Le rôle des policiers selon Gbagbo Laurent

Vous êtes des policiers, vous n’êtes pas des juges... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Vos ennemis, ce sont tous ceux qui sont contre la République.Tous ceux qui veulent installer la chienlit, le désordre. Tous ceux qui veulent troubler les élections. Battez-vous contre le désordre, contre la chienlit… Ne réfléchissez pas, ce sont les juges qui réfléchissent. Vous êtes des combattants du respect de l’ordre public. S’il y a des dégâts, les juges rétabliront tout. La République se construit avec les Forces de l’ordre, avec les forces de combat… Moi, j’ai les bras de la République. Quand le moment arrive pour que je lance mes bras, je les lance.
Matez tous ceux qui sèment le désordre et après on réfléchira … Matez, matez, tous ceux qui sont contre la République... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Votre rôle n’est pas de réfléchir comme les juges. Ce sont les commissaires qui réfléchissent à votre place… Vous, votre rôle, c’est de mater, de mater…Le policier ne doit pas réfléchir… Il doit taper et s’il y a des erreurs, s’il y a des problèmes nous allons arranger…

Gbagbo Laurent, Chef de l'Etat ivoirien, à l'occasion de l'installation de la CRS 3 à Divo le vendredi 27 Août 2010


samedi 29 novembre 2008

Déclaration de Monsieur Aphing N'Guessan, Président du FPI


Dans la nuit du Dimanche 23 au lundi 24 novembre 2008, des individus armés ont attaqué la ville de Séguéla, précisément la prison civile et la poudrière des Forces Armées des Forces Nouvelles qui contrôlent la localité. De nombreux prisonniers, qui seraient des combattants proches de l'ex-com- zone KONE ZAKARIA en disgrâce et réfugié au Burkina Faso, ont été libérés et des armes ont été emportées. Des armes lourdes ont été utilisées et le bilan est lourd : 10 à 30 morts selon les sources, dont de nombreux civils soupçonnés de connivence avec les assaillants et sommairement exécutés après l'attaque. Dans le même temps (28 novembre 2008), des bruits de bottes se font entendre dans la région de Man. 30 prisonniers se sont évadés de la prison civile; des mouvements de combattants sont signalés et des informations récurrentes font état d'un embrasement imminent de la Région.
Les attaques de ces derniers jours viennent aggraver la situation d'insécurité généralisée dans laquelle sombrent les zones CNO sous contrôle de la rébellion des Forces nouvelles : cambriolages, braquages, coupeurs de routes, mutineries de combattants sont les situations quotidiennes vécues par les populations de ces zones abandonnées par l'Etat et livrées aux humeurs et à l'arbitraire de combattants armés sans foi ni loi. Alors le FPI s'interroge :
1 - Pourquoi ?
- Pourquoi deux ans après la signature de l'Accord politique de Ouaga, les populations des zones CNO continuent-elles de vivre hors de l'emprise de l'Etat, de subir l'arbitraire de combattants armés à travers des arrestations et des détentions arbitraires, des exécutions sommaires, et expéditives de mourir dans l'indifférence générale ? !
- Pourquoi deux ans après l'accord de Ouaga, le pays est-il toujours coupé en deux ; une partie du pays est-elle toujours prise en otage par des groupes armés qui refusent la présence de l'Etat et qui pillent impunément, au vu et au su de tous, les richesses nationales ? !
2 - Quand ?
- Quand prendra-t-elle fin cette situation aberrante et insupportable ? !
- Quand est-ce qu'enfin le Premier ministre de la République cessera d'être en même temps le chef d'une rébellion armée qui occupe illégalement une partie du territoire national où ne peuvent pas s'appliquer les lois de la République?
- Quand est-ce que l'Etat, à travers le Gouvernement, décidera enfin d'assumer vis-à-vis des citoyens de ce pays ses responsabilités régaliennes pleinement et totalement ; notamment d'offrir aux populations des zones CNO la Justice et la Sécurité qui leur sont dues, des Services publics de qualité et en quantité au même titre que leurs
frères et sœurs des autres régions ?
3 - Comment ?
- Comment peut-on parler d'élections ouvertes, justes et transparentes dans les conditions actuelles ?
- Est-il possible d'organiser dans la Paix et dans la sérénité et de façon crédible les opérations d'Identification et d'Enrôlement des électeurs dans ces zones soumises au diktat de combattants armés incontrôlés et incontrôlables ? !
- Quelles garanties donne-t-on aux responsables des partis politiques et à leurs militants qu'ils pourront, librement et en toute sécurité, circuler, se faire enrôler et contrôler les opérations d'Identification et d'enrôlement ?
Le FPI s'interroge.
La question essentielle de processus de paix, de l'Accord politique de Ouaga, la question du Désarmement et de la Réunification du pays est l'objet de dilatoire et de fuite en avant.
Or, tout est vain si le Désarmement des combattants et la restauration de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national ne sont pas effectifs.
L'Economie du pays risque de s'effondrer et la situation socio-politique de s'embraser si l'unicité des caisses de l'Etat n'est pas réalisée de façon urgente et la confiance des investisseurs, des opérateurs économiques et des bailleurs de fonds restaurée.
C'est pourquoi, le FPI :
- Lance un appel solennel au Président de la République, le Président
Laurent GBAGBO, et au Premier ministre SORO Guillaume, Secrétaire Général des Forces Nouvelles de faire le Désarmement et de la Réunification du pays leur principale priorité et agissent avec détermination afin que les élections se tiennent dans un pays pacifié, réunifié, normalisé ;
- Des élections sans Désarmement n'ont pas de sens ;
- Des élections sans Désarmement signifieront l'échec de l'Accord Politique de Ouaga ;
- Demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la sécurisation totale des opérations d'Identification et d'enrôlement dans les zones CNO et garantir la sécurité et la libre circulation de ses militants ;
- Appelle à la mobilisation totale de ses militants, de ses cadres, des Démocrates et de tous les patriotes pour assurer par leur présence massive dans les zones CNO et par une vigilance à toute épreuve, la réussite du processus d'enrôlement et la tenue prochaine d'élections crédibles ;
- Invite la Communauté Internationale à jouer pleinement sa partition, à soutenir matériellement et financièrement le processus de sortie de crise et à exercer les pressions adéquates sur les Forces Nouvelles afin qu'elles mettent fin à la souffrance des populations ivoiriennes à travers la fin de l'occupation illégale d'une partie du territoire national.
Abidjan, le 28 novembre 2008
Président du FPI
M. Pascal AFFI N'GUESSAN

Sur le fond, je suis d'avis avec le Président du FPI qu'aucune élection crédible ne peut être organisée dans ces conditions. Dans des billets précédents, j'ai relévé toutes ces difficultés inhérantes à la mauvaise volonté des deux signataires des accords politiques de Ouagadougou.
Monsieur Aphing N'Guessan semble rendre responsable de cette situation le Premier Ministre uniquement. Alors qu'il sait que dans le navire ivoire il y deux capitaines, qui seront co-responsables de l'échec ou de la réussite du processus de sortie de crise. Ne pas reconnaître cette réalité est synonyme de mauvaise fois. D'ailleurs son mentor, Monsieur Laurent Gbagbo, lorsqu'il était dans l'opposition, avait déclaré que "la mauvaise fois est la chose la mieux partagée en politique".

