles mais impliquera également des progrès significatifs dans le processus de désarmement ainsi qu’une véritable réunification de l’administration. Ceci demandera la remobilisation de la facilitation burkinabé et une pression accrue des partenaires internationaux sur les acteurs du conflit.

Les responsables ivoiriens sont aujourd’hui au pied du mur. Ils disposent d’un semestre pour organiser des élections libres et transparentes et procéder au désarmement de plusieurs milliers de combattants. Un nouveau report du scrutin serait fatal à l’APO. L’absence d’un démantèlement des groupes armés, au moins partiel, laisserait planer la menace de graves troubles postélectoraux.

Les opérations d’enrôlement et d’identification se sont officiellement achevées le 30 juin sans atteindre leur but initial. Entamée en septembre 2008, ces opérations complexes et mal conçues ont souffert de la mauvaise gestion de leurs organisateurs. Le financement de leurs structures techniques a été volontairement ralenti par le clan présidentiel qui estime dans son intérêt de retarder au maximum les élections. Après un nouveau report le 30 novembre dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé en janvier 2009 aux protagonistes ivoiriens de fournir rapidement un calendrier électoral réaliste. Une nouvelle date a finalement été annoncée en mai. Cette date pour ce qui sera probablement le premier tour de la présidentielle, le 29 novembre 2009, reste cependant hypothétique. Pour être au rendez-vous, les structures chargées de l’organisation de l’élection devront s’acquitter d’une tâche considérable et dramatiquement améliorer leurs procédures de travail.

Les deux autres grandes priorités de l’APO accusent aussi un retard inquiétant. Le désarmement des combattants s’est borné à quelques opérations médiatisées de destruction d’armes légères. Chacun des deux camps maintient en place des forces significatives et continue de faire entrer du matériel militaire sur le territoire ivoirien, en violation de l’embargo sur les armes de l’ONU. Ceci représente une menace réelle pour le processus électoral, et permettra aux deux parties d’inti­mider physiquement les électeurs, de manipuler les résultats du scrutin ou même de les contester violemment. Du coté des rebelles des Forces nouvelles, 5 000 combattants attendent toujours leur intégration dans la nouvelle armée et les commandants de zones (« com’
zones ») de l’ancienne zone nord sont toujours entourés de gardes rapprochées comptant parfois plusieurs centaines d’éléments. Les milices loyalistes de Laurent Gbagbo, fortes de 20 000 hommes, n’ont pas été démantelées ni les groupements de « Jeunes patriotes » à Abidjan dissouts.

Le redéploiement de l’administration n’a été opéré que partiellement sur l’ensemble du territoire. Le 26 mai, les « com’zones » ont certes remis leurs pouvoirs administratifs aux préfets. Cette décision très symbolique doit cependant être suivie rapidement par la dotation des moyens logistiques et financiers leur permettant de travailler. On peut aussi s’inquiéter du fait que les « com’zones », qui ne respectent plus les ordres de Premier ministre Guillaume Soro, qui tente de préserver l’unité des Forces nouvelles, aient été dépouillés de leurs fonctions administratives mais pas de leur mission sécuritaire.

A cet ensemble de blocages s’ajoute un contexte économique très difficile, dû à l’absence de bonne gouvernance autant qu’au contexte actuel de crise économique mondiale. La Côte d’Ivoire se paupérise et la misère est pour des milliers de jeunes hommes une bonne raison de ne pas déposer les armes, ou pourrait en devenir une autre de les reprendre.

L’ensemble de la communauté internationale et l’ONU assistent à la fois impuissants et las à l’enlisement de l’APO. Ils ont été exclus d’un accord politique signé entre des dirigeants africains. Ils leur restent l’argent comme ultime moyen de pression. Le retard et les ratés du processus de sortie de crise ont même poussé certains à réfléchir sur l’utilité de leur présence dans le pays. La France a ainsi rapatrié prématurément une partie importante des troupes de l’opération Licorne. La facilitation burkinabé joue, quasiment seule, le rôle ingrat d’arbitre et d’aiguillon du processus. Jusqu’à maintenant, sa stratégie a été celle de la prudence. Le temps presse. Elle doit maintenant générer un nouveau momentum et adopter une attitude plus ferme, particulièrement à l’égard des « com’zones » et des milices loyalistes.

Pour que cet accord puisse enfin aller à son terme, les mesures suivantes doivent être prises :


* Concernant le processus électoral. Les opérations de traitements des données doivent débuter au plus vite dans 68 centres de traitement informatique prévus à cet effet. Un plan détaillé de distribution des cartes d’électeurs doit rapidement être présenté par la Commission électorale indépendante (CEI) et l’opérateur technique privé partenaire, qui doit précéder leur distribution par une campagne d’infor­mation des populations ciblées leur indiquant précisément où et comment elles pourront retirer leurs cartes d’électeurs. Le Premier ministre doit assumer véritablement son rôle de « chef d’orchestre » du processus électoral, en s’entourant d’une équipe capable de coordonner l’ensemble des opérations qui conduiront aux élections.

* Concernant le désarmement. Gbagbo et Soro doivent prendre la responsabilité d’accélérer l’inté­gra­tion de leurs forces respectives au sein des forces communes de police et de gendarmerie et de la nouvelle armée nationale, qui prévoit l’intégration de 5 000 ex-rebelles. Les deux protagonistes doivent enfin s’engager dans un désarmement réel en procédant à un abandon partiel et simultané de leurs stocks d’armes et de munitions.

