Le rôle des policiers selon Gbagbo Laurent

Vous êtes des policiers, vous n’êtes pas des juges... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Vos ennemis, ce sont tous ceux qui sont contre la République.Tous ceux qui veulent installer la chienlit, le désordre. Tous ceux qui veulent troubler les élections. Battez-vous contre le désordre, contre la chienlit… Ne réfléchissez pas, ce sont les juges qui réfléchissent. Vous êtes des combattants du respect de l’ordre public. S’il y a des dégâts, les juges rétabliront tout. La République se construit avec les Forces de l’ordre, avec les forces de combat… Moi, j’ai les bras de la République. Quand le moment arrive pour que je lance mes bras, je les lance.
Matez tous ceux qui sèment le désordre et après on réfléchira … Matez, matez, tous ceux qui sont contre la République... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Votre rôle n’est pas de réfléchir comme les juges. Ce sont les commissaires qui réfléchissent à votre place… Vous, votre rôle, c’est de mater, de mater…Le policier ne doit pas réfléchir… Il doit taper et s’il y a des erreurs, s’il y a des problèmes nous allons arranger…

Gbagbo Laurent, Chef de l'Etat ivoirien, à l'occasion de l'installation de la CRS 3 à Divo le vendredi 27 Août 2010


lundi 23 février 2009

Fin de la grève des médecins ivoiriens, une "trêve" accordée au gouvernement


ABIDJAN - Les médecins ivoiriens ont mis fin samedi à leur mouvement de grève déclenché mercredi pour obtenir une revalorisation salariale, affirmant accorder une "trêve" d`une semaine au gouvernement.

"Nous avons repris le travail aujourd`hui (samedi). Nous donnons sept jours au gouvernement pour réagir", a déclaré à l`AFP le secrétaire général du syndicat national des cadres supérieurs de la santé de Côte d`Ivoire (Synacass-ci), le docteur Ernest Atté Boka.
"Le gouvernement a quitté la table de négociations. C`est pourquoi, pour montrer encore notre bonne foi, nous leur accordons cette trêve", a ajouté le Dr Boka, dont le syndicat exige notamment l`application des mesures concernant l`augmentation de leurs salaires.
Un médecin ivoirien gagne environ 350.000 francs CFA (533 euros) brut par mois. Le Synacass-ci réclame une hausse mensuelle de 205.000 FCFA (312 euros), selon le décret signé en mai 2008 et dont l`application devrait avoir débuté fin janvier.
Le ministre de la Santé, Rémi Allah Kouadio, avait qualifié mardi soir la grève "d`illégale" et appelé les grévistes à surseoir à leur mouvement et à continuer les négociations.

Engagée dans un processus de paix depuis 2002 après le coup d`Etat manqué de l`ancienne rébellion des Forces nouvelles (FN), la Côte d`Ivoire est secouée ces derniers mois par plusieurs grèves dans les domaines de l`éducation, de la santé et de la justice.

Source AFP

samedi 21 février 2009

Accident sur le VGE - Un véhicule de commandement militaire du cortège présidentiel prend feu: 1 mort


Vendredi 20 février 2009. Abidjan. Grand carrefour de Marcory sur le boulevard Valéry Giscard d`Estaing. Un command car de l`escorte présidentielle explose, faisant un mort et un blessé parmi les civils

Abidjan.net - 20 février 2009

vendredi 20 février 2009

Grève des médecins : La situation s`aggrave, les hôpitaux se vident


Jeudi 19 février 2009, deuxième jour de grève dans les établissements sanitaires publics. Le ton se durcit et les hôpitaux, notamment les trois centres hospitaliers, se vident petit à petit. La non application d`un décret signé en mai 2007 sur la revalorisation salariale des cadres supérieurs et des personnels des emplois techniques de la santé explique la présente grève dans les hôpitaux. Décret dont les médecins et techniciens de santé réclament " l'application pure et simple ", dixit Atté Boka Ernest, secrétaire général du Synacass-ci. Bien que le ministre de la Santé, Allah Kouadio Remi, ait appelé à la reprise, le mouvement se poursuit avec un service très minimum.
11 h, nous sommes au CHU de Cocody. Dame M. Solange est venue chercher sa sœur hospitalisée depuis le lundi dernier. Non satisfaite de la prestation dont elle fait l'objet en rapport avec la grève lancée par les médecins et techniciens de santé, elle a décidé de l'emmener ailleurs, dans une clinique. " Ce n'est pas possible ; laisser des malades sans véritable assistance, c'est indigne des hommes en blouse qui ont prêté le serment d'assister les malades. Je pense qu'Hippocrate doit être en train de se poser des questions. C'est immoral et méchant " A-t-elle dénoncé, très en colère. Les couloirs que nous avons visités la veille, où se trouvaient des parents en compagnie de certains malades, sont presque vides, les chambres aussi. Les infirmiers font ce qu'ils peuvent mais pas au-delà. L'un des infirmiers que nous approchons nous signale : " Nous faisons ce que nous pouvons. Certains médecins sont là mais observent le mot d'ordre de grève ". Pas de consultation, pas de service de radiologie et d'imagerie. 

Comparativement au premier jour de grève, la situation a pris une autre ascendance. Centre hospitalier universitaire de Treichville, le plus ancien des trois CHU. Pas de service de radio diagnostic et d'imagerie médicale. Les techniciens de santé devant assurer ce service observent scrupuleusement l'arrêt de travail. "Si le chirurgien avant une opération demande une radio, il ne l'aura pas ", avait prévenu Kadjané Amany, secrétaire général du syndicat national des techniciens en imagerie médicale lors de la conférence de presse tenue le lundi 16 février dernier annonçant l'entrée en vigueur de la grève. Au service d'urgence, seul un personnel très réduit est présent. Dans le bloc des salles d'hospitalisation, pas grand monde. Certains malades, faute d'assistance, ont dû quitter les lieux. Nous mettons le cap sur le CHU de Yopougon. La situation est alarmante, c'est le statut quo. Quelques garçons et filles de salle déambulent dans les allées des salles d'hospitalisation. L'entrée nous est interdite. Nous usons de ruse pour avoir accès à certaines salles. Seuls quelques malades sont présents. Personne n'ose parler, la situation est là en face de nous. Les malades sont sans assistance. Nous quittons très rapidement les lieux pour nous diriger vers les centres de santé communautaire où, dit-on, "il y a une grande affluence de malades". Ces centres communautaires construits dans les quartiers dortoirs ont cette particularité de recevoir plus de patients et de malades que les grands centres hospitaliers. Dans la plupart des cas, c'est quand la situation est alarmante qu'on court vers le CHU. Mais situation oblige, "On n'a pas le choix", nous rétorque un malade au contre communautaire d'Aboboté. Dans bien de centres, les infirmiers sont au premier plan.

Jean Prisca (Le Repère)

Dans la quasi totalité des hôpitaux de l'intérieur du pays la grève a été largement suivie. Les services d'imagerie médicale, de laboratoire sont restés fermer. Pour les cadres supérieurs de la santé qui sont astreints au service minimum; le service a été très minimum.

Durant ces trois jours de grève d'avertissement, le gouvernement n'a pas jugé utile de continuer les négations avec les syndicats signataires du mot d'ordre de grève, montrant ainsi son peu de considération et son mépris pour les professions du secteur médical et que la santé des populations ivoiriennes est aux antipodes de ses préoccupations. Malgré cette attitude irresponsable du gouvernement ivoirien, les syndicats signataires des préavis ont décidé de suspendre la grève pour une semaine en espérant que le gouvernement aura pris conscience de la déterminations des personnels de santé pour enfin engager de vrai négociation entre responsables auquel cas la grève reprendra à partir du 02 mars 2009.C'est la décision prise lors du meeting tenu ce matin sur le parking du CHU de Cocody.

jeudi 12 février 2009

Corruption: quand tu nous tiens

La corruption est devenue un phénomène incontournable en Côte d'Ivoire. Il a investi tous les secteurs de l'administration ivoirienne; la douane, l'impôt, le trésor, les forces de sécurité, le système sanitaire, la justice, l'école, l'université, l'administration en général et même la présidence avec l'affaire des 65 millions qui n'est que la face visible de l'iceberg.

La société ivoirienne est totalement gangrenée par la corruption et le racket. Ces deux phénomènes ont atteint des niveaux inimaginables depuis l'avènement des refondateurs. Certes avant eux ces phénomènes existaient, mais à un moindre  niveau ; c'est la raison pour laquelle, par rapport au discours que tenait leur leader Laurent Gbagbo, le Chef de l'Etat actuel, les ivoiriens les ont porté au pouvoir au prix de leur vie pour mettre fin à ces pratiques iniques où du moins les réduire à leur plus simple expression. Il est pratiquement impossible d'avoir un document administratif sans sortir de l'argent. Tous les concours d'accès à la fonction publique sont payant à des sommes qui parfois vous donne le tournis (on parle de 2 à 3 millions pour les concours de commissaires de police et de cycle supérieur de l'Ecole Normale d'administration) dans un pays où la grande majorité de la population a du mal à s'offrir un repas décent par jour. Toutes les affectations et mutations de fonctionnaires sont payantes car dans l'administration ivoirienne certains postes, certaines villes sont considérés comme juteux. Dans le langage ivoirien cela veut dire qu'on peut se faire de l'argent "vite vite", donc tous s'y intéressent, ce qui fait monter les enchères. Dans les régies financières relevant du ministère de l'économie et des finances, les agents, pour dit on les dissuader de la corruption, ont des indemnités trimestrielles très conséquentes qui font pâlir les autres fonctionnaires. Pourtant cette administration financière est un haut lieu de corruption. Les opérateurs économiques en savent quelque chose.

Autre phénomène qui gangrène la société ivoirienne le racket des responsables de la FESCI et des leaders de la galaxie patriotique. Ce n'est un secret pour personne que les dirigeants de la FESCI vivent du racketage des étudiants. Pendant l'inscription à l'université, les dirigeants de cette organisation estudiantine vendent les fiches d'inscription en complicité avec la scolarité; ils ont un pourcentage sur la bourse de leurs camarades étudiants; ils perçoivent des taxes sur toues les activités commerciales au sein du campus; ils sous louent chambres des résidences universitaires et bien d'autres choses encore. Pour vous en convaincre, allez jeter un coup d'oeil au parking du siège de la FESCI au campus de Cocody. L'université ivoirienne est sous tutelle de la FESCI qui a des pratiques mafieuses. Le pouvoir reste impuissant ou complice de cette situation. Pour mémoire la FESCI a été créée en 1990 par le FPI de Gbagbo Laurent dans la fièvre de la lutte pour l'instauration de la démocratie en Côte d'Ivoire. Les leaders de la galaxie patriotique, qui pour la plupart sont issus de la FESCI se sont spécialisés dans le racketage des opérateurs économiques  pour organiser leurs activités ou tout simplement pour leur "argent de poche".