Pendant que les Ivoiriens meurent de faim Gbagbo et sa famille s`offrent 15 voitures à près d`un milliard

Quinze (15) voitures Toyota de type Land Cruiser GXR V8 rutilantes sont sorties depuis quelques jours du parking du guichet unique automobile. Ces véhicules dont le seul dédouanement a coûté toute une fortune (218.932.510 millions de F CFA) sont selon le bordereau d`envoi des soumissions N° 3085 / 08/ V/N du service des attributions du code occasionnel (SACO), la propriété de l`actuel chef de l`Etat ivoirien, Koudou Gbagbo Laurent. Le dédouanement d`un véhicule est revenu à 14.595.501f CFA. Le prix d`achat d`un véhicule s`élève à environ 40 millions. Ce qui revient à environ 55 millions par voiture. Calcul rapide, les 15 voitures donnent 825 millions de F CFA. Un montant qui n`est pas loin du milliard. Toujours selon le bordereau d`envoi des soumissions, le chef de l`Etat a décidé de prendre cinq de ces voitures et de repartir les dix autres véhicules comme suit. Quatre de ces voitures sont destinées à la première dame, Mme Simone Ehivet épouse Gbagbo, Mme Kipré née Gbagbo Djaya G a une voiture. La voiture ayant le numéro de châssis JTMHT09J185011285 est attribuée à Gbagbo Michel Koudou, et Gbagbo Gado Diazo Léa E a, elle aussi, une voiture. Ehouman épouse Appia Mart., Ehouman épouse Angounou, Ehouman épouse Singleton bénéficient chacune d`une voiture. Les souffrances du peuple ivoirien ne sont pas des priorités pour le chef de l`Etat qui aurait dû investir cette somme dans des projets utiles pour la population. Le chef des socialistes a préféré s`offrir des véhicules de luxe et en offrir à sa femme, à ses enfants et à ses proches en cette fin d`année 2008.

Lu dans le Nouveau Réveil ( de Jules Claver Aka)

vendredi 21 novembre 2008

Qui a intérêt à bloquer le processus électoral?

Ce mouvement de grève a pris des allures de bras de fer entre la Commission électorale indépendante et les agents concernés. Après moult tractations pour les amener à reprendre le travail, la CEI, en adéquation avec ses partenaires techniques en charge de l’identification, est passée à une phase coercitive. Dans un communiqué signé de son président Beugré Mambé, l’organe tutélaire du processus électoral a enjoint les grévistes à regagner leurs postes au risque de se voir remplacés par des candidats sur des listes d’attente. La CEI a haussé le ton. Elle a donné un ultimatum de quelques heures aux perturbateurs du processus électoral pour les contraindre à mettre fin à leur grève qu’elle estime illégale, au regard des efforts consentis pour répondre à leur revendication. Mais ces derniers n’ont pas repris le service et persistent dans leur mouvement malgré les négociations qu’ils ont eues avec leurs employeurs et qui auraient permis de lever des problèmes essentiels tels que la revalorisation acquise des salaires. Qu’est-ce qui, donc, pousse les grévistes à persévérer dans leur mouvement ? Qui a intérêt à ce que le processus électoral coince en entraînant encore d’autres retards dans le calendrier de sortie de crise ? Aujourd’hui, c’est la question fondamentale qui se pose. Ce, au moment où la CEI, elle-même, soupçonne des manœuvres souterraines pour ‘’entraver’’ l’identification et par delà, l’ensemble de ses actions. Au regard de ce qui oppose les agents grévistes à leurs employeurs, il y a matière à s’interroger sur les réelles motivations des plaignants, qui, semblent, parfois demander plus qu’ils n’en ont droit. Pour un emploi temporaire à durée très limitée à peine commencé, ils exigent des gratifications, à l’instar des employés à contrat indéterminé. Ces agents de l’identification se sont érigés en véritables syndicalistes, demandant ‘’l’immunité pour tous’’. Céder à toutes ces revendications sera une façon de cautionner une sorte d’impunité, porte ouverte à toute sorte de désordre et d’entrave au processus de sortie de crise suffisamment éprouvé par ce genre d’actes. Aujourd’hui, ce sont ces exigences, qui opposent la CEI aux agents d’identification et d’enrôlement grévistes dont les revendications actuelles sont loin de convaincre de leur bonne foi. Au départ, ces recrues de l’INS, de la SAGEM, de l’ONI et de la CNSI avaient des raisons très fondées pour manifester. Ils avaient des préoccupations très légitimes, qui étaient liées à leur traitement au sujet duquel les employeurs avaient initialement entretenu le flou. Mais, cette question de salaire et tous ses corollaires ne devrait plus poser problème, dès lors qu’ils ont tous signé un contrat de travail que personne ne les y a contraints. D’où tire-t-ils toutes ces revendications à caractère syndicaliste pour un service d’utilité publique frôlant le bénévolat et pour lequel ils sont rémunérés ? Que veulent réellement les agents grévistes ? Les opérations temporaires d’identification et d’enrôlement électoral sont-ils le lieu de monter ses talents de syndicalistes ? En tout cas, la CEI et ses partenaires doivent prendre leurs responsabilités afin d’éviter d’autres couacs au processus de sortie de crise et aux accords de Ouaga, dont certains observateurs n’hésitent plus du reste à annoncer son échec.
Par Félix D.BONY (L'Inter)

mercredi 12 novembre 2008

Rêve d'élection sans contestations


Puisse la victoire de Barack Obama inspirer les acteurs politiques ivoiriens à organiser l'élection présidentielle de manière transparente, démocratique, dans la confiance et sans contestations. Que les vaincus reconnaissent la victoire de celui qui aura gagné et le félicitent et que le vainqueur remercie les vaincus pour leur sens de la démocratie. Pour une Côte d'Ivoire qui gagne!

La presse burkinabée à propos du report de l'élection présidentielle ivoirienne


 mardi 11 novembre 2008 - Par AFP

 

Ivorian
© AFP 
Ivory Coast President Laurent Gbagbo was named on August 30, 2008 as his party`s candidate for November 30 presidential elections, an official said.
OUAGADOUGOU - Le président ivoirien Laurent Gbagbo constitue le "principal obstacle" à la tenue d'une élection présidentielle dans son pays, une nouvelle fois reportée sine die, a estimé mardi le
quotidien burkinabè Le Pays (indépendant).
"Laurent Gbagbo apparaît comme le principal obstacle à la tenue de la
présidentielle, étant donné qu'il n'entend pas l'organiser et la perdre",
écrit le journal après la décision prise lundi à Ouagadougou de reporter à
nouveau ce scrutin crucial dans le processus de paix en Côte d'Ivoire qui
devait se tenir le 30 novembre.
"Cette situation pose le problème même de la candidature du président
sortant. Dans les différents accords de sortie de crise, il aurait été
judicieux d'écarter un candidat dont on sait qu'il sera juge et parti",
poursuit le quotidien.
"Personne n'a eu le courage de dire à Gbagbo que sa candidature pouvait
être un facteur de blocage. Aujourd'hui, on est malheureusement obligé de le
constater", souligne le Pays.
"Tant que Gbagbo ne maîtrisera pas tous les paramètres de l'élection, il
est illusoire de croire qu'il se hâtera pour sa tenue rapide", relève le
journal.
"Les cartes qui lui manquent sont essentielles: le contrôle du processus
d'élaboration du fichier électoral, la maîtrise de l'électorat et le
désarmement des ex-rebelles", écrit le quotidien burkinabè.
Sidwaya, le journal pro-gouvernemental du Burkina Faso, s'impatiente
également: "L'affaire commence à traîner en longueur. Le facilitateur (dans la
crise ivoirienne, le président burkinabè Blaise Compaoré) pourrait perdre un
tant soit peu sa réputation de faiseur de paix".
"A défaut d'une échéance fixe, il nous semble qu'une entente sur la
nécessité de ne pas finir l'année 2009 sans élection paraît raisonnable. Entre
mars et juillet 2009, on peut tenir des élections en Côte d'Ivoire si la bonne
volonté y est la vertu la mieux partagée", conclut-il.
Lu dans abidjan.net

mardi 11 novembre 2008

Présidentielle du 30 novembre : LE CPC CONFIRME LE REPORT




La 4e réunion du Cadre permanent de concertation (CPC), s’est déroulée le 10 novembre 2008 à Ouagadougou, sous la présidence de Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, facilitateur de la crise ivoirienne. Etaient présents à cette rencontre le Président ivoirien Gbagbo Laurent, le premier ministre ivoirien Soro Guillaume, le président du PDCI Konan Bédié et le président du RDR Alassane Ouattara.