* Concernant l’administration. Le Premier ministre doit modifier en profondeur son cabinet actuel en choisissant des collaborateurs plus expérimentés et plus compétents. Une seule administration doit être présente sur l’ensemble du territoire au cours du semestre à venir. Dans la zone ultérieurement tenue par les rebelles, les préfets et les mairies doivent être dotés des moyens logistiques et nécessaires pour restaurer l’autorité civile de l’Etat. Le contrôle des frontières septentrionales du pays doit être assuré par des policiers et des douaniers de l’Etat ivoirien et non plus par des ex-rebelles.

* Le Conseil de sécurité doit accentuer sa pression sur les responsables ivoiriens. Paris doit faire pression sur les responsables ivoiriens en conditionnant la reprise de l’ensemble de la coopération à la tenue d’élections libres et transparentes ainsi qu’à une période post-électorale pacifique. La facilitation burkinabé devrait être renforcée et, avec l’aide du Premier ministre Soro, engager une négociation directe avec chaque « com’zone » pour réussir leur intégration, et avec celle de Laurent Gbagbo le dés­armement des différentes milices loyalistes.

Pour le rapport complet cliquez ici

International Crisis Group

vendredi 26 juin 2009

Agression d'un cadre supérieur de santé au CHR de Divo : ce qui s'est réellement passé.

Le Jeudi 11 Juin 2009 le collectif national des syndicats de santé signataires du préavis de grève ont rendu une visite de mobilisation à la section de Divo. Après cette rencontre, un groupe de quatre cadres supérieurs de la santé a été reçu par le Directeur du CHR. Au cours de cet entretien, je lui ai signifié la fermeture du laboratoire, de l’imagerie médicale et de la pharmacie pendant la grève, de même que la mise en place d’un service minimum. Il nous a répondu qu’il prenait acte et qu’en tant que Directeur du CHR de Divo il n’a aucun commentaire à faire sur une grève nationale.

Ainsi, depuis le début de la grève, du Lundi 15 Juin 2009 jusqu’au Dimanche 21 Juin 2009 inclus, le Directeur du CHR n’a manifesté aucune inquiétude par rapport à la fermeture de la pharmacie.

Ce n’est que le Lundi 22 Juin 2009, pendant le piquet de grève que le pharmacien, camarade SEKA Yapo Claude, nous soumet une requête sur instruction du Directeur du CHR concernant l’ouverture de la pharmacie sous prétexte que dans les autres villes les pharmacies sont ouvertes. Au cours du débat, le camarade MEITE Mamadou reçoit un appel du Directeur du CHR lui demandant de faire ouvrir la pharmacie sinon il saisira le Préfet de région pour faire venir la police et la gendarmerie. Quelques instants après, il appelle le pharmacien et celui-ci me passe la communication. Alors je saisi cette opportunité pour lui demander si effectivement il nous menace de faire venir la police et la gendarmerie. Chose qu’il nia. Je lui dis alors que comme actuellement il est à Abidjan, nous en discuterons à son retour.

C’est ainsi que le Mardi 22 Juin 2009, à mon arrivée au CHR pour le piquet de grève, j’ai remarqué la présence d’un groupe d’une quinzaine de jeunes dans la cours. Informations prises, ces jeunes sont venus rencontrer le Directeur du CHR. Nous avons tenu normalement notre piquet de grève. Au cours de ce piquet (le piquet se tient devant la pharmacie), trois de ces jeunes sont rentrés dans la salle pour vérifier l’effectivité de l’ouverture de la pharmacie.

Ce jour là, le piquet s’est achevé à 12 heures 15 minutes. Au moment où nous nous apprêtions à regagner nos domiciles respectifs, le gestionnaire du CHR nous approche pour nous signifier que le Directeur veut nous rencontrer après son entretien avec les jeunes patriotes. J’ai fait savoir à l’envoyé du Directeur que nous ne pouvant pas attendre plus de 10 minutes. Quelques instant après, le Directeur lui-même vient nous chercher pour l’entretien.

Au début de cette rencontre, j’ai fortement insisté pour qu’il reconnaisse les menaces à nous proférer au téléphone. Ce qu’il fini par admettre au bout d’une dizaine de minutes de "ping-pong" verbal. Pendant cette rencontre, je reçois un appel du camarade AKPES Essoh, membre du bureau exécutif national du SYNACASS-CI. Sorti au secrétariat pour répondre à cette communication, grande fut ma surprise de voir amasser à l’entrée du secrétariat ce groupe de jeune et d’entendre : « c’est pas lui le Docteur KASSI », et un autre de répondre : « mais si c’est lui ». Aussitôt, ils avancèrent vers moi en lançant des coups de poing, que miraculeusement j’ai pu esquiver, en faisant du bruit. C’est ainsi que alertés, les autres sortir du bureau du Directeur pour s’interposer. C’est à ce moment qu’ils ont commencés à nous proférer des menaces dans le genre « de toutes les façons on connaît vos maisons, on va les brûler, on va vous tuer, etc.… ». Après ces menaces, ils se retirèrent dans la cour jouxtant l’administration. Une fois retournés dans le bureau du Directeur, je lui ai demandé d’appeler la police pour venir assurer notre sécurité. Ce qu’il refusa. Nous sommes donc restés dans le bureau pendant environ une heure, le temps que lui et le gestionnaire arrivent à calmer les jeunes patriotes.