La corruption et le racket comme un cancer à un stade de métastases, se sont  infiltrés dans tous les rouages de la société ivoirienne....jusqu'au sommet de l'Etat.

Ainsi va la très démocratique Côte d'Ivoire du plus démocrate des Présidents.

Affaire 65 millions de Mtn : 5 ans de prison... pour Mme Gomé et sa complice • Le juge s’est montré plus sévère que le Parquet qui avait requis 1 an

Le tribunal des flagrants délit est allé au delà des douze mois d’emprisonnement requis par le procureur de la République, contre la principale inculpée. Cinq années d’emprisonnement ferme assorties d’une amende de 300.000 F, de dix ans de privation des droits civiques et d’une interdiction de paraître et de séjour pendant cinq ans ! Telle est la peine infligée hier sur le coup de 14 h, par le tribunal des flagrants délits d’Abidjan à Mmes Gomé Gnohité née Bléhon Emilienne, secrétaire particulière du Président de la République et Umviga épse Metté Elise. Si la première a été déclarée coupable d’escroquerie, la seconde a été sa complice dans la commission du délit. Le tribunal qui a fait droit à la requête du Président de la République a aussi condamné les deux femmes à lui payer chacune à titre de dédommagement, le franc symbolique.

Source Fraternité Matin.


Ce verdict est exemplaire et dissuasif. C'est un signal fort donné par la présidence à travers la justice pour tous ceux de l'entourage du Chef de l'Etat qui sont coutumiers de ces pratiques. Nous remercions Le Président Gbagbo pour cet acte qui l'honore et l'encourageons de se débarrasser de toues les brebis galeuses qui rodent autour de lui. Nous l'exhortons également à poursuivre avec détermination l'opération main propre pour qu'enfin on retrouve une administration digne et efficace. A notre sens le dossier auquel il doit s'attaquer dans l'urgence est celui des concours d'accès à la fonction publique pour rétablir l'égalité des chances pour tous les ivoiriens.

mercredi 11 février 2009

Suite de l'affaire des 65 millions : le procès


  Douze mois de prison ferme et 300 mille francs FCFA d’amende pour Mme Bléhon Emilienne épouse Gomé Gnohité, 58 ans, mère de quatre enfants. C’est la sanction que le procureur de la République Diakité Mamadou a demandée hier au président du tribunal, Yapi Tobo Clément d’infliger à l’ex-secrétaire particulière du chef de l’Etat, poursuivie pour le délit d’escroquerie portant sur la somme de 65. 542.610 FCFA au préjudice de la société de téléphonie cellulaire MTN. En revanche, le procureur Diakité Mamadou a requis la relaxe, pour délit non établi, de Mme Wendégué épouse Mété Elise, 40 ans, mère de quatre enfants, précédemment interprête à la présidence de la République et poursuivie également pour escroquerie.

Le président du tribunal Yapi Tobo Clément a décidé de reporter le procès à cet après-midi à 14h pour rendre le verdict de ce procès qui a fait déplacer de nombreuses personnes, pour la plupart des parents et amis de l’ex-secrétaire du président Laurent Gbagbo, au Palais de justice d’Abidjan-Plateau.

Dès l’entame du procès, l’un des trois avocats de Mme Gomé a soulevé une exception pour cause d’irrégularité de la procédure. Car, selon l’avocat de la défense, Mme Gomé a été arrêtée le 3 février dernier puis déférée et placée sous mandat de dépôt pour être transférée de façon expéditive le 4 février à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). D’où, selon cet avocat, la nullité de l’audience d’hier. Aussitôt, le procureur Diakité Mamadou a battu en brèche ces arguments qui relèvent d’une audience de confirmation de mandat de dépôt. En conséquence, selon lui, le procès peut avoir lieu car le délai de 15 jours pour sa tenue n’a pas encore expiré. Le président Yapi Tobo Clément a tranché en joignant l’exception soulevée par la défense au fond de l’affaire au cours du procès.

Constante dans ses déclarations depuis son interrogatoire à la brigade de recherche de la gendarmerie d’Abidjan-Plateau, Mme Mété Elise a déclaré hier, à la barre, qu’elle ne se reconnaît pas dans les faits d’escroquerie. Elle a plutôt accablé Mme Gomé Gnohité d’être à la base des faits. “Je suis rwandaise d’origine comme M. MPoré, le DG de MTN, que je connais depuis l’Institut supérieur de commerce de Kinshassa où nous avons fréquenté ensemble. J’ai la nationalité ivoirienne après m’être mariée à un Ivoirien, et M. MPoré est de nationalité canadienne. C’est lui qui m’a dit qu’il voulait présenter le trophée que son entreprise a eu au président de la République dont je suis l’interprête. J’ai dit cela à Mme Gomé qui est sa secrétaire particulière et ma sœur d’église des Assemblées de Dieu de Cocody. C’est Mme Gomé qui, après avoir accepté de nous aider à rencontrer le chef de l’Etat m’a dit que tous les DG qui viennent voir le président ne viennent par les mains vides. Mieux, elle a dit que le DG de MTN peut faire un don d’ambulance et entreprendre la réfection du dispensaire du village où il y a eu une intoxication alimentaire à Bongouanou”, a déclaré d’emblée Mme Mété Elise.

C’est ainsi qu’elle a informé le DG de MTN courant novembre 2008. Ce dernier a donné rendez-vous à Mmes Gomé et Mété dans un restaurant à Cocody. A ce rendez-vous, à en croire Mme Mété, le DG de MTN a indiqué que pour justifier les sorties d’argent dans son entreprise, il fallait une lettre de la présidence de la République et le devis des travaux à effectuer. Ce qui a été fait quelques jours plus tard par l’ex-collaboratrice directe du Président Gbagbo. “Sur le courrier, j’ai mis l’entête de la présidence de la République et c’est moi qui ai signé le courrier. Je l’ai fait sous l’inspiration du DG de MTN puisque c’était pour faire un don à mon patron, je n’ai pas trouvé de problème”, a reconnu à la barre, Mme Gomé. Elle a ajouté avoir fait parvenir le courrier au DG de MTN peu après sa rencontre par le biais de Mme Mété, en mentionnant le nom de son entreprise de construction immobilière Emika Entreprise comme société-écran pour accueillir les fonds.
“Est-ce vous Mme Gnohité qui avez fait ce courrier dont la teneur suit : objet : remerciement. Nous vous remercions d’avoir bien voulu apporter votre soutien au chef de l’Etat. A cet effet, nous vous recommandons la société Emika entreprise”, a questionné le procureur Diakité Mamadou. “La société Emika m’appartient. Son siège est… à mon domicile”, s’est justifiée l’ex-secrétaire du président Gbagbo. Tout en reconnaissant les faits, Mme Gomé a soutenu que c’est Mme Mété qui la recommandée au DG de MTN. Mais, cette dame a rejeté ces accusations au motif qu’elle ne connaît pas les besoins de la présidence. Mieux, elle a relevé qu’elle est allée remettre le courrier à M. MPoré qui lui a remis un chèque de 65 millions FCFA endossé le même jour par Mme Gomé.

Mais, le rendez-vous pris le 17 décembre 2008 pour l’audience avec le président Laurent Gbagbo n’aura pas lieu. “Lorsque Mme Nathalie Niang, la directrice des ressources humaines de MTN, nous a dit cela le jour du rendez-vous, après avoir reçu un coup de fil de la présidence, le DG et moi nous nous sommes rendus au Palais. Mme Gomé nous a dit que le président ne pourra plus nous recevoir car il était fatigué et M. Koné Boubacar, le directeur du protocole d’Etat toujours au téléphone a dit que l’audience aura lieu après les fêtes de fin d’année. J’ai tenté de rencontrer le chef de l’Etat. Mais, Mme Gomé m’a bloquée et m’a dit que le Président va me rappeler. Elle m’a également empêchée de rencontrer le chef de cabinet, M. Kuyo Téa Narcisse à qui j’ai fait deux SMS pour l’informer de la situation”, a révélé Mme Mété. Pis, Mme Gomé n’a pas remis les 65 millions FCFA le jour de l’audience manquée contrairement à ce que souhaitait le DG de MTN.
Les propos de Mme Mété ont été corroborés hier au procès par le procureur Diakité Mamadou qui s’est indigné du fait que Mme Gomé ne puisse pas dire le motif inscrit sur le programme de l’audience que le président de la République avait auparavant accordée au patron de la société de téléphonie cellulaire. “Monsieur le Président, outre les déclarations à l’enquête préliminaire, nous avons fait aussi nos investigations. Ce matin (NDLR : hier mardi 10 février 2009), nous avons joint M. Kuyo Téa, chef de cabinet qui a confirmé avoir reçu les deux SMS de Mme Mété. Après avoir touché le chèque de MTN, le même jour de la réception, Mme Gomé a vidé le compte le 4 décembre et il n’y avait pas un seul sou dans ce compte logé à la COBACI jusqu’au 3 février, jour de son arrestation. Elle a restitué 43 millions FCFA à Mme Mété et les 22 millions ont été versés lors de son déférement. Mme Gomé a fait greffer la demande de don à l’audience du DG de MTN à l’insu du chef de l’Etat. Elle a fait des courriers à dessein. Ce sont des manœuvres frauduleuses”, a rmartelé le procureur Diakité qui a requis 12 mois de prison ferme et 300 mille FCFA contre Mme Gomé pour qui les faits d’escroquerie sont établis malgré la restitution entière des 65 millions FCFA. En revanche, le parquetier a demandé la relaxe pure et simple, pour délit non établi, de Mme Mété.

Me Kouassi Murielle, avocat du président de la République a, quant à elle, demandé au tribunal de condamner Mme Gomé solidairement avec Mme Mété à des peines privatives de liberté et à un franc symbolique pour avoir sali l’honneur et la dignité du chef de l’Etat qui avait placé toute sa confiance en son ex-secrétaire depuis 9 ans.

Dans une laborieuse plaidoierie, les avocats de Mme Gomé ont demandé la relaxe de leur cliente “qui a agi par naïveté dans cette affaire en faisant confiance à Mme Mété”.
A la suite de son avocate, Me Angyeman, qui a plaidé non coupable, Mme Mété, en pleurs, a imploré la clémence du tribunal en ces termes : “Je vous demande de me relaxer car mes enfants sont seuls à la maison”.