Au terme des discussions, «Le CPC a noté l’impossibilité d’organiser l’élection présidentielle à la date officielle du 30 novembre 2008» relève le communiqué de presse. Estimant que les opérations préélectorales sont un préalable à la fixation d’une nouvelle date de l’élection présidentielle, «Le CPC a instamment invité le président de la CEI à établir, sans délai, un chronogramme précis pour l’identification et le recensement électoral. Ce chronogramme devrait être publié avant le 31 décembre 2008, aux fins de la fixation de la nouvelle date pour l’organisation du premier tour de l’élection présidentielle», poursuit le communiqué de presse.

Pour sa part, le Président Blaise Compaoré, a exprimé deux préoccupations. Premièrement, que le recensement de la population s’achève «d’ici début 2009».  Deuxièmement,   qu’aucune date ne puisse désormais être fixée «sans tenir compte» de cette donne.Quand à l'ONU, avant  la réunion du CPC a estimé que l'élection présidentielle doit impérativement se tenir avant la fin du premier semestre 2009, c'est-à-dire avant juin 2009. Question de mettre la pression sur les autorités ivoiriennes.

Si les acteurs politiques ivoiriens, principalement les deux signataires des accords de Ouagadougou, Gbagbo Laurent et Soro Guillaume ( le père et le fils), n'ont aucune volonté d'aller à l'élection  présidentielle, aucune date fixée par la CEI ne sera respectée. A moins que les deux signataires de ces accords ne soient contraints d'organiser l'élection présidentielle dans le délai souhaité par l'ONU.                                                                                                                                                               

Gbagbo Laurent: de l'idéalisme à la réalité du pouvoir en Afrique


Voici ce que disait Gbagbo Laurent dans les années 80, alors opposant à Houphouet Boigny dans son livre "Pour une alternative démocratique", de la corruption et de l'enrichissement illicite:

« (…) du fait de la dé-responsabilisation des citoyens par le parti unique, tout le monde commence à trouver normal, légitime, que l’on devienne multimillionnaire en l'espace de quelques mois du fait que l'on est placé à des postes de responsabilité dans l'appareil d’Etat. Et c’est là le drame. Il ne peut pas être pardonné au PDCI d’avoir élevé notre peuple dans le goût du luxe, de l’enrichissement facile et illicite. Des fortunes que, sous d’autres cieux, des femmes et des hommes ont mis des générations à bâtir, ces fortunes-là, des personnes les ont bâties en quelques années de postes ministériels. » In « Pour une alternative démocratique ». P. 126.

Maintenant au pouvoir il doit se demander s'il a vraiment écrit cela.
Sous le PDCI, on a eu le régime des grilleurs d'arachides, sous le FPI c'est le régime des mangeurs de semences. Quel sera le prochain régime qui gouvernera la Côte d'Ivoire?

lundi 10 novembre 2008

Adieu maman Africa

Musique/lutte

Dimanche 9 novembre 2008. Miriam Makeba le soir de son dernier concert,
dimanche à Naples. La chanteuse s`est éteinte quelques heures plus tard,
à l`âge de 76 ans.

vendredi 7 novembre 2008

Barack Obama: le rêve devenu réalité

Barack Obama vient d'être brillamment élu 44 ème président des Etats Unis. C'est un grand moment historique que le monde entier vient de vivre. Un fils d'immigré africain président de la nation la plus puissante du monde; le rêve de Martin Luther King est devenu réalité.
L'élection du fils d'immigré africain  procure une grande fierté aux peuples africains, pas parce que Barack Obama va régler tous les problèmes du continent africain, mais cela exprime l'espoir, le rêve, le désir des populations africaines à vivre dans des pays démocratiques où seuls comptent la compétence, le mérite, le savoir faire. L'espoir pour les africains de mettre fin au tribalisme, au régionalisme dans la vie socio-politique, au favoritisme et à la promotion de l'incompétence. L'espoir qu'un jour (proche) l'Afrique aura des dirigeants à la hauteur du génie de leurs peuples. L'espoir que les africains prendront conscience de leur valeur et de leur génie. L'espoir qu'enfin l'Afrique connaîtra le développement et sera un continent qui compte dans les relations internationales.

mardi 4 novembre 2008

Pourquoi une transition?

Le processus d'identification a commencé dans une atmosphère de violence et de suspicion. Violence entretenue par les partisans du chef de l'Etat, à l'appel des dirigeants du FPI notamment Sokouri Bohui, leur monsieur élection, et Aphing N'Guessan le président de ce parti qui a adopté la violence comme stratégie politique et voie de recours au détriment des institutions de recours prévues par la constitution qu'ils défendent avec détermination quand ça les arrange. Ces différentes scènes de barbaries qu'on a vécu (on en vivra d'autres encore) me rappellent exactement ce qui s'est passé pour le début des audiences foraines lorsque Konan Banny était premier ministre. Mais là, il y eu une riposte des jeunes du RHDP qui obligea le gouvernement à suspendre ces audiences foraines.

L'accalmie qu'on observe actuellement ne signifie pas que le risque de violence et d'affrontement n'existe plus. Les deux camps se regardent en chien de faïence; les états majors politiques sont sur le qui vive. La suspicion de fraude est généralisée; ce qui met les différentes structures intervenant dans le processus d'identification sous forte pression psychologique non propice à un travail serein et efficace.

De plus l'absence de confiance entre les acteurs politiques a conduit à la multiplication des structures et à la complexité de la procédure d'identification.
La communauté internationale fait pression sur les autorités ivoiriennes pour que cette élection présidentielle aie lieu car pour elle c'est la seule voie de sortie de cette crise. Moi, je suis convaincu que cette élection renforcera la chienlit qui s'est installée depuis la mort de Houphouet Boigny, premier président de la Côte d'Ivoire.

Tous les problèmes qui sont à l'origine de cette crise, à savoir l'identité, la nationalité, le foncier rural n'ont pas connu un début de règlement. Tous les ivoiriens qui ont des patronymes à consonance nordique sont toujours suspectés d'être étrangers.

Les rebelles et les milices n'ont toujours pas été désarmés, le pays reste coupé en deux, et cela n'inquiète ni la communauté internationale ni les acteurs politiques ivoiriens.
Concernant la constitution, le chef de l'Etat a reconnu qu'elle contient des articles confligènes.

Toutes les raisons évoquées ci-dessus militent en faveur d'une transition de 3 à 5 ans; il restera à en définir de manière consensuelle les modalités. Cette transition devrais s'atteler à rétablir la confiance entre les acteurs politiques d'abord avant d'envisager le règlement définitif de tous les problèmes qui entretiennent de manière chronique cette crise. Elle devrais également, dans une atmosphère de sérénité, de confiance retrouvée et dans un esprit de dialogue, engager des reformes institutionnelles pour renforcer la démocratie et extirper de la constitution tout ce qui peut être source de conflit.

C'est à cette seule condition que la Côte d'Ivoire sortira définitivement de cette crise pour emprunter la voie du développement. L'élection présidentielle ne viendra pas comme une baguette magique régler tous les problèmes car nous savons tous que quelque soit la transparence de cette élection, il y aura de vives contestations qui risquent de plonger la Côte d'Ivoire dans le chaos; à moins que celui qui sera élu soit un "Nelson Mandéla". 

lundi 3 novembre 2008

Venance Konan : "Laurent Gbagbo ne veut pas d’élection présidentielle" - Interview du journaliste et écrivain ivoirien

Le
de Autre presse 
Laurent Gbagbo était en visite à Tafiré et Niakara dans le département de Katiola, le Mercredi 15 septembre 2008.
Afrik.com - Le Conseil de sécurité des Nations unies a reconduit ce mercredi, pour un an, ses sanctions contre la Côte d’Ivoire en attendant la tenue des élections présidentielles. Initialement prévues pour le 30 novembre, elles risquent de ne se tenir qu’au premier trimestre 2009. L’écrivain et journaliste ivoirien Venance Konan, coauteur d’un livre intitulé Scénarios pour la Côte d’Ivoire sur les solutions possibles à une sortie de crise en Côte d’Ivoire, donne son point de vue sur la situation.

