Le rôle des policiers selon Gbagbo Laurent

Vous êtes des policiers, vous n’êtes pas des juges... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Vos ennemis, ce sont tous ceux qui sont contre la République.Tous ceux qui veulent installer la chienlit, le désordre. Tous ceux qui veulent troubler les élections. Battez-vous contre le désordre, contre la chienlit… Ne réfléchissez pas, ce sont les juges qui réfléchissent. Vous êtes des combattants du respect de l’ordre public. S’il y a des dégâts, les juges rétabliront tout. La République se construit avec les Forces de l’ordre, avec les forces de combat… Moi, j’ai les bras de la République. Quand le moment arrive pour que je lance mes bras, je les lance.
Matez tous ceux qui sèment le désordre et après on réfléchira … Matez, matez, tous ceux qui sont contre la République... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Votre rôle n’est pas de réfléchir comme les juges. Ce sont les commissaires qui réfléchissent à votre place… Vous, votre rôle, c’est de mater, de mater…Le policier ne doit pas réfléchir… Il doit taper et s’il y a des erreurs, s’il y a des problèmes nous allons arranger…

Gbagbo Laurent, Chef de l'Etat ivoirien, à l'occasion de l'installation de la CRS 3 à Divo le vendredi 27 Août 2010


mardi 19 mai 2009

5ème conférence du Cpc : croire ou ne pas croire?


La 5e réunion du Cadre permanent de concertation (Cpc) a clos ses travaux hier après un conclave de 3h et demi qui a permis d'arrêter un chronogramme électoral précis. Le recensement électoral en Côte d'Ivoire s'achèvera le 30 juin et la liste électorale sera publiée en septembre en vue de la présidentielle du 29 novembre. Le lendemain de l'élection présidentielle, les leaders politiques seront reçus par le Président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, médiateur de la crise ivoirienne, sans doute pour contraindre les perdants à reconnaître leur défaite.

Avant d'en arriver là, les com'zones des forces nouvelles devraient transmettre leur pouvoir aux préfets qui sont les représentants légaux de l'Etat le mercrdi 20 Mai 2009. Cette cérémonie, mainte fois reportée, sera l'occasion de tester la volonté des rebelles à sortir enfin de cette crise.

A l'annonce de ce calendrier, tous les ivoiriens devraient pousser un ouf de soulagement. Mais connaissant la roublardise, et la mauvaise fois des uns et des autres - choses la mieux partagée en politique selon notre cher Chef d'Etat, Laurent Gbagbo -, je reste sceptique quand au respect de ce calendrier. Trop beau pour être vrai comme le dirait l'autre.

Ce scepticisme se fonde sur le manque de sincérité des signataires de l'Apo, la lenteur du processus de désarmement des ex-combattants et la démobilisation et la réinsertion des rebelles et des milices et par le crucial problème du financement du processus de sortie de crise.

Enfin, je croise les doigts pour que ce calendrier soit respecté.

dimanche 17 mai 2009

Election présidentielle Encore une date pour la forme ?


Le dimanche 29 novembre 2009 prochain, les Ivoiriens iront aux urnes pour élire leur futur président de la République. Ainsi en a décidé le Conseil des ministres du jeudi dernier après analyse des propositions de la Commission électorale indépendante (CEI). Cette structure ayant suggéré l’intervalle du 11 octobre au 06 décembre 2009 pour le premier tour du scrutin présidentiel. Dans 6 mois donc, la Côte d’Ivoire verra les élections. Promesse de Beugré Mambé, président de la CEI et son équipe estimant en l’état actuel de la situation que ces scrutins peuvent s’organiser dans le délai fixé. L’on ne peut douter de la bonne foi qui a animé les commissaires de la CEI pour le choix de cette échéance. Cependant, beaucoup de préalables fondent à émettre des réserves sur la possibilité de tenir ce pari. Certes le contexte a évolué avec les opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs, mais rien n’a bougé sur le front militaire. Le pays reste divisé, tenu par deux armées répondant toujours à des commandements différents. Le redéploiement et le transfert d’autorité à l’administration préfectorale reste un casse-tête chinois. La sécurisation des élections continue d’alimenter les polémiques. Sans oublier les mauvais démons des politiques, qui se donnent déjà rendez-vous sur les listes électorales provisoires au terme des enrôlements, pour se réveiller. En principe, d’ici au 29 septembre, on devra avoir fini avec le désarmement pour une pacification totale du territoire sous le seul commandement du Centre de commandement intégré dirigé par le colonel Nicolas Kouakou. Il ne devrait plus exister alors d’armée forces nouvelles. Tous les ex-combattants de l’ex-rébellion étant censés avoir été cantonnés après remise de leurs armes aux forces impartiales commises pour la tâche. Il n’y a aucun leurre, à la vérité, à pouvoir exécuter toutes ces opérations. Cependant, les autorités ivoiriennes elles-mêmes ne le cachent pas. Elles ont des difficultés. Les caisses de l’Etat sont vides. Mêmes les opérations d’enrôlement peinent à aller jusqu’à leur terme pour les mêmes raisons. Jusqu’à ce jour, la Sagem, l’un des opérateurs en la matière, attend des dizaines de milliards pour remettre ses agents sur le terrain, notamment à l’étranger où il n’y a aucune lisibilité à ce jour sur le début desdites opérations. Sur quoi l’Etat a-t-il compté pour fixer la date du 29 novembre ? Sur la contribution de la communauté internationale ? Difficile de se fier à ces bienfaiteurs dont toutes les promesses sont restées un vœu pieux. Où va-t-on alors trouver les moyens pour tenir le pari du 29 novembre ? Pourquoi Beugré Mambé, qui n’a point voulu proposer d’échéance avant d’avoir reçu les moyens de sa politique, a-t-il finalement cédé au fétichisme des dates ? L’on se souvient encore d’avril 2008 où sous la pression de la communauté internationale, le même scénario a conduit à la fixation du délai du 30 novembre expiré il y a 6 mois sans que la moitié des opérations pour penser à des élections ait été exécutée. Encore une date pour la forme cette année, juste pour contenter ceux qui les réclament et faire baisser un tant soit peu la pression ? Tout porte à le croire, car le pari du 29 novembre 2009 ne s’annonce pas facile pour Gbagbo et Soro. Surtout qu’on ne peut encore prévoir les derniers tours de mains dans les besaces des politiques rivés sur des calculettes.


Félix D.BONY (L'inter)

dimanche 10 mai 2009

En colère, le père Marius Dayoro au Chef de l'Etat : “M. Gbagbo, pourquoi jouez-vous à cache-cache avec le peuple ?”


Très cher Président, nous voulons par notre plume, saluer l'énergie avec laquelle, vous conduisez depuis votre accession au pouvoir en 2000, les affaires de notre pays, la Côte d'Ivoire. Surtout depuis l'éclatement de la crise en 2002. Soyez-en infiniment remercié. N'empêche, qu'il faut avoir le courage de parler ouvertement de certaines choses. Cette Côte d'Ivoire, comme vous en savez mieux que quiconque, est autant malade que ses populations. Plus rien ne va. Les Ivoiriens vivent au quotidien, le cauchemar d'une existence prise au piège de l'angoisse et de la mort. Cependant, nous sommes pleins d'espérance et optimistes en des lendemains meilleurs. Et si les élections présidentielles peuvent nous y aider, pourquoi ne pas y aller ?

A ce propos, vous qui êtes à la tête de l'exécutif ivoirien, pouvez mieux comprendre l'urgence pour les Ivoiriens, d'aller aux élections. Il fut des moments où vous en parliez avec conviction. D'ailleurs, voilà ce que vous en avez dit en Mars 2008, à l'occasion d'un voyage à Béoumi:"Si vous voyez vos fils, vos cousins, dites-leur : faisons vite pour aller aux élections pour que la Côte d'Ivoire ressuscite comme Jésus est ressuscité" . 
Des jours auparavant, vous disiez lors d'une interview accordée sur Onuci-Fm, à l'occasion du premier anniversaire des accords de Ouagadougou (7 Mars 2007-7 mars 2008), que : "On va faire les élections, je travaille pour qu'on les fasse en juin 2008. Mais si on ne les fait pas à cette date, ce n'est pas la mort parce qu'on ne les a pas faites en octobre 2005 et il n'y a rien eu". Nous sommes en face de deux discours opposés. Ils traduisent une profonde ambiguïté sur la date des élections. En effet, l'actualité semble nous en donner la preuve. Vous en parlez avec incertitude et laissez le peuple ivoirien dans l'ignorance. Aujourd'hui encore, la date des élections demeure un mystère pour les Ivoiriens. La presse écrite rapporte que vous demandez aux Ivoiriens d'attendre encore six (6) semaines pour connaître la date précise de la présidentielle . En un mot, les Ivoiriens sauront la date des élections en Octobre. C'est quand même impensable (…). 

Pourquoi, jouez-vous à cache-cache avec ce peuple, qui s'est livré pour défendre votre "pouvoir" aux heures chaudes de la rébellion et des tentatives de renversement ? Pourquoi cette "attitude" qui frise la roublardise, l'ingratitude et le mépris ? Ayez pitié du peuple ivoirien, en vous souvenant particulièrement de Novembre 2004. Ayez pitié de ces jeunes hommes, de ces jeunes filles et enfants de ce pays, qui n'ont pas eu peur d'affronter les mains nues, l'envahisseur étranger lourdement armé. Ayez pitié de ces hommes et femmes de ce pays, qui vivent dans les cachots de la mort, dans l'insouciance écrasante de vos hommes et de votre entourage. Ayez pitié et défendez la cause du pauvre, de la veuve et de l'orphelin dans ce pays. 

Nous estimons qu'il est de votre devoir avec l'Etat de Côte d'Ivoire, de permettre au peuple ivoirien d'aller aux élections "très rapidement", pour choisir des hommes et des femmes soucieux de son avenir, et désireux de servir vraiment la nation ivoirienne. Et non plus d'être prisonnier de ces hommes ordinaires et politiques, pris dans le tourbillon de leurs désirs effrénés et incontrôlés : argent, maisons, voitures et sexe. Ainsi, comprenez que ces élections sont pour les Ivoiriens le moyen crédible de se prononcer sur le bilan de votre gestion. De sanctionner votre pouvoir ou de le reconduire. Elles servent donc, comme le dit Kanga Balou : "A doter le pays en hommes et femmes capables d'amorcer ou de poursuivre l'œuvre de programme qu'il convient d'examiner maintenant"

Une impunité écrasante et humiliante...