L’avocat de la société MTN a présenté les excuses du DG, M. MPoré Aimable, qui, selon ses dires, a reçu lundi, dans l’après-midi, la convocation de la justice. “Il n’est pas là à ce procès mais je peux pas dire s’il est parti ou pas. Recevez ses excuses, Monsieur le Président”, a déclaré le conseil de MTN.


Didier Kéï (Notre Voie)

Côte d`Ivoire: le patron expulsé présente ses "excuses" à Gbagbo


Le directeur de la compagnie de téléphonie mobile, objet d`un arrêté d`expulsion pour avoir tenté de "jeter le discrédit" sur le président Gbagbo, a présenté mardi ses "excuses" au chef de l`Etat ivoirien, affirmant n`avoir "eu la moindre intention de nuire" à son image.

Accusé d`avoir fait un prétendu "don" de plus de 100.000 euros à la 
présidence ivoirienne, le directeur général de MTN-CI, Aimable Mporé, Canadien 
d`origine rwandaise, affirme n`avoir "à aucun moment, eu la moindre intention 
de nuire soit directement, soit indirectement à la réputation du chef de 
l`Etat", dans un communiqué.

L`entreprise de téléphonie mobile, filiale du groupe sud-africain MTN 
Group, affirme avoir "agi de bonne foi" dans cette affaire, même si elle 
"reconnaît que des manquements ont pu être commis" à son niveau.

"Le directeur général de MTN-CI a été victime d`une escroquerie évidente", 
précise la compagnie.

"MTN Group, MTN-CI, son directeur général et son personnel tiennent à 
présenter leurs profonds regrets et sincères excuses à SEM le président de la 
République, à monsieur le ministre de l`Intérieur (Désiré Tagro) et à 
l`ensemble des membres du gouvernement pour avoir été involontairement mêlés à 
cette affaire d`escroquerie".

Jeudi, M. Tagro avait a pris un arrêté portant expulsion de M. Mporé, lui 
reprochant notamment d`avoir "fait figurer gratuitement dans les livres 
comptables de la société MTN-Côte d`Ivoire la mention +don au chef de l`Etat+ 
correspondant à la remise de ces fonds", "alors qu`il savait que les fonds 
dont il s`est défait aussi facilement avaient été virés sur les comptes" d`une 
société "et non à la présidence de la République".

La veille, la présidence de la République avait annoncé qu`une secrétaire 
exerçant au sein des services du chef de l`Etat avait été arrêtée et radiée 
pour avoir volé plus de 65 millions FCFA (100.000 euros) à la compagnie de 
téléphonie mobile MTN-Côte d`Ivoire "en usant de sa qualité".

Le procès de l`ex-secrétaire de la présidence devrait s`ouvrir mardi
après-midi à Abidjan.

Source AFP

mardi 10 février 2009

Une secrétaire de Gbagbo Laurent escroque MTN

Une secrétaire du président ivoirien Gbagbo Laurent, épouse de Gnohité Gomé Hilaire responsable d'ONG, un des leaders de la galaxie patriotique et proche du Chef de l'Etat ivoirien,   s'est rendue coupable d'une escroquérie de plus de 65 millions de francs cfa au détriment de la société de télécomunication sud-africaine MTN. A l'éclatement de cette affaire, la présidence, avec promptitude, a radié la secrétaire escroc de l'effectif de la présidence et l'a mise à la disposition de la justice. Ce qui a été applaudi par les ivoiriens. Curieusement le DG de MTN est expulsé de la Côte d'Ivoire au motif qu'il ai mentionné ce don sous le chapitre  "don à la présidence" dans les livres comptables de la société, jettant ainsi le discrédit sur le Présendent Gbagbo. Bizarre...

Cette expulsion empêche du coup le DG de MTN de témoigner lors du procès qui va avoir lieu. C'est ainsi que les réfondateurs conçoivent la justice.

A l'analyse, la stratégie adoptée dans cette affaire par les hommes de Gbagbo Laurent est de dissuader d'autres chefs d'entreprise de mettre sur la place publique des faits similaires. En révélant cette escroquerie, le DG de MTN protestait ainsi sans doute contre le rackettage des entreprises par l'entourage du Chef de L'Etat pour financer leurs activités.

Un article, concernant cette scrabreuse affaire, paru dans le quotidien "Le Temps", journal pro-Gbagbo fait du DG de MTN le bourreau. Voici la conclusion de cet article : "Au total, alors que certains confrères tentent désespérément de présenter le Dg de MTN-Ci comme une victime expiatoire, l`analyse des faits montre clairement que les vraies victimes dans cette rocambolesque affaire d`escroquerie sont le Président de la République et MTN. M. Aimable M`Poré faisant plutôt partie des… bourreaux." 

Ainsi va la très démocratique Côte d'Ivoire sous la refondation, dirigée par le plus démocrate des Présidents.

lundi 9 février 2009

quand le gouvernement roule les personnels de santé dans la farine


Dans le cadre des négociations entamées  depuis 2003, relatives à l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail, le Syndicat National des Cadres Supérieurs de la Santé (SYNACASS-CI) a signé en août 2007 un protocole d'accord avec le gouvernement ivoirien.

Ce protocole d’accord s’est traduit par la prise d’un décret portant régime indemnitaire particulier des Cadres Supérieurs de la Santé et des personnels des emplois techniques de la santé; la prise d’un décret portant situation administrative et financière des Praticiens hospitaliers enseignants; l’octroi d’une augmentation indiciaire de 400 points en faveur des Cadres Supérieurs de la Santé et de 150 points en faveur des personnels des emplois techniques de la santé en Conseil des Ministres du 4 janvier 2008. 

Cet accord qui octroie aux cadres supérieurs de la santé un salaire plus en rapport avec leur cursus universitaire et le métier qu'ils exercent, même s'ils avaient souhaité plus, prévu pour pour prendre effet, selon le gouvernement, à compter du 1er janvier 2009 n’a jusque là connu aucun signe de mise en application. 

Face au non respect des engagements pris par le gouvernement, le SYNACASS-CI réunit en Assemblée Générale Extraordinaire le 05 février 2009 dans les jardins l’INSP d’Adjamé a décidé de taper du poing sur la table. La totalité des représentants des sections du syndicat et des intervenants a relevé l'irresponsabilité du gouvernement et son mépris des  professions de santé.

Devant ce constat, l'Assemblée Générale a décidé d'une grève à partir du 18 février 2009 pour exiger l’application immédiate de l’augmentation indiciaire (400 points) avec un rappel du mois de janvier 2009 et le versement de la totalité de la revalorisation des indemnités avec rappel du mois de janvier 2009.

samedi 31 janvier 2009

Thank you Ghana !


C’est du premier pays d’Afrique subsaharienne à avoir accédé à l’indépendance, il y a cinquante-deux ans, que nous vient la première bonne surprise de cette année 2009. Un chef d’État, John Kufuor, qui se retire sagement du pouvoir à l’issue de ses deux mandats, sans avoir jamais songé à modifier la Constitution. Deux candidats, John Atta-Mills et Nana Akufo-Addo, tous deux juristes, engagés dans une compétition acharnée mais qui soldent leurs comptes dans les urnes sous la supervision d’une commission électorale irréprochable. Un scrutin qui se joue à quarante mille voix près (sur neuf millions de votants). Un taux de participation record de 73 %. Une administration neutre. Un vaincu qui, tout en reconnaissant sa défaite, choisit de contester en partie les résultats auprès des tribunaux plutôt que dans la rue et se prépare à jouer le rôle d’opposant qui est désormais le sien. Un vainqueur qui tend aussitôt la main à son concurrent et fait tout pour rassurer les partisans de ce dernier. Ce n’est pas en Suède que se déroule ce conte de fées, mais au Ghana. Un pays au passé tourmenté, qui a connu son lot de coups d’État dont deux furent l’œuvre de Jerry John Rawlings, celui-là même dont la prise du pouvoir il y a trente ans s’accompagna de l’exécution sanglante de huit généraux et celui-là même à qui l’on accorde aujourd’hui le crédit d’avoir instauré une vraie culture démocratique parmi ses concitoyens.

 

Pour tous ceux qui, dans le monde des Blancs, estiment encore que les élections sur le continent sont par définition truquées, frauduleuses et ethnicisées, rituels politiques purement formels, luxes inutiles, bouffonneries de rois nègres et tragiques illustrations de l’incapacité pathologique des sociétés africaines à assimiler la modernité politique, bref pour tous ceux qui partagent la lettre et l’esprit d’un certain « discours de Dakar », la leçon est cinglante. Le modèle ghanéen, avec son électorat policé, son alternance banalisée, son leadership de qualité, ses partis structurés, son « marché » politique libre et concurrentiel, démontre, s’il en était besoin, que le communautarisme et le clientélisme, toujours très présents, n’empêchent ni l’expression d’un vote d’opinion ni le bon fonctionnement de la démocratie électorale. Dans ce pays où, en outre, l’économie marche plutôt bien – 6 % de taux de croissance et d’intéressantes perspectives pétrolières à partir de 2010 –, voter est un acte qui a du sens, parce que connecté à la réalité et susceptible d’avoir un impact sur la vie quotidienne.

Ce rare exercice d’afro-optimisme fera-t-il école en 2009 ? On pense à la Côte d’Ivoire voisine bien sûr, mais aussi aux prochaines échéances présidentielles au Congo, en Angola ou au Niger. On songe également aux pays du Maghreb, à qui le Ghana administre une belle leçon de maturité et d’intelligence. Au Zimbabwe, qui est un peu le contre-exemple. Point d’illusions excessives toutefois. La dévolution du pouvoir par les urnes n’est pas, on le sait, la règle absolue sur le continent. De Nouakchott à Conakry, le déblocage de situations tendues à la tête de l’État se fait encore sur le mode de la violence présentée comme une rectification nécessaire des erreurs induites par un multipartisme perverti. Paradoxe – ou régression – suprême, on a même vu en Mauritanie, et surtout en Guinée, des partis d’opposition démocratique apporter leur soutien à des officiers putschistes, comme s’ils avaient désespéré de conquérir un jour le pouvoir par le biais du fonctionnement normal des institutions, comme si la fraude et la déviance devaient éternellement faire obstacle à la tenue d’élections réellement compétitives. Quant au nord du Sahara, séparé du sud par un océan géopolitique et culturel, là où les paris sont inutiles à l’instar des courses à un seul cheval, les pouvoirs en place n’ont nul besoin de tricher, si ce n’est sur le taux de participation. C’est dire donc s’il convient de se méfier des contagions faciles. On a vu les conditions qui, mises ensemble au même moment, ont présidé au « miracle » ghanéen. Il n’est pas sûr, hélas, qu’on les trouve réunies ailleurs. Sauf à espérer que, comme en 1957, quand le pays de Nkrumah ouvrit le bal des indépendances, les autres suivent son exemple.