Par ailleurs, le Lundi 15 Juin 2009, Ne voyant pas le camarade ABOUDI Fabien au piquet de grève, nous sommes allés le rencontrer dans son bureau pour comprendre ces motivations et sa position concernant la grève. Au cours de cette chaude discussion, un groupe de quatre jeunes se réclamant de la galaxie patriotique ont fait irruption dans le bureau du camarade ABOUDI Fabien pour nous menacer. Menace que nous n’avons pas considérés.


Voici Chers lecteurs, le déroulement des évènements douloureux que nous avons vécu le Mardi 23 Juin 2009.

samedi 6 juin 2009

“Ça va aller” de Venance Konan

Ça y est. Jacob Zuma est le nouveau président de l'Afrique du sud. Ils sont nombreux, ceux que son élection n'a pas beaucoup rassuré. Mais l'Afrique du sud est un pays démocratique et la majorité a décidé. Elle a estimé qu'un homme, bien fait physiquement, qui a beaucoup de femmes et d'enfants, qui sait chanter et danser lors des meetings a toutes les qualités pour être le chef. C'était comme cela dans la plupart de nos sociétés traditionnelles. Personnellement je doute que cela soit suffisant en 2009 dans un pays aussi compliqué que l'Afrique du sud. Et j'ai du mal à faire confiance à un homme qui est poursuivi en justice pour viol et corruption, qui couche avec une femme qu'il sait séropositive, sans mettre de préservatif, et qui se contente de prendre une douche après. Et une petite voix me susurre que dans quelques années, l'Afrique du sud risque d'être comme tous les autres pays au sud du Sahara, c'est-à-dire n'importe quoi. Mais ne répétez à personne ce que je viens de dire. On me taxera d'afro-pessimiste. C'est très mal élevé, en Afrique, d'être afro-pessimiste. Le politiquement correct sur ce continent veut que l'on répète tous les jours " ça va aller. " Même quand tout est mis en œuvre pour que ça n'aille pas.

Dimanche : Comment s'y maintenir

Le président du Niger a décidé de changer la constitution de son pays pour se maintenir au pouvoir. Ses supporters estiment qu'il a commencé un bon boulot qu'il doit achever. Lorsqu'il arrivait à la tête du Niger, il était classé 165ème en matière de développement. Dix ans après, il est 174ème . Il a effectivement fait du très bon boulot. Et puis surtout le groupe français Areva va exploiter au Niger la plus grande mine d'uranium du monde. Beaucoup d'argent emplira forcément les poches de quelques boubous. Ce serait trop bête que ce soient les poches des autres.

Nos dirigeants n'ont qu'une seule obsession lorsqu'ils arrivent au pouvoir : s'y maintenir à vie. Il y a plusieurs méthodes pour ça. La plus en vogue en ce moment est la modification de la constitution. Une autre consiste à ne pas organiser d'élection. C'est celle qu'expérimente, avec un certain succès notre président bien-aimé. L'élection présidentielle aurait dû se tenir en 2005. A ce jour on ne sait toujours pas quand elle aura lieu. Mais pour appliquer cette méthode, il faut avoir une petite rébellion, pas très méchante, mais assez futée pour occuper une partie du territoire. Cela permet d'invoquer la constitution qui dit qu'on ne peut pas organiser d'élection quand le pays est en danger. Et, pour être à l'abri de tout mauvais coup de cette rébellion, on nomme son chef premier ministre, et quelques uns de ses amis ministres. On donne aussi quelques ministères à l'opposition et on laisse tout ce monde manger. Il est connu qu'on ne parle pas la bouche pleine. Et l'on peut ainsi prolonger son mandat indéfiniment.

Mais la meilleure méthode à mon avis est celle de Kadhafi. Chez lui, il n'y a jamais eu d'élection présidentielle. Parce qu'il n'y a pas de président en Libye. Non, chez lui, Kadhafi est le " Frère guide. " On n'élit pas un frère, surtout lorsqu'il est guide. Un frère, on l'a pour la vie.

Lundi : Histoire

Mon ami le peintre sénégalais Viyé Diba est venu faire une exposition à Abidjan. Nous nous sommes retrouvés à commenter les discours de Sarkozy et Ségolène à Dakar. Et nous sommes arrivés à la conclusion que Sarkozy n'avait fait que redire ce que nous disons tous les jours. Seulement ça ne devait pas venir de lui. Nous savons que nos pays sont très mal gérés, que nos élites sont corrompues, que nous ne travaillons pas beaucoup. Mais lorsque ça vient d'un Blanc, cela nous rappelle l'époque coloniale où les Blancs bottaient les fesses de nos parents en les traitant de fainéants et de couillons. Cela dit, j'ai relu ce que nos intellectuels ont répondu à Sarkozy. J'y ai vu que notre passé fut glorieux. Mais je n'y ai vu aucune ligne sur notre présent qui est loin d'être brillant, ni aucune clef pour en sortir, afin d'offrir aux prochaines générations d'autres rêves que celui de trouver une place dans la première pirogue en partance pour les îles Canaries ou Lampedusa. Tout compte fait, je crois que Sarkozy s'est planté à Dakar lorsqu'il a dit que nous ne sommes pas assez entrés dans l'histoire. Nous sommes bel et bien entrés dans notre histoire. Et nous n'en sommes plus ressortis.

