Le rôle des policiers selon Gbagbo Laurent

Vous êtes des policiers, vous n’êtes pas des juges... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Vos ennemis, ce sont tous ceux qui sont contre la République.Tous ceux qui veulent installer la chienlit, le désordre. Tous ceux qui veulent troubler les élections. Battez-vous contre le désordre, contre la chienlit… Ne réfléchissez pas, ce sont les juges qui réfléchissent. Vous êtes des combattants du respect de l’ordre public. S’il y a des dégâts, les juges rétabliront tout. La République se construit avec les Forces de l’ordre, avec les forces de combat… Moi, j’ai les bras de la République. Quand le moment arrive pour que je lance mes bras, je les lance.
Matez tous ceux qui sèment le désordre et après on réfléchira … Matez, matez, tous ceux qui sont contre la République... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Votre rôle n’est pas de réfléchir comme les juges. Ce sont les commissaires qui réfléchissent à votre place… Vous, votre rôle, c’est de mater, de mater…Le policier ne doit pas réfléchir… Il doit taper et s’il y a des erreurs, s’il y a des problèmes nous allons arranger…

Gbagbo Laurent, Chef de l'Etat ivoirien, à l'occasion de l'installation de la CRS 3 à Divo le vendredi 27 Août 2010


mardi 30 décembre 2008

Faiblesses de Ouaga 4

L'accord complémentaire 4 à l'accord politique de Ouaga dit Ouaga 4 prévoit l'intégration de 5000 soldats des forces nouvelles à la future armée ivoirienne sur une période de 2 ans. Cette disposition de Ouaga inspire plus d'inquiétudes qu'il n'apporte d'éclaircissement quant aux points de blocage de l'accord politique de Ouaga relatifs au désarmement avant la tenue des élections. Alors que tout le monde appelle à la tenue de l'élection présidentielle au premier semestre 2009, les deux protagonistes de cette interminable crise signent un accord complémentaire qui prévoit en fait le processus DDR sur 2 ans, ce qui signifie que le DDR ne sera pas achevé si par extraordinaire l'élection présidentielle devrait avoir lieu en 2009. Est-ce que le nouveau président élu, si ce n'est pas monsieur Gbagbo Lauent, se sentira engager par les termes d'un accord qu'il n'a pas signé? C'est la première faiblesse de Ouaga 4.

La deuxième faiblesse de Ouaga 4 réside dans le fait qu'il ne proclame pas formellement la réunification du pays au 15 janvier 2009, mais parle de redéploiement de l'administration. Qui assurera la sécurité de cette zone si toute l'administration y est effectivement présente à cette date?

Ces constats nous amènent à penser, peut-être à tord, que Gbagbo et Soro sont entrain de rouler les ivoiriens dans la farine car ils ne sont pas encore prêts à organiser l'élection présidentielle.

mercredi 24 décembre 2008

De Ouaga en Ouaga

Le quatrième accord complementaire à l'accord politique de Ouagadougou vient d'être signé. Cet accord est sensé règler le problème des grades des militaires rebelles des forces nouvelles, le désarmement et le redeploiement de l'administration dans la zone sous contrôle rebelle. Etape indispensale dans le processus de sortie de crise, avant les élections.

Depuis la signature de l'accord politique de Ouagadougou entre Laurent Gbagbo, Chef de l'Etat issu du FPI et Soro Guillaume, actuel Premier Ministre et chef de la rebellion , nous sommes au quatrième accord complementaire. Ce qui amène la plupart des observateurs de la scène politique ivoirienne à être sceptique quand à l'organisation effective de l'élection présidentielle en 2009; alors que l'accord politique de Ouagadougou signé en mars 2007 était prevu pour être appliqué en dix mois.

Les difficultés d'application des premiers accords de sortie de crise residait dans le fait qu'il y avaient plusieurs signataires avec la forte implication et pression de la communauté internationale. Le pouvoir en place estimait que ces accords lui étaient défavorables.

Nous ne comprenons donc pas la mauvaise volonté que les deux signataires de l'accord politique de Ouagadougou, leur accord issu de leur dialogue direct, avec un facilitateur choisi par eux, Le Président du Burkina-Faso, Blaise Compaoré, mettent à son application pour libérer les ivoiriens qui sont fatigués de cette crise.

Nous osons espérer que ce quatrième accord complementaire sera le dernier et que la prochaine date de l'élection présidentielle qui doit être fixée par la CEI ne rencontrera pas la mauvaise fois des deux signataires de l'accord politique de Ougadougou.

jeudi 11 décembre 2008

Chronogramme de mise en œuvre de l`Accord de Ouagadougou


  jeudi 11 décembre 2008 - Par Notre Voie

1 Signature de l'Accord politique de Ouagadougou - Jour J 


2 Mise en place du Centre de commandement intégré. Commence deux (02) semaines après le jour J 

3 Mise en place du Cadre institutionnel d`exécution. Se fait quatre (04) semaines après la signature de l`Accord. 

4 Formation du Gouvernement. 
Se fait cinq (05) semaines après la signature de l`Accord 

5 Suppression de la zone de confiance et mise en place des unités mixtes. Commencent une (01) semaine après la formation du Gouvernement 

6 Démantèlement des milices. Commence deux (02) semaines après la formation du Gouvernement et dure deux semaines

7 Regroupement (rassemblement par unité des ex-combattants dans les sites de regroupement et stockage des armes sous la supervision des Forces impartiales) 
- Redéploiement de l`Administration 
- Début des audiences foraines. Commence deux (02) semaines après la formation du Gouvernement et dure trois (03) mois 

8 Enrôlement en vue de l`inscription sur la liste électorale et de l`identification. Commence un (01) mois après le début des audiences foraines

9 Unification des forces en présence et enrôlement pour le Service civique. Commence quinze jours après le début de l`enrôlement