Jeune Afrique- Par : François Soudan  


dimanche 25 janvier 2009

Présentation des voeux de nouvel an: Gbagbo, l'historien explique la pauvreté et le phenomêne de nouveaux riches

Cela nous rassure M. le Président. Cependant, la crise perdure et les conséquences sont là, les Ivoiriens s'appauvrissent. On sent vraiment ses effets avec les déchets ménagers dans les rues. Comment faites-vous pour juguler cette crise?
Ne mélangez pas les deux choses. Il y a les déchets ménagers et la paupérisation. Il faut les séparer.
Premièrement, c'est normal qu'on devienne pauvre dans un pays en guerre. Des livres sont écrits sur la guerre, il faut les lire. La guerre rend les gens pauvres. J'écoute certains dire qu'une minorité devient riche. C'est aussi cela la guerre. Dans cette situation, il y a toujours un petit noyau qui devient riche. Parce qu'il vend ce dont on a besoin. Je disais tantôt aux religieux que certains se sont enrichis au Nigeria grâce au commerce de chiens. Ils les cherchaient à travers l'Afrique de l'Ouest. Et les vendaient au Nigeria pour se faire de l'argent. Pendant la 2è guerre mondiale, en France, certains se sont enrichis grâce au commerce avec l'Allemagne. La guerre crée un petit groupe de nouveaux riches. Le plus grand nombre s'appauvrit. Le tout est d'en savoir la proportion. Toutefois, je ne connais pas un pays au monde où tous les habitants ont le même niveau de richesse. Tous les traités d'économie ont été écrits parce qu'il y a des riches et des pauvres. Un essai a même été intitulé, la pauvreté, richesse des nations. Ce sont les riches qui ont les moyens pour capitaliser, accroître leur richesse et les pauvres sont des employés. Mais le problème pour un gouvernement, c'est de faire en sorte que ceux qui sont les moins nantis aient droit au minimum vital; qu'ils aient les moyens d'avoir accès à l'école, aux soins de santé, au travail. Et que leurs enfants puissent rêver aussi à un avenir prometteur. Comme nous. Enfant de pauvre. Sinon, nous ne serions pas arrivé à ce stade. C'est cela la politique d'un Etat. Il ne s'agit donc pas de supprimer les riches. Aucun pays ne l'a fait. Vous avez vu les résultats des pays qui ont tenté de les supprimer. Ils se sont écroulés.
Qu'est-ce qu'on fait alors?
C'est pourquoi, nous avons lancé la politique de l'école gratuite, l'assurance maladie universelle, pour que tous ceux qui habitent en Côte d'Ivoire aient accès à un médecin si leur état de santé l'exige. C'est pourquoi, nous avons lancé la décentralisation pour que dans chaque région, les gens puissent jouir de ce dont ils ont besoin. D'où également la politique d'électrification et d'adduction d'eau. Or cette politique a été freinée par la guerre. C'est pourquoi, il faut vite y mettre fin. Je voudrais insister sur le fait qu'il ne faut pas rêver en pensant qu'il y a des pays où il n'y a pas de pauvres.
Il y a des pauvres et des riches certes, mais le problème c'est que les Ivoiriens se demandent comment ces nouveaux riches ont fait pour acquérir des biens alors que le peuple s'appauvrit. Vous qui avez décidé, en homme de gauche, de combattre ces enrichissements illicites, les détournements d'argent. Où en êtes-vous avec ce combat?
On continue. Vous êtes Ivoiriens, journalistes, vous observez. On ne combat pas l'enrichissement. Je ne le ferai jamais. Ceux qui peuvent devenir riches par leur travail, qu'ils le fassent.
Cependant, on combat l'enrichissement frauduleux. Je ne peux pas, sous prétexte de ce combat, aller arrêter des justes et les jeter en prison. Mais quand dans un secteur, ou un domaine donné, on me montre des preuves qu'il y a des malversations, je saisis le tribunal, le procureur, qui lance une procédure. C'est cela mon rôle.
C'est ce que vous avez fait dans la filière café-cacao. Mais des proches de ceux qui sont en prison disent que ces responsables ont largement contribué à l'effort de paix en achetant des armes pour l'Etat, et qu'ils sont aujourd'hui mal récompensés. Qu'en dites-vous?
Je n'en dis rien. Puisque c'est une affaire qui est devant la justice. Ce n'est pas mon rôle de commenter les affaires qui sont en cours. Sur ce point, je voudrais vous dire que les producteurs ont effectivement donné 10 milliards pour l'achat des armes et nous les avons effectivement achetées. Mais cela n'est pas une assurance contre ce qui va suivre. Il faut qu'on soit clair. Au niveau d'un Etat, on ne s'assure pas pour pouvoir voler. Je ne dis pas qu'ils ont volé. Il ne me revient pas de le dire. C'est le tribunal qui y est habilité.
S'il est vrai que les proches des responsables le disent, c'est qu'ils ont tort. Si la filière café-cacao a donné 10 milliards de francs pour l'achat des armes, cela est inscrit dans les livres. Il faut que toutes les dépenses de l'Etat soient tracées. Cette dépense l'est donc. Ce n'est pas ce qu'on leur reproche. Ce que les juges qui les ont mis aux arrêts leur reprochent, c'est certainement autre chose que nous attendons de voir.
M. le Président, êtes-vous en train de dire que ces personnes ont été incarcérées parce qu'elles ont détourné de l'argent?
Non. Je dis qu'on m'a signalé des cas de détournement. J'ai demandé au procureur de la République de faire un rapport. Et s'il pense qu'il y a des raisons de poursuites, qu'il le fasse.
Vos adversaires disent que ce combat est restrictif dans ce pays, qu'il y a d'autres qui sont en liberté. Pouvez-nous dire s'il y a des gens qui, aujourd'hui, se livrent à ce genre de chose? Et le jour où vous aurez les preuves, iront-ils en prison?
Le combat est forcément restrictif. Ce que je reproche à mes prédécesseurs, c'est de ne l'avoir pas mené. S'ils l'avaient fait, on serait bien loin. Je le commence, il faut qu'ils m'applaudissent au moins. Pour qu'ils jurent qu'un jour si, par hasard, ils reviennent au pouvoir, ils continueront mon œuvre.
Forcément, il y a des gens qui ont volé et qui sont en liberté. On ne peut pas arrêter des personnes sur la base des soupçons. Le Chef de l'Etat saisit la justice s'il a des soupçons dans un secteur donné. Les citoyens peuvent aussi le faire. Il ne faut pas que les gens attendent seulement que le Chef de l'Etat le fasse. La justice existe pour tous les citoyens qui vivent en Côte d'Ivoire.
Source le Nouveau Reveil.



Gbagbo laurent, le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire, trouve normal que les ivoiriens deviennent pauvres dans cet pays, même en crise, alors que tous les objectifs de recettes ont été atteint(impôt, douane et port); alors que l'Etat n'achète que de grosses 4x4 grandes consommatrices de caburant; alors que son budget a connu une augmentation exponenentielle ( il est d'environ 60 milliards de FCFA. Sous Bédié il était de 15 milliards et le FPI le trouvait exagéré). Ca donne à refléchir sur les compétances de ce monsieur, de surcroit socialiste, à gouverner ce pays.

Concernant le phénomêne de nouveaux riches, et vous le savez bien, la question des journaliste ne concerne pas ceux qui ont investi leur argent en prenant des risques; mais il s'agit des respnsables de l'administration et des dirigeants des entreprises publiques qui en quelques années sont devenus des milliardaires. Comme le dit les chanteurs de zouglou, on se connait en détail.

Vous affirmez: "Je ne peux pas, sous prétexte de ce combat, aller arrêter des justes et les jeter en prison. Mais quand dans un secteur, ou un domaine donné, on me montre des preuves qu'il y a des malversations, je saisis le tribunal, le procureur, qui lance une procédure. C'est cela mon rôle."

Le "on me montre des preuves", c'est qui ce on. Qui doit vous montrez des preuves. A quoi servent les inspecteurs d'Etat? Quel est le rôle de la cours des comptes. Il est existe des moyens pour contrôler l'utilisation de l'argent publique, c'est l'audit. Le budget de l'Etat ivoirien ne vous appartient pas, vous en êtes que le gestionnaire et à ce titre vous devez rendre compte de ce que vous en avez fait. Il faut que les ivoiriens apprennent à rendre compte de leur gestion. C'est ça aussi le démocratie.

vendredi 23 janvier 2009

Ivoirité: La part de vérité du Professeur Bernard Zadi Zaourou


•De l’avis de nombre d’observateurs de la vie publique, les intellectuels ivoiriens ont démissionné depuis au moins une décennie. Partagez-vous cette opinion ?
Vous dites depuis une décennie. Quand vous parlez de démission, à quel défi faites-vous allusion ? Quelle exigence ou attente nationale ?

*Il y a nombre de chantiers comme celui de l’ivoirité par exemple ! Quand le politique a fait la trouvaille, ce sont les intellectuels qui l’ont conceptualisée et qui n’ont pas su dire attention quand il le fallait. Quand le coup d’Etat est survenu, les intellectuels n’ont pas su dire non face aux dérives de la junte.Avant le coup d’Etat, il y a eu l’ivoirité que certains intellectuels ont cautionnée. Sur la question de l’ivoirité, moi j’ai toujours été sceptique quant à la manière dont ce problème est abordé pour un certain nombre de raisons. Je pense avoir une légitimité pour aborder cette question parce que j’étais le ministre de la Culture et je sais que le président Bédié avait posé ce problème d’un point de vue purement culturel. Dans le cadre de l’action gouvernementale, c’est moi qui gérais cette question. Je ne crois pas m’être surpris en train d’élaborer un concept de rejet, d’exclusion. Même de toute bonne foi, à un moment donné, le président de la République a voulu créer un haut conseil de l’ivoirité. C’est moi qui l’ai mis en garde contre ce projet. Je lui ai dit que puisque les politiciens ont récupéré ce concept, cela risquait d’être vu comme une institutionnalisation de l’ivoirité. Il m’a écouté. Le fait que les politiques se soient emparés du mot ivoirité pour l’interpréter comme un concept d’exclusion ne signifie pas forcément que ce concept a eu réellement ce contenu. Il faut être honnête. Personne ne peut me citer un texte de Bédié dans lequel il met l’accent sur l’exclusion des gens à partir de l’ivoirité. Ce n’est pas vrai. Bédié n’est même pas le père de l’ivoirité puisque c’est Niangoran Porquet qui l’a créé. C’est un concept culturel. Dans mon dernier livre, je dis que c’est une fleur du jardin senghorien. C’est Senghor qui a fait la promotion de ces mots formés à partir du suffixe « ité » comme arabité, sénégalité, francité, malgacité, africanité etc. Cela signifie l’état d’être Arabe, Sénégalais, Malgache, Ivoirien ou Africain.