Mardi : Résistance

Hier soir la télé a montré notre président bien-aimé en Afrique du sud. Il était à l'investiture de Zuma. Je l'aime beaucoup, notre président. Lorsque la rébellion éclata en 2002, personne ne donnait cher de sa peau. Il y eut à cette époque des escadrons de la mort qui tuèrent des dizaines de personnes supposées proches de l'opposition. Des gens de mauvaise foi accusèrent notre président bien-aimé d'être derrière ces escadrons, et on parla même de le faire juger par une cour pénale internationale. Notre président bien-aimé nia tout en bloc. Un humaniste comme lui, derrière des escadrons de la mort ? Quelle idée ! Ces escadrons disparurent aussitôt d'ailleurs. Mais c'était juste une coïncidence. En mars 2004, ses opposants voulurent organiser une marche. Il mit la police, la gendarmerie et l'armée dans la rue. On tira sur les manifestants. L'ONU dénombra plus de 120 morts. Le ministre de la sécurité d'alors dit que c'étaient des bandes parallèles qui avaient tué. On n'a jamais su qui c'était. Notre président bien-aimé est en train de construire de beaux palais à côté de ceux que notre premier président avait construits et qui sont aujourd'hui laissés à l'abandon. Les députés français Jack Lang et Jean Marie Le Guen sont venus le féliciter, et ils ont dit publiquement que construire de nouveaux palais, c'est exactement ce qu'il faut faire, surtout en ce moment. Et notre président bien-aimé les a amenés danser dans une boîte de nuit. Le lendemain la police a tiré sur les femmes qui manifestaient contre la vie chère. Il y eut deux morts. Il est vraiment fort notre président bien-aimé. Il a résisté à tout. A la rébellion, aux tentatives de coups d'Etat, à la France... Il faut dire qu'il avait eu une bonne formation. Rester marié à Simone pendant près de trente ans, ça aide à résister à tout.

Mercredi : L'Afrique brillera...

Jean Ping, le président de la commission de l'Union africaine publiera bientôt un livre intitulé " Quand l'Afrique brillera de mille feux. " Il faut que je vous explique notre Union africaine. Au début de nos indépendances, nos chefs eurent l'idée de créer une organisation qui nous aiderait à nous développer plus vite. On l'appela l'Organisation de l'Unité Africaine. Mais quelque 40 ans plus tard, nous constatâmes que nous n'étions pas plus développés qu'avant. Alors, sous l'impulsion du Frère guide Kadhafi, nous décidâmes de faire comme l'Europe. Elle a son Union européenne qui marche très bien. Nous créâmes donc notre Union africaine, avec une commission et un président, des commissaires, vraiment comme l'Union européenne. Mais nous avions remarqué que l'Europe s'était faite lentement. Or nous étions pressés. Aussi notre Union engloba en une fois tous les pays du continent. On mit donc ensemble les pays fauchés (il y en a beaucoup), les pays riches (si, si, il y en a quelques uns), les dictatures (il y en a beaucoup), les pays démocratiques (si, si, il y en a quelques uns), les Arabes, les Zoulous, les Berbères, les Bantou, les Haoussa, ceux qui s'aiment, ceux qui se détestent, ceux qui se font la guerre, ceux qui font la guerre à leurs propres peuples, bref, on mit tout le monde ensemble, on secoua bien, et puis...Ben, ça ne marche toujours pas. J'y comprends plus rien. Et pourtant nous avons choisi cette année le très éclairé Frère guide Kadhafi pour diriger cette Union. Il doit y avoir de la sorcellerie en dessous.

Jeudi : ...de mille feux de brousse

" Quand l'Afrique brillera de mille feux ", qu'il dit, Jean Ping. Et je vois les têtes de nos brillants guides. Bongo qui a bouclé 41 ans de pouvoir, Kadhafi qui se fait appeler le roi des rois d'Afrique, Biya qui passe plus de temps en Europe que dans son Cameroun qu'il est censé diriger, Laurent Gbagbo qui rigole tout le temps et fait rigoler tout le monde quand il pleure à la télé, Yayah Jammeh toujours attifé comme un clown, Omar El Béchir et Mugabe qui ne font rire personne, le président bissau-guinéen découpé à la machette, le roi du Swaziland qui épouse chaque année une nouvelle femme, il doit en être à la 13ème ou 14ème (lui, il a bien compris que l'important sur cette terre de misère, c'est l'amour. Make love, not war.). Et je vois les rebelles de mon pays avec leurs amulettes aux poignets et leurs téléphones cellulaires accrochés au cou, les millions de morts du Kivu, nos femmes passant leurs journées à piler le mil ou le foutou, nos paysans courbés sous le soleil avec pour seuls instruments de travail la daba et la machette. Et je revois ces quatre charmantes chiottes construites au bord du lac Ahémé au Bénin. Il était écrit dessus " financement : coopération française. " Alors, en vérité, en vérité, je vous le dis, mes frères Africains, tant que nous n'aurons pas libéré nos femmes et nos paysans, et surtout, tant que nous attendrons que ce soient les Blancs qui nous construisent des chiottes, nous ne serons pas sortis de notre merde de si tôt. Et les feux dont parle M. Ping risquent de n'être que des feux de brousse.