10 Etablissement et distribution des nouvelles cartes nationales d`identité et des cartes d`électeur à partir de la liste électorale. Commencent à l`adoption officielle de la liste électorale définitive 

11 Fin du processus DDR et organisation des élections.

Ce chronogramme de l'accord politique de Ouagadougou, publié par le journal du FPI Notre Voie, dédouane les forces nouvelles (les rebelles ivoiriens) de leur mauvaise volonté à aller au désarmement. En effet, après la formation du gouvernement et la suppression de la zone de confiance, toutes les autres étapes du processus ont pris énormément de retard, notamment le démantèlement des milices qui n'est pas encore effectif. De plus le processus DDR prend fin après l'adoption officielle de la liste électorale définitive et la distribution des cartes d'identité et d'électeur. C'est ce qui constitue la faiblesse de cet accord. Alors je me pose des questions sur la polémique sur le désarmement provoquée par le FPI. Le Président du FPI sait bien que le Chef de l'Etat, le vrai patron de son parti et le Chef rebelle sont allés auprès de leur pote Blaise Compaoré pour signe un accord pour ne pas aller aux élections dans un délai raisonnable.

mercredi 10 décembre 2008

Palabre FPI - Forces nouvelles


Après les violences verbales entre les deux "complices" autour de la question du désarmement, le Chef de l'Etat, en bon père de famille, a reçu les deux parties séparément au palais de la présidence. Il parait qu'ils se sont entendus et ont décidés de clore l'incident. Tant mieux! Les deux parties, selon Fratmat, seront reçus à nouveau le 20 décembre 2008, mais cette fois-ci, en présence de l'autre père de famille, le Premier Ministre en ballade en Italie actuellement.

Tous ceci ressemble à un scénario de théâtre très bien écrit où chacun interprète avec maestria son rôle. Au lieu de distraire les ivoiriens qui ont faim et qui ne savent plus à quel saint se vouer, les deux signataires de l'accord politique de Ouagadougou et le facilitateur doivent dire au peuple de Côte d'Ivoire, de manière claire et sans ambiguïté, la chronologie des actions à mener pour atteindre le terme de ce processus de sortie de crise. Attention..... la marmite sociale est entrain de fortement bouillir. Faites tout pour éviter qu'elle n'explose, auquel cas cette explosion vous emportera tous. Messieux et mesdames les acteurs politiques qui ne voyez pas plus loin que la profondeur de votre poche un homme averti en vaut deux, dit le sage.

mardi 9 décembre 2008

Scénarios de sortie de crise pour la Côte d'Ivoire: Les quatre scénarios

La méthode des scénarios a été élaborée dans les années 70 par le groupe pétrolier Shell, pour faire face aux chocs pétroliers. Elle a, par la suite, été perfectionnée et utilisée dans plusieurs pays, à des moments cruciaux de leur histoire. Elle a, par exemple, été utilisée en 1992 en Afrique du Sud pour déterminer l'avenir économique de ce pays au sortie de l'apartheid. Elle a également été utilisée au Burundi pour aider le pays à sortir de sa crise. L'utilisation de scénarios montre bien que le futur n'est pas figé, mais plutôt susceptible d'être modelé par les décisions et actes d'individus, d'organisations et d'institutions. Cette méthode permet notamment:

  • d'être tenu en éveil devant les évènements; plus personne ne pourra dire "je ne savais pas" ou "je l'avais pas envisagé";
  • d'aller au-delà des schémas mentaux conventionnels pour imaginer le futur avec le spectre le plus large;
  • de reconnaître les signes du changement;
  • de tester la soutenabilité des stratégies en diverses circonstances.

L'élaboration des présents scénarios intervient dans un contexte où plusieurs accords de paix ont été signés par les différentes forces politiques et militaires, et même par le Président de la République pour les accords les plus récents, mais dont la mise en oeuvre connaît des difficultés, alors qu'approche la date constitutionnelle de tenue de l'élection présidentielle. Dans ce contexte, deux facteurs se distinguent clairement comme étant déterminant pour l'issue de la crise:

  • D'une part, le retour à la paix civile par la mise en oeuvre d'un processus des milices et de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des forces belligérantes et constitution d'une nouvelle armée républicaine,
  • D'autre par, le retour à une vie démocratique normale et apaisée pour récréer la cohésion sociale et permettre le redressement économique.

Quatre scénarios ont ainsi été élaborés:

Scénarios 1: "le chaos"

Accords de paix non appliqués>>>>>><<<<<  Les parties campent sur leurs positions                                                                                                                                                                      

Conséquences:

  • Pas de démantèlement des milices ni de désarmement;
  • Pas d'élections;
  • Fin du gouvernement de réconciliation;
  • Affrontements;
  • Répression, fuite des capitaux et des personnes, isolement du pays, risque de coup d'Etat, Guerre civile/exactions;
  • Accentuation de la crise sociale/économique/politique;
  • Fragmentation du pays.

Facteurs de risque

Ce scénario, "le chaos", est le pire qui puisse arriver à la Côte d'Ivoire. IL est cependant loin d'être une simple vue de l'esprit. L'évolution de la situation actuelle vers celles qu'ont connues des pays comme le Libéria, la Sierra Leone, le Rwanda ou même la Somalie est possible, aussi longtemps que la logique de guerre et l'inflexibilité dans les positions des uns et des autres demeurera.

Scénario 2: "La fuite en avant"

Accords de paix non appliqués: 

> Pas de démantèlement des milices

> Pas de désarmement

> Contestation du processus électoral

*Election en zone gouvernementale;

*Contestation des élections;

*Manifestations;

*Répression;

*Fuite des personnes et des biens/économie en déclin;

*Risque de coup d'Etat;

*Evolution vers la démocratie? ou Evolution vers le chaos.