•Mais n’empêche, ce concept a très vite glissé sur le terrain de l’exclusion…

*…Ce concept qui n’était que culturel et sociologique a été récupéré par les politiciens. Ils lui ont donné un contenu négatif. Cela est dû au fait que quelques ministres ont commis l’erreur de donner des interviews sur ce concept-là sur la base de concessions erronées. Je pense notamment au ministre Kouamé Faustin. Mais est-ce qu’on peut ramener le programme d’un gouvernement à l’opinion d’une ou deux personnalités ? Je dis non. Il n’y avait pas une politique d’Etat sous Bédié consacrant l’exclusion avec comme canal le concept d’ivoirité. Il y avait une cellule comme la Curdiphe où il y avait des hommes de haut niveau comme Niangoran Bouah, Saliou Touré, Jean Marie Adiaffi, Loucou Jean Noël, Niamkey Koffi…ils ont soutenu l’ivoirité mais je n’ai pas vu ces intellectuels-là, discriminer les autres Ivoiriens dans leurs discours et par rapport à l’ivoirité. Je les connais tous personnellement et, croyez-moi, ils ne sont nullement tribalistes. Je sais que bien des éléments des forces de défense et de sécurité ont eu à l’égard de nos frères du Nord des comportements inadmissibles. Personne ne peut nier cela ni cautionner cela.

•Pourquoi n’aviez-vous pas personnellement adhéré à la Curdiphe ?

*Je n’étais pas tenu d’y être. Adiaffi m’en avait parlé mais je n’ai pas été motivé particulièrement. Mais ce n’est pas lié à l’ivoirité. Evidemment, les politiciens s’en sont servis pour leur propagande, mais on ne peut pas dire que ce sont les intellectuels qui ont en fait corrompu le concept d’ivoirité pour ruiner l’image du président Bédié. Ils voulaient à tout prix la chute de son régime. Eh bien, ce régime est tombé. Mais la situation de bouse que nous vivons depuis 1999 leur donne-t-elle satisfaction ?


•Mais lorsque le concept a dévié, ces intellectuels ne sont pas revenus à la charge pour dire attention, ce n’est pas cela l’ivoirité. La Curdiphe, par exemple, n’a pas survécu au coup d’Etat de 1999 ?

*Il y a au moins un intellectuel qui a écrit un ouvrage entier, un de mes conseillers au ministère de la Culture, en l’occurrence Boa Tiémélé Ramsès. Il fait le point de la question dans un ouvrage que je vous conseille de lire. C’est un professeur de philosophie. Il montre clairement pourquoi il y a eu les dérapages. Je m’excuse, si certains croient que Bédié est le diable, je fais alors l’avocat du diable. L’ivoirité relevait de mon département. Bédié a dit que l’ivoirité était un concept d’intégration culturelle et les Ivoiriens et les autres Africains qui vivent en Côte d’Ivoire doivent travailler jusqu’à ce qu’il y ait une symbiose qui se réalise. Cette synthèse culturelle devait permettre à la Côte d’Ivoire de faire un bond en avant dans tous les domaines. Où est l’exclusion ? Je suis prêt à affronter n’importe qui sur ce sujet, sur un plateau de télévision ou ailleurs. Au ministère de la Culture, nous disions que l’ivoirité est une création de Niangoran Porquet et non de Bédié.

Interview réalisée par, Traoré M. Ahmed

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La grande démission des intellectuels ivoiriens

«Les intellectuels ivoiriens ont démissionné». C’est le constat fait par nombre d’observateurs de la vie publique de la Côte d’Ivoire. Nord-Sud Quotidien a décidé d’ouvrir le débat.

«Si les Guinéens, par leur passivité et leur démagogie coutumières, multiplient les couplets de louange et laissent passer ses excès et ses dérives, ce jeune et innocent capitaine deviendra très vite un monstre, un de plus dans un pays qui a connu Sékou Touré et Lansana Conté », cette mise en garde est celle de l’écrivain Tierno Monénembo, au lendemain du coup d’Etat qui vient de secouer son pays. C’est ce type de posture intellectuelle qui a manqué à la Côte d’Ivoire, notamment lors du coup d’Etat du général Robert Guéi en 1999. Très peu d’intellectuels et d’élites ivoiriens, en effet, ont eu le courage d’enjamber la langue de bois, de revêtir la livrée du courage pour poser, de manière honnête et responsable, les balises et prévenir des dérives inhérentes à tout pronunciamiento. Tous, en tout cas la grande majorité d’entre eux, ont opté soit pour la voie du silence complaisant soit, pour la collaboration avec la junte, en qualifiant cette prestation de service de tactique électoraliste ou de stratégie politique. La conséquence est là. Implacable. 

On a laissé l’ivoirité prospérer

Sous la houlette des plus grands intellectuels de ce pays, nous avons bâti une Constitution décriée, “digne d’un pays d’illettrés” selon le mot du Pr Zadi Zaourou et dont certaines dispositions sont devenues automatiquement caduques dès son adoption. Nous vivons, en ces jours mêmes, une crise identitaire dont la guerre n’est qu’un des avatars, qui aurait pu être évitée. Les intellectuels, flambeaux de la société, qui éclairent les consciences par leur lumière, n’ont pas su ou pas voulu identifier le péril social et sonner l’alerte avant que le crash ne se produise. Le pire a fini par arriver. Nous sommes de plain-pied dans la crise sociale, politique, identitaire, économique. En un mot comme en mille, la grande partie des intellectuels ivoiriens a totalement démissionné. Pourtant, ce n’est pas faute de tribune pour s’exprimer ou de disciples prêts à vulgariser leur parole. Les masses ivoiriennes en sont désormais réduites à considérer les intellectuels de ce pays comme des arbres gorgés de fruits, que l’on ne peut hélas, savourer. A quoi sert donc un arbre fruitier si l’on ne peut se délecter de ses fruits ? De quelle utilité est un intellectuel pour sa société si ses diplômes et sa grande connaissance des êtres et des choses ne se réduisent finalement qu’à un titre prestigieux qu’il négocie chaque mois contre un salaire ?


Quand l’ivoirité a poussé ses premiers vagissements sous le régime Bédié, il est apparu que ce sont des intellectuels qui l’avaient conceptualisé, nourri, défendu, et lui ont donné du volume et du coffre. Rassemblés au sein d’une structure créée pour la cause qu’ils ont baptisée Curdiphe (Cellule universitaire de réflexion et de diffusion des idées de Henri Konan Bédié), des universitaires ivoiriens ont fait la promotion de l’ivoirité, un concept culturel qui a été instrumentalisé pour devenir une arme politique de destruction massive. Selon Jean-Noël Loucou, universitaire de renom, «l’ivoirité est une exigence de souveraineté, d’identité, de créativité. Le peuple ivoirien doit d’abord affirmer sa souveraineté, son autorité face aux menaces de dépossession et d’assujettissement: qu’il s’agisse de l’immigration ou du pouvoir économique et politique». L’ivoirité devenait ainsi une arme pour protéger les Ivoiriens contre de prétendus envahisseurs. Dans la même optique, Niamkey Koffi, lui, a indiqué que «pour construire un “Nous”, il faut le distinguer d’un “Eux” […] Il faut parvenir à établir la discrimination NOUS/EUX d’une manière qui soit compatible avec le pluralisme des nationalités.» En termes simples, l’ivoirité doit servir de barrière, de ligne de démarcation entre des citoyens censés être autochtones et d’autres, suspectés de vouloir se fondre frauduleusement dans cette autochtonie.  

Sous la transition militaire

Le Pr Georges Niangoran-Bouah, pour sa part, définit l’ivoirité, « comme l’ensemble des données socio-historiques, géographiques et linguistiques qui permettent de dire qu’un individu est citoyen de Côte d’Ivoire ou Ivoirien. Ce terme peut aussi désigner des habitudes de vie, c’est-à-dire la manière d’être et de se comporter des habitants de Côte d’Ivoire, et enfin, il peut aussi s’agir d’un étranger qui possède les manières ivoiriennes par cohabitation ou imitation ». 


Après la conceptualisation, la promotion. Grâce à une puissante machine de propagande, une grande partie du peuple a subi un lavage de cerveau sur cette idée d’ivoirité qui devait préserver les Ivoiriens contre des étrangers cupides, envahisseurs, voleurs d’emplois, de femmes, de pouvoir, de bonheur en un mot. Et les dérapages ont commencé. L’ivoirité que Bédié indiquait n’être qu’un concept culturel, a commencé à glisser sur le terreau politique. Et a pris les traits d’une préférence nationale mal fondée. Des politiciens véreux et les forces de l’ordre, s’en sont servis comme instrument pour brimer tous ceux dont les noms ne luisaient pas dans le miroir de l’ivoirité. Aucun des intellectuels et théoriciens de l’ivoirité n’a été capable de dire que l’on allait à la dérive. Les brimades se sont amplifiées devant leur silence complice jusqu’à ce jour fatidique de Noël 1999 où la machine a été enrayée par les « jeunes gens ». Le Pdci a perdu le pouvoir et la Curdiphe a disparu comme par enchantement, emportant avec elle, son ivoirité. 

De même, lorsque les clubs de soutien poussaient comme des champignons, avec pour seul discours la promotion de l’ivoirité et ses funestes conséquences, les intellectuels proches du camp présidentiel, anesthésiés par le pouvoir, ou l’argent ou les deux, n’ont pu prendre de la hauteur pour jouer leur rôle de guide, d’objecteur de conscience. Et ce qui devait arriver arriva. Bédié a payé cash les outrances de ses intellectuels “suiveurs”.