En outre, cher président, nous croyons qu'il faut aller vite aux élections pour mettre un terme, à l'impunité frappante et humiliante dans notre pays. En parlant d'impunité, nous sommes navrés de vous dire, combien fut grande notre déception devant tous ces cas d'impunité que vous avez personnellement confortés. Il nous en souvient : l'affaire des déchets toxiques. Cette saleté fait à présent des morts dans nos populations à votre grande indifférence, puisque les cent (100) milliards destinés à faire la justice, ont été détournés. L'affaire est restée sans suite. Quelle honte pour la démocratie. Une autre affaire. Celle du meurtre du jeune Séa à Yopougon, lors de la marche des femmes contre la cherté de la vie, en Avril 2008. Cette fois, votre armée a fait une descente musclée, frappant et brutalisant des démocrates. Or, que faisaient-elles, sinon que dire "pacifiquement" leur ras-le-bol, et dénoncer l'exploitation de l'homme ivoirien par son frère ivoirien. Là encore, la démocratie a été freinée. Et pourtant, vous ne semblez pas ignorer que la "contestation pacifique" est un pilier de la démocratie moderne . Et si vous prétendez l'être, pourquoi tant de violences à l'endroit du peuple, véritable détenteur du pouvoir ? Enfin, une autre affaire récente, celle de la mort des 19 jeunes au stade Felix Houphouët-Boigny. Cette affaire est restée sans suite. On n'a parlé ni de coupables ni de sanctions. Or, vous convenez que dans une démocratie digne de ce nom, des têtes devraient tomber, telles le Ministre des sports, le Président de la FIF, le Directeur National de la Police, le Directeur du stade et l'interpellation des forces de l'ordre en service ce jour audit stade. Hélas, nous n'avions que nos yeux pour pleurer nos frères et nos enfants. 

A l'heure actuelle, nombre d'Ivoiriens ont la conviction que votre silence est dû à votre volonté de rester et de confisquer le pouvoir. Ainsi, ceux et celles qui commettent des impairs, se trouvent dans l'impossibilité d'être relevés de leur fonction. Que c'est dommage ! Et nous qui croyions que votre "pouvoir" aurait pour finalité de servir vos frères. Et nous qui croyions que le "souverain politique que vous êtes" seriez l'intendant de la volonté et des biens du peuple. En quoi, devrons-nous croire à présent, sinon qu'en une chosification de l'homme ivoirien.

Une chosification de l'homme ivoirien

Vous êtes sans ignorer que la jeunesse ivoirienne est livrée à elle-même. Nombre de jeunes ont choisi pour vivre, la facilité (prostitution, escroquerie…). D'aucuns ont préféré la violence à la raison, comme c'est le cas en milieu scolaire et universitaire. La croissance de la pauvreté et du taux du chômage en appelle à la médiocrité. Le sida, quant à lui, progresse et fait des ravages dans notre jeunesse.

Aujourd'hui, notre jeunesse féminine se bouscule inexorablement pour séduire certains de vos hommes, dans l'espoir de leur arracher des billets de banque. Ces refondateurs comme on les appelle, friands de petites filles coquines et affamées, "banquent" sans hésitation. La capitale abidjanaise est couverte de magasins de produits cosmétiques et de vêtements, tenus par ces charmantes prédatrices. On n'hésite plus à mettre un terme à ses études pour vivre aux crochets de ces hommes. Ainsi, ils n'hésitent pas à débourser quelques millions le week-end, pour des nuits chaudes en leur compagnie. Le tout couronné de cadeaux (voitures de marque, bijoux, appartements ou maisons pour les plus chanceuses, voyages et vêtements). Vous me direz que cela ne vous concerne en rien. Bien sûr, chacun de nous est responsable de sa vie et l'entend mener comme bon lui semble. Cependant, nous voulons "seulement" savoir avec quel argent se permettent-ils ce gaspillage ? Avec quel argent a-t-on rendu ces jeunes garçons et filles propriétaires de biens? N'est-ce pas avec les deniers publics ? N'est-ce pas avec les fonds du trésor public ? En ont-ils le droit ?

Par ailleurs, c'est tout de même inconcevable que ce soit maintenant (en mai 2009), que les Ivoiriens soient informés sur les revenus de leur pétrole . Peu importe la somme. Qu'a-ton fait de cet argent ? S'en est-on servi pour améliorer le quotidien des Ivoiriens ? On pourrait répondre négativement. Il n'est que de voir la dégradation effective de nos infrastructures scolaires et universitaires, médicales, administratives, de la voirie de la ville d'Abidjan, pour s'en convaincre. On nous dira que nous étions en guerre, voilà pourquoi, rien n'a été fait. Et pourtant, vous disiez, vous-même, avoir entre les mains, la partie rentable du pays : Abidjan, avec son port, son aéroport. A cela, s'ajoutent les douanes (malgré la séparation des caisses), la filière du café et du cacao. Qu'a-t-on fait de tout cet argent ? A bien y voir de près, le peuple ivoirien, n'en a aucunement bénéficié, puisque nous ne fonctionnons qu'avec l'héritage du Président Houphouet, qui se dégrade lourdement avec l'usure du temps.

Voilà, cher Président, nous sommes on ne peut plus fatigués de cette situation désolante, dans notre pays, qui conduit à la mort. Nous voulons vivre dans la paix et faire la paix. Nous croyons que les élections présidentielles pourront nous y aider. Nous vous en prions, ne prenez pas les Ivoiriens en otage, en confisquant et en bâillonnant la démocratie. Laissez le peuple s'exprimer par ces élections. De fait, n'ayez pas peur d'y aller. Rien ne vous donne l'assurance ni de les perdre ni de les gagner. Dieu seul qui est omniscient, sait tout dans son infinie bonté.
Puisse Dieu vous éclairer en votre esprit, en votre intelligence, et surtout puissiez-vous bénéficier de sa Sagesse pour conduire le peuple ivoirien qui aspire à la vie. Avec ma profonde considération.

Père Marius DAYORO BOILEAU
Professeur de Philosophie et de Sciences Politique.

Source : www.connectionivoirienne.net

samedi 2 mai 2009

Election présidentielle en 2009 : Gbagbo continue d'entretenir le doute dans l'esprit des ivoiriens

L’intervention tant attendue du chef de l’Etat Laurent Gbagbo est tombée avant-hier soir 30 juin 2009, mais a laissé confus plus d’un, quant à la tenue effective cette année de l’élection présidentielle. Au terme de sa prestation télévisée, une question demeure. L’élection présidentielle aura-t-elle, enfin lieu cette année ? Violente question, comme le dirait N'Guess Bon Sens, un chanteur tradi-moderne populaire en Côte d'Ivoire.

Dans cette intervention télévisée, le Chef de l'Etat n'a fait que poser des préalables, maintes fois ressassés par son parti, le Fpi,  à la fixation de la date des élections. Préalables concernant le désarment et le processus d'identification. De qui depend la lévée de ces préalables? Les deux signataires de l'accord politique de Ouaga sont les deux têtes de l'exécutif, chargés de sa mise en oeuvre . Est-ce que le Chef de l'Etat et son Premier Ministre ont une réelle volonté de mettre fin à la grande souffrance des ivoiriens? Ni dans les propos du Chef de l'Etat, ni dans son attitude aucours de cette émission, je n'ai senti cette ferme volonté de sortir de cette situation dont les les deux camps continuent de profiter au détriment du peuple. Les ivoiriens qui espéraient être rassurés quant à la tenue effective de l'élection présidentielle en 2009 n'auront, une fois de plus, que leurs yeux pour pleurer.

Le Chef de l'Etat, en donnant l'impression que la fixation de la date de l'élection présidentielle relève  de sa seule responsabilité, jette le trouble dans l'esprit des ivoiriens. Alors qu'au terme de la loi électorale, la fixation de la date appartient à la CEI. Le chef de l’Etat ne fait que signer, simplement, le projet de décret, à lui soumis par cet organe. D’où vient alors que Gbagbo veuille “ fixer la date en mai ou en juin ” alors que cela ne relève pas de ses prérogatives. En cherchant à retirer le pouvoir de fixer la date de l’élection à la CEI, Gbagbo ne donne-t-il pas du grain à moudre à ceux qui pensent qu’il ne veut pas jouer franc jeu dans cette élection ?  Le chef de l’Etat veut-il donner l’impression, de vouloir aller aux élections sans pour autant les accepter en son for intérieur ? J'ai eu le sentiment d'entendre le Chef du Fpi que le Chef de l'Etat ivoirien.

Au final il serait hypothétique de parier sur la tenue effective de la présidentielle en cette année 2009. 

jeudi 30 avril 2009

1er Mai : quelle utilité?

Un peu d'historique : Le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste "The Alarm" afin d'organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendues pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à tra vers les USA. Le mouvement se poursuit les jours suivants; le 3 mai, à Chicago, un meeting se tient près des usines Mc Cormick.
Trois ans plus tard, en 1889, le congrès de l'Internationale Socialiste réuni à Paris décidera de consacrer chaque année la date du 1er mai : journée de lutte à travers le monde.
Le "1er mai" sera d'abord récupéré par la révolution bolchévique, puis par les nazis, et enfin par le régime de Vichy qui le transformera en "Fête du travail", sans jamais réussir totalement à lui enlever son origine libertaire, en 1941 par la loi Belin en faisant de ce jour un jour chôme et payé.

A l'origine quête libertaire, le 1er Mai au fil des années s'est mué en revendications corporatistes. C'est l'occasion pour les syndicats de donner leur sentiment sur la politique socio-économique du gouvernement par des marches plus ou moins impressionnates dont le clou est la remise des cahiers de doléances au gouvernement.

En Côte d'Ivoire, chaque année les centrales syndicales sacrifie à ce rituel. Depuis quelques années, chaque 1er mai les centrales syndicales présentent la même litanie de revendications contenue dans un cahier de doléances remis au chef de l'Etat qui resteront dans les tiroirs de la présidence. Et le 1er mai suivant le même scénario recommence sans que les fonctionnaires ne voient leur situation sociale évoluée d'un iota. Et les centrales syndicales restent muettes comme une carpe.

A mon sens chaque 1er mai devait être suivi de négociations avec le gouvernement sur la base des cahiers de doléances présentés par les différentes centrales au nombre de trois. Ces négociations devant déboucher sur une feuille de route sociale en priorisant les actions à entreprendre par le gouvernement pour répondre aux attentes des fonctionnaires avec la mise en place d'un comité paritaire de suivi. Ce qui aurait l'avantage de réduire de manière significative la fréquence des grèves et de redonner tout son sens au 1er Mai.


mercredi 22 avril 2009

4ème accord complémentaire à l'Apo : quel bilan?