Dans cette hypothèse, soit l'armée arrête la dérive de l'Etat et organise une vraie transition vers la démocratie, auquel cas le pays sort de ce scénario pour évoluer vers celui du redressement, soit elle décide de s'installer au pouvoir dans la durée avec suspension des institutions, des partis politiques et l'interdiction de manifester et le pays retourne au "chaos".

Facteurs de risque

Aucune des parties au conflit ne peut seule avoir raison contre tous. A trop forcer le cours des évènements sans régler les problèmes et à vouloir aller à des élections quel qu'en soit le prix, le risque est grand de basculer à tout moment vers le chaos. L'option militaire, quelle qu'en soit la nature comporte tout autant de risques, de faire évoluer le pays vers le chaos. D'une façon ou d'une autre, la fuite en avant est dangereuse.

Scénario 3: "Le redressement"

*Consensus pour une élection présidentielle libre et transparente;

*Délai raisonnable?

OUI          NON

                  Prise d'ordonnance pour les dernières lois

                 Elaboration d'un calendrier accepté par toutes les                                                                                    parties et report de l'élection

*Désarmement des forces belligérantes et démantèlement des milices;

*Réunification du pays/Redéploiement de l'administration/ Préparation des élections;

*Elections crédibles;

*Réformes constitutionnelles/Réformes économiques/Réformes sociales

§Populisme/Démagogie?     § Démocratie participative/Bonne gouvernance

>Risque de crise nouvelle       > Redressement/croissance/Paix sociale

(Fuite en avant?)

Facteurs de risque

Ce scénario supporte un réel dépassement de la part des acteurs politiques et militaires pour privilégier la paix, les intérêts et l'avenir du pays. Sa réalisation est conditionnée d'une part par le consensus politique qui doit ouvrir la porte à un désarmement et à un démantèlement des milices effectifs, et d'autre part à la mise en oeuvre de politiques macro-économiques pragmatiques.

Scénario 4: "La renaissance" 

*Consensus pour une nouvelle période de transition

OBJECTIF: Redresser l'économie, mettre en oeuvre les réformes institutionnelles avant de nouvelles élections

*Désignation de l'organe de gestion de la transition

§ Communauté internationale   --  § Gouvernement de technocrates

(Appui financier)

*Dissolution des milices/désarmement  

*Formation d'une nouvelle armée républicaine 

*Réunification du pays et réconciliation  nationale 

*Identification des personnes

*Assemblée constituante

*Nouvelle constitution     

 *Nouveau code électoral                                                         

Election libre et transparente (Fin de la transition)

                         NOUVEAU GOUVERNEMENT

  (Bonne gouvernance/Maîtrise des contraintes macro-économiques)

§ Stabilité politique et sociale  --  § Croissance économique durable

Facteurs de risque

Trois facteurs de risque importants sont à prendre en compte dans ce scénario: la nature du gouvernement de transition et sa durée, le contenu de la nouvelle constitution et les choix économiques du gouvernement issu des élections.

  1. Une transition dont le gouvernement serait l'émanation ou le choix des paris politiques ne constituerait qu'une réplique du gouvernement de réconciliation actuel, et serait de ce fait totalement contre productif. Il n'aurait ni la cohésion, ni les pouvoirs, ni l'indépendance nécessaires pour opérer de vrais changements. Il conduirait inévitablement aux scénarios 1 ou 2. Par ailleurs, s'agissant d'une  période de transition, il n'est pas exclu que les investisseurs et les acteurs économiques diffèrent leurs décisions stratégiques jusqu'à la tenue des élections, ce qui affecterait le redressement économique.
  2. Si les hommes politiques présentent la nouvelle constitution de façon aussi réductrice qu'en 2000 et si le contenu de celle-ci ne prend pas en compte les aspirations véritables du peuple, il n'est pas exclu qu'il soit la source de nouveaux conflits.
  3. Comme dans le scénario 3, les choix économiques du gouvernement issu des élections détermineront l'avenir du pays.

A chacun, après s'être imprégné de ces quatre scénarios, en fonction de son analyse et de sa compréhension de la crise ivoirienne, de dire dans quel scénario sommes nous.



lundi 8 décembre 2008

Scénarios de sortie de crise pour la Côte d'Ivoire: La nature de la crise

Il étais nécessaire de s'accorder sur la nature de la crise ivoirienne avant d'envisager les futurs possibles. La crise est donc présentée sous ses trois dimensions:

Crise politico -militaire

  1. Escalade dans l'exploitation des divisions/conflits ethniques, religieux et régionaux;
  2. Difficulté d'application des accords signés;
  3. Crise de confiance au sein de la classe politique;
  4. Crise d'autorité de l'Etat;
  5. Incertitude sur l'avenir;
  6. Crise de confiance et d'autorité au sein des forces de défense et sécurité;
  7. Division de fait du pays et de l'armée;
  8. Prolifération des milices et des armes;
  9. Scènes de violences répétées et insécurité grandissante.

Crise économique

  1. Accroissement du chômage (46,7% de perte d'emploi);
  2. Nombreuses fermetures d'entreprises et délocalisations (Répartition des sinistres par secteurs d'activité: Commerce: 48,37%/Service:8%/Industrie:4,11%....);
  3. Baisse importante du taux de croissance du PIB (de 5,4% en 1998 à 1,0ù en 2004);
  4. Baisse drastique des investissements ( en pourcentage du PIB: 15,3 en 1998, 9,9 en2003);
  5. Baisse croissante du revenu par Habitant ( Croissance PIB/hab. %: 9,3 en 1998, -0,8 en 2002);
  6. Forte dégradation des infrastructures économiques;
  7. Economie encore plus dépendante de l'exportation des produits agricoles, taux de transformation faible et industrialisation peu avancée.