La transition militaire en 2000, de triste mémoire, signe l’agonie des intellectuels. Le général Guéi Robert et ses “jeunes gens” sont vite pris en main par des politiciens munis de calculatrices. Ils réussiront à détourner le chef de la junte de la « mission d’assainissement de la vie publique » qu’il s’est lui-même assignée. Lors de la rédaction de la Constitution d’août 2000, les intellectuels, parqués dans des camps, n’ont pas eu le courage de relever les incongruités du texte fondateur de la Deuxième République. Par décret n°2000-13 du 21 janvier, le général Guéi Robert a mis sur pied une Commission consultative constitutionnelle et électorale (Ccce) en vue de faire le toilettage les textes fondamentaux du pays. Autour d’Ekra Mathieu, président de la Ccce, il y avait Bernard Dadié, Memel Fotê, Lamine Diabaté, Seri Gnoleba, Kotchy Barthélemy, Assoa Adou, Zadi Kessi, El Hadj Aboubacar Fofana, Mgr Paul Dakoury, Sansan Kouao, Kouamé N’Sikan… En somme, les sages du pays s’étaient retrouvés pour redresser le pays. Ils ont examiné et retouché le projet que la sous-commission constitution présidée à l’époque par le Pr Ouraga Obou, leur avait remis. Les sages trouvaient ce texte mal rédigé, incohérent et porteur de germes de conflits futurs. Hélas ! Ces gens de grande mesure ont été accusés de tripatouillage par un groupe de politiciens activistes. Pour le malheur de notre pays, ces activistes avaient de l’influence auprès de Guéi. Des Ong créées à la va-vite ont essaimé et ont commencé à empoisonner l’atmosphère autour de cette idée de tripatouillage. Selon ces gens, le texte tel qu’il était sorti de la sous-commission devait être soumis, sans aucune retouche ni amélioration, au vote populaire, quelles que soient ses faiblesses évidentes. Leur diktat a été imposé par Guéi aux Ivoiriens. Cette société civile préfabriquée a tronqué le jeu politique alors que, selon le mot du Pr Zadi Zaourou, « elle est constituée de jeunes gens qui malgré leur bonne volonté, n’ont pas le poids et la culture nécessaires » pour faire une lecture appropriée des problèmes d’intérêt national. Sous leur impulsion donc, une Constitution bancale a été servie aux Ivoiriens. On n’a pas entendu d’intellectuels emboucher la trompette de l’avertisseur, pour clamer haut et fort que le rôle d’une commission est justement de dépoussiérer les textes d’une sous-commission. 

Les intellectuels sont tous marqués

Jusqu’à ce jour, Koné Dramane, un intellectuel, continue de clamer haut et fort, contre l’évidence, que cette Constitution est bonne : « Je ne pense pas que la Constitution soit bancale. Ça aussi, c’est une crise de représentation. C’est une Constitution qui n’est pas parfaite puisqu’elle n’a pas été votée à 100%, mais elle fait quand même notre fierté. Elle est soumise aussi à l’épreuve du temps et de l’application».

A l’avènement de Laurent Gbagbo, tous les professeurs qui, à quelque moment que ce soit, ont eu à faire chemin avec lui dans sa longue marche vers le pouvoir, ont déserté l’université. Mamadou Koulibaly, Bohoun Bouabré, Boga Doudou, Lida Kouassi, Agnès Monnet, Voho Sahi, Gnaoulé Oupoh, Sery Bailly, Yao N’Dré, Koné Dramane, Hubert Oulaye …sont tous partis. Ils ont troqué la toge universitaire contre le complet veston et les amphithéâtres contre les cabinets douillets des ministères. Le revers a été immédiat pour l’université. Un déficit d’enseignants de rang A. Assistants, maîtres-assistants, maîtres de conférences, professeurs titulaires… tous ne rêvent que d’une seule chose : s’asseoir dans un bureau ministériel ou à défaut celui de directeur de cabinet, de chef de cabinet, de conseiller spécial, de chargé de mission. Tous veulent jouir du pouvoir et des privilèges, sans qu’aucun d’entre eux ne prenne le pari de poser un regard critique sur la pratique du pouvoir. La République de Côte d’Ivoire a été rebaptisée «République des professeurs». Seuls un nombre infime d’entre eux, a gardé des liens avec l’université. Et cela désole le Pr Zadi Zaourou. «Le fait que certains collègues arrivent à ces postes et se coupent complètement de l’université fragilise notre enseignement parce que, très souvent, ce sont des professeurs de haut niveau.

Quand l’intellectuel a peur…

Ils ont tort car leur métier c’est l’enseignement » regrette-t-il. En allant dans les cabinets, les professeurs se sont mis au service d’un camp ou d’une chapelle politique. Quel que soit le camp et quel que soit le parti politique. Dès lors, toutes les pensées qu’ils émettent sont faites à travers le prisme déformant de leur idéologie. Et le Pr Mamadou Koulibaly de sonner la charge: « Quand on écoute certains, on se demande même s’ils sont intellectuels. Tous sont aujourd’hui politiquement marqués et chacun réfléchit à travers le prisme de ses aspirations politiques. Souvent quand je suis face à mes collègues universitaires des autres pays, j’ai honte qu’on m’identifie comme intellectuel ivoirien. Pourtant, il y a une dizaine d’années, on était tous fiers d’être étiquetés comme intellectuels ivoiriens.”

Certains intellectuels expliquent leur disparition par la peur. Deux sortes de peur : d’abord la peur de perdre des privilèges durement acquis. Ayant accédé à de hautes fonctions dans l’administration, une grande partie des universitaires a perdu le sens de la critique. Selon un sociologue du Fpi, qui a requis l’anonymat pour des raisons évidentes, «chacun se dit : si je parle, on va m’enlever le pain de la bouche. Dès lors tout le monde se tait». Ensuite, la peur des représailles. Elle amène certains universitaires de haut vol et de grands penseurs à choisir l’option de «l’exil intérieur» et de se résigner à ne pas critiquer. L’on a ainsi vu de grands maîtres comme Barthélemy Kotchy entrer dans une forme d’hibernation intellectuelle. Cela, dit-on, pour éviter de susciter le courroux des maitres de la refondation dont il ne partageait plus les options nouvelles et l’orientation politique.

Traoré M. Ahmed
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lundi 19 janvier 2009

Application du 4eme accord complémentaire de Ouaga


 Le 4ème accord complémentaire de l'accord politique de Ouaga prévoyait pour le 15 janvier 2009 le redéploiement effectif de l'administration dans la zone sous contrôle des forces nouvelles avec le rétablissement de l'autorité de l'Etat et l'unicité des caisses. Ce qui  signifie la disparition des commandants des zones. Passer cette date, c'est toujours le statut quo. On est encore au stade des incantations. C'est à croire que Soro Guillaume, Secrétaire des forces nouvelles et à ce titre premier ministre signataire de cet accord et chargé de sa mise en oeuvre, n'a plus d'autorité sur ses hommes. Cette première étape dans l'application du 4ème accord complémentaire était l'occasion pour Soro Guillaume et ses hommes de montrer au peuple ivoirien et à la communauté internationale leur irréversible détermination à sortir de cette crise. Malheureusement, la réalité est là: Soro Guillaume et ses hommes ne sont pas du tout presser d'abandonner la poule aux oeufs d'or. Comme cette situation fait l'affaire du camp présidentiel, on continue de jouer la même scène de théâtre aux ivoiriens qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Si Soro et Gbagbo n'ont pas la compétence, la détermination et la conscience de la souffrance et de la misère des ivoiriens pour les sortir de cette crise qu'ils démissionnent car il ne doit plus avoir d'accords complémentaires à l'accord politique de Ouaga. Vous en avez suffisament signé.

Peut-être que la Côte d'Ivoire a besoin d'un MESSIE pour sa renaissance!

vendredi 9 janvier 2009

Démocratie en Afrique: l'exemple ghanéen

Des élections législative et présidentielle viennent de se dérouler au Ghana sans que le pays se déchire, sans violence et dans le respect mutuel. Ces élections, remportées par l’opposition, ont été organisée par la structure chargée des élections qui à la confiance de tous les acteurs politiques ghanéens et qui est dirigé par la même personnalité depuis environ 15 ans. Le mandat du Président John Kufor étant arrivé à son terme (au Ghana le mandat présidentiel est de 4 ans), il n’a cherché ni à tripatouiller la constitution pour se maintenir au pouvoir comme s’est souvent le cas en Afrique ni à tronquer l’élection présidentiel pour que son candidat sorte vainqueur contre la volonté du peuple. A observer la scène politique africaine où des Présidents, après des décennies au pouvoir, sont prêts à tout pour s’y maintenir, où des opposants arrivés au pouvoir par des élections démocratiques manœuvrent pour s’y maintenir, on croirait que le Ghana se trouverait sur un autre continent. 
Le Ghana est bel et bien en Afrique, en Afrique de l’ouest, à la frontière est de la Côte d’Ivoire qui naguère étaient enviée des Ghanéens.
Faut-il désespérer de l’Afrique ? Je pense que non. Le processus démocratique amorcé par la plupart des pays africains est irréversible même si dans nombre de ces pays ce processus à du plomb dans l’aile. Quelques pays, (je parlerai surtout de l’Afrique de l’ouest, région que je connais mieux), ont déjà écrit une belle histoire de leur parcours démocratique. Il s’agit du Bénin, du Mali et bien sur le Ghana dont je salut la maturité et le sens de la nation de leur classe politique ainsi que de leurs citoyens. Quant au Sénégal, j’apprécierai mieux la vigueur de leur démocratique à la fin du mandat de Aboulaye Wade.
Que les Mugabé, Bongo, Sassou N’Gesso, Paul Biya, Blaise Compaoré, Eyadema Fils, Gbagbo Laurent…… puissent se nourrir de la leçon de démocratie donnée par la classe politique ghanéenne.

dimanche 4 janvier 2009

Assalé, bienvenue au pays des zombies


Après avoir lu dans le Nouveau Reveil cette lettre de Venance Konan, j'ai décidé d'en publier une partie car elle dresse le sombre tableau de la réalité politique, économique et social de notre ex-beau pays.