Le processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire est menacé par les intérêts économiques et politiques des signataires de l’accord politique de Ouagadougou selon le dernier rapport du groupe d'experts de l'Onu. Les échanges violents entre les deux camps autour de la compréhension et de l'application du 4ème accord complémentaire à l'Apo, par presse interposée n'est que la face visible de cet iceberg.

Le 4ème accord complémentaire à l'Apo, sensé régler définitivement les questions militaires qui plombaient le processus de sortie de crise,  a été signé le 22 décembre  2008. Après quatre mois d'application, quel bilan pouvons nous faire?

Ce 4ème accord traite de deux questions essentielles dans le processus de sortie de crise : il s'agit des questions relatives aux volets militaire et administratif de l'Apo.

Que dit le 4ème accord complémentaire des questions militaires?
Le titre II de cet accord dit en ses articles 2 ,3, 4 et 5 concernant le désarmement des ex-combattants et la mise en place de la nouvelle armée ivoirienne : "Article 2: Les deux Parties conviennent que les textes juridiques relatifs à la Nouvelle armée nationale seront élaborés et signés au plus tard dans un délai d'un mois à compter de la date de signature du présent Accord complémentaire. La mise en place effective de la Nouvelle armée nationale interviendra au plus tard un mois après l'investiture du nouveau Président de la République.
En attendant la mise en place de la Nouvelle armée nationale, le Centre de commandement intégré (Cci) poursuivra ses activités conformément aux dispositions des paragraphes 3.1.1., 3.1.2., 3.1.3, de l'Accord politique de Ouagadougou.
Article 3: Afin de favoriser l'organisation des élections dans de bonnes conditions, les deux Parties ont convenu de relancer, sans délai et sous la conduite du Cci et la supervision des Forces impartiales, le désarmement, le stockage des armes des deux Forces ex-belligérantes, ainsi que la démobilisation des ex-combattants des Forces nouvelles. En tout état de cause, ces opérations devront être achevées au plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle.
 Article 4: Afin d'accélérer la démobilisation des Ex-combattants des Forces Nouvelles, les Parties invitent le Gouvernement à verser au Ex-combattants démobilisés une prime ou aide directe de démobilisation d'un montant de cinq cent mille (500.000) francs CFA pour solde de tout compte. En tout état de cause, la démobilisation des ex-combattants des Forces armées des forces nouvelles (Fafn) devra être achevée au plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle.
Article 5: Concernant le démantèlement des milices, les deux Parties; conviennent d'entamer leur désarmement, le stockage de leurs armes et leur démobilisation sous l'autorité du Cci et sous la supervision des Forces impartiales, concomitamment avec la démobilisation des ex-combattants des Fafn. En tout état de cause le démantèlement des milices devra être achevé au plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle. Afin d'accélérer le démantèlement des milices, les parties invitent le Gouvernement à verser aux miliciens démobilisés une prime ou aide directe de démobilisation d'un montant de cinq cent mille (500.000) francs CFA pour solde de tout compte."


Que disent les dispositions des paragraphes 3.1.1, 3.1.2 et 3.1.3 de l'Apo?
Paragraphe 3.1.1: Dans un esprit de cogestion des questions liées à la défense et à la sécurité, les deux parties ex-belligérentes conviennent de créer un Centre de Commandement intégré chargé d'unifier les forces combattantes en présence et de mettre en oeuvre les mesures de restructurations des forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire.
Paragraphe 3.1.2: Le Centre de commandement intégré adoptera son organigramme et sera placé sous le commandement conjoint du Chef d'Etat Major des FANCI et du Chef d'Etat Major des FAFN. Il sera paritairement composé d'officiers  désignés par les deux Chefs d'Etat Major.
Paragraphe 3.1.3: Le centre de commandement intégré aura pour missions essentielles:
- la contribution à l'élaboration de la politique de défense et de sécurité;
- la mise en oeuvre du Programme National de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion (PNDDR) sous la supervision des forces impartiales;
- l'opérationnalisation des tâches militaires et de sécurité liées au processus de sortie de crise;
- la sécurisation des audiences foraines, des opérations d'identification, ainsi que la sécurité du processus électoral;
- la mise en place d'unités militaires et paramilitaires mixtes;
- la coordination des mesures visant à garantir la protection et la libre circulation des personnes et des biens sur toute l'étendu e du territoire national.
Constat: Les textes juridiques relatifs à la nouvelle armée ivoirienne ne sont pas encore signés. Le Cci n'est pas encore opérationnel. Le désarmement des ex-combatants et des milices n'est pas effectif.


Que dit le 4ème accord complémentaire des questions relatives au rétablissement de l'autorité de l'Etat et du redéploiement de l'administration sur l'ensemble du territoire national?
C'est le titre III de cet accords, en ses articles 8 et 9 qui traite de ces questions. ces articles disent ceci: "Article 8: Reconnaissant que la non réunification du pays et les lenteurs accusées dans la normalisation institutionnelle et politique constituent de sérieux obstacles à l'organisation d'élections justes, transparentes et démocratiques, les deux Parties conviennent que:
- Les agents de la fonction publique civile de l'Etat seront affectés dans la zone Centre - Nord - Ouest (Cno) par leur ministère respectif et prendront fonction au plus tard le 15 janvier 2009 ;
- Les magistrats des tribunaux et des cours d'appel, nommés dans la zone Cno, prendront fonction au plus tard le 15 janvier 2009. Leurs collaborateurs seront nommés par leur ministère de tutelle et prendront service au plus tard le 15 janvier 2009 ;
- Afin de favoriser la réouverture des tribunaux dans la zone Cno et la sécurisation de l'ensemble du processus l'électoral, les deux Parties conviennent que les Fds et les Fafn mettront à la disposition du Cci des éléments de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale, comprenant des officiers de police judiciaire, conformément aux dispositions de l'article 5 du Troisième Accord complémentaire du 28 novembre 2007 ;
- Les Préfets de régions, les Préfets de départements et les Sous-préfets nommés dans la zone Cno exerceront la plénitude de leur pouvoir au plus tard le 15 janvier 2009. A cet effet, une cérémonie de passation des charges avec les Commandants de zone et les commandements de secteur sera organisée.
Article 9: Le redéploiement de l'administration fiscale et douanière sur l'ensemble du territoire national, et en particulier dans la zone CNO, débutera immédiatement après la signature du présent Accord, sous la supervision du Représentant spécial du Facilitateur.
Les Forces impartiales contribueront à la sécurisation du personnel de l'administration ainsi déployé."

Constat : A ce jour, l'autorité de l'Etat, le redéploiement de toute l'administration et l'unicité des caisses ne sont pas effectifs.
 

Au total aucune disposition contenue dans ce 4ème accord complémentaire à l'Apo n'a connu un début de mise en oeuvre.

Le conclave accouche d'une souris

Le conclave, dit historique, tenu par les forces nouvelles le lundi 20 avril 2009 dans leur fief de Bouaké où des décisions courageuses devaient être prises, n'a finalement rien eu d'historique. Ce fut tout simplement une banale réunion de gens qui ne sont pas prêt à faire leur  part de sacrifice dans le processus de sortie de crise; une banale réunion de gens qui ne sont pas prêt à déposer les armes; une banale réunion de gens qui ne pas prêt de lâcher tous les biens et privilèges malhonnêtement acquis pendant ces années de crises; une banale réunion de gens qui ne supportent pas les critiques; une banale réunion de gens qui font tout pour retarder le processus de sortie de crise en accusant leurs adversaires d'hier, tous deux signataires de l'accord politique de Ouagadougou (Apo) qui aurait du nous  faire sortir de cette crise il y a belle lurette, de mauvaise foie dans l'application de cet accord; une banale réunion au cours de laquelle aucune décision courageuse n'a été prise.


Que retenir de ce conclave très médiatisé, comme une réunion capitale dans le processus de sortie de crise? Rien, sinon que les rebelles menacent de reconsidérer leur position dans le processus de sortie de crise si l'élection présidentielle n'a pas eu lieu en 2009. Faut-il les prendre au sérieux où considérer ceci comme un coup de bluff pour distraire les ivoiriens sur leur part de responsabilité dans la mise en oeuvre de l'Apo qu'ils ont librement signé avec le camp présidentiel.


Tout ce cirque me donne l'impression que l'Apo et ses nombreux accords additionnels ne sont rien d'autres qu'une pièce de théâtre, avec comme metteurs en scène le Premier Ministre Soro Guillaume, chef des rebelles et Le Président Laurent GBagbo, où le rôle des différents acteurs est réglé comme du papier à musique.

mercredi 15 avril 2009

Venance Konan, Journaliste-écrivain : "Côte d’Ivoire: Comédie présidentielle !"

Notre pays a fini par avoir son fameux statut de pays pauvre très endetté. Pour l'occasion, notre président bien-aimé a fait un grand discours non improvisé pour une fois, c'est dire combien le sujet était important, pour nous dire en gros que nous ne devions pas gaspiller ce qu'on allait nous prêter à nouveau, qu'il fallait payer en priorité ceux à qui l'Etat devait de l'argent (comme peut-être celui qui a fait les grands travaux très indispensables pour notre pays en cette période de crise que sont les palais de l'Assemblée ou du sénat à Yamoussoukro ?). C'est compris chef, on ne gaspillera pas. Mais comme ce n'est pas nous qui décidons et qui gérons cet argent qui va venir, je ne sais pas si c'est à nous qu'il faut dire tout cela.


Il y a malheureusement 19 personnes qui ne profiteront pas de toutes les belles perspectives que nous offre notre nouveau statut de pays pauvre très endetté. Il s'agit de celles qui sont mortes au stade. Pour l'occasion aussi notre chef bien-aimé a versé de chaudes larmes. Parce que la FIFA avait demandé qu'une minute de silence soit observée sur tous les stades du monde à la mémoire de nos morts. Notre chef a dit que pour une fois on avait manifesté de la solidarité envers notre pays. Et il y avait là effectivement pour un chef d'Etat de quoi pleurer. Mais pas quand les gens sont morts écrasés au stade, pas quand des femmes qui manifestaient contre la vie chère sont tuées, pas quand des personnes meurent parce qu'on a déversé des déchets toxiques sur eux, pas quand Marcellin Yacé et tant d'autres innocents ont été tués cette nuit du 19 septembre 2002 pour s'être trouvés au mauvais moment au mauvais endroit, pas quand une bonne centaine de personnes ont été tuées en mars 2004 par des bandes qualifiées de parallèles par le ministre Bléou, pas quand Fofié a enfermé des dizaines de personnes dans des containers jusqu'à ce que mort s'ensuive, pas quand les rebelles de Soro ont assassiné des gendarmes et leurs enfants à Bouaké, pas quand on a découvert un charnier de plus de 60 corps à Yopougon en 2000, pas quand des femmes du RDR ont été violées par des forces de l'ordre en 2000, pas quand l'étudiant Habib Dodo a été sauvagement tué par des membres de la FESCI, pas quand une étudiante a été violée par des éléments de la même FESCI, pas quand Badolo a été tué par des éléments des forces de l'ordre, pas quand Guéï et ses proches ont été sauvagement assassinés. Mais quand la FIFA demande qu'on observe une minute de silence pour nos morts. Ce qu'elle fait chaque fois qu'il y a des morts sur un stade. Je crois quand même que si les autres ne manifestaient pas de la solidarité à notre égard, nous n'aurions pas eu notre statut tant envié de PPTE, et ils ne seraient pas venus s'interposer entre nous pour nous éviter de nous manger les uns les autres.