Venance Konan, journaliste et écrivain ivoirien, a été plusieurs fois lauréats du prix littéraire ivoirien Ebony. Auteur de trois livres : Les prisonniers de la haine (best seller publié en 2003), Robert et les Catapila (2005), Nègreries (2007), il a récemment été classé parmi les 50 personnalités ivoiriennes par l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique. Venance Konan est également membre d’un forum composé de plusieurs personnalités ivoiriennes, qui propose dans un livre intitulé les Scénarios pour la Côte d’Ivoire et publié en 2005, quatre schémas de sortie de crise.

Afrik.com : L’Onu vient de reconduire ses sanctions contre la Côte d’Ivoire jusqu’à la tenue d’une élection présidentielle. Trouvez-vous cette décision pertinente ?

Venance Konan : Tant qu’on n’a pas trouvé une solution à la crise, il vaut mieux ne pas donner des armes aux belligérants. Aujourd’hui, on est en train de nous faire croire que Guillaume Soro (l’actuel Premier ministre ivoirien et secrétaire général de l’ex-rébellion des Forces Nouvelles, ndlr) et le président ivoirien Laurent Gbagbo sont de grands amis, que Charles Blé Goudé (le leader des Jeunes patriotes, mouvement proche du parti au pouvoir, ndlr) et Guillaume Soro s’entendent bien, mais personne n’est dupe ! J’ai peur que le pire ne soit devant nous. Je ne crois pas du tout en cette paix annoncée. Pour moi, c’est une paix factice. Le fait est qu’aujourd’hui les ex-rebelles, comme on les appelle, sont toujours armés et occupent toujours le Nord. Les milices qui sévissent à l’ouest du pays et à Abidjan sont toujours présentes. Je les ai vues dans un quartier qui s’appelle Willamsville, à Abidjan, faire leur footing au petit matin. Et ce n’est le seul quartier où on peut les voir. C’est une réalité que nous vivons tous les jours. Nous sommes dans une fausse paix dans laquelle chaque partie attend de voir qui baissera la garde le premier. Les problèmes de fond qui nous ont conduits dans cette crise restent toujours présents, notamment le problème d’"ivoirité".

Afrik.com : Est-ce que la tenue de l’élection présidentielle réglerait ces problèmes dont vous parlez ?

Venance Konan : L’élection ne constitue pas forcément la fin de la crise. Tant qu’on n’aura pas résolu les problèmes de fond qui nous ont menés à cette crise, on aura rien réglé en allant à l’élection présidentielle. Je fais partie d’un groupe de personnes dont Jean-Louis Billon et le président de la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme. Nous avons proposé, en 2005, dans un livre intitulé Scénarios pour la Cote d’Ivoire, quatre schémas possibles de sortie de crise. Pour nous, le meilleur scénario était qu’on se donne le temps d’une transition un peu plus longue qui permettrait de régler tous ces problèmes de fonds, notamment celui de l’identité, de la nationaité. Il y a des gens, qui sont nés en Côte d’Ivoire de parents immigrés, à qui on la refuse la nationalité, ça pose aussi un problème dans le cadre de l’identification des populations en vue des élections. Le désarmement, les problèmes fonciers et constitutionnels comptent également parmi les questions auxquelles il faut trouver des réponses. Tout le monde est d’accord pour dire que cette Constitution mal faite est en partie à l’origine de la crise politique que nous traversons. Personne ne nous a écouté mais nous ne désespérons pas.

Afrik.com : L’élection présidentielle, initialement prévue pour 2005, a été maintes fois reportée. Aujourd’hui, la date du 30 novembre prévue par l’accord de Ouagadougou semble elle aussi compromise. On parle désormais du premier trimestre 2009. Comment expliquez-vous cette situation ?

Venance Konan : Dans nos propositions en 2005, nous parlions d’un scénario que nous avons appelé la fuite en avant. Nous y sommes. C’est-à-dire qu’on ne règle rien, mais on essaie de gagner du temps, chacun se croit plus intelligent que l’autre et le pays est en train de couler. Parmi les éléments qui me permettent de dire que le pire est devant nous, il y a la violence qui s’institutionnalise en Côte d’Ivoire. Si vous avez suivi l’actualité de ces derniers jours, il y a une rumeur d’enlèvements d’enfants. Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Aujourd’hui, il est dangereux d’être sur les routes à partir de 18 heures. Des "coupeurs de route", des brigands, sont partout, dès la tombée de la nuit. A Abidjan, les bandits agissent impunément, notre police est complètement pourrie, la corruption gangrène toute la société… Tout cela me fait croire que le pire est devant nous.

Afrik.com : Ce report d’élections n’étonne donc personne en Côte d’Ivoire ?

Venance Konan : Tout le monde savait depuis longtemps que cette élection n’aurait pas lieu. Les gens ne veulent pas d’élection. Ne nous faisons pas d’illusion. Ni M. Gbagbo ni M. Soro ne veulent de l’élection. Gbagbo ne veut pas d’élection d’abord parce qu’il n’a pas d’opposition devant lui pour le contraindre à la faire ! Il a gagné un an, deux ans, trois ans, pourquoi voulez vous qu’il s’arrête en si bon chemin ? On dit qu’il n’est pas président de la République, seulement chef d’Etat, mais en attendant, il jouit de tous les pouvoirs. L’Assemblée Nationale ne siège même plus, Laurent Gbagbo est tout puissant ! Selon La Lettre du Continent, le budget de souveraineté de Gbagbo est monté à 71 milliards de francs CFA, avec cet argent, il fait ce qu’il veut ! Comment voulez vous qu’il organise des élections qu’il peut perdre ? Je pense que si on organise des elections claires et transparentes, Monsieur Gbagbo n’a pas beaucoup de chance de gagner !

Afrik.com : A quoi peut on s’attendre si la présidentielle continue d’être reportée ?

Venance Konan : On va vers le chaos ! En 2005, on nous a dit qu’il fallait attendre 2006 pour voter, les gens ont crié mais nous avons attendu. 2006 on nous dit que ce sera en 2007, ensuite l’élection a été reportée à 2008. Nous avons encore attendu. Et là, on va la reporter en 2009 c’est clair ! Et ça risque de continuer. Mais un jour, on tombera dans le chaos parce que la population n’en peut plus. La situation économique est difficile. Le président de l’assemblée nationale, Mamadou Coulibaly a dit que 70% des Ivoiriens n’arrivent pas à prendre plus d’un repas par jour et on le voit ! Des bidonvilles poussent partout, des enfants ne vont plus à l’école parce que les parents n’ont plus d’argent. On avait annoncé récemment que le cacao allait être acheté à 700 F CFA le kilo, aujourd’hui c’est à peine 200 francs que le paysan touche. Beaucoup s’abstiennent désormais de vendre leur cacao. Aujourd’hui ils n’ont plus un sou ! Un jour ça va exploser.

Afrik.com : Que doit-on faire pour en finir avec la crise en Côte d’Ivoire ?

Venance Konan : Nous proposons qu’on mette en place une vraie transition consensuelle pour résoudre les problèmes afin qu’on puisse aller aux élections tranquillement. Personne ne veut nous écouter parce qu’il y a des gens qui ont le pouvoir et qui ne veulent pas le lâcher. Un jour, quelqu’un va sortir de l’armée ou d’ailleurs et va jouer au fou comme cela s’est passé dans d’autres pays de la sous région. Si nous ne nous asseyons pas pour parler franchement, c’est ce qui risque d’arriver. Nous avons demandé une sorte de conférence nationale pour que les Ivoiriens se parlent et se disent la vérité. Mais personne ne veut nous écouter.

Afrik.com : Quel doit être, selon vous, le rôle de la communauté internationale dans la résolution de cette crise ?

Venance Konan : On aurait bien voulu que la communauté internationale s’implique davantage dans la crise ivoirienne. Mais nous ne devons pas nous faire d’illusion non plus ! Ce n’est pas à elle de régler nos problèmes, on le voit au Congo et ailleurs. Si la solution peut venir de l’extérieur c’est tant mieux ! Cependant, je n’y crois pas.

par Stéphane Ballong

samedi 1 novembre 2008

Journalistes de Côte d'Ivoire: comment faire un effort pour être médiocre?