Crise sociale

  1. Multiplication des conflits ethniques sur fond de litiges fonciers;
  2. Déplacements de populations (occupations, dépossessions, affrontements....);
  3. Accroissement de la violence sous toutes ses formes;
  4. Insécurité généralisée (alimentaire, sanitaire, biens et personnes...);
  5. Système éducatif en décomposition;
  6. Désintégration du tissu social;
  7. Instrumentalisation et aliénation de la jeunesse;
  8. Croissance démographique continue;
  9. Flambée des prix des produits de première nécessité.

L'interdépendance de ces trois dimensions de la crise nécessite une action simultanée à ces trois niveaux pour sortir du cercle vicieux de l'enlisement et aller vers le cercle vertueux de la croissance. Aucune croissance durable n'est envisageable si les tendances constatées au cours des dix dernières années ne sont pas inversées, la résolution de la crise politique en constituant un préalable.

Scénarios de sortie de crise pour la Côte d'Ivoire: Contexte

La tension politique actuelle suscitée par le débat sur le désarmement des forces nouvelles m'a amené à fouiller dans mes archives pour sortir certains documents relatifs à la crise politico-militaire que les ivoiriens vivent depuis septembre 2002.

Le premier document que j'aimerais vous faire partagé - document réalisé en juin 2006 - parle de quatre scénarios de sortie de crise. Voici l'introduction à ce document:

Partant du constat de la faible prise en compte des préoccupations du secteur privé et de la société civile dans le processus de résolution de la crise, un groupe d'Ivoiriens a pris l'initiative de réunir pendant neuf jours, à Busua, près de Takoradi, au Ghana, une trentaine de personnalités pour ensemble élaborer des scénarios de sortie de crise pour la Côte d'Ivoire. Le groupe étais composé de personnalités de toutes les tendances politiques, de toutes les religions et émanant aussi bien du secteur privé que de la société civile. Grâce à un financement de l'ambassade de suisse en Côte d'Ivoire, le groupe a bénéficié, pour la mise en oeuvre de la méthodologie d'élaboration des scénarios, de l'appui de trois experts belges dans le rôle de facilitateurs.

Après avoir analysé la crise ivoirienne sous tous ses aspects, notamment politique, social et économique, après avoir identifié les forces motrices qui traversent la société ivoirienne, après avoir dégagé les grandes incertitudes sur le futur et après avoir cerné les facteurs déterminants pour la sortie de crise, le groupe a élaboré sur la base d'un consensus, quatre scénarios de futurs possibles pour la Côte d'Ivoire.

Ces scénarios, qui décrivent ce que pourrait être la Côte d'Ivoire dans les dix prochaines années, ne constituent que des futurs possibles, présentés pour susciter et stimuler le débat, et insister sur le fait que la sortie de la crise ivoirienne sera façonnée par les actes et décisions des principaux acteurs de la vie politique, économique et sociale.

"UN dénouement heureux dans la crise ivoirienne est encore possible, bien qu'il n'y ait ni expédient ni solution miracle"; "pour y parvenir, le consensus est indispensable"; "une résolution de la crise par voie démocratique est une nécessité impérieuse". Voici quelques unes des conclusions du groupe des "scénarios pour la Côte d'ivoire".

Ce groupe conclut par ailleurs que la sortie est toute fois incertaine sans une dose  de bonne foi et que la fuite en avant est dangereuse. La Côte d'Ivoire n'inversera la tendance continue de son déclin pour amorcer une phase de croissance que si la crise politique est définitivement résolue et que sont mises en oeuvre des politiques économiques qui soutiennent le développement et le progrès social.

mercredi 3 décembre 2008

Sidiki Konaté est tombé sur la tête?


Sidiki Konaté, porte parole des forces nouvelles et ministre du tourisme et de l'artisanat, lors d'une conférence de presse organisée mercredi 02 Décembre 2008, a prévenu que "des jours sanglants" s'annonçaient sur le pays qui est engagé dans un difficile processus de sortie de crise, affirmant détenir "des preuves palpables d'un coup d' Etat en préparation contre Soro Guillaume leur secrétaire général et Premier Ministre." Selon Sidiki Konaté "Ce qui se passe, c’est que des anciens soldats des Forces nouvelles sont en train d’être transportés à Abidjan…pour tirer sur l’avion du Premier ministre ou sur son cortège" et que les auteurs présenteraient cette attaque comme "le prolongement à Abidjan d’un règlement de comptes entre les membres des Forces nouvelles." Faisant ainsi allusion à l'attaque d'une d'une de leur garnison par des dicidents qualifiés de pro IB ( Ibrahim Coulibaly) courant novembre 2008.

Pour les rebelles, le cerveau de ce complot n'est autre que monsieur Aphing N'Guessan, Président du FPI, qui lors d'une conférence de presse organisée le 26 Novembre 2008, faisait du désarmement et du rétablissement de l'autorité de l'Etat sur la partie du pays sous conrtôle rebelles un préalable à l'organisation d'élections crédibles. Par conséquent, ils demandent le retrait des ministres FPI du gouvernement et en font un préalable à la poursuite du processus de paix.

Cette malheureuse et irresponsable sortie de Sidiki Konaté indique tout simplement que les responsables des rebelles n'ont pas l'entière contrôle de leurs éléments mais aussi qu'ils n'ont aucun intérêt que ce processus aille à son terme, craignant des règlements de comptes post-crises de la part de certains de leurs éléments à qui ils ont promis monts et merveilles pour les enrôlés. Ils sont donc dans leurs logiques de tous essayés pour retarder voir empêcher le processus de sortie de crise. Pour combien de temps?