Vendredi : C'est louche

J'ai appris que le train qui relie Dakar et Bamako a déraillé. Je l'ai emprunté une fois, il y a quelques années. Il avait démarré à l'heure précise. " C'est louche, m'avait dit mon voisin de compartiment, un Sénégalais. Je prends ce train depuis plus de dix ans et c'est la première fois qu'il part à l'heure. " Et effectivement le train est tombé en panne en rase campagne et nous a planté sous le soleil pendant deux heures sans une petite gargote à côté pour boire une bière bien chaude.
Venance Konan
- Par Le Repère
venancekonan@yahoo.fr

jeudi 4 juin 2009

Il était une fois, le Miracle ivoirien dans un LINCEUL Orange-Blanc-Vert

La petite conversation qui suit, je l'ai recueillie en plein vol, c'était une nuit dans les rue de Daloa, entre un vieil homme et un jeune garçon, son petit fils certainement. Leurs paroles ont assailli mes tympans, ce soir-là, mais plusieurs années après, rien n'a changé, je les entends toujours, comme le dernier échos d'un sombre au revoir nocturne, comme les dernières tribulations de deux êtres qui ne s'aiment plus et qui se séparent :
-Papi, ai-je entendu le jeune garçon demander, le ‘'miracle ivoirien'', c'était un homme ou une femme ?

-Yééé, ricana le vieil homme, avant de plonger ses doigts dans sa barbe rousse et pouilleuse. Une barbe, si elle n'est pas celle du bouc, doit refléter la sagesse, même dans la parole.

-Petit, répondit-il, c'était un bel homme, le plus beau, le plus grand, le plus heureux, le plus prospère et le plus fière d'Afrique de l'Ouest....

-Et qui l'a tué, la FESCI ?

-Non, la FESCI est née sur ses cendres refroidies.

-Mais qui a tué un tel homme, alors ? insista le petit, éberlué.

-Oh, allons mon fils, c'était l'oeuvre du phacochère, ces animaux-là n'achèvent jamais leurs oeuvres, répondit-il. Ce n'était qu'un simple virage menant à un mirage. Si tu te confies à la fleur du melon à l'aube, au crépuscule elle fermera les yeux pour te laisser seul, a conclu le vieil homme, avant de poursuivre son chemin, claudiquant sur ses os à découvert, un reste d'homme marchant fatalement sur le bout des dernières cordes de ses derniers jours.

Paroles folles, ni le petit, ni le passant anonyme comme moi, n'auront rien compris en verbiage.

Une fois chez moi, j'ai consacré toute la première moitié de la nuit à décoder ce que voulait dire ce septuagénaire de passage, mais la portée profonde de son discours m'échappa tout simplement. Comme un spermatozoïde en peine à la surface d'un ovule déjà fécondé, j'ai lamentablement échoué quant à la compréhension de ce message, malgré la qualité de ma curiosité cette nuit-là.

Les années se sont écoulées sur la chaîne du temps, comme de gigantesques grains de chapelet ; beaucoup d'eau de pluie a lessivé la terre ivoirienne ; plusieurs centaines de mes connaissances ont cessé de vivre ; autour de moi, les amours se sont faites et défaites ; la République de Côte d'Ivoire a connu dans l'entre-temps trois présidents avec des fortunes diverses; toutes les villes que je connais ont changé plusieurs fois de visage ; mais les paroles du vieil homme inconnu, sont restées intactes, inaltérées, solidement lovées dans mes tympans, comme si c'était hier nuit. Les belles métaphores sont comme des diamants contre le temps.

Maintenant, les choses me sont trop claires, je n'avais entendu qu'une oraison funèbre, une litanie de deuil, celui d'une époque qu'a connue la Côte d'Ivoire. Je m'étais donc inutilement laissé distraire par l'homme. Le ‘'Miracle ivoirien'' ne fut donc qu'un mirage. Maintenant, je ris même de mon évasion juvénile. Faut-il être qui avant de comprendre ce que c'est qu'un miracle ? De toutes les définitions du terme, je ne retiens que celle-ci :

Miracle : acte contraire aux lois ordinaires de la nature et produit par une puissance surnaturelle. Cette définition nous allège allègrement la tâche, puisqu'elle nous situe sur les conditions de la survenue du ‘'miracle ivoirien'' : on s'y attendrait le moins, ou bien même pas du tout. L'émotion est bien nègre, a dit le poète, cette fois elle est là, toute l'émotion ivoirienne, jalousement tapie dans ce sursaut économique prodigieux qu'a connu le pays dans les années 1970, ce pas de géant au milieu du bonheur et de la prospérité économique et sociale. La surprise et l'étourderie qui en ont découlé, ont été telles qu'on n'aurait pas cru l'Ivoirien capable d'un exploit d'une si grande qualité. Ce n'était pas prévu, et voilà le pays subitement à la tête de la sous région, brillant de mille étincelles au milieu de pays aux populations faméliques et mourant de disette ! Voilà le miracle, la Côte d'Ivoire fatalement agrafée à la queue d'un immense sort inattendu. Quelle bombance ! quelle libation ! Pourquoi se priver donc de jouir quand la source de sa jouissance est intarissable ? Une mine de joie, embouchure d'ivresse nue, anus du grenier au miel!

Mais bon sang, comment les gens à l'époque, n'ont pas vu le cyclone de misère qui tourbillonnait dans leur miracle ? Ce paquet de prospérité venu de la voie lactée. Une fortune miraculeusement acquise, peut aussi par voie de miracle disparaître ! Ils étaient si euphoriques de parler de miracle, l'inscrivant même dans les annales de l'Histoire du pays comme une épopée. Un miracle économique chez nous ! Vraiment, la providence aura été magnanime, totalement regardant d'un peuple élu par les cieux.