Ce matin, depuis ma chambre d'hôtel, obligé de suivre la seule chaîne de télévision nationale, malheureusement, un journaliste dans la bétise.

Mais enfin, dites-nous combien s'élève la prîme spéciale pour être obligé de faire une caravane spéciale du candidat GBAGBO laurent à travers la Côte d'Ivoire avec l'argent du contribuable, et avoir des temps d'antenne pour en parler ...
Pourquoi ne pas en faire autant pour tous les candidats déclarés, cela ne sera que justice.ARRETEZ DE VERSER DANS LA MEDIOCRITE , notre pays retrouvera plus vite une paix.

Si c'est la nouvelle mission de la RTI, alors qu'on mette fin à la redevance RTI. Monsieur Brou Amessan ne doit pas confondre son rôle de directeur de la télévision publique qui appartient au peuple ivoirien et son militantisme politique.

lundi 27 octobre 2008

MONNAIE OU RELIQUE COLONIALE : Franc CFA : le piège de la convertibilité


Face à une Amérique en crise et à la panique qui règne sur les marchés financiers mondiaux, les gardiens du Temple de la Banque Centrale Européenne se veulent les garants d’une stabilité monétaire et d’un euro fort. Leur attitude s’inscrit en faux contre celle des dirigeants des deux économies les plus puissantes de l’Europe, à savoir la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, qui craignent que le maintien d’un Euro fort pourrait mener les économies européennes à la ruine. A leur inquiétude devrait faire écho, en théorie, le désarroi de leurs collègues des pays d’Afrique membres de la zone franc. En effet, leur monnaie, le franc CFA, étant ancrée à la monnaie européenne à un taux fixe surévalué, on est en droit de penser qu’ils ne pouvaient manquer de s’interroger sérieusement sur l’avenir, sinon sur le destin du franc CFA. Cette monnaie, dont la convertibilité fait les choux gras des spéculateurs, est une source majeure de perte de compétitivité, d’évasion de capitaux et de controverses quant à son rôle, supposé ou réel, dans la crise qui continue de plomber les économies des pays de la zone franc dans un contexte de turbulence économique, notamment financière, à l’échelle mondiale.

L’histoire du CFA est étroitement liée à celle de la colonisation des pays africains. Durant la période coloniale, Français et Anglais, deux des pays colonisateurs de la région, avaient mis respectivement sur pied la zone franc et le « board of currency » pour doter leurs empires africains d’un système monétaire unifié. Ce système était subordonné au franc français et à la livre sterling.

Au lendemain de la proclamation des indépendances nationales à partir de la fin des années 1950, les ex-colonies anglaises ont démantelé leur zone monétaire commune pour mener des politiques monétaires souveraines et autonomes. En revanche, dans la zone franc, seuls quelques pays en ont fait de même : la Guinée, la Mauritanie, Madagascar, le Mali (provisoirement), l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Cambodge, le Laos et le Vietnam. Les pays qui ont choisi de demeurer dans le giron de la France en conservant leur monnaie unique, le Franc CFA, sont : Djibouti, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République Centrafricaine, les Comores, le Congo, la Côte-d’Ivoire, le Gabon, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo. La Guinée Equatoriale et la Guinée-Bissau se sont jointes à eux.

La France a doté cette monnaie d’une convertibilité qu’elle s’est engagée à garantir sous réserve de la rétention de tout ou partie des avoirs extérieurs en devises de ces pays dans un « compte d’opération » ouvert auprès du Trésor Public français par les banques centrales de la zone franc : la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) . La France s’est également arrogée un droit de veto dans la gestion de ces banques centrales. De même, tout changement des règles du jeu au sein de la zone monétaire francophone nécessite un accord préalable avec la France.

On devine aisément les implications qui s’attachent au corset ainsi créé quand on connaît l’importance de la monnaie dans la marche d’une économie. Celle-ci a, en effet, trois fonctions traditionnelles. Elle est, d’abord, une unité de compte, ensuite un moyen de paiement et enfin un instrument de réserve. Son émission ayant constitué de tout temps un droit régalien réservé aux seuls dirigeants des territoires indépendants, les détracteurs de la zone, qualifiant ces accords monétaires de relique coloniale, ont demandé leur abrogation. Les tenants du système, quant à eux, pour justifier le maintien du franc CFA, arguent du privilège de disposer d’une monnaie unique convertible et la capacité des pays de la zone à satisfaire les trois critères sur lesquels doit reposer une politique monétaire durable, à savoir la stabilité interne et externe et la croissance économique.

Tout Etat réglemente comme il l’entend la sortie de sa monnaie nationale et l’entrée des monnaies étrangères sur son territoire par le biais de sa politique de change, sa monnaie pouvant être transférable, c’est-à-dire convertible sur le marché international des changes. La convertibilité d’une monnaie réside dans sa capacité à être échangée contre une autre devise. Par exemple, des dollars peuvent s’échanger contre des euros et vice versa. Ces monnaies sont convertibles entre elles et cette convertibilité signifie que les banques centrales qui les ont émises s’engagent à les racheter. Lorsqu’une monnaie est convertible, le gouvernement qui l’émet en autorise la sortie. C’est généralement le cas des pays développés à économie de marché. La convertibilité n’exclut pas l’existence d’un contrôle des changes plus ou moins coercitif, en particulier pour les résidents qui peuvent être sujets à des restrictions dans l’usage des monnaies étrangères et dans les montants qu’ils peuvent transférer. C’est le cas du franc CFA dont la convertibilité est restreinte à l’euro et le libre transfert à la France.

Le franc CFA, monnaie commune, est supposé contribuer à une plus grande transparence des prix, à l’élimination des distorsions liées au risque de change entre monnaies nationales et de frais bancaires inutiles. Son objectif théorique est aussi de créer une discipline monétaire et budgétaire saine. Cette monnaie devait assurer à la fois une stabilité des prix, une absence de dévaluations compétitives entre pays membres de l’union monétaire et l’obtention de taux d’intérêt réels bas et stables favorables à la croissance et à l’emploi.

Mais, force est de constater que la convertibilité et le libre transfert du franc CFA favorisent une sortie massive des capitaux à travers le transfert, sans risque de change des bénéfices des entreprises du secteur privé, françaises dans leur très grande majorité. Elle encourage également l’exode des revenus des ménages expatriés vers leur pays d’origine. Ces flux monétaires et commerciaux qui passent tous par le filtre des banques centrales ont pour seule destination l’Hexagone. C’est le cas depuis la mise en place, en 1993, du régime de contrôle de change par la France. Entre 1970 et 1993, le rapatriement des bénéfices et des revenus d’expatriés s’est élevé à 6,3 milliards de dollars alors que les investissements étrangers s’élevaient à 1,7 milliards de dollars. Les rapatriements ont donc été quatre fois supérieurs aux investissements. De même, anticipant une dévaluation qui était devenue inéluctable eu égard à la détérioration des comptes dans les années 1990 et le refus de la France de soutenir les budgets africains, les placements spéculatifs effectués en francs CFA en France entre janvier 1990 et juin 1993 s’étaient élevés à 928,75 milliards de francs CFA soit environ 1,416 milliards d’euros .