On a donc créé une commission d'enquête pour retrouver les coupables de cette tragédie que tout le monde connaît. On a même fait mieux : on a confié l'enquête au principal suspect qu'est la police. Quel résultat attendez-vous ? Je ne sais plus quel homme politique français avait dit que lorsque l'on veut enterrer une affaire, on crée une commission. Remarquez quand même qu'on n'a pas eu besoin de commission pour enterrer l'affaire des escadrons de la mort qui ont tué des dizaines de personnes au début de la crise, et celle des plus de cent personnes tuées selon l'ONU les 25 et 26 mars 2004. Au fait, il y a eu une commission qui avait été créée par l'Assemblée nationale pour trouver ceux qui ont permis que la guerre de septembre 2002 ait lieu. Cela fait plus de six ans qu'elle existe. Qu'a-t-elle trouvé ? Je suppose qu'elle continue de chercher. Généralement les présidents et les membres de ces commissions sont très bien payés. Ne vous inquiétez donc pas pour eux. Pour les morts du stade, il se passera ce qui se passe d'habitude, comme dans l'affaire des déchets toxiques par exemple, c'est-à-dire que l'on mettra au trou quelques seconds ou troisièmes couteaux, les principaux responsables ne seront pas inquiétés et l'on attendra la prochaine catastrophe. Car il y en aura d'autres, bien entendu. A quoi vous attendez-vous lorsque la corruption est la chose la mieux partagée dans un pays, lorsque la seule valeur qui compte est l'argent vite et malhonnêtement gagné, lorsque l'on a élevé le jemenfoutisme, l'irresponsabilité, la promotion de l'incompétence, l'impunité en modes de gouvernement ? Ce à quoi nous avons abouti aujourd'hui, c'est la banalisation de ce genre de drame. Et c'est bien ce qu'ont illustré nos joueurs professionnels qui sont allés tranquillement danser en boîte de nuit après les morts du stade. Combien de morts ne jalonnent-ils pas notre récente histoire ? Et quelles ont été nos réactions après ? Qu'avons-nous fait et dit après ceux que j'ai évoqués plus haut ? Combien de personnes protestent-elles devant les abus flagrants des droits de l'homme dont nous sommes tous les jours victimes ? Combien de larmes avons-nous versées devant ces violations de nos droits les plus élémentaires ? Quelles mesures prenons-nous pour que cela ne se reproduise plus comme on le fait dans les pays civilisés ? Combien de marchés n'ont-ils pas brûlé dans ce pays ? Qu'avons-nous fait pour les empêcher de brûler à nouveau ? Combien de morts n'enregistrons-nous pas sur nos routes tous les jours ? Que n'a-t-on pas dit sur le racket des policiers ? Que faisons-nous pour lutter contre cela ? N'a-t-on pas entendu dans ce pays un ministre de l'Intérieur, Yao N'dré en l'occurrence, demander aux policiers de racketter moins ?


Oublions tout cela. Le Festival de cinéma de Cannes va s'ouvrir bientôt et j'en connais un qui a de sérieuses chances de figurer dans le palmarès du meilleur comédien. Ou du meilleur comique. Notre président bien-aimé qui est un homme sérieux a dit, lors de l'inauguration d'une usine de traitement du caoutchouc quelque part vers Dabou, que notre pays était en train d'entrer dans l'ère industrielle. Que c'est beau ! C'est ce qu'on nous dit chaque fois qu'un industriel vient planter une usine chez nous. Je me souviens des délires d'un Fologo après un séjour en Italie où un certain Dambiré lui avait fait miroiter un projet magnifique judicieusement baptisé Magnificat, qui devait construire des centaines de milliers de logements, transformer nos bidonvilles en riantes cités modernes, nous procurer des centaines de milliers d'emplois entre Abidjan et Moossou. Il avait dit que ce projet magnifique devait nous faire entrer dans l'ère industrielle, qui devait être le " second miracle de la Côte d'Ivoire ", celui de Gbagbo. Ce projet s'appelait " the future of Africa. " Je ne sais pas pourquoi mais chaque fois qu'on veut nous entuber, on emploie des mots anglais. Je ne sais pas si Gbagbo a écouté Fologo lui raconter cela sans rire. Si ça se trouve, il a peut-être pleuré de joie, émotif comme il est. Je suis désolé mais lorsqu'un pays veut sérieusement entrer dans l'ère industrielle, il ne laisse pas la FESCI tuer l'école. C'est par le sérieux qu'un pays met dans la formation de sa jeunesse que l'on apprécie sa volonté d'entrer dans l'ère industrielle. Ce n'est pas par des incantations magiques que cela se produit. Ce n'est pas parce que des centaines d'entreprises s'installeront dans une zone franche à Bassam où elles ne paieront pas d'impôts que nous serions entrés dans l'ère industrielle. Non. C'est lorsque nous aurions, dans un premier temps formé suffisamment de cadres pour faire fonctionner à peu près normalement notre pays, c'est lorsque dans un second temps nous aurions formé suffisamment de cadres capables d'inventer, de créer, de transformer la matière pour résoudre nos problèmes essentiels, pour que nous utilisions d'autres énergies que nos muscles, c'est à ce moment-là, oui, que l'on pourra peut-être parler d'ère industrielle. Nous en sommes très loin. Et nous risquons de ne jamais y arriver si nous ne commençons pas par en prendre le chemin. Ce n'est ni la taille, ni le nombre de palais d'un pays qui font de lui un pays industriel. C'est la qualité de son enseignement, et la qualité de ses cadres. Houphouët-Boigny qui n'avait pas fréquenté d'université l'avait compris, lui. C'est pour cela qu'il a construit des grandes écoles à Yamoussoukro et accordé des bourses à l'étranger à tous les Ivoiriens méritants. C'est de ces grandes écoles et de ces universités étrangères que sont sortis la plupart des cadres qui font tenir encore ce pays et qui font notre fierté à l'extérieur. Est-ce avec les cancres de la FESCI ou les analphabètes de la rébellion que l'on a déversés à tous les échelons de notre administration que l'on fera entrer ce pays dans l'ère industrielle ? Il ne faut quand même pas rêver ! Ce que nous pouvions espérer était d'être classé pays pauvre très endetté, et c'est bien ce que nous avons obtenu. Mais visiblement, ce que nous apprécions le plus, c'est lorsque nous nous jouons la comédie.


Venance Konan, Journaliste-écrivain ;email : venancekonan@yahoo.fr

mercredi 8 avril 2009

Pétrole ivoirien - Les très bonnes affaires de FAKHOURY

L’architecte s’est vu confier tous les travaux du transfert de la capitale payés en pétrole à 30 dollars le baril. Soit un bonus de 58 millions d’euros. Assez pour que le FMI réclame des explications. 

Les « grands travaux d’investissement de l’Etat » ivoirien ont fait au moins un bienheureux, l’architecte libano-ivoirien Pierre Fakhoury. Celui-la même qui s’est immortalisé sur l’un des vitraux de la basilique de Yamoussoukro qu’il a construite. Au total, ce sont deux protocoles d’accord, quatre avenants et douze contrats qui ont été signés entre le gouvernement ivoirien et le groupe Pierre Fakhoury Operator, PFO. 

Ces différents accords confient à l’architecte les « grands travaux d’investissement de l’Etat » : le transfert de la capitale à Yamoussoukro, le pont de l’île Boulay, la voirie, les réseaux divers et les aménagements paysagers de la zone administrative et politique de Yamoussoukro, le palais de la présidence de la République à Yamoussoukro, le terrassement de la zone administrative et politique et la voie triomphale, l’Assemblée nationale et le Sénat à Yamoussoukro, la construction de l’autoroute de contournement de la ville de Yamoussoukro, la rénovation du village Ivoire Hôtel et Ivoire Trade center à Abidjan, le mémorial Félix-Houphouët Boigny à Abidjan. 

Pour tous ces travaux, Fakhoury a obtenu à la fois, le contrat d’opérateur, d’études architecturales et techniques et de réalisation. Tous ces contrats n’ont fait l’objet d’aucun appel d’offres. Du gré à gré, reconnaît le Ministère de l’économie et des finances. 

Coût 

Quel en est le coût total ? Des centaines de milliards de francs CFA. Le futur pont qui portera le nom du président Laurent Gbagbo, est évalué entre 95 et 150 milliards CFA (144,8 millions et 228 millions d’euros) dans sa première phase, pour atteindre 700 milliards FCFA (1,06 milliard d’euros) en phase finale. Gré à gré, coût faramineux, ce n’est pas tout. Le mode de paiement est tout aussi inhabituel. Du troc. Travaux contre pétrole à un cours qui s’est révélé finalement bien plus bas que le marché. L’accord est conclu en 2005 alors que le baril de pétrole Brent est à 58,09 dollars à Londres, prévoit pour une livraison en 2008, le paiement de 30 dollars, « au risque de l’opérateur ». Mais en cas de surplus, l’opérateur encaisse quand même le tiers de la plus-value ! En 2005, était-il risqué de parier sur un baril à moins de 30 dollars ? 

Toutes les précisions dans Les Afriques No 70 à paraître jeudi 9 avril. 