Le miracle signifie, en d'autres mots, ‘'on ne s'y attendait pas du tout.'' Du coup, je me retrouve dubitatif, voire même estomaqué, quant à la fiabilité de nos schémas de développements économiques au départ. Et pourtant le ‘'Vieux'' ne s'est jamais trompé dans son choix de Libéralisme économique, option qui a le grand mérite de responsabiliser le citoyen, en tout cas, à mon sens. Mais encore faut-il qu'il soit bien orchestré, le capitalisme, sinon Karl Marx se retourne dans sa tombe et éternue dans sa solitude, pour dire qu'il n'avait pas tort.

Qui plante des manguiers récolte logiquement des mangues mûres, le moment venu. Mais alors, qu'est-ce qui est jubilatoire dans le fait de récolter ce qu'on aura semé, à part la joie de faire du progrès ?

‘'Miracle économique ivoirien.'' Ah, émotion subversive ! vaste insulte d'un peuple qui n'aura pas cru à ses potentialités, à son destin, et qui tombe en transe face à ses propres performances et l'attribue à un esprit supérieur. C'était un miracle ! Ce qui, de facto, signifie que le contraire n'est pas possible, c'est-à-dire, réaliser des performances de géant rien que par la volonté et le génie ivoirien. Voilà qui sonnerait le glas pour tous nos éminents économistes, et Dieu seul sait combien ils sont aujourd'hui.

Voilà le progrès ivoirien comme un don du ciel, et lorsque la tornade est arrivée, elle en a soufflé l'essentiel, laissant l'homme Ivoirien pantois, dépossédé comme un arbre au coeur du désert. Voilà le bel homme dont parlait mon vieil inconnu d'une nuit, froissé par la misère, assujetti à visiter les poubelles pour gagner sa pitance, des poubelles putrides, mortelles, comme le PROBO KOALA. Tribaliste jusqu'à la moelle épinière, il est obligé de mourir pour le premier tenant de la thèse tribale, même si la nullité de ce dernier crève ses yeux. Son grand orgueil nu, cette belle caractéristique ivoirienne a été ensevelie, même si dans un dernier geste désespéré, nous continuons toujours à faire comme si de rien n'était.


CE QUI A TRANSFORMÉ LE MIRACLE ÉCONOMIQUE EN MIRAGE SOCIAL.

Rien au monde, aussi consistant et résistant soit-il, ne résiste à la ponction ininterrompue, incessante. Et si celui qui opère la ponction est conscient et un peu perspicace dans sa besogne, la rupture est assurée. L'homme est l'ennemi de l'homme, voilà comment ils ont méchamment nui à l'avenir de la jeunesse ivoirienne, inutilement assombri les jours de la postérité, sadiquement marché sur nos soleils, pourtant si brillants au départ.

Méditons plutôt cette phrase : « On ne regarde pas dans la bouche de celui qui grille des arachides...» Aurait dit le ‘'Vieux'' au faîte de son pouvoir, au moment où le pays pataugeait dans les mares d'argent et d'or, croulait sous le poids de la prospérité. C'est ce qu'ils ont effectivement appelé miracle économique. Mais les Malinkés disent ceci : ‘'Quand le chef se nomme Père-Cendre, c'est que ses sujets sont de la poussière''. L'interprétation littéraire de cette phrase me fait dire que le bon exemple émane du leader et que le peuple est à son image. Quelles étaient les réelles motivations de l'homme en prononçant ces paroles gravissimes ? Excès de zèle ou expression d'une tolérance à l'égard de ses collaborateurs ? Mais dans tous les cas, ce fut comme le coup de sifflet qui engageât la course à la chair ivoirienne, en même temps le coup d'envoi de l'expropriation des générations futures. Alors chacals et loups surgirent des bosquets et se ruèrent sur la victuaille ivoirienne gravement éparpillée. Le miracle fut aplati, éventré, désossé, émietté et partagé en menus fretins, tout pour eux, rien pour la postérité. Du coup, de manière insidieuse, la notion de baron se hissa comme un filet noir au-dessus de nos têtes. Et leur ventre commença à pousser vertigineusement vers le firmament, ces profondes tombes des billets de banques ivoiriens. Ce fut l'époque de la grande mystification de certaines petites gens jusque-là invisibles dans les entrailles ivoiriennes, de petites consciences souvent issues de plusieurs générations de pauvreté sèche et allicinantes.

Ainsi, jusqu'à la fin des années 1980, plus aucune brique n'était encore moulée pour édifier quoi que ce soit sur le sol ivoirien, plus aucun centimètre de bitume sur nos routes, plus d'écoles, les derniers CEG ont ouvert leurs portes en 1979. Avec quelques immeubles chatoyants au coeur du quartier Plateau d'Abidjan, notre développement était achevé. Les usines SODE devaient toutes faire leur dépôt de bilan par la suite, suivies des unités commerciales de grandes surfaces, je pense ici aux ‘'Chaînes pâques'', ‘'Agri pâques'', ‘'Chaîne Avion''... Les usines sucrières au Nord et au Centre, aujourd'hui pour la plupart, avalées par les roseaux. Les sublimes idées relatives à l'aménagement de la vallée du Bandama sont allées à vau-l'eau, ces fertiles vallées transformées en théâtre d'affrontement et où le sang coula abondamment pendant notre guerre de deux semaines. Mais pour cacher leur dos, on nous parla à coups de cors et de grelots, de la ‘'conjoncture'', avec en toile de fond, une critique acerbe contre une pseudo mévente du Café et du Cacao, les deux grandes cultures d'exportation du pays. La stérilité gagna du terrain. Au même moment, le pays est au centre de toutes les médiations en Afrique et dans le monde. Le prestige du pays reste encore intact. Presque tous les pays sahéliens environnants sont emballés et couchés dans les fins fonds des poches du Vieux, avec pour paravent majeur, la Paix. Mais un empire bâti avec de la vapeur, ne peut résister à la moindre brise matinale. Quand le VIEUX a cessé de vivre en octobre 1993, le cercle des barons comme celui d'une confrérie de sorciers, se brisa avec fracas. La suite, le monde la connaît...