De surcroît, en contrepartie de la garantie de convertibilité du CFA, d’abord en franc français puis en euro, la France exige depuis 1960 que les pays de la zone déposent leurs réserves de change sur un compte du Trésor Public français. A l’aube des indépendances le dépôt exigé était de 100%. Il a été réduit à 65% en 1973, puis plafonné à 50% depuis septembre 2005, le reliquat devant servir au remboursement de la dette extérieure des pays membres. Mais, hormis les « gourous » des finances françaises, nul ne sait ce que recèle en réalité ce compte d’opérations et ce que la France fait des très importantes sommes qui y sont déposées. D’après la convention sur ce compte, signée en 1962 entre le ministère français de l’Économie et ses ex-colonies membres de la zone franc, le Trésor français perçoit, en cas de découvert, des agios payés par les banques centrales. En revanche, il leur verse des intérêts si les comptes sont créditeurs. Depuis la mise en œuvre des accords de coopération monétaire, le compte d’opération n’a été débiteur temporairement qu’à cinq reprises depuis 1973, le solde étant créditeur de manière ininterrompue depuis janvier 1994. Le rapport 2005 de la zone Franc montre que les banques centrales détiennent des records de réserves au Trésor français estimées à 6300 milliards de FCFA, équivalents à 9,6 milliards d’euros soit un taux de couverture de l’émission monétaire supérieur à 110 %, alors que la convention de 1962 n’exige qu’un taux de couverture de 20 %. Entre janvier et décembre 2006, les avoirs extérieurs nets de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest avaient progressé de 544,3 milliards de F CFA (830 millions d’euros) pour se situer à 3 710 milliards de F CFA (5,7 milliards d’euros). Sur la même période, ceux de la Banque des Etats de l’Afrique centrale avaient augmenté de 1757 milliards (2,7 milliards d’euros) pour atteindre 4382 milliards de FCFA (6,7 milliards d’euros). Les pays membres de la zone franc, dont certains sont classés parmi les plus pauvres du monde, selon leur indice de développement, se voient ainsi privés par la France d’énormes ressources financières qui auraient pu être investies dans les secteurs clés de leurs économies (production vivrière, éducation, santé, logements et infrastructures). Le plus révoltant dans ce marché de dupes est que la France se sert de l’argent de ces pays pour leur concéder des prêts à des taux prohibitifs. Le comble est que les pays de la zone, non contents de se voir amputer d’une part importante de leurs revenus, s’endettent auprès de la Banque Mondiale et du FMI aux conditions drastiques que l’on sait au lieu d’user de leurs propres avoirs confisqués par la France. En se comportant comme des victimes consentantes, lesdits pays n’ont fait que traduire une attitude éminemment freudienne des Noirs qui confine à l’auto-flagellation.

En ce qui concerne la stabilité interne de la zone franc, le rattachement du franc CFA au franc Français et aujourd’hui à l’euro était censé permettre aux autorités monétaires de la zone franc d’imposer la discipline anti-inflationniste de la Banque de France et maintenant de la Banque européenne. La zone s’est toutefois révélée impuissante à contrecarrer la flambée des prix du pétrole, des matières premières et des denrées alimentaires provoquées en partie, par la progression de la demande des Asiatiques en matières premières, particulièrement des Chinois. L’augmentation des prix des denrées alimentaires a donné naissance à des émeutes de la faim dans nombre de pays d’Afrique parmi lesquels figurent des pays de la zone franc tels que la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Burkina Faso et le Sénégal.

Quant à la stabilité externe, c’est à dire la stabilité d’une monnaie sur les marchés des changes, elle est étroitement liée à la politique de change qui la sous-tend. Les pays de la zone franc ont opté pour une politique de taux de change fixe alors que le taux de change de l’euro sur lequel il est arrimé est flottant et ne cesse de s’apprécier . La politique d’un euro fort et de taux d’intérêts élevés poursuivie par la Banque Centrale Européenne (BCE) pour juguler tout risque d’inflation et attirer les capitaux étrangers en Europe prive les pays de la zone franc de compétitivité. Le franc CFA est surévalué par rapport aux autres monnaies des pays du Sud avec lesquels il est en concurrence. Les produits libellés en FCFA deviennent trop chers et les pays de la zone se retrouvent ainsi exclus des marchés du Sud. La politique d’un euro fort est préjudiciable aux économies de la zone franc comme l’a été auparavant la politique d’un franc fort menée par l’ex ministre de l’économie et des finances, Pierre Bérégovoy, sous le gouvernement socialiste de François Mitterrand. L’appréciation de l’euro par rapport au dollar ruine les économies des pays de la zone Franc. De janvier 1999 à mai 2008, l’euro est passé de 1,17 à 1,59 dollars, ce qui signifie que le franc CFA, monnaie des économies jugées parmi les plus indigentes du monde, s’apprécie par rapport au billet vert. Cela ne manque pas de poser problème, car les prix des principaux produits d’exportation de la zone comme le café, le cacao et le coton sont libellés en dollars, tandis que ceux de leurs plus gros volumes d’importation le sont en euros. En effet, se faire payer ses exportations en monnaie faible et régler ses importations en monnaie forte ne peut que provoquer une incidence négative très handicapante sur les balances commerciales, au point que la question d’une nouvelle dévaluation du franc CFA, à seule fin d’accroître artificiellement la compétitivité des exportations de la zone franc, se pose à nouveau. Quel contraste avec la Chine qui, depuis le 1er Janvier 1994, a ancré sa monnaie, le yuan, au dollar à un taux de change extrêmement bas, ce qui lui donne un avantage compétitif par rapport à ses concurrents occidentaux et des possibilités d’exportation accrues.

La zone franc a également été promue comme étant un espace propice à la croissance économique de ses membres. La croissance économique est sujette au niveau des taux d’intérêt et des liquidités mises en circulation par la Banque centrale, au volume des investissements et des échanges commerciaux. La masse monétaire en circulation dans la zone franc se mesure à l’aune des seuls échanges entre la France et ses alliés africains, aux transferts des travailleurs émigrés, au rapatriement des capitaux spéculatifs et aux décaissements des bailleurs de fonds. Dans un tel contexte, les taux d’intérêt demeurent toujours élevés. Leur haut niveau est préjudiciable à tout essor économique et prive les entrepreneurs de ces pays des crédits bon marché sans lesquels il n’y a point d’existence pour les petites et moyennes entreprises ni de classe moyenne vecteur de développement.

La convertibilité du franc CFA et son arrimage à l’euro éliminant tout risque de change entre les zones franc et euro, cela était censé faciliter l’afflux des investissements productifs créateurs d’emplois en provenance d’Europe. En réalité, les investissements dont ont bénéficié les pays d’Afrique se sont portés quasi exclusivement dans l’exploitation des ressources naturelles. Les investissements directs étrangers (IDE) en Afrique ont atteint 38 milliards de dollars US en 2007 contre 126 milliards de dollars en Amérique latine et aux Caraïbes, 224 milliards de dollars pour les pays d’Asie du sud et d’Océanie, 98 milliards de dollars pour les pays de l’Europe du sud-est et de la Communauté des États Indépendants (CEI). Durant la période 2002 - 2004, les IDE en Afrique avaient seulement été de 1,2 milliards de dollars . L’accroissement enregistré est essentiellement du aux investissements en provenance des pays émergents d´Asie : Hong Kong, République de Corée, Chine, Inde et Malaisie et non d’Europe. Ils sont concentrés dans les industries extractives et ne bénéficient qu’à un nombre limité de pays tels que le Nigeria, l’Angola, le Mozambique, le Soudan, le Congo Brazzaville, la Guinée Equatoriale ou la République démocratique du Congo. Ces investissements dans l’exploitation des ressources naturelles, particulièrement le pétrole et les minerais, perpétuent la dépendance de la région et son appauvrissement résultant d’une exploitation systématique de ses ressources sans la contrepartie d’investissements productifs, de créations d’emplois et d’exportations de biens manufacturés. Il en est de même des flux commerciaux entre les pays de la zone franc et ceux du reste du monde qui se réduisent à l’importation de produits manufacturés et à l’exportation de produits de base, ce qui exclut tout développement industriel autonome. Ceci devrait inciter les Africains à promouvoir la diversification des investissements, à renforcer leurs capacités productives dans leurs autres secteurs économiques et à développer un espace légal régissant les partenariats entre les filiales étrangères et les entreprises locales pour favoriser le transfert de la technologie dont la région a besoin pour s’industrialiser.