Par Hance Guèye, Dakar 


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IMMOBILISME DANS L’APPLICATION DE L’APO La sortie de crise dangereusement compromise


Le processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire est dangereusement compris depuis la passation manquée des charges entre les préfets et les commandants de zone (Com-zone), le 4 mars 2009. Les forces nouvelles qui, jusque-là, avaient montré leur détermination à faire aboutir l’Accord politique de Ouagadougou (Apo) qu’ils ont signé avec le camp présidentiel, le 4 mars 2007, font entendre un autre son de cloche tout à fait différent des engagements qu’ils ont pris. Les Hommes de Guillaume Soro, notamment sur la question du désarmement et de la passation des charges entre les com-zones et les préfets, refusent de lâcher du lest et entendent marcher à leur rythme. Malgré la décision prise le 18 Mars 2009 par le chef de l’Etat Laurent Gbagbo, de ‘’donner un coup de fouet’’ à l’application du quatrième accord complémentaire à l’Apo, les forces nouvelles campent sur leur position. A savoir, ne pas déposer les armes avant les élections. En conséquence, elles se dressent contre tous les actes qui tendent à les conduire vers le désarmement. Il y a quelques jours, le chef d’état major des forces armées des forces nouvelles (Fafn), le général Soumaïla Bakayoko opposait un refus catégorique à la proposition du général Philippe Mangou, de redéployer les forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire (Fds-ci) dans les zones sous contrôle des Fn. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire ‘’Jeune Afrique’’ paru le lundi 6 Avril 2009, le com-zone des Fn à Bouna, Ouattara Morou levait un coin de voile sur la position de l’ex-rébellion par rapport aux questions délicates de l’application du quatrième accord complémentaire. ‘’...Nous allons également remettre les clés de nos zones aux préfets, mais pas à n’importe quel prix. Le ministre de l’Intérieur, Désiré Tagro souhaite passer en force. Pourquoi veut-il nous brusquer ? Il faut que les choses se passent en douceur’’ a indiqué le chef de guerre. Qui a été très clair par la suite : ‘’Quant au désarmement définitif, il sera réalisé par le président de la République issu de la prochaine élection. C’est lui qui indiquera la marche à suivre’’. Cette dernière position n’est pas celle du camp présidentiel qui continue de soutenir qu’il faut désarmer avant les élections. ‘’Il est bien difficile d’arracher les armes aux Fafn qui continuent à prélever des impôts à leur seul profit...Il faut que les Fafn renoncent à leurs avantages. Ces quelques personnes n’ont pas compris qu’elles compromettent l’avenir de millions d’Ivoiriens’’ a indiqué récemment à Bruxelles en marge de la 3éme conférence du forum progressiste mondial, le président du Front populaire ivoirien (Fpi, parti présidentiel), Pascal Affi N’guessan. Toutes ces différentes prises de position qui plongent l’application de l’Apo dans un immobilisme déconcertant, compromettent dangereusement la sortie de crise en Côte d’Ivoire. Les velléités guerrières semblent resurgir de part et d’autre. De sorte que l’on se demande si l’apparente entente entre le chef de l’Etat Laurent Gbagbo et son premier ministre Guillaume Soro (Secrétaire général des Fn) ne cache pas un réel malaise. Le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, Facilitateur du dialogue direct interivoirien semble impuissant désormais face au laxisme des signataires de l’Apo qui donnent l’impression de n’avoir pas totalement évacué les sentiments de méfiance et de prudence l’un vis-à-vis de l’autre.
BAMBA Idrissa (Soir Info)

mardi 31 mars 2009

Devoir de responsabilité

Dimanche 29 octobre 2009, à l'occasion du match Côte d'Ivoire-Malawi, Comptant pour les qualifications à la coupe du monde 2010 et à la coupe d'Afrique 2010, les nombreux ivoiriens partir voir et encourager leur stars et assister à un bon spectacle dont ils ont été longtemps privés, ont plutôt été victime d'une grave tragédie qui s'est soldée par 19 morts et 132 blessés avant le début de la rencontre.

Tous les témoignages à l'issu de cette tragédie concordent et accusent la Fif qui aurait émis plus de tickets que la capacité du stade Félix Houphouet Boigny et la police, dans sa brutalité légendaire, qui a lancé une grenade lacrymogène en direction de cette foule, estimée plus nombreuse que celle qui était à l'intérieur du stade, créant ainsi la panique.

Ce qui s'est passé dimanche, est vraiment grave. De nombreux spectateurs, qui avaient des tickets d'entrée, n'ont pu avoir accès au stade, car il n'y avait plus de place. Et c'est à l'occasion d'une rencontre, qui s'est déroulée à guichets fermés, a-t-on annoncé. Si le stade est plein et que des spectateurs, qui avaient des tickets, n'ont pu avoir l'accès et ont tenté de forcer l'entrée, c'est qu'il y avait problème. On a entendu des spectateurs se plaindre et lancer des quolibets à l'endroit de la Fif. «Trop, c'est trop. Aujourd'hui, on va tous rentrer. A chaque grand match, ce sont les mêmes choses», selon certaines sources. 

Ce matin j'ai entendu le président du comité d'organisation de la Fif sur Rfi, dégager toute sa responsabilité dans cette grave tragédie et accuser la police. Pour lui les policiers n'ont pas respecté les consignes, en plus ils ont laissé entrer des spectateurs sans tickets, aussi dans la panique une grenade a été lancée. Le témoignage de ce Monsieur est très grave. Il ignore ce que signifie être responsable. Quand on organise un spectacle qui se transforme en tragédie, le premier responsable est l'organisateur quelques soient les raisons évoquées. A ce titre et pour le respect des victimes, la première chose qu'il a à faire est d'assumer ce qui s'est passé et de rendre sa démission. Ne confondons pas responsable et coupable; c'est une enquête ordonnée par le procureur de la république qui déterminera les coupables. Mais en Côte d'Ivoire le mot responsabilité et toutes ces déclinaisons n'existent pas dans le dictionnaires des dirigeants à quelque niveau qu'ils se trouvent. Comment comprendre qu'aucun responsable des structures qui gravitent autour de l'organisation des matchs de l'équipe nationale de football n'ose assumer la responsabilité de cette tragédie. C'est le résultat de la culture de l'impunité.

Souvenons nous de l'affaire des déchets toxiques, tous les responsables des structures ( port, douane, ministères) qui interviennent habituellement dans ce genre de transactions ont tous rejeté leur responsabilité. On risque d'assister au même scénario car dans nôtre pays, qui vient d'être déclaré officiellement pays pauvre très endetté,  l'histoire se répète.....trop souvent. Ce sont les comportements de dirigeants très riches dans un pays très pauvre et très endetté.

On dit que Soro, notre rebelle de Premier Ministre, a convoqué un conseil de gouvernement extraordinaire pour situer les responsabilités. J'espère que ça ne sera pas encore l'histoire de la montagne qui accouche d'une petite souris..... comme dans l'affaire des déchets toxiques. Wait end see! disent les anglais.

lundi 30 mars 2009

Fières d'être très pauvres et très endettés

J'avais décidé de ne pas écrire sur le fait que la Côte d'Ivoire soit éligible au processus PPTE parce que j'ai considéré cela comme un non évènement. Mais devant cette sorte d'hystérie de nos gouvernants et d'une partie des ivoiriens comme si cette éligibilité allait faire disparaître tous les problèmes sociaux et de développement de la Côte d'Ivoire, j'ai décidé de dire ce que j'en pense. 


Peut-être que le PPTE est un mal nécessaire pour la Côte d'Ivoire eu égare aux difficultés de toutes sortes que connaît le pays actuellement du fait de cette crise qui perdure mais aussi de la mal gouvernance. Cela me fait penser à un père de famille à qui ont promet une bourse d'étude si son fils est le dernier de sa classe. A la fin de l'année scolaire son fils est effectivement dernier, il obtient la bourse et le père très fière de la performance de son fils crie à partout et à très haute voix dans tout le quartier sa joie et sa fierté d'avoir un enfant cancre et idiot.


Le gouvernement devrait adopter un profil bas car aucun  homme consciencieux et sensé ne cherche à marcher à reculons. L'ambition légitime de tout pays est de devenir un pays développe et riche au bénéfice de sa population et non de se battre becs et ongles pour être pauvre. Nos dirigeants manquant d'imagination pour mettre en place un projet viable et efficace de développement qui prenne en compte le bien être de la population, préfère les solutions de facilités tel que le processus PPTE. Nous savons tous que les investissements non productifs ne développent pas un pays car non créateur de valeur ajoutée et d'emplois. Le gouvernement devrait plutôt réfléchir à la création d'un environnement économique et juridique qui rassure et donne confiance aux investisseurs. Cela veut dire une justice qui dit le droit rien que le droit, une administration transparente, non corrompue et efficace et une fiscalité attrayante.


Aux revendications sociales des fonctionnaires, le gouvernement a eu invariablement la même réponse: " Attendez que la Côte d'Ivoire soit éligible au processus PPTE et toutes vos revendications trouveront solution." Maintenant que cela est fait, les fonctionnaires attendent avec impatience le gouvernement.

Venance Konan (Journaliste indépendant) : “Tout va bien au pays !”


Tout va donc bien au pays de notre président bien-aimé. Il peut dormir sur ses deux oreilles. Le brillant et élégant chef d'état-major de notre très compétente armée veille au grain. Anaky Kobena, se croyant on ne sait où, et sous prétexte qu'il est un élu de la nation et jouissant d'une immunité parlementaire a osé tenir des propos patriotiquement incorrects sur les antennes de notre patriotique télévision. Mangou, n'a pas fait dans le détail. Au trou ! Pourquoi respecter des procédures d'un Etat de droit, saisir une justice ? C'est quoi une immunité parlementaire au pays de notre président bien-aimé ? Au trou j'ai dit ! C'est quoi la liberté de penser et de s'exprimer dans notre belle république refondée ? Les seuls pensées et propos acceptables dans notre république démocratique, socialiste et refondée sont les pensées et propos patriotiquement corrects, comprenez-le bien une bonne fois pour toutes, et ne venez plus énerver notre charmant et patriote chef d'état-major. On se souvient qu'il y a quelques années, un individu s'était présenté à la télévision en disant qu'il portait une bombe. Il exigeait de parler au chef d'état-major. Celui-ci s'est présenté dare-dare à la télévision. Il s'est avéré que l'individu n'avait aucune arme en sa possession. Il prétendait vouloir protester contre les rebelles. Il a eu pour cela l'honneur de se faire raccompagner par le chef d'état-major dans sa voiture. Un si charmant patriote ! Puis, lorsqu'après la formation du gouvernement de Charles Konan Banny, des jeunes patriotes se sont mis à renverser des poubelles à Yopougon parce que Bohoun Bouabré n'était plus le ministre de l'économie et des finances, c'est encore le chef d'état-major qui est passé à la télévision pour les supplier de ne pas faire de débordement. Et plus tard, lorsque le GTI avait dit que le mandat de l'Assemblée nationale n'avait pas à être prorogé, des patriotes sont encore une fois allés à la télévision pour faire une déclaration. Et encore une fois, c'est le chef d'état-major qui est venu jouer les négociateurs entre les patriotes manifestants et la télévision.