Mon cher Assalé Tiémoko Antoine

Il y a un an, à quelques jours près, le tout-puissant procureur Tchimou te faisait mettre au trou pour douze mois. Il en avait le pouvoir et il l'a utilisé. Je t'avais alors écrit, à la veille de la nouvelle année, pour te demander de lui souhaiter quand même une bonne année. Je sais que tu l'as fait. Le 31 décembre 2007, il a dû boire du champagne, comme le font tous les hommes puissants de ce pays. Il n'y avait pas de raison qu'il ne le fasse pas. Il venait d'envoyer à la MACA l'impertinent Assalé Tiémoko, celui qui écrivait que notre justice était pourrie, que les concours de l'ENA s'achetaient, que notre pays allait dans le mur.
Cela dit, petit frère Antoine, je te souhaite quand même la bienvenue. Bienvenue au pays des zombies. Tu sais ce que c'est que les zombies. Ce sont des espèces de morts vivants qui n'ont plus aucune volonté et font tout ce que celui qui les contrôle veut qu`ils fassent. Zombies. C`est ce que nous qui étions en dehors des murs de la MACA sommes devenus. Franchement, nous ne sommes pas mieux que toi qui était de l'autre côté. On nous fait vivre dans les ordures et nous y restons. Sans émettre la moindre protestation. En sachant très bien que nous risquons d`avoir une grosse épidémie un de ces jours. Tu as vu dans quel état est notre belle lagune ? Notre président bien-aimé augmente chaque année ses fonds de souveraineté jusqu'à dépasser les 60 milliards, lui qui se plaignait des quinze milliards de Bédié, au temps où la Côte d'Ivoire n`était pas coupée en deux, et nous l'acclamons. Maintenant il ne se donne plus la peine de faire voter son budget par l'Assemblée nationale. Aucun député n'a protesté. Et nous trouvons cela absolument normal. Que peut dire un zombie ? Un de mes amis qui n'est pas Ivoirien m`a demandé " pourquoi personne ne proteste, pourquoi personne ne se lève pour organiser les gens ? " La réponse est simple, mon cher Jacques. Nous sommes zombifiés. Assalé, tu me diras peut-être " que fait l'opposition ? " Laisse tomber cette affaire d`opposition, petit frère. Comme j`ai beaucoup de respect pour certains membres de cette soi-disant opposition, je m'abstiens désormais de dire ce que je pense d'elle. Mais sache que du fait de la ménopause intellectuelle qui frappe cette opposition dans son ensemble, elle est totalement coresponsable des malheurs des Ivoiriens. Mais pour être totalement honnête, il n'y a pas que cette opposition qui soit coresponsable. Nous le sommes tous, nous qui nous sommes laissés zombifier par la peur, par l`argent, par la corruption, par les mensonges, par notre égoïsme, et pour dire, par notre nègrerie. Il n'y a que des nègres pour subir ce que nous subissons aussi passivement, sans réagir, pour applaudir les bourreaux, pour peu qu`ils distribuent un peu de l'argent qu'ils nous volent, pour suivre des soi-disant opposants qui ne sont que les complices objectifs de nos dictateurs.
Petit frère, tu comprends que je suis totalement écœuré et que j`ai de plus en plus honte d`être ivoirien. Mais on ne peut pas se renier. Je continue donc d`assumer ma condition d`Ivoirien et de zombie. Comme je ne suis pas encore candidat pour traverser le désert, et sauter dans une pirogue pour me retrouver à Lampedusa, je ne peux que rester dans ce pays mien et pousser de temps en temps une gueulante qui, je le sais, n`émouvra personne et ne changera rien. Mais c`est la seule façon que j'ai trouvée pour ne pas devenir fou. Petit frère Antoine, tu connais la dernière trouvaille de notre président bien-aimé dont le génie, la compétence, l`habileté, la vision, le patriotisme, le tout ce que tu veux sont reconnus dans le monde entier ? Il se bat en ce moment comme un beau diable pour que notre pays soit classé parmi les pays pauvres très endettés. Ailleurs, on se bat pour être classé parmi les meilleurs, nous, on se bat pour être parmi les derniers. Chacun mène le combat qu`il peut. Allez expliquer ensuite à nos enfants qu`il faut qu`ils travaillent bien à l`école pour être parmi les premiers. Il paraît que nous sommes sur la bonne voie pour obtenir cette place tant convoitée de pays pauvre. Il ne nous reste plus qu`à organiser des séances de prières dans nos mosquées, temples et églises pour obtenir que le pays qu`Houphouët-Boigny rêvait de voir parmi les plus développés soit désormais classé parmi les plus pauvres de la terre. Notre survie en dépend, à ce qu`on nous a dit. Et les zombies que nous sommes devenus ne trouvent rien à y redire. Nous danserons certainement le jour où l'on sera classé PPTE (pays pauvre très endetté), si l`on nous le demande. Nous avons bien dansé le jour de la signature de l`APO. Tu connais l`APO, petit frère ? C`est l'Accord Politique de Ouagadougou. On l`avait signé avant que tu n`ailles au trou. Notre président bien-aimé a dit que c'est le plus bel accord que l`esprit humain n`ait jamais imaginé, qu`il devrait être enseigné dans les écoles de sciences politiques, et que Soro Guillaume et lui, les signataires de ce bel accord, devraient se voir décernés le prix Nobel de la Paix. Si les Européens n`étaient pas, comme toujours, jaloux de ce qui se crée en Afrique, c'est l'accord politique de Ouagadougou qu'ils auraient proposé aux Israéliens et Palestiniens qui s`étripent à nouveau. Eh bien, quand cet accord a été signé, on nous a demandé de danser. Et nous avons dansé. Que pouvions-nous faire d`autre ? Madame Simone Gbagbo et Sidiki Konaté ont même dansé le " gbégbé " ensemble à Yopougon. Blé Goudé, Soro Guillaume et Wattao sont devenus, comme cela, par la magie de l`APO, les meilleurs amis du monde. Concernant Blé Goudé, quelqu'un a dit très sérieusement à la télévision qu`il est désormais le Gandhi ivoirien. Mais ça, ça n`a rien à voir avec l`APO. C`est grâce aux sanctions de l`ONU. Elles adoucissent les mœurs encore mieux que la musique. Fofié Kouakou de Korhogo qui enfermait les gens dans des containers jusqu`à ce que mort s`ensuive est devenu lui aussi plus doux qu`un agneau depuis qu'il a pris sa sanction dans les gencives. Et mon ami personnel Djué Eugène est devenu très silencieux depuis sa sanction onusienne. Et aussi depuis qu`il a été bastonné à la présidence. Je ne sais pas si tu as appris cette affaire à la MACA. Il était allé à la présidence demander son " bonne année " et on n`a pas voulu le lui donner. On l`a plutôt donné aux autres, ceux du clan. Djué s`est fâché tout noir, et les autres se sont aussi fâchés. Résultat, il a été copieusement battu. Petit frère, avant que tu n`ailles en prison, on cherchait la date des prochaines élections. Tu as passé un an en taule et tu en es sorti. Eh bien, on continue de chercher la date de ces fameuses élections. L`opposition attend sagement que M. Gbagbo se décide à les organiser. Et M. Gbagbo a dit "si on n`organise pas d`élection ça fait quoi ?" Et personne parmi les zombies que nous sommes devenus n`a pu lui répondre. Résultat ? Il n`y aura pas plus d`élection cette année qu`il n`y en a eu en 2008, en 2007, en 2006, en 2005. Et ça ne fera rien du tout. Bien sûr, tes sclérosés d`opposants te diront que grâce à leur brillante stratégie, M. Gbagbo n`aura pas d`autre alternative que d`organiser les élections dans le premier trimestre de 2009 et…de les perdre. C`est ce qu`ils me disent chaque année depuis 2005. Ils ne se rendent pas compte qu`ils sont désormais les seuls à s`écouter parler, parce que les Ivoiriens dans leur ensemble ont décroché par ailleurs à cette opposition qui a étalé aussi lamentablement son incompétence. La vérité, petit frère, est que toute la classe politique qui a toujours vécu grassement sur le dos des Ivoiriens a signé un pacte, pour continuer à sucer le sang du peuple. Quel opposant, député ou homme politique ivoirien as-tu entendu dénoncer comme il se doit le sort fait au peuple ivoirien ? Je te parlais plus haut de l`APO, ce si bel accord qui devait nous conduire aux élections qui n`intéressent aucun homme politique ivoirien en réalité. On en est au quatrième accord complémentaire à cet accord. Cela signifie que l`on tourne en rond, que l`on nous berne, qu`on nous prend pour les zombies que nous sommes effectivement, et pendant ce temps, le nord de la Côte d`Ivoire est toujours entre les mains d`une bande de pilleurs de banque, de bandits de grands chemins qui ont tué et torturé, et dont le chef est le premier ministre de ton pays. C`est là l`une des vertus de l`APO. Une autre est d`avoir mis la Côte d`Ivoire sous le contrôle direct du Burkina Faso. Plus rien ne se passe désormais dans notre pays sans l`aval du beau Blaise du Burkina. Dès qu`un problème se pose ici, nos dirigeants et nos opposants, dont certains ont été président et premier ministre de ce pays se précipitent à Ouagadougou pour prendre les instructions de Blaise. C`est ce qu`on appelle libérer le pays de la colonisation. Je crois qu`on a voulu nous dire qu`il vaut mieux être colonisé par un voisin plus faible que soi, mais plus intelligent, plutôt que par un pays lointain et puissant. On appelle tout ça refondation, mon cher petit frère. Veux-tu que je te parle de ton école, de notre école ? A quoi bon ? Que ne sais-tu pas déjà ? Tu as d`ailleurs écrit de très beaux papiers sur cette école refondée. C'est aussi tout cela qui t'a conduit en prison. Tu as vu que cela n'a soulevé aucune émotion chez les zombies que nous sommes. Tout ce qui arrive aux zombies est bon pour eux. Et ils disent que tout ce que Dieu fait est bon. C'est la phrase préférée des zombies ivoiriens en ce moment. Et la FESCI continue son œuvre de destruction de cette école qui devait former l`élite de notre pays mais qui ne forme plus que des crétins zombifiés. Que te dire d`autre, petit frère ? En fait je voulais tout juste te souhaiter la bienvenue dans notre monde de zombies et j'ai fait des digressions. Je vieillis et je commence à radoter. Bonne et heureuse année. Souhaitons ensemble une bonne année à tous les zombies, à ceux qui les ont zombifiés, et n`oublions surtout pas le procureur Tchimou. Ne sois pas ingrat petit frère. Grâce à lui tu as quand même passé un an, logé et (mal) nourri aux frais de l`Etat. Ce qui n`est pas si mal pour le chômeur que tu es et qui risque de le rester encore longtemps lorsque notre pays sera classé PPTE.
Venance Konan, écrivain,
journaliste indépendant

vendredi 2 janvier 2009

Voeux du Chef de l'Etat à la nation


A la veille de chaque nouvelle année les Chefs d'Etat ou de gouvernement prononcent un discours radio-télévisé à leur différents peuples pour tenter de répondre à leurs attentes et de les rassurer quant à leur légitime désir d'un mieux vivre.

En Côte d'Ivoire nous avons longuement et attentivement écouté notre chef d'Etat dans l'espoir que le peuple, mais surtout les fonctionnaires qui attendent après le forum social de Grand-Bassam une revalorisation salariale à partir de janvier 2009, puisse être rassurés des mésures concrètes qu'il compte prendre pour lutter efficacement contre la cherté de la vie.