L’existence d’un marché unique dépourvu de barrières commerciales ou financières et d’entraves à la libre circulation des biens et des capitaux sont les conditions sine qua non pour tirer le maximum de bénéfices d’une monnaie unique. Pourtant, ce marché unique dans lequel les pays de la zone franc sont supposés évoluer n’a d’existence que de nom. Ils en sont encore, depuis prés de deux décennies, à s’échiner à mettre en place une union douanière au sein de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), les deux organisations chargées de la mise en place de l’harmonisation des régimes fiscaux et des politiques de convergence économique de leurs membres. Il faut se souvenir que de 1945 à 1960, la coopération monétaire et la coordination des politiques économiques avec la France, dans le cadre de la zone franc, s’étaient en effet appuyées sur une intégration politique, économique et monétaire complète ainsi qu’une libre circulation des personnes, des biens et des services. Le choix des pays africains qui ont décidé de rester sous la tutelle monétaire de la France aurait donc été justifié si ces mêmes pays avaient maintenu le marché commun et les structures fédérales dans lesquels ils opéraient sous le régime colonial. Mais ils n’en ont rien fait. Bien au contraire, ils se sont employés à les démanteler dès leur accession à l’indépendance. En érigeant des barrières douanières entre eux, les Africains se sont délibérément coupés les uns des autres, créant de facto un environnement économique impropre à l’adoption d’une monnaie unique. De plus, les banques centrales de la zone franc n’ont aucune existence juridique sur le marché des changes, Il revient donc à la Banque Centrale européenne (BCE), qui a hérité des accords franco-africains, d’agir en leurs noms. Mais quand la BCE intervient sur le marché international des devises c’est pour défendre l’euro et non le FCFA. Cette sous-traitance de la gestion du franc CFA à la BCE constitue un frein supplémentaire au processus d’intégration des économies des pays de la zone et à l’accroissement de leurs échanges intra-communautaires.

Dans ces circonstances, il y a quelque chose de kafkaïen dans cette démarche qui consiste à démanteler des structures pour ensuite essayer de les remettre en place à rebours. Cela engendre des distorsions structurelles, institutionnelles et économiques dont les dirigeants et les élites francophones d’Afrique noire n’ont cure, d’autant qu’ils en tirent des intérêts personnels. En effet, la convertibilité du FCFA est un moyen bien commode pour eux de disposer de fortunes considérables et d’immenses domaines immobiliers dans l’Hexagone.

Les crises économiques et financières qui affectent les pays de la zone franc depuis les années 1990 sont les manifestations les plus éloquentes de l’échec des politiques et des choix qui ont prévalu en son sein. Elles ont conduit à la dévaluation de 100% du franc CFA en janvier 1994 et à la paupérisation qui a conduit aux désordres que l’on sait et qui vont aller s’aggravant à moins que l’on mette fin au système d’exploitation institutionnalisée que représente la zone franc.

En l’état actuel du développement des économies africaines, la norme, en matière de politique de change devrait reposer sur l’inconvertibilité et l’intransférabilité des monnaies nationales. Lorsqu’un Etat interdit la sortie de sa monnaie nationale, cette monnaie est dite non convertible donc non transférable. Dans ce cas, un contrôle des changes hermétique donne le monopôle des monnaies étrangères aux autorités monétaires qui contrôlent toutes les opérations de change avec l’extérieur. Cette restriction légale assure une gestion rigoureuse des rentrées et des sorties de devises, ce qui permet de les allouer en priorité au développement des secteurs clé des économies concernées. Cette situation est d’ailleurs fréquente dans le monde en particulier dans les pays en voie de développement (PED) très déficitaires qui connaissent de graves difficultés de paiements. C’est également le cas des économies régulées de type semi-étatique où l’Etat prend en charge le contrôle des secteurs essentiels de l’économie comme en Chine, en Inde ou au Vietnam. Rappelons également que pendant longtemps l’échange de francs français contre des devises n’était pas libre mais réglementé. Une convertibilité externe du franc, rétablie en 1958 pour les non-résidents, n’était pas totale pour les résidents. Par exemple, ceux-ci ne pouvaient pas sortir des capitaux hors des frontières sans autorisation administrative. Quant au géant chinois, soucieux de ne pas faire peser des risques importants sur sa croissance économique par une sortie incontrôlée de devises, il n’autorise pas la libéralisation de son marché des changes et sa monnaie, le yuan, n’est pas librement convertible.

Au vu de ce qui précède, les avantages avancés pour le maintien de la convertibilité du franc CFA se révèlent être un subterfuge qui institutionnalise l’appauvrissement socio-économique des pays de la zone franc. Ils se doivent d’y mettre fin, de recouvrer la gestion de leurs réserves de change, d’instituer un strict régime de contrôle change et d’étendre les politiques d’harmonisation fiscale et de convergence économique qu’ils mènent au sein de l’UEMOA et de la CEMAC à l’ensemble des pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’organisation mandatée par l’Union Africaine (UA) pour coordonner les politiques d’intégration dans la sous-région.

*Sanou Mbaye, économiste, ancien fonctionnaire international, auteur de l’Afrique au secours de l’Afrique, à paraitre en janvier 2009 aux Editions de l’Atelier.

Auteur: Sanou Mbaye    

Lu dans Seneweb news                                                  

dimanche 26 octobre 2008

Déclaration toxique

Monsieur Laurent Gbagbo, président de la république ivoirienne, dans une sortie comme il en a le secret, a déclaré à l'endroit des victimes des déchets toxiques qu'être victimes de ce crime commit sous son régime n'était pas un métier. Par conséquent, ces derniers devraient arrêter de réclamer de l'argent à l'Etat. Pourquoi alors avoir signé avec Trafigurat un accord de 100 milliards de FCFA -somme d'ailleurs insuffisante par rapport au préjudice subit par la Côte d'ivoire et  les victimes -pour les dédommager?

jeudi 23 octobre 2008

Gbagbo a-t-il le pouvoir?

Lorsqu'on aborde la question du bilan de Gbagbo Laurent, ses partisans n'ont qu' un refrain à la bouche: "en période de guerre on ne peut pas appliquer son programme ou Gbagbo n'a pas tout le pouvoir car il a un gouvernement n'zassa (hétéroclite)".
Simple raccourci ou mauvaise foie?
Pourtant Gbagbo Laurent, en tant que Président de la république, signe les décrets, prend des ordonnances - la dernière ordonnance signée de lui est relative à la filière café-cacao -, nomme aux hautes fonctions militaires et civiles.
Pourtant, pendant cette guerre, il a pu entamer la réalisation de son programme concernant le transfert de la capitale à Yamoussokro (construction de l'hôtel des députés, début du chantier de construction de la présidence de la république).
Mise en oeuvre du projet "d'école gratuite" qui n'est rien d'autre qu'une arnaque politique car tous ceux qui ont des enfants scolarisés savent très bien que de la maternelle à la terminale l'école a un coût que les parents ont du mal à supporter. Il ne suffit pas de distribuer deux livres et quelques cahiers au primaire pour que l'école soit gratuite.
De plus 95% de l'économie ivoirienne se trouve dans la zone gouvernementale. Au cour de cette crise le budget de la Côte d'Ivoire n'a fait que progresser. Qu'a-t-on fait de tout cet argent?
Alors je demande aux partisans de Gbagbo Laurent de sortir de leur rêve, de bien se laver la figure et ils verront la réalité en face; ils verront ce que la Côte d'Ivoire est devenue, un navire sans capitaine. Ils sauront qu'on ne gouverne pas un pays à coup de slogans, qu'on n'insulte pas le peuple qui vous a mis au pouvoir. Mes chers amis, sortez du monde virtuel pour entrer de plein pied dans le monde réel.

mardi 21 octobre 2008

La Côte d'Ivoire réclame 370 milliards de francs CFA aux accusés des déchets toxiques