Tout va très bien dans notre si formidable pays. Notre président bien-aimé peut dormir à poings fermés. Mangou est là et il veille sur tout. Ce n'est pas l'armée qu'il dirige qui fera à notre prince bien-aimé un coup à la mauritanienne, à la malgache ou à la bissau-guinéenne. Les Anaky, Gnamantêh et autres mauvais patriotes qui disent des choses déplaisantes à l'auguste oreille de notre chef bien-aimé, et qui sont susceptibles de donner des mauvaises idées à ce peuple abruti savent désormais à quoi s'en tenir. Notre armée est là, debout, et patriote. Il faut bien qu'elle s'occupe, cette si brave armée. Et dans ce beau pays nôtre, nous avons cultivé au plus haut degré l'art de ne pas faire ce que l'on doit faire en faisant ce qui ne nous regarde pas. Il est effectivement plus facile à notre armée de faire arrêter un Anaky pour des propos qu'il a tenus à la télévision, plutôt que de mettre au pas les va-nu-pieds analphabètes qui ont pris la partie septentrionale de notre pays en otage depuis plus de six ans. Où était-elle donc, cette si grande et patriotique armée, lorsque ce petit groupe de déserteurs accompagnés de chasseurs dozo, seulement armés de vieux tromblons ont occupé la moitié de la Côte d'Ivoire ? Bien sûr, de grands " démocrates " de ce pays ont justifié l'interpellation d'Anaky et ce qu'ils ont appelé " la mise en garde des pyromanes. " Qu'ils sachent tout de même que lorsque l'on laisse l'armée faire n'importe quoi dans un pays, surtout ce qui ne la regarde pas, il arrive un jour où elle se dit qu'elle pourrait très bien gouverner elle-même ce pays.


En France où je me trouvais récemment, la grosse blague était de demander quand aura lieu la prochaine élection. Et la réponse était un grand éclat de rire. La date la plus probable que j'ai pu donner à mes interlocuteurs était la Saint glin-glin. Et les raisons sont simples, et connues de tous. Personne ne veut de ces élections, et la situation actuelle arrange tout le monde. Le chef de l'Etat bien sûr, qui a réussi à s'offrir un bonus de trois ans, bientôt quatre, sur son mandat, sans passer par les urnes et sans être embêté par qui que se soit, et son premier ministre pour qui plus cela dure et mieux cela vaut pour ses poches et ses rêves présidentiels. Il y a aussi les rebelles, petits et grands qui vivent grassement sur le dos des populations en pillant toutes leurs ressources, mais aussi les députés, les conseillers municipaux, les conseillers généraux, toutes tendances politiques confondues qui se sont aussi offert le même nombre d'années de bonus que le chef de l'Etat sur leurs mandats, et bien entendu, tous les ministres du gouvernement. On ne quitte pas une table où le repas est si bien viandé. Le refrain est bien sûr connu : on attend patiemment que Gbagbo veuille bien organiser des élections, qu'il perdra forcément. Et pourtant, Gbagbo le dit publiquement : son pouvoir, il l'a arraché morceau par morceau. Et personne n'ignore comment il l'a arraché à Guéï. Cela signifie, pour qui n'est pas un rêveur, que ce pouvoir qu'il a obtenu dans les conditions que l'on sait, il faudra le lui arracher de la même façon. Mais avec ce qu'il a en face de lui, tout va très bien pour notre chef bien-aimé. Mangou est là pour éviter que des gens qui n'ont aucune envie de lui enlever son pouvoir ne le fassent.


Il y a quelques semaines, au début du mois de mars, j'avais participé à un débat public de l'Observatoire des élections. A cette occasion, Monsieur Edjampan Tiémélé m'avait répliqué, lorsque j'avais dit que le peuple ivoirien était l'otage de toute la classe politique, que l'opposition qui avait voulu manifester en mars 2004 avait vu entre 300 et 400 de ses militants assassinés par le pouvoir de Laurent Gbagbo. Je lui avais alors demandé ce que faisait cette opposition dans le gouvernement d'un tel homme. Je pose encore la question : comment des partis d'opposition peuvent-ils continuer de siéger dans le gouvernement d'un homme qui tue 300 à 400 de leurs militants ? Ce jour-là, j'avais pris la salle à témoin sur le fait que les 25 et 26 mars, aucun de ces partis d'opposition n'appellerait à une petite messe, une petite prière dans une mosquée, à allumer une petite bougie pour commémorer ces jours de massacre et rappeler aux Ivoiriens et au reste du monde la mémoire de ces victimes. Les 25 et 26 mars sont passés, et effectivement aucun leader politique de l'opposition n'a parlé de ces événements. Cela fait cinq ans que ces personnes ont été massacrées et ceux qui les ont appelées à descendre dans la rue les ont déjà oubliées. En 2007, lorsqu'un journaliste avait parlé à Affi N'guessan de l'assassinat de Robert Guéï, il lui avait répondu qu'il fallait éviter les questions qui fâchent. Je suppose que si les leaders de l'opposition avaient appelé à se souvenir de leurs martyrs, M. Laurent Gbagbo se serait fâché. Ce que notre opposition ne veut absolument pas prendre le risque de faire. Gbagbo pourrait dire par exemple qu'il remanie son gouvernement, pour priver cette opposition du repas bien viandé. Et cela est insupportable pour elle. Eh bien, avec une telle opposition qui n'est même pas capable d'honorer la mémoire de ceux qui sont tombés pour elle, qui n'est même pas capable de se fâcher et de taper du poing sur la table lorsqu'on la mène par le bout du nez, M. Gbagbo organisera bel et bien les prochaines élections à la Saint glin-glin. Et mon ami Gnamantêh croupira en prison le temps que voudra le procureur, comme avant lui mon jeune frère Assalé avait croupi douze mois bien comptés en prison pour avoir dénoncé cette corruption qui pourrit tout le pays. Parce qu'à part les condamnations de principe, il n'y aura rien d'autre


Tout va très bien au pays de notre président bien-aimé. Il s'est battu comme un beau diable pour que son pays soit considéré comme un pays très pauvre et très endetté. Nous avons fini par avoir ce statut, d'après ce que j'ai cru comprendre à travers les journaux. Grande joie au palais. De toutes les façons, on ne pouvait pas rater cela, vu la très grande conscience que nous avons mise à appauvrir ce pays. Il y a d'abord tous les détournements massifs d'argent. Mais ne le dites pas trop fort. Le procureur ne dort que d'un œil. Il y a eu aussi les investissements totalement improductifs tels que les palais à Yamoussoukro, le gaspillage effréné, la corruption qui a gangréné tous les strates de la société, même la présidence (chuuut ! Vous tenez vraiment à réveiller le procureur ?), l'incompétence notoire des dirigeants, la mauvaise gouvernance, etc. Je ne vous apprends sans doute rien en vous disant que notre production de cacao est en train de baisser, et que bientôt nous perdrons notre place de premier producteur mondial au profit du Ghana, qui lui, s'en sort bien avec son cacao. La raison en est que nos paysans, fatigués de travailler comme des forçats pour enrichir des aigrefins, ne veulent plus renouveler leurs plantations et beaucoup d'entre eux préfèrent se tourner vers la culture de l'hévéa, quand ils ne choisissent pas simplement de se tourner les pouces. Il se trouve que les cours du caoutchouc ont chuté de manière drastique avec la crise financière mondiale et l'hévéa ne rapporte plus grand'chose. Nous avons fait ce qu'on appelle tuer la poule aux œufs d'or. Houphouët-Boigny avait rêvé de faire de la Côte d'Ivoire un pays développé. Honte sur lui. Notre président actuel et bien-aimé en a fait un pays très pauvre et très endetté. Qu'il soit loué. Et que le général Mangou veille encore longtemps sur lui.


Venance Konan, écrivain


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samedi 21 mars 2009

Affaire Anaki: le zèle du chef d'Etat major


Le mercredi 18 mars 2009 au cours d'une émission sur la première chaîne de la RTI, Monsieur Anaki, ancien ministre, député et président d'un petit parti politique (MFA), appelait les ivoiriens, face à l'échec selon lui de l'accord politique de Ouaga, à suivre l'exemple malgache. Deux jours après cette émission, Anaki Kobenan a été conduit à la direction de la surveillance du territoire (dst) pour être entendu. Selon les organisations de lutte pour les droits humains la procédure en la matière n'a pas été respectée parce que Anaki Kobenan est ancien ministre et député. Après ces déclarations du président du MFA, l'armée ivoirienne (la grande muette), s'est cru obliger de venir faire une déclaration au cours du journal télévisé de 20 heures pour menacer les partis politiques et de façon insidieuse les syndicats et la société civile, donnant ainsi l'impression que la Côte d'Ivoire est dirigée par un régime militaire.



Dans un régime démocratique, donc civile, lorsque la sécurité de l'Etat est ménacée ou lorsqu'il y a des risques d'insurrections suscitées par des leaders politiques, il ne revient pas à l'armée de courir à la télévision pour faire des déclarations à caractère politique. Il ne revient pas non plus à l'armée d'interpréter les discours des hommes politiques. Cela revient aux autorités politiques à travers le ministre de la défense ou le ministre de la sécurité. C'est le rôle des autorités politiques d'apporter une réponse adéquate aux discours séditieux des leaders politiques. Le rôle de l'armée est d'obéir et d'exécuter.



Cette sortie de l'armée est inopportune et antidémocratique. Le Chef d'Etat major se sentirait-il menacé au point de vouloir être plus royaliste que le roi. Pour quelle raison le Général Philippe Mangou veut-il s'immiscer dans l'arène politique en cette période d'incertitude électorale? Dans un Etat démocratique l'armée doit être neutre et républicaine. Son rôle est de défendre le peuple et les institutions car en démocratie le peuple est le détenteur exclusif du pouvoir. Alors mon Général contentez vous d'être un soldat.

vendredi 13 mars 2009

La danse des sorciers autour de la date de l'élection présidentielle

Au lendemain de la signature de l'accord politique de Ouaga (Apo), j'ai eu une chaude discussion avec un monsieur dont j'ignore le nom, fervent partisan du Fpi, au sujet de la sincérité des signataires de cet accord et de l'impossibilité de tenir la date de l'élection présidentielle. Je me souviens lui avoir proposé un pari d'un montant de 100 mille fcfa que l'élection présidentielle aura lieu au plutôt le 30 octobre 2010. Pari qu'il a refusé car n'étant pas lui même sûr de ces certitudes. Au rythme où vont les choses, on s'achemine inéluctablement vers cette date. Il y a des petits partis politiques satellite du Fpi qui appelle à la tenue de l'élection présidentielle à la date du 30 octobre 2010. Souvenons nous qu'au lendemain de la signature de l'Apo, une polémique faisant cas d'un accord secret fixant la date de l'élection présidentielle au 30 octobre 2010 avait éclaté. Nous en sommes pas loin.