L'autre signataire des accords politiques de Ouagadougou, si sa volonté est qu'on sorte de cette crise, doit mettre la pression sur son Premier Ministre pour que le désarmement des rebelles mais aussi des milices pro-gouvernementales et la réunification du pays deviennent une réalité pour qu'enfin des élections crédibles soient organisées.

samedi 29 novembre 2008

Déclaration de Monsieur Aphing N'Guessan, Président du FPI


Dans la nuit du Dimanche 23 au lundi 24 novembre 2008, des individus armés ont attaqué la ville de Séguéla, précisément la prison civile et la poudrière des Forces Armées des Forces Nouvelles qui contrôlent la localité. De nombreux prisonniers, qui seraient des combattants proches de l'ex-com- zone KONE ZAKARIA en disgrâce et réfugié au Burkina Faso, ont été libérés et des armes ont été emportées. Des armes lourdes ont été utilisées et le bilan est lourd : 10 à 30 morts selon les sources, dont de nombreux civils soupçonnés de connivence avec les assaillants et sommairement exécutés après l'attaque. Dans le même temps (28 novembre 2008), des bruits de bottes se font entendre dans la région de Man. 30 prisonniers se sont évadés de la prison civile; des mouvements de combattants sont signalés et des informations récurrentes font état d'un embrasement imminent de la Région.
Les attaques de ces derniers jours viennent aggraver la situation d'insécurité généralisée dans laquelle sombrent les zones CNO sous contrôle de la rébellion des Forces nouvelles : cambriolages, braquages, coupeurs de routes, mutineries de combattants sont les situations quotidiennes vécues par les populations de ces zones abandonnées par l'Etat et livrées aux humeurs et à l'arbitraire de combattants armés sans foi ni loi. Alors le FPI s'interroge :
1 - Pourquoi ?
- Pourquoi deux ans après la signature de l'Accord politique de Ouaga, les populations des zones CNO continuent-elles de vivre hors de l'emprise de l'Etat, de subir l'arbitraire de combattants armés à travers des arrestations et des détentions arbitraires, des exécutions sommaires, et expéditives de mourir dans l'indifférence générale ? !
- Pourquoi deux ans après l'accord de Ouaga, le pays est-il toujours coupé en deux ; une partie du pays est-elle toujours prise en otage par des groupes armés qui refusent la présence de l'Etat et qui pillent impunément, au vu et au su de tous, les richesses nationales ? !
2 - Quand ?
- Quand prendra-t-elle fin cette situation aberrante et insupportable ? !
- Quand est-ce qu'enfin le Premier ministre de la République cessera d'être en même temps le chef d'une rébellion armée qui occupe illégalement une partie du territoire national où ne peuvent pas s'appliquer les lois de la République?
- Quand est-ce que l'Etat, à travers le Gouvernement, décidera enfin d'assumer vis-à-vis des citoyens de ce pays ses responsabilités régaliennes pleinement et totalement ; notamment d'offrir aux populations des zones CNO la Justice et la Sécurité qui leur sont dues, des Services publics de qualité et en quantité au même titre que leurs
frères et sœurs des autres régions ?
3 - Comment ?
- Comment peut-on parler d'élections ouvertes, justes et transparentes dans les conditions actuelles ?
- Est-il possible d'organiser dans la Paix et dans la sérénité et de façon crédible les opérations d'Identification et d'Enrôlement des électeurs dans ces zones soumises au diktat de combattants armés incontrôlés et incontrôlables ? !
- Quelles garanties donne-t-on aux responsables des partis politiques et à leurs militants qu'ils pourront, librement et en toute sécurité, circuler, se faire enrôler et contrôler les opérations d'Identification et d'enrôlement ?
Le FPI s'interroge.
La question essentielle de processus de paix, de l'Accord politique de Ouaga, la question du Désarmement et de la Réunification du pays est l'objet de dilatoire et de fuite en avant.
Or, tout est vain si le Désarmement des combattants et la restauration de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national ne sont pas effectifs.
L'Economie du pays risque de s'effondrer et la situation socio-politique de s'embraser si l'unicité des caisses de l'Etat n'est pas réalisée de façon urgente et la confiance des investisseurs, des opérateurs économiques et des bailleurs de fonds restaurée.
C'est pourquoi, le FPI :
- Lance un appel solennel au Président de la République, le Président
Laurent GBAGBO, et au Premier ministre SORO Guillaume, Secrétaire Général des Forces Nouvelles de faire le Désarmement et de la Réunification du pays leur principale priorité et agissent avec détermination afin que les élections se tiennent dans un pays pacifié, réunifié, normalisé ;
- Des élections sans Désarmement n'ont pas de sens ;
- Des élections sans Désarmement signifieront l'échec de l'Accord Politique de Ouaga ;
- Demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la sécurisation totale des opérations d'Identification et d'enrôlement dans les zones CNO et garantir la sécurité et la libre circulation de ses militants ;
- Appelle à la mobilisation totale de ses militants, de ses cadres, des Démocrates et de tous les patriotes pour assurer par leur présence massive dans les zones CNO et par une vigilance à toute épreuve, la réussite du processus d'enrôlement et la tenue prochaine d'élections crédibles ;
- Invite la Communauté Internationale à jouer pleinement sa partition, à soutenir matériellement et financièrement le processus de sortie de crise et à exercer les pressions adéquates sur les Forces Nouvelles afin qu'elles mettent fin à la souffrance des populations ivoiriennes à travers la fin de l'occupation illégale d'une partie du territoire national.
Abidjan, le 28 novembre 2008
Président du FPI
M. Pascal AFFI N'GUESSAN

Sur le fond, je suis d'avis avec le Président du FPI qu'aucune élection crédible ne peut être organisée dans ces conditions. Dans des billets précédents, j'ai relévé toutes ces difficultés inhérantes à la mauvaise volonté des deux signataires des accords politiques de Ouagadougou.
Monsieur Aphing N'Guessan semble rendre responsable de cette situation le Premier Ministre uniquement. Alors qu'il sait que dans le navire ivoire il y deux capitaines, qui seront co-responsables de l'échec ou de la réussite du processus de sortie de crise. Ne pas reconnaître cette réalité est synonyme de mauvaise fois. D'ailleurs son mentor, Monsieur Laurent Gbagbo, lorsqu'il était dans l'opposition, avait déclaré que "la mauvaise fois est la chose la mieux partagée en politique".