L'État de Côte d'Ivoire, par le biais de son avocat, Me Kossougro Sery, a réclamé devant la cour d'assise d'Abidjan, le paiement de 370 milliards de FCFA par les acteurs du déversement des déchets toxiques en août 2006 dans la capitale économique ivoirienne, a constaté APA. «Les préjudices causés à l'État sont énormes. C'est pourquoi nous demandons la condamnation solidaire des accusés pour tout le tort et les dégâts causés à l'État» a déclaré Me Kossougro. L'avocat de l'État ivoirien se prononçait au premier jour des réquisitoires et des plaidoiries dans le cadre du procès des déchets toxiques ouvert le 29 septembre dernier. Ces préjudices, a-t-il poursuivi, «sont énormes et ce que nous demandons prend en compte les préjudices subis au plan politique, économique, social et surtout environnemental ». Cette première journée des réquisitoires et des plaidoiries a été consacrée aux avocats de l'État de Côte d'Ivoire et à ceux de la partie civile. Mardi, la cours d'assises écoutera l'avocat général Me Damou Kouyaté et ceux de la défense plaideront le mercredi. Neuf accusés, des témoins et des experts ont été entendus pendant plus de deux semaines par la cour d'assises présidée par le magistrat Marthurin N'dri. En août 2006, près de 500 tonnes de déchets toxiques ont été déversées à ciel ouvert en plusieurs endroits du district d'Abidjan, tuant officiellement 17 personnes et intoxiquant plusieurs milliers d'autres. En février 2007, l'État ivoirien et la multinationale Trafigura ont conclu un protocole d'accord à l'amiable ayant permis à Trafigura de verser 100 milliards de FCFA à l'État contre l'abandon de toute poursuite judiciaire.
Lu dans jeuneafrique.com ( Source APANEWS)

La Côte d'Ivoire, à travers ce que son avocat réclame aux accusés , donne l'impression de regretter d' avoir signé à la hâte cet accord de 100 milliards de francs CFA avec Trafigura. Somme dérisoire par rapport au préjudice subit par l'Etat (conséquence sur l'environnement, les nombreuses victimes de ces déchets dont on ignore les effets à long terme).
Sérieusement, est-ce que les responsables de la petite entreprise Tommy et les fonctionnaires qui sont accusés ont les moyens financiers d'honorer une telle somme. Alors que l'Etat n'a réclamé à la multinationale qu'est Trafigura qu'une petite centaine de milliards de francs CFA. Allez y comprendre quelque chose. Nous sommes devant un Etat totalement illogique.

Holà à l’impunité

Des individus arrivés en voitures banalisées et qui saccagent en plein Plateau en un jour ouvrable deux centres de collecte et d’enrôlement tabassant au passage des Ivoiriens venus se faire enrôler avant de s’en aller tranquillement avec deux valises de la Sagem ainsi que des biens numéraires volés aux personnes présentes au moment des faits. Il n’y a qu’en Côte d’Ivoire qu’on peut voir pareille chose. Qui sont ces individus que les forces de Défense et de Sécurité (FDS) n’ont pu intercepter dans une zone située à quelques encablures de la présidence de la République, siège du pouvoir d’Abidjan ? Des extra-terrestres, des fantômes ? C’est à désespérer de l’Etat de Côte d’Ivoire qui donne l’impression d’avoir abdiqué sinon de s’être déculotté devant certaines forces para-militaires ou syndicales. Nul n’est au dessus de la loi, fussent-ils des membres d’une fédération estudiantine. L’impunité doit ici et maintenant prendre fin si la Côte d’Ivoire veut retrouver rapidement sa stabilité pour être un Etat de droit et de justice. Si l’on reste sans réaction devant de tels actes de banditisme notoire, il ne faut pas s’étonner que cela prospère et fasse école. D’autres Ivoiriens ou groupements politiques pourraient s’en inspirer et troubler le processus électoral sans crainte. Il faut mettre le holà. Et que tous les activistes de tout bord se le tiennent pour dit, car le désordre est le fils du chaos.

Raymond N’Cho   (Source Soir Info)


lundi 20 octobre 2008

Processus d’identification : DES CENTRES DE COLLECTES ATTAQUES, DU MATERIEL EMPORTE

Plusieurs individus, à bord de quatre taxis et d’une Mercedes grise, immatriculée 4060 ET 01, armés de pistolets, selon des témoins, ont attaqué ce lundi après-midi, les centres de collecte du Collège moderne et de la Chambre de commerce, au Plateau.  


Si au Collège moderne,  ils n’ont emporté que la valise Sagem,  à la Chambre de commerce, le spectacle est triste. Portes fracturées, plusieurs objets volés et des agents battus à coups de fil électrique. Selon M. Koffi Alphonse, vice-président  de la Commission électorale indépendante (Cei), du département de Cocody-Plateau-Bingerville, cinq portables, un ordinateur INS (Institu national de la statistique), une valise Sagem l’opérateur chargé de l’identification), 80.000 F CFA, une chaîne en or et une paire de chaussures ont été emportés. Et même des archives de l’établissement. 


Mme Adiatou Salimata, directrice de l’école de la Chambre de commerce,  qui dit craindre pour la sécurité de ses étudiants, souhaite la délocalisation de ce centre. «Je compte me référer à ma hiérarchie pour que ce centre de collecte soit enlevé d’ici. Parce qu’il y va de la sécurité de mes étudiants», confie-t-elle. Avant d’ajouter que ces individus ne sont  pas à leur première tentative. «Déjà la semaine dernière, ils étaient venus par deux fois et s’étaient pris aux agents sans grand dommage», a-t-elle révélé.


M. Koffi Alphonse souhaite, quant à lui, la sécurisation de tous les centres d’enrôlement afin d’éviter de telles situations à l’avenir.


 ZEPHIRIN DAHI (Stagiaire)

Source Fraternité Matin


Je vous avais dit qu'il y a des leaders politiques qui n'ont pas intérêt à ce que l'élection présidentielle se tienne car ils sont convaincus de leur défaite dans les conditions actuelles du processus électoral. Ils useront de tous les moyens pour essayer d'empêcher cette élection dans le seul but de disqualifier la CEI afin qu'elle soit organisée à leur convenance.

Qu'attendent les autorités pour sécuriser tous les sites d'enrôlement? Des morts?

vendredi 17 octobre 2008

Le FPI accuse le RDR

Hier, au cours du "journal afrique" de TV5, j'ai écouté le secrétaire national aux élections du FPI, à la sortie d'une rencontre avec le premier ministre de Côte d'Ivoire avec les partis politiques pour les rassurer sur la transparence du processus d'identification, accuser une fois encore le RDR d'enrôler des étrangers et que ce partir a choisi de soutenir les étrangers au détriment des ivoiriens.
Si Sokouri Bohui se sent incapable d'assumer la charge que son parti lui a confié qu'il cesse de prendre les étrangers comme bouc émissaire. Nous sommes fatigués de cette rhétorique.
Il y a un adage chez nous qui dit que "c'est voleur qui connaît son ami voleur". 
Et si c'était une manière pour le FPI de préparer l'opinion nationale et internationale à une violente contestation des résultats de l'élection présidentielle en cas de défaite de son candidat. Je n'ose y croire.

Nouvelle date de l'élection présidentielle



Tous les acteurs politiques ivoiriens sont unanimes que la date de l'élection présidentielle n'est plus tenable. Il faut donc fixer une nouvelle date. Mais quelle date choisir?
Le président de la CEI, après une rencontre avec le médiateur de la crise ivoirienne, le Président Blaise COMPAORE du Burkina-Faso, avait déclaré que la nouvelle date de l'élection présidentielle tiendra compte de la progression de l'identification en cour.
Sur le terrain, l'enrôlement est miné par de nombreux problèmes:
  1. Lenteur de la procédure d'enregistrement;
  2. Suspicion de fraudes;
  3. Saccage de centres d'enrôlement par des éléments de la FESCI;
  4. Grève pour absence de salaire des agents d'enrôlement;
  5. L'identification n'a pas encore débuté dans certaines villes;
  6. Certains leaders politiques ne souhaitent pas cette élection.
Conséquence, nous sommes encore loin de la fin de ce processus. Alors à quelle date fixer de manière définitive la nouvelle date de  l'élection?

Pour que la nouvelle date soit immuable et permette l'organisation de la présidentielle dans la sérénité et se donner le temps de traiter toutes les réclamations inévitables après le processus d'identification, je pense qu'il faut se donner encore six mois, c'est à dire fin mars 2009 si les leaders politiques sont réellement déterminés à ce que l'élection présidentielle se tienne.