Dans son intervention, le Chef de l'Etat donne l'impression d'avoir conscience des difficultés de ses compatriotes; en effet il déclare: "Nous avons connu la guerre. La crise née de cette guerre a créé dans le pays une situation inhabituelle. Je vois bien les difficultés de toutes sortes dans lesquelles vivent aujourd’hui beaucoup d’entre nous. Je sais que la cherté de la vie qui est la raison essentielle de ces difficultés est telle que les plus durement touchés en sont arrivés pour certains à perdre espoir. La vie est devenue chère parce que l’accès au transport, aux produits de première nécessité et au logement n’est plus facile pour beaucoup d’entre nous." Belle analyse! Comme solution, il propose: "Aujourd’hui, les cours du pétrole sont à la baisse." "Si les tendances actuelles à la baisse se maintiennent, nous aurons une deuxième baisse des prix à la pompe au début de 2009. S’agissant des denrées de première nécessité, je veux parler surtout des produits vivriers, la Côte d’Ivoire produit en quantité suffisante ce que les Ivoiriens ont l’habitude de consommer." "J’en déduis que le problème n’est pas celui de la production mais qu’il s’agit surtout d’un problème de réorganisation de la distribution. Je vais recevoir, dans le courant du premier trimestre de la nouvelle année, les acteurs du secteur des vivriers pour chercher avec eux, un système de redistribution qui nous mette à l’abri de la spéculation."

Le Chef de l'Etat révèle " Lorsque j’arrivais à la Présidence de la République, en octobre 2000, le baril de pétrole coûtait environ 35 dollars US sur le marché international." Cela fait quelques mois que le baril de pétrole oscille autour de 40 dollards US. Pourtant le prix à la pompe ne baisse pas et reste élevé.

Le Chef de l'Etat poursuivant son analyse de la situation socio-éconimique du pays estime: "En ce qui concerne le logement, c’est un fait que la forte concentration démographique dans les centres urbains des régions du Sud, et particulièrement à Abidjan, à cause de la guerre, a suffi à elle seule, à faire grimper les coûts du logement. Or, à cela est venue s’ajouter la flambée des coûts des matériaux de construction des bâtiments, notamment le fer, le ciment, le sable etc. La question du logement est donc aussi un enjeu de la Paix. Tout comme le chômage."

Pour le chômage, sa solution réside dans la mise en place du fond national de solidarité et le projet de création de la zone franche de biotechnologie: " C’est pourquoi j’ai mis en place le Fonds national de solidarité (Fns) destiné à la promotion de l’auto-emploi, permettant aux jeunes de créer leurs propres entreprises. Je constate malheureusement que malgré l’ancienneté de cet outil, très peu de jeunes le sollicitent. En 2009 nous allons prendre des mesures non seulement pour faire connaître davantage ce fonds mais surtout pour alléger les conditions d’éligibilité. Cependant, la plus grande action de lutte contre le chômage des jeunes que j’ai initiée est la création de la Zone Franche de la Biotechnologie et des Technologies de l’Information. La réalisation de ce projet économique majeur a été confiée au Village des Technologies de l’Information. Les études de ce projet sont entièrement achevées. Le financement est déjà obtenu pour la première partie de sa réalisation. Il débutera en janvier 2009 et générera à terme et au profit de nos jeunes diplômés, quarante mille (40.000) emplois directs et au moins deux cent mille (200.000) emplois indirects."

Concernant l'augmentation exponentielle des matériaux de construction, aucune solution.

Sur la question du front social, alors que les fonctionnaires attendent avec impatience une revalorisation salariale, le Chef de l'Etat semble lier leur sort à la sortie de crise régie par l'accord de Ouaga alors que le train de vie de l'Etat et de tous ceux qui gravitent autour du pouvoir n'est pas du tout affecté par cette crise: "Sur la question des remous sociaux, jamais notre pays n’a connu autant de manifestations qu’en 2008. Je comprends ces mouvements et personnellement, je le dis à tous les Ivoiriens, je n’empêcherai jamais les revendications syndicales. Je sais les efforts à faire pour répondre aux revendications des travailleurs. J’en appelle cependant au sens de la responsabilité de tous les leaders syndicaux de Côte d’Ivoire et, au-delà, de tous les travailleurs du secteur privé comme du secteur public. Nous sortons de guerre. Notre économie doit se remettre des conséquences de la guerre. Gardons cela à l’esprit dans l’expression de nos revendications. La satisfaction pleine et entière de toutes ces revendications est liée à la sortie de crise. Nous sommes sur la bonne voie depuis la signature de l’Accord Politique de Ouagadougou." Cette crise dont les ivoiriens doutent de la sincérité des deux signataires de cette accord à nous en faire sortir.

Au total, nous sommes restés sur notre fin car le Chef de l'Etat vient une fois de plus de nous démontrer son incapacité à répondre  aux aspirations légitimes d'un mieux vivre de ces concitoyens après plusieurs années de sacrifice.


mardi 30 décembre 2008

Un politologue français prévient : « Gbagbo ira à des élections tant qu’il sera certain de les remporter »

Christian Bouquet a mis les pieds dans le plat du débat politique ivoirien, en révélant la volonté de certains acteurs politiques ivoiriens, de bloquer le processus de paix. Parlant du chef de l’Etat ivoirien, ce politologue français a révélé qu’il n’ira à des élections que s’il est convaincu de pouvoir les remporter. « Gbagbo ira à des élections tant qu’il sera certain de les remporter », a-t-il indiqué sur Rfi. Au dire de Christian Bouquet, depuis les dernières élections présidentielles, les tendances ont bougé, parce que les rapports de force ont beaucoup évolué sur le terrain. Mais, a-t-il tempéré, « il semble d’après les analystes que la ligne a assez peu bougé et on pense que les indications qui étaient sorties des municipales 2001, ne seront pas très loin de ce qui pourraient sortir du scrutin présidentiel 2009, si les élections sont justes, équitables et normalement organisées ». En clair, selon Bouquet, les résultats des prochaines élections présidentielles ne seront pas loin de ceux des municipales, si tout se passe bien. Cependant, s’est-il montré pessimiste , sachant qu’un acteur de poids va perdre, il faut craindre à l’horizon des difficultés. « C’est ce qui fait toute la fragilité du système. Au moment où le chef de l’Etat va comprendre qu’il va perdre, alors il est possible que des grains de sable s’insinuent dans le processus », a-t-il analysé. Christian Bouquet a dédouané les acteurs politiques ivoiriens accusés de faire perdurer la crise ivoirienne, et qui avaient promis d’organiser les élections le 30 novembre dernier. « C’était une promesse difficile à tenir dans la mesure où il fallait passer par tout le processus long et compliqué. Techniquement, il y avait beaucoup de choses à mettre en place, il n’y avait pas mal d’argent à trouver. Et puis il y avait une partie des acteurs qui freinaient un peu le processus, tandis que d’autres avaient voulu que ça aille plus vite », a-t-il ajouté. Non sans indexer les gens qui sont au pouvoir, et qui craignent de le perdre et qui livrent des combats d’arrière-garde sur la question du désarmement avant les élections. « Les gens qui sont au pouvoir, peuvent craindre de le perdre, alors on assiste à des combats d’arrière-garde de la part des gens au pouvoir, le FPI en particulier qui voudrait le désarmement avant les élections... », a-t-il précisé. Même si la communauté internationale, à en croire le politologue français, est mise en veilleuse par les acteurs de la crise ivoirienne, il n’empêche qu’elle est présente pour la validation des étapes du processus électoral. « C’est vrai que ce sont les Ivoiriens qui sont maîtres chez eux dans la gestion du processus électoral, mais il est quand même placé sous surveillance étroite de l’Onuci », a conclu Christian Bouquet.

mardi 30 décembre 2008 par Y.DOUMBIA (Soir info)

Faiblesses de Ouaga 4

L'accord complémentaire 4 à l'accord politique de Ouaga dit Ouaga 4 prévoit l'intégration de 5000 soldats des forces nouvelles à la future armée ivoirienne sur une période de 2 ans. Cette disposition de Ouaga inspire plus d'inquiétudes qu'il n'apporte d'éclaircissement quant aux points de blocage de l'accord politique de Ouaga relatifs au désarmement avant la tenue des élections. Alors que tout le monde appelle à la tenue de l'élection présidentielle au premier semestre 2009, les deux protagonistes de cette interminable crise signent un accord complémentaire qui prévoit en fait le processus DDR sur 2 ans, ce qui signifie que le DDR ne sera pas achevé si par extraordinaire l'élection présidentielle devrait avoir lieu en 2009. Est-ce que le nouveau président élu, si ce n'est pas monsieur Gbagbo Lauent, se sentira engager par les termes d'un accord qu'il n'a pas signé? C'est la première faiblesse de Ouaga 4.

La deuxième faiblesse de Ouaga 4 réside dans le fait qu'il ne proclame pas formellement la réunification du pays au 15 janvier 2009, mais parle de redéploiement de l'administration. Qui assurera la sécurité de cette zone si toute l'administration y est effectivement présente à cette date?

Ces constats nous amènent à penser, peut-être à tord, que Gbagbo et Soro sont entrain de rouler les ivoiriens dans la farine car ils ne sont pas encore prêts à organiser l'élection présidentielle.

mercredi 24 décembre 2008

De Ouaga en Ouaga

Le quatrième accord complementaire à l'accord politique de Ouagadougou vient d'être signé. Cet accord est sensé règler le problème des grades des militaires rebelles des forces nouvelles, le désarmement et le redeploiement de l'administration dans la zone sous contrôle rebelle. Etape indispensale dans le processus de sortie de crise, avant les élections.

Depuis la signature de l'accord politique de Ouagadougou entre Laurent Gbagbo, Chef de l'Etat issu du FPI et Soro Guillaume, actuel Premier Ministre et chef de la rebellion , nous sommes au quatrième accord complementaire. Ce qui amène la plupart des observateurs de la scène politique ivoirienne à être sceptique quand à l'organisation effective de l'élection présidentielle en 2009; alors que l'accord politique de Ouagadougou signé en mars 2007 était prevu pour être appliqué en dix mois.

Les difficultés d'application des premiers accords de sortie de crise residait dans le fait qu'il y avaient plusieurs signataires avec la forte implication et pression de la communauté internationale. Le pouvoir en place estimait que ces accords lui étaient défavorables.

Nous ne comprenons donc pas la mauvaise volonté que les deux signataires de l'accord politique de Ouagadougou, leur accord issu de leur dialogue direct, avec un facilitateur choisi par eux, Le Président du Burkina-Faso, Blaise Compaoré, mettent à son application pour libérer les ivoiriens qui sont fatigués de cette crise.

Nous osons espérer que ce quatrième accord complementaire sera le dernier et que la prochaine date de l'élection présidentielle qui doit être fixée par la CEI ne rencontrera pas la mauvaise fois des deux signataires de l'accord politique de Ougadougou.