LAISSEZ NOUS EN PAIX, C'EST NOTRE TOUR !

Pendant que le PDCI grillait ses arachides avec avidité, un autre monde grouillait et grondait sournoisement dans l'antichambre. Imaginez un festin de prédateurs dans la vallée, avec dans leur dos une malpropre cohorte de petits charognards. Ce spectacle si coloré me donne le visage de la lutte d'alors sur le terrain politique en Côte d'Ivoire. Le long murmure des misères à l'ombre d'une gabegie nationalement autorisée. Cela dura le temps que nous connaissons tous en Côte d'Ivoire...Grande période fertile en délation et en imposture. La crainte des barons et l'envie qu'ils suscitent en même temps sont divines.

Et, ceux qui se réclamaient de la démocratie vraie parvinrent à prendre le pouvoir, dans des conditions connues de tous. Nous sommes bien au début du 21è siècle, mais rien ne devait changer, bien au contraire. Le pays a reculé jusqu'au sahel pour aller se faire raisonner sur du sable brûlant au sujet d'une espèce de guerre, notre guerre de crabes de quelques semaines seulement, mais appelée à être volontairement prolongée pour le besoin personnel des belligérants. Une guerre sur les testicules de notre marasme économique, c'est là que le lac est devenu tout moite et gluant sous nos pieds tremblants. La Côte d'Ivoire des Barons, naguère fortement vilipendée, est même regrettée. On se tord la bouche amère en disant qu'un voleur pacifique comme voisin n'a rien à voir avec un voisin qui dort avec son fusil en mains, ou qui procède par enlèvements nocturnes et tu crûment sous les ponts de la capitale. Subitement, le vocabulaire urbain se rétracte et se résume au vocable des ‘'Escadrons de la mort''. Nul n'est alors sûr d'être témoin du lever du soleil prochain sur la ville.

Ces nouveaux venus ont surtout un fâcheux verbe sous la langue : ‘'Laissez nous en paix, c'est notre tour''. Mais c'est bien dans cette phrase impérative que réside le mal, et elle n'en est pas moins malheureuse que celle qui exhortait les gens à ne jamais regarder dans la bouche d'un grilleur d'arachide. L'anus et la fenêtre anale renvoient au même passage secret, la terminologie ne peut distraire ici. On vient donc pour soi, pour sa poche, pour ses proches, mais pas pour le pays. Voici le trésor national, le grenier familial.

La suite est connue de tous, la classe des nouveaux riches Ivoiriens en témoigne largement. En deux maigres années seulement, des fils de la misère, des larves de descendants de misères, des misères multiséculaires bien connues sur le terrain, sont aujourd'hui au faîte de leur gloire et qui demandent au bon Dieu de reprendre sa création sur la terre, s'étant trompé selon eux au départ. Des moustiques sont devenus des guêpes, et des poussins se sont métamorphosés en aigles ! Ainsi va la Côte d'Ivoire démocratiquement rêvée.

La Refondation n'aura donc refondé que ses hommes, mais pas la Côte d'Ivoire, ce sublime rêve est tombé en avorton dans la poussière. C'est bien là que l'Histoire devient un os, or même dans l'estomac d'une hyène, la spécialiste, tous les os ne se transforment pas en calcaire dans le ventre! Alors, d'un PDCI voleur à un FPI maraudeur, la seule différence fondamentale reste le sigle.


VOTEZ MOI, JE SUIS PROPRE COMME UN LINCEUL NON ENCORE UTILISÉ !

Voilà le staccato audible à la Rue LÉPIC d'Abidjan. Le linceul en lui-même n'attire pas, et c'est ce qu'il y a de discordant dans cette harmonie. Voyons un peu ceci : que le RDR se retrouve à la place FICGAYO pour un meeting aussi gigantesque et que du début à la fin, le moindre mot tendre ne fut prononcé ce jour-là à l'endroit de toutes ces âmes fauchées sur sa route ! que le moindre chuchotement n'ait fait écho du moindre hommage à tous ces jeunes gens morts, toutes ces fleurs matinales, toutes ces amours terrassées à l'aube de leurs soleils. Alors, du coup, je m'offusque et je me demande pour qui se battent-ils, vraiment. Un programme c'est bon, mais des hommes pour le soutenir, c'est encore mieux. Avec quelle conscience peut-on s'étaler sur des chiffres durant des heures, sans penser d'abord à ceux qui sont tombés pour le RDR, même si notre théorie est inspirée de Dieu ?

Je vois là-bas, sur les vagues de la lagune Ebrié, des jours qui ne se lèveront jamais tels que nous les souhaitons maintenant, malgré la mirobolance de leur programme. Un bon soleil se signale par la qualité de ses premiers sur les murs. Qui sait si dans ce nouveau cercle on ne daignera même pas lever les yeux sur le grilleur d'arachide, à plus forte raison voir sur sa langue.

MAIS POURQUOI TOUT LE MONDE DOIT ECHOUER ?