Actuellement, il y a un débat que je qualifie d'hypocrite autour de la fixation de la énième nouvelle date de l'élection présidentielle et emprunt de mauvaise fois. Le Président Gbagbo n'a-t-il pas dit que la mauvaise fois est la chose la mieux partagée en politique. Et tout le monde y vas de sa dose de pression, même la communauté dite internationale, sur la Cei qui est devenue leur cheval de troie, leur exutoire, comme si la Cei est l'unique responsable de la lenteur du processus électoral. Alors que nombreux sont ceux qui ont intérêt à ce que ce processus traîne en longueur. Je veux parler d'abord des signataires de l'Apo, ensuite des députés, des maires, des présidents des conseils généraux. Par extrapolation des partis politiques de l'opposition et ceux qui se réclament du pouvoir Fpi.


Il sera aléatoire de fixer, au moment où toutes les pesanteurs sur le processus électoral ne sont pas levées, une date pour l'élection présidentielle qui ne sera pas respectée. Je pense que pour donner un nouveau calendrier électoral qui aura toutes les chances d'être exécuté, il faudra attendre la validation du listing électoral par les partis politiques. En cela je soutiens la position du Président de la Cei.

vendredi 6 mars 2009

Détournements de fonds, emplois fictifs, enrichissements illicites... Ali Baba et les 40 voleurs

"Houphouët voleur…Houphouët voleur…Houphouet voleur…Houphouet voleur… "
Lorsque monsieur Laurent Gbagbo et ses camarades de la refondation écrivaient , dans leur laboratoire de cogitation et de démagogies, les paroles de cette vilaine et non moins méchante chanson, ils étaient loin de s`imaginer qu`un jour, parvenus au pouvoir par un concours de circonstances incroyables, pour ne pas dire dans des conditions sanglantes ou calamiteuses (faites votre choix), le peuple de Côte d`Ivoire ne verrait aujourd`hui dans leur régime, après bientôt neuf ans d`escroquerie politique au sommet de l`Etat, que l`expression du vol caractérisé, de la filouterie et de la cleptomanie.

Houphouet voleur…scandaient les élèves et Etudiants jetés dans les rues d`Abidjan et poussés dans le dos par les enseignants FPI qui avaient infecté tout le système éducatif. Monsieur Gbagbo lui-même, en grand chef d`orchestre, n`hésitait pas à entonner la même chanson, en traitant celui qui a consacré toute sa vie à construire ce pays et à travailler pour le bonheur et la sécurité de ses enfants, de " voleur ". Monsieur Gbagbo fera le tour de la Côte d`Ivoire avec cette chanson dans la bouche et les deux doigts levés. De nombreux Ivoiriens, de bonne foi mais surtout brûlant d`envie de changement à tout prix, le suivront dans son aventure, en croyant que le " V " formé par les deux doigts levés signifiait victoire, volonté de changement positif, volonté de rupture avec les anciennes pratiques du parti unique, volonté de gouverner autrement avec des déclarations (petite digression) péremptoires et surréalistes du genre : " Avec 10 milliards, je règle tous les problèmes de l'université", une déclaration qui rendra les Etudiants fous de joie. Puis, une fois parvenu au sommet de l`Etat et réalisant qu`en réalité la théorie n`a rien à voir avec la pratique, il change de discours : "Je mets quiconque au défi de dire qu`il peut régler tous les problèmes de l`université ". 

Aujourd`hui, les Etudiants, roulés dans la farine, ont découvert que non seulement ils n`ont jamais été aussi malheureux que sous le règne de monsieur Gbagbo, mais surtout que le Président Houphouet (paix à son âme), ne pensait pas vraiment à lui-même lorsqu`il disait que le vrai bonheur ne s`apprécie que lorsqu`on l`a perdu. Fermons la parenthèse.

En réalité, le signe du " V " de la victoire que faisaient monsieur Gbagbo et ses camarades de la refondation (et les Ivoiriens l`apprennent à leurs dépens), n`était que le " v " du vol, de la victoire des voleurs, le " V " de la volonté, (après avoir tout pillé), de remuer ciel et terre pour obtenir l`inscription de notre pays sur la liste des pays les plus pauvres de la planète, afin de recevoir un cadeau annuel d`environ 400 milliards de FCFA pour boucher les trous des détournements colossaux opérés sous son régime et décriés au quotidien par son camarade Mamadou Koulibaly, l`insaisissable président de notre désormais inexistante Assemblée Nationale : "Au FPI, il y a des voleurs, des menteurs et des truands " ; a-t-il lancé à Yopougon en février dernier.

Mais lorsque monsieur Gbagbo et ses camarades traitaient Houphouet de voleur, ils pensaient surtout à l`entourage de ce dernier. Dans leur entendement, si l`entourage du président Houphouet détournait des fonds publics, Houphouet ne pouvait être que le voleur en chef, vu que c`est lui qui les choisissait. Un raisonnement à la fois simpliste et méchant qui a pourtant produit des effets au-delà des espérances des refondateurs. La fin ne justifie-t-elle pas les moyens ? Et n`y a-t-il pas des " coups d`Etat qui font avancer la démocratie " ? " Mille morts à gauche, mille morts à droite, moi j`avance ". Et monsieur Gbagbo et ses camarades ont beaucoup avancé dans leur volonté de faire des Ivoiriens, des clochards, tant les scandales, sous son régime, sont nombreux et ont pour titre : ALI BABA et les 40 voleurs.

Considérant la survenue de la guerre seulement 23 jours après le coup de Sia Popo, comme un signe de Dieu, les refondateurs, profitant de la confusion qui s`ensuit, montent tous sur le plateau de tournage du film " ALI BABA et les 40 voleurs ", plongent mains et pieds dans les caisses de l`Etat et mettent rapidement plusieurs milliards " en zone de confiance " gouvernementale". Leur grand chef (l`homme qui a crié Houphouet voleur), assiste au tournage du film en prodiguant de temps en temps, quelques sages conseils. Doucement, doucement les gars " l`argent n`aime pas le bruit ". Mais, malgré tous les conseils du grand chef, quelques bruits de pillage dans la filière café cacao parviennent aux oreilles de quelques Ivoiriens qui se mettent à murmurer. Leurs murmures parviennent aux oreilles du grand chef qui s`étonne et s`indigne le mercredi 24 octobre sur les antennes de la télévision. " Si la filière est mal gérée, ça ne regarde pas l`Etat et ce n`est pas l`argent de l`Etat qui est dilapidé. Nous, nous retirons, nous Etat (et l`Etat c`est moi, NDR) ; notre impôt. 250 milliards en 2005, 254 milliards en 2006. C`est ce qui est dans les caisses du trésor et c`est ça que nous dépensons. Le reste appartient à ceux qui gèrent la filière…Aujourd`hui, avec la réforme que nous avons faite, nous prenons notre impôt et le reste regarde ceux qui gèrent la filière. ". Avec ces propos clairs comme l`eau de roche, le grand chef (l`homme qui a crié Houphouet voleur), croyait en avoir fini avec les murmures du peuple (cet ingrat), sur les vols (planés) de ses camarades. Que nenni. Ce qui le rendit très, très furieux. " Ce ne sont pas seulement mes compagnons qui volent ", avoue-t-il enfin, le mercredi 23 janvier 2008, sur les antennes de la télévision. Agacé, il ajoute : "Avant, je touchais 400.000FCFA. Aujourd`hui, je touche 8,5 millions (plus 70 milliards de fonds de souveraineté, NDR). Donc, je me considère (évidemment), comme riche. Je ne construis pas de maisons. Je ne fais pas des affaires (normale, avec 70 milliards annuels). Nous, on a vu des gens ici à vélo et puis on les a vus un an après la proclamation de l`indépendance, être riches. Nous avons vu les jaguars débarquer à Abidjan, les premières maisons en marbre. Donc (si mes camarades refondateurs volent et sont devenus les nouveaux riches), moi, je ne suis pas du tout dérangé. Parce qu`en fait (les Ivoiriens ont la mémoire courte), c`est un phénomène (les nouveaux riches), cyclique. Il y a des gens qui étaient pauvres et misérables et brusquement, devant nous, ils sont devenus riches. Donc, aujourd`hui, il y a d`autres (dont moi et un autre qui a dit qu`il ne sera plus jamais pauvre dans sa vie), qui étaient misérables et brusquement, devant nous, ils sont devenus (très) riches. La roue tourne. ". Selon donc monsieur Gbagbo (l`homme qui a crié Houphouet voleur), la notion de vol et d`enrichissement rapide se résume dans cette formule : " Chacun mange à son tour. C`est notre tour ", donc fichez-moi la paix et laissez-nous voler en paix. Message reçu 5/5 par tous les re(b)fondateurs disséminés par le grand chef dans toutes les régies financières. Certains, qui connaissaient jusqu`aux moindres pensées du grand chef, n`avaient pas attendu ses déclarations de soutien pour aller négocier une grosse affaire (et pourtant ils disent qu`ils ne font pas d`affaires), de 100 milliards sur le dos des victimes des déchets toxiques. Dans un dossier publié par FRATERNITE MATIN en août 2007, on découvrit que les vraies victimes n`avaient rien reçu et continuaient de mourir en silence. Mais quand les vraies victimes, soigneusement omises se plaignent et organisent des marches pour réclamer leur indemnisation, le grand chef leur envoie d`abord des chiens bergers et des grenades lacrymogènes avant de se fâcher, sur les antennes de la télévision : " il y a des gens qui pensent qu' être malades des déchets toxiques, c`est un métier…Nous, nous avons pris nos 100 milliards… ". Sous-entendu, circulez, vous n`aurez rien. Donc, monsieur Gbagbo, (l`homme qui a crié Houphouet voleur), a encouragé tous les vols sous son régime. Mais, soudain, réalisant l`ampleur des dégâts causés par ses propres déclarations sur l`économie du pays, et voulant se refaire une nouvelle virginité (oubliant qu`on ne retrouve jamais la virginité une fois qu`on l`a perdue), il ramasse quelques uns de ses amis et les expédie à la MACA. Quand, ces derniers, surpris par le sort qui leur est fait, le grand chef se fâche encore et les traite de voleurs : " J`irai jusqu`au bout…Il s`agit de milliards qui ne sont ni dans les caisses de l`Etat, ni dans les poches des paysans ", déclare-t-il le 21 janvier 2009. Depuis quand l`Etat s`intéresse-t-il, après avoir prélevé ses impôts, à l`argent de la filière café cacao ? Mais, monsieur Gbagbo n`a pas fini de se fâcher que soudain, une bombe explose (oh surprise), à la Présidence de la République. Sa secrétaire particulière, madame Emilienne Gomé, vient d`escroquer 65 millions au DG de MTN. Là, le grand chef est très, très fâché. Voulant jouer lui-même le rôle d`ALI BABA face aux 40 voleurs, il sort son épée et coupe violemment la tête de sa voleuse (5 ans de prison ferme) de secrétaire. Mais la tête de la pauvre n`a même pas touché le sol qu`une autre bombe explose au palais. Des employés fictifs y sont payés depuis des années sans travailler. Tel est pris qui croyait prendre. Les Ivoiriens découvrent ahuris, que la caverne d`ALI BABA, c`est la Présidence de la République. Monsieur Gbagbo est solidement pris dans les mailles de ses propres contradictions. Et le régime de la refondation qui ne peut mettre le comportement de la secrétaire de monsieur Gbagbo sur le large dos de la guerre, s`est discrédité pour toujours. A présent, le peuple qui pleure, retient son souffle et attend le prochain scandale qui ne saurait tarder. Monsieur Laurent Gbagbo et ses camarades, en traitant Houphouet de voleur se sont présentés comme une poche de moralité et avaient promis de gouverner autrement la Côte d`Ivoire. Il n`y a aucun débat à ce sujet. En effet, aucun régime avant eux, n`avait obtenu des résultats aussi saisissants. ALI BABA ET LES 40 VOLEURS sont partout. Et le peuple, trahi, appauvri, humilié et abandonné, s`interroge : monsieur Gbagbo n`est-il pas le premier responsable de tous les vols commis par ses camarades ?