Pendant que les Ivoiriens meurent de faim Gbagbo et sa famille s`offrent 15 voitures à près d`un milliard

Quinze (15) voitures Toyota de type Land Cruiser GXR V8 rutilantes sont sorties depuis quelques jours du parking du guichet unique automobile. Ces véhicules dont le seul dédouanement a coûté toute une fortune (218.932.510 millions de F CFA) sont selon le bordereau d`envoi des soumissions N° 3085 / 08/ V/N du service des attributions du code occasionnel (SACO), la propriété de l`actuel chef de l`Etat ivoirien, Koudou Gbagbo Laurent. Le dédouanement d`un véhicule est revenu à 14.595.501f CFA. Le prix d`achat d`un véhicule s`élève à environ 40 millions. Ce qui revient à environ 55 millions par voiture. Calcul rapide, les 15 voitures donnent 825 millions de F CFA. Un montant qui n`est pas loin du milliard. Toujours selon le bordereau d`envoi des soumissions, le chef de l`Etat a décidé de prendre cinq de ces voitures et de repartir les dix autres véhicules comme suit. Quatre de ces voitures sont destinées à la première dame, Mme Simone Ehivet épouse Gbagbo, Mme Kipré née Gbagbo Djaya G a une voiture. La voiture ayant le numéro de châssis JTMHT09J185011285 est attribuée à Gbagbo Michel Koudou, et Gbagbo Gado Diazo Léa E a, elle aussi, une voiture. Ehouman épouse Appia Mart., Ehouman épouse Angounou, Ehouman épouse Singleton bénéficient chacune d`une voiture. Les souffrances du peuple ivoirien ne sont pas des priorités pour le chef de l`Etat qui aurait dû investir cette somme dans des projets utiles pour la population. Le chef des socialistes a préféré s`offrir des véhicules de luxe et en offrir à sa femme, à ses enfants et à ses proches en cette fin d`année 2008.

Lu dans le Nouveau Réveil ( de Jules Claver Aka)

vendredi 21 novembre 2008

Qui a intérêt à bloquer le processus électoral?

Ce mouvement de grève a pris des allures de bras de fer entre la Commission électorale indépendante et les agents concernés. Après moult tractations pour les amener à reprendre le travail, la CEI, en adéquation avec ses partenaires techniques en charge de l’identification, est passée à une phase coercitive. Dans un communiqué signé de son président Beugré Mambé, l’organe tutélaire du processus électoral a enjoint les grévistes à regagner leurs postes au risque de se voir remplacés par des candidats sur des listes d’attente. La CEI a haussé le ton. Elle a donné un ultimatum de quelques heures aux perturbateurs du processus électoral pour les contraindre à mettre fin à leur grève qu’elle estime illégale, au regard des efforts consentis pour répondre à leur revendication. Mais ces derniers n’ont pas repris le service et persistent dans leur mouvement malgré les négociations qu’ils ont eues avec leurs employeurs et qui auraient permis de lever des problèmes essentiels tels que la revalorisation acquise des salaires. Qu’est-ce qui, donc, pousse les grévistes à persévérer dans leur mouvement ? Qui a intérêt à ce que le processus électoral coince en entraînant encore d’autres retards dans le calendrier de sortie de crise ? Aujourd’hui, c’est la question fondamentale qui se pose. Ce, au moment où la CEI, elle-même, soupçonne des manœuvres souterraines pour ‘’entraver’’ l’identification et par delà, l’ensemble de ses actions. Au regard de ce qui oppose les agents grévistes à leurs employeurs, il y a matière à s’interroger sur les réelles motivations des plaignants, qui, semblent, parfois demander plus qu’ils n’en ont droit. Pour un emploi temporaire à durée très limitée à peine commencé, ils exigent des gratifications, à l’instar des employés à contrat indéterminé. Ces agents de l’identification se sont érigés en véritables syndicalistes, demandant ‘’l’immunité pour tous’’. Céder à toutes ces revendications sera une façon de cautionner une sorte d’impunité, porte ouverte à toute sorte de désordre et d’entrave au processus de sortie de crise suffisamment éprouvé par ce genre d’actes. Aujourd’hui, ce sont ces exigences, qui opposent la CEI aux agents d’identification et d’enrôlement grévistes dont les revendications actuelles sont loin de convaincre de leur bonne foi. Au départ, ces recrues de l’INS, de la SAGEM, de l’ONI et de la CNSI avaient des raisons très fondées pour manifester. Ils avaient des préoccupations très légitimes, qui étaient liées à leur traitement au sujet duquel les employeurs avaient initialement entretenu le flou. Mais, cette question de salaire et tous ses corollaires ne devrait plus poser problème, dès lors qu’ils ont tous signé un contrat de travail que personne ne les y a contraints. D’où tire-t-ils toutes ces revendications à caractère syndicaliste pour un service d’utilité publique frôlant le bénévolat et pour lequel ils sont rémunérés ? Que veulent réellement les agents grévistes ? Les opérations temporaires d’identification et d’enrôlement électoral sont-ils le lieu de monter ses talents de syndicalistes ? En tout cas, la CEI et ses partenaires doivent prendre leurs responsabilités afin d’éviter d’autres couacs au processus de sortie de crise et aux accords de Ouaga, dont certains observateurs n’hésitent plus du reste à annoncer son échec.
Par Félix D.BONY (L'Inter)

mercredi 12 novembre 2008

Rêve d'élection sans contestations


Puisse la victoire de Barack Obama inspirer les acteurs politiques ivoiriens à organiser l'élection présidentielle de manière transparente, démocratique, dans la confiance et sans contestations. Que les vaincus reconnaissent la victoire de celui qui aura gagné et le félicitent et que le vainqueur remercie les vaincus pour leur sens de la démocratie. Pour une Côte d'Ivoire qui gagne!