Ceci est un défi. Superposons gouvernement sur gouvernement, si nous voulons, changeons-les chaque semaine, les uns se comporteront toujours comme les autres, exactement comme si les gens étaient liés par une malédiction. Effectivement il y a une sorte de malédiction couchée dans notre constitution : Le Régime Présidentiel. Les gens ne sont pas forcément négatifs a priori, mais le type de régime dirigeant les y oblige, par principe. Par le poids de son pouvoir, puisqu'il est la force centrifuge du pays, il finit par devenir un chef sorcier entouré d'esprits malfaisants, et c'est sans alternatives ! Le décideur exclusif, le nommer totalitaire, l'homme à la signature comme un impact de création divine, chef des armées, une majorité parlementaire lèche-bottes (il s'arrange toujours pour obtenir sa majorité), une justice sclérosée, corrompue jusqu'à l'étourderie. Un régime présidentiel pur, ne peut fabriquer que des malhonnêtes à la tête d'un pays. Laurent Gbagbo opposant (d'aucuns ne voudraient le voir que dans cette assiette), n'a rien à voir avec le Président Laurent Gbagbo. ADO opposant n'aura rien à voir avec Ouattara président, car le pouvoir exclusif est un poison chez nous.

Je n'ai rien contre les hommes, mais tant que les candidats ne s'engagent pas sur la voie d'une TROISIEME REPUBLIQUE, ce qui implique un changement significatif de Constitution, nous retomberons dans les mêmes abîmes. C'est bien le nouveau son de cloche, et c'est plus qu'un défi. Le trop plein de pouvoir enivre forcement, celui qui a sa bouche dans la chair actuellement le sait, autant que ses poursuivants immédiats ou lointains. Notre salut réside dans l'avènement d'un régime pleinement Parlementaire, c'est à ce seul prix qu'on pourra aspirer à un autre miracle économique.



UN NATIONALISME DOUTEUX

Un jour, en Amphi à l'université Charles-de-Gaulle Lille3 où je faisais un master, dans le cadre d'un cours multiculturel, chaque étudiant devait présenter son pays avec sa principale caractéristique nationaliste. Du coup, je me suis retrouvé face à un trou dans ma mémoire. De l'Amphi, je me suis subitement retrouvé au pays avec pour préoccupation secrète de ramasser les faits saillants qui fédèrent les Ivoiriens et pour lesquels ils sont prêts à laisser leur vie. Ah, quelle tâche ardue ! quelle vaine errance ! Finalement revenu à moi-même, honteux et confus comme une souris sous les doigts de dame chatte, je n'ai pu leur parler que du Zouglou, Nouchi, du Couper décaler et du Garba. Imaginez mes yeux devant le Russe, l'Algérien, le Palestinien, l'Israélien, des gens qui venaient de distinguer à tour de rôle, la couleur du nationalisme tel qu'il est vécu chez eux.

Et le ridicule m'arracha mon verbe, je devins évasif, creux, atone et froid. Moi, mon nationalisme n'a rien d'épique, de poignant, et puis, le peu qu'il y a est vraiment sectaire, tout le monde ne le partage pas, il ne nous fédère pas. En témoignent les différents pans patriotiques ici et là, chacun l'interprétant selon sa propre lecture. Autrement dit, chacun a sa manière d'aimer le pays, la chose n'est donc pas uniforme. Effectivement, combien de couleurs revêt le patriotisme en Côte d'Ivoire ? C'est plus qu'un arc-en-ciel. Il aurait peut-être fallu qu'on arrachât notre Indépendance aux forceps à la France, mais il n'en fut pas le cas, elle m'a été donnée sur un plateau d'or.

A un moment donné, j'ai cru pouvoir m'échapper en m'accrochant à l'équipe nationale de football, les Eléphants. Mais en réalité, autour de cette équipe, il y a toujours des grincements de dents, des frustrations ; si on ne ‘'bétéise'' pas le débat, on le ‘'dioulaïse'' ou on le ‘'guéréise'', tout simplement. Ces nouvelles pontes barbares montrent que les choses n'y sont pas telles que l'observateur extérieur pourrait l'imaginer.

Alors, pour conclure, le libéralisme économique sied parfaitement à un pays comme la Côte d'Ivoire, puisqu'il y a eu un premier miracle. Houphouët avait donc raison. Le mal du pays ne réside nulle part que dans son choix de régime politique. Un Régime exclusivement présidentiel ne peut que fabriquer des potentats, des magnats, qui finissent comme des chefs sorciers, purement et simplement ennemis du peuple. Et quand un tel système finit par séparer les hommes, les cercles se dessinent, les conclaves se forment, les corridors ethniques se barricadent et le patriotisme devient pluriel, douteux et se chante différemment à la manière des oiseaux dans chaque arbre.

Voici donc notre troisième République en gestation dans le ventre du temps, c'est bien le temps des Ivoiriens lucides de composer un nouveau cercle patriotique, pas ce patriotisme suintant, baveux, sanglant, régionaliste, sectaire, qu'il a été donné de remarquer jusqu'ici, non. Rassemblons-nous cette foi-ci en hommes et femmes convaincus du retard accumulé et fiers de mener ce combat si noble. J'ai honte de voir mon pays à la queue des nations minables. Ouvrons nos yeux, le vent qui doit me faire vivre ne m'assomme pas dans la nuque.

Konaté Amidou Tchèbakro, Ivoirien résidant à Bruxelles,

Professeur Certifié de Lettres Modernes,
Écrivain
'Masteurant'' à l'Université Charles-de Gaule Lille3 (France)