" Le peuple t`a choisi. Toi aussi, avant de choisir qui que ce soit, il faut faire attention. Si tu choisis voleur, nous, on va t`appeler voleur. Tu seras le comptable de ton choix… ". 

Qui est l`impertinent qui a composé cette méchante chanson ?

S. EPICURE (Le Repère)

Fesci, syndicat ou mafia ?


Le secrétaire général de la Fesci fulmine. Et menace. Alors que le syndicat, réputé proche du Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir) n’a pas mené de grandes campagnes pour la cause étudiante depuis l’arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo, Augustin Mian, étudiant de 31 ans inscrit en maîtrise de droit, n’exclut pas de recourir à la grève. Motif : les frais d’inscription à l’université, qui devraient prochainement passer à 50 000 F CFA, un tarif unique, alors qu’ils s’échelonnaient jusqu’ici de 7 000 à 10 000 F CFA selon le niveau d’études.

« Il faut pas nous fatiguer avec cette affaire de frais de scolarité. On subit déjà des retards dans le versement des bourses, les restaurants universitaires ne fonctionnent pas, les cités U sont délabrées et on veut nous faire payer 50 000 F CFA d’inscription. Ce n’est pas possible ! » vocifère le leader de la Fesci. Qui regrette que son organisation n’ait pas été invitée à des négociations préalables à l’adoption de ces nouveaux tarifs. Pour ses détracteurs, la Fesci fait plutôt preuve d’hypocrisie. « En fait, ce que ses responsables veulent négocier, c’est la part que le syndicat va prélever sur ces frais d’inscription », lance Patrick N’Gouan, président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (Lidho). Depuis plusieurs semaines, différentes sources à Abidjan font effectivement état de discussions avec les autorités de tutelle pour l’obtention d’une « dîme » par le syndicat. La rumeur est d’autant plus plausible que celui-ci a la réputation de racketter les étudiants.

Sur les campus, la Fesci se comporte en véritable mafia, un terme employé par Human Rights Watch (HRW) ou la Lidho, mais aussi par le président Laurent Gbagbo lui-même. En mai dernier, le chef de l’État a en effet demandé aux étudiants d’« abandonner pour toujours la violence, le banditisme et la mafia », ajoutant : « Sachez que je ne défends pas les bandits, je défends les futurs cadres du pays. »

Il n’empêche. C’est dans une totale impunité que la Fesci continue à régner, par la terreur, dans les universités, les campus et même les lycées. Au mois de janvier, pas moins de trois incidents sérieux ont défrayé la chronique. Entre le 12 et le 14, aux « 220 Logements », dans la commune d’Adjamé, les « fescistes » ont affronté à coups de gourdins et de machettes des jeunes du quartier. Il a fallu l’intervention massive des forces de l’ordre pour calmer le jeu.

Le 14, alors que la situation se calmait à Adjamé, des accrochages se sont produits à Yopougon entre des membres de la Fesci et des lycéens appartenant à l’Association générale des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (Ageeci). Quatre jours plus tard, le 18, des représentants du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) qui enquêtaient sur ces incidents ont été agressés. L’Ageeci est considérée par la Fesci comme proche de l’ex-rébellion qui tient le nord du pays. Depuis la création de ce mouvement en 2004, son fondateur, Habib Hobo, a été tué, une militante violée et plusieurs autres syndicalistes bastonnés. Enfin, le 22 janvier, à Yamoussoukro, ce sont des membres du « Collectif étudiants des grandes écoles » qui ont été attaqués. Bilan : cinq blessés, dont deux sérieusement. La plupart du temps, la réponse de la police ou de la justice est quasi inexistante.

 

En toute Impunité

« En mai 2007, quand la Fesci est venue saccager les locaux de la Lidho, nous avons prévenu la police. Ses agents se sont contentés de regarder les casseurs prendre le matériel pour l’emmener à la cité U de Mermoz. On a déposé une plainte, mais celle-ci est évidemment restée sans suite », raconte Patrick N’Gouan. Aux yeux des étudiants fescistes, la Lidho avait commis un crime en autorisant les enseignants, alors en grève, à se réunir dans ses locaux, le syndicat étudiant leur ayant interdit d’organiser la rencontre à l’université. « Notre siège est situé dans le quartier Mermoz, et ils considèrent qu’on est sur leur territoire. Ils nous ont même demandé de déménager », poursuit le président de la Lidho.

« Nous sommes certes des êtres humains, nous avons notre intelligence mais nous avons aussi un côté bestial », expliquait en 2005 l’un des plus célèbres « parrains » du mouvement, Kouakou Brou, alias Maréchal KB, dans une interview au quotidien Fraternité matin. Selon HRW, KB est considéré comme le « dirigeant militaire » de la Fédération.

Pour conforter sa mainmise sur l’université, la Fesci manie depuis longtemps violences et intimidations. De graves incidents ont opposé à la fin des années 1990 deux tendances concurrentes – l’une proche du FPI, l’autre du Rassemblement des républicains (RDR). Les différends se sont réglés à la machette. Depuis 2002, la culture de la violence n’a fait que se renforcer.

En décembre, le Cecos (Centre de commandement des opérations de sécurité), une unité d’élite de la police, a découvert une cache d’armes lors d’une perquisition à la cité U de Cocody. Les basses besognes sont confiées aux « antichambristes », petites frappes du mouvement qui patrouillent, selon des témoins, avec un sac à dos contenant couteaux, machettes et autres armes. « Les antichambristes existent, se défend Augustin Mian. Mais c’est juste un nom que l’on donne aux jeunes du mouvement, qui attendent leur tour dans l’antichambre. Ils n’ont aucun rôle particulier. »

« C’est vrai qu’il y a eu des dérapages dans la vie de notre mouvement, je le reconnais. Mais le contexte n’est plus le même, les temps ont changé », plaide Mian. Les accrochages de la mi-janvier à Adjamé ? « Des provocations. » L’agression des lycéens à Yopougon ? « Une bagarre entre camarades. » Bref, à l’entendre, la Fesci serait redevenue, sous son égide, une institution respectable. « Nous avons été invités dans le bureau du chef de l’Onuci [Mission des Nations unies en Côte d’Ivoire], c’est bien la preuve que nous ne sommes pas une mafia. L’ONU ne discute pas avec des mafias », argumente le secrétaire général. On ne voit pas très bien non plus pourquoi l’Onuci aurait besoin de consulter le secrétaire général d’un syndicat estudiantin si celui-ci se cantonnait à son rôle de défense des intérêts des étudiants. Le 10 octobre dernier, par exemple, la Fesci s’est illustrée en organisant le saccage de trois centres d’inscription sur les listes électorales, souligne un rapport de l’ONU.

 

Profil bas

Le syndicat a une organisation et un vocabulaire inspirés de l’univers militaire avec des secrétaires généraux qui se font appeler « général », un siège administratif surnommé « le Pentagone », et un quartier général baptisé « le Commandement supérieur ». Dans une enquête publiée en mai 2008, HRW détaille la façon dont la Fesci a mis les campus en coupe réglée, ce que nie en bloc Augustin Mian. Mais selon l’ONG, les petits commerçants doivent payer un « quota » s’ils veulent travailler aux abords des cités universitaires ou des campus. Parfois ce sont des fescistes eux-mêmes qui installent des commerces, des buvettes, voire une boîte de nuit comme le fameux « Marais », à la Cité rouge. Selon la Lidho, le syndicat prélèverait aussi des taxes sur les bourses, et aurait pris en charge la collecte des loyers des chambres universitaires. La Fesci ferait ainsi payer 20 000 F CFA par chambre au lieu du tarif officiel, fixé à 6 000 F CFA. Certains fescistes se permettraient également de téléphoner, manger et boire dans les commerces d’alentour sans jamais régler l’ardoise.

Les étudiants n’ont pas vraiment le choix. Ils doivent être membres du syndicat pour bénéficier de certains droits. Sinon, ils doivent se faire extrêmement discrets. Les autres mouvements de jeunesse ont bien du mal à exister sur les campus. La Fesci « a imposé la pensée unique par la terreur », expliquait le 29 janvier dernier Kouadio Konan Bertin, dit KKB, président des jeunesses du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) dans un entretien au journal Le Nouveau Réveil. Selon lui, les étudiants, s’ils ne sont pas membres du FPI, « ne peuvent afficher leur militantisme au grand jour ». « À chaque fois que nous avons essayé de mobiliser les jeunes, ceux-ci étaient virés de leur chambre dès le lendemain, voire blessés ou tués. Je ne peux pas envoyer les jeunes du PDCI à l’abattoir », ajoute KKB. La Fesci ? « Ce sont les escadrons de la terreur », confiait récemment un cadre du FPI.

Depuis la signature des accords de Ouagadougou, le 4 mars 2007, le mouvement fait plutôt profil bas. Pas question de nuire aux intérêts du chef de l’État, qui reste le grand parrain de l’organisation étudiante, et qui, pour le moment, joue l’apaisement. La Fesci pourtant, estime Patrick N’Gouan, « peut paralyser le processus électoral. On parle de démobiliser les milices, mais il faudrait commencer par la Fesci », conclut-il.

 Source Jeune Afrique