La presse burkinabée à propos du report de l'élection présidentielle ivoirienne


 mardi 11 novembre 2008 - Par AFP

 

Ivorian
© AFP 
Ivory Coast President Laurent Gbagbo was named on August 30, 2008 as his party`s candidate for November 30 presidential elections, an official said.
OUAGADOUGOU - Le président ivoirien Laurent Gbagbo constitue le "principal obstacle" à la tenue d'une élection présidentielle dans son pays, une nouvelle fois reportée sine die, a estimé mardi le
quotidien burkinabè Le Pays (indépendant).
"Laurent Gbagbo apparaît comme le principal obstacle à la tenue de la
présidentielle, étant donné qu'il n'entend pas l'organiser et la perdre",
écrit le journal après la décision prise lundi à Ouagadougou de reporter à
nouveau ce scrutin crucial dans le processus de paix en Côte d'Ivoire qui
devait se tenir le 30 novembre.
"Cette situation pose le problème même de la candidature du président
sortant. Dans les différents accords de sortie de crise, il aurait été
judicieux d'écarter un candidat dont on sait qu'il sera juge et parti",
poursuit le quotidien.
"Personne n'a eu le courage de dire à Gbagbo que sa candidature pouvait
être un facteur de blocage. Aujourd'hui, on est malheureusement obligé de le
constater", souligne le Pays.
"Tant que Gbagbo ne maîtrisera pas tous les paramètres de l'élection, il
est illusoire de croire qu'il se hâtera pour sa tenue rapide", relève le
journal.
"Les cartes qui lui manquent sont essentielles: le contrôle du processus
d'élaboration du fichier électoral, la maîtrise de l'électorat et le
désarmement des ex-rebelles", écrit le quotidien burkinabè.
Sidwaya, le journal pro-gouvernemental du Burkina Faso, s'impatiente
également: "L'affaire commence à traîner en longueur. Le facilitateur (dans la
crise ivoirienne, le président burkinabè Blaise Compaoré) pourrait perdre un
tant soit peu sa réputation de faiseur de paix".
"A défaut d'une échéance fixe, il nous semble qu'une entente sur la
nécessité de ne pas finir l'année 2009 sans élection paraît raisonnable. Entre
mars et juillet 2009, on peut tenir des élections en Côte d'Ivoire si la bonne
volonté y est la vertu la mieux partagée", conclut-il.
Lu dans abidjan.net

mardi 11 novembre 2008

Présidentielle du 30 novembre : LE CPC CONFIRME LE REPORT




La 4e réunion du Cadre permanent de concertation (CPC), s’est déroulée le 10 novembre 2008 à Ouagadougou, sous la présidence de Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, facilitateur de la crise ivoirienne. Etaient présents à cette rencontre le Président ivoirien Gbagbo Laurent, le premier ministre ivoirien Soro Guillaume, le président du PDCI Konan Bédié et le président du RDR Alassane Ouattara.

Au terme des discussions, «Le CPC a noté l’impossibilité d’organiser l’élection présidentielle à la date officielle du 30 novembre 2008» relève le communiqué de presse. Estimant que les opérations préélectorales sont un préalable à la fixation d’une nouvelle date de l’élection présidentielle, «Le CPC a instamment invité le président de la CEI à établir, sans délai, un chronogramme précis pour l’identification et le recensement électoral. Ce chronogramme devrait être publié avant le 31 décembre 2008, aux fins de la fixation de la nouvelle date pour l’organisation du premier tour de l’élection présidentielle», poursuit le communiqué de presse.

Pour sa part, le Président Blaise Compaoré, a exprimé deux préoccupations. Premièrement, que le recensement de la population s’achève «d’ici début 2009».  Deuxièmement,   qu’aucune date ne puisse désormais être fixée «sans tenir compte» de cette donne.Quand à l'ONU, avant  la réunion du CPC a estimé que l'élection présidentielle doit impérativement se tenir avant la fin du premier semestre 2009, c'est-à-dire avant juin 2009. Question de mettre la pression sur les autorités ivoiriennes.

Si les acteurs politiques ivoiriens, principalement les deux signataires des accords de Ouagadougou, Gbagbo Laurent et Soro Guillaume ( le père et le fils), n'ont aucune volonté d'aller à l'élection  présidentielle, aucune date fixée par la CEI ne sera respectée. A moins que les deux signataires de ces accords ne soient contraints d'organiser l'élection présidentielle dans le délai souhaité par l'ONU.                                                                                                                                                               

Gbagbo Laurent: de l'idéalisme à la réalité du pouvoir en Afrique


Voici ce que disait Gbagbo Laurent dans les années 80, alors opposant à Houphouet Boigny dans son livre "Pour une alternative démocratique", de la corruption et de l'enrichissement illicite:

« (…) du fait de la dé-responsabilisation des citoyens par le parti unique, tout le monde commence à trouver normal, légitime, que l’on devienne multimillionnaire en l'espace de quelques mois du fait que l'on est placé à des postes de responsabilité dans l'appareil d’Etat. Et c’est là le drame. Il ne peut pas être pardonné au PDCI d’avoir élevé notre peuple dans le goût du luxe, de l’enrichissement facile et illicite. Des fortunes que, sous d’autres cieux, des femmes et des hommes ont mis des générations à bâtir, ces fortunes-là, des personnes les ont bâties en quelques années de postes ministériels. » In « Pour une alternative démocratique ». P. 126.

Maintenant au pouvoir il doit se demander s'il a vraiment écrit cela.
Sous le PDCI, on a eu le régime des grilleurs d'arachides, sous le FPI c'est le régime des mangeurs de semences. Quel sera le prochain régime qui gouvernera la Côte d'Ivoire?

lundi 10 novembre 2008

Adieu maman Africa

Musique/lutte

Dimanche 9 novembre 2008. Miriam Makeba le soir de son dernier concert,
dimanche à Naples. La chanteuse s`est éteinte quelques heures plus tard,
à l`âge de 76 ans.

vendredi 7 novembre 2008

Barack Obama: le rêve devenu réalité

Barack Obama vient d'être brillamment élu 44 ème président des Etats Unis. C'est un grand moment historique que le monde entier vient de vivre. Un fils d'immigré africain président de la nation la plus puissante du monde; le rêve de Martin Luther King est devenu réalité.
L'élection du fils d'immigré africain  procure une grande fierté aux peuples africains, pas parce que Barack Obama va régler tous les problèmes du continent africain, mais cela exprime l'espoir, le rêve, le désir des populations africaines à vivre dans des pays démocratiques où seuls comptent la compétence, le mérite, le savoir faire. L'espoir pour les africains de mettre fin au tribalisme, au régionalisme dans la vie socio-politique, au favoritisme et à la promotion de l'incompétence. L'espoir qu'un jour (proche) l'Afrique aura des dirigeants à la hauteur du génie de leurs peuples. L'espoir que les africains prendront conscience de leur valeur et de leur génie. L'espoir qu'enfin l'Afrique connaîtra le développement et sera un continent qui compte dans les relations internationales.

mardi 4 novembre 2008

Pourquoi une transition?

Le processus d'identification a commencé dans une atmosphère de violence et de suspicion. Violence entretenue par les partisans du chef de l'Etat, à l'appel des dirigeants du FPI notamment Sokouri Bohui, leur monsieur élection, et Aphing N'Guessan le président de ce parti qui a adopté la violence comme stratégie politique et voie de recours au détriment des institutions de recours prévues par la constitution qu'ils défendent avec détermination quand ça les arrange. Ces différentes scènes de barbaries qu'on a vécu (on en vivra d'autres encore) me rappellent exactement ce qui s'est passé pour le début des audiences foraines lorsque Konan Banny était premier ministre. Mais là, il y eu une riposte des jeunes du RHDP qui obligea le gouvernement à suspendre ces audiences foraines.

L'accalmie qu'on observe actuellement ne signifie pas que le risque de violence et d'affrontement n'existe plus. Les deux camps se regardent en chien de faïence; les états majors politiques sont sur le qui vive. La suspicion de fraude est généralisée; ce qui met les différentes structures intervenant dans le processus d'identification sous forte pression psychologique non propice à un travail serein et efficace.

De plus l'absence de confiance entre les acteurs politiques a conduit à la multiplication des structures et à la complexité de la procédure d'identification.
La communauté internationale fait pression sur les autorités ivoiriennes pour que cette élection présidentielle aie lieu car pour elle c'est la seule voie de sortie de cette crise. Moi, je suis convaincu que cette élection renforcera la chienlit qui s'est installée depuis la mort de Houphouet Boigny, premier président de la Côte d'Ivoire.

Tous les problèmes qui sont à l'origine de cette crise, à savoir l'identité, la nationalité, le foncier rural n'ont pas connu un début de règlement. Tous les ivoiriens qui ont des patronymes à consonance nordique sont toujours suspectés d'être étrangers.

Les rebelles et les milices n'ont toujours pas été désarmés, le pays reste coupé en deux, et cela n'inquiète ni la communauté internationale ni les acteurs politiques ivoiriens.
Concernant la constitution, le chef de l'Etat a reconnu qu'elle contient des articles confligènes.

Toutes les raisons évoquées ci-dessus militent en faveur d'une transition de 3 à 5 ans; il restera à en définir de manière consensuelle les modalités. Cette transition devrais s'atteler à rétablir la confiance entre les acteurs politiques d'abord avant d'envisager le règlement définitif de tous les problèmes qui entretiennent de manière chronique cette crise. Elle devrais également, dans une atmosphère de sérénité, de confiance retrouvée et dans un esprit de dialogue, engager des reformes institutionnelles pour renforcer la démocratie et extirper de la constitution tout ce qui peut être source de conflit.

C'est à cette seule condition que la Côte d'Ivoire sortira définitivement de cette crise pour emprunter la voie du développement. L'élection présidentielle ne viendra pas comme une baguette magique régler tous les problèmes car nous savons tous que quelque soit la transparence de cette élection, il y aura de vives contestations qui risquent de plonger la Côte d'Ivoire dans le chaos; à moins que celui qui sera élu soit un "Nelson Mandéla". 

lundi 3 novembre 2008

Venance Konan : "Laurent Gbagbo ne veut pas d’élection présidentielle" - Interview du journaliste et écrivain ivoirien

Le
de Autre presse 
Laurent Gbagbo était en visite à Tafiré et Niakara dans le département de Katiola, le Mercredi 15 septembre 2008.
Afrik.com - Le Conseil de sécurité des Nations unies a reconduit ce mercredi, pour un an, ses sanctions contre la Côte d’Ivoire en attendant la tenue des élections présidentielles. Initialement prévues pour le 30 novembre, elles risquent de ne se tenir qu’au premier trimestre 2009. L’écrivain et journaliste ivoirien Venance Konan, coauteur d’un livre intitulé Scénarios pour la Côte d’Ivoire sur les solutions possibles à une sortie de crise en Côte d’Ivoire, donne son point de vue sur la situation.

Venance Konan, journaliste et écrivain ivoirien, a été plusieurs fois lauréats du prix littéraire ivoirien Ebony. Auteur de trois livres : Les prisonniers de la haine (best seller publié en 2003), Robert et les Catapila (2005), Nègreries (2007), il a récemment été classé parmi les 50 personnalités ivoiriennes par l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique. Venance Konan est également membre d’un forum composé de plusieurs personnalités ivoiriennes, qui propose dans un livre intitulé les Scénarios pour la Côte d’Ivoire et publié en 2005, quatre schémas de sortie de crise.

Afrik.com : L’Onu vient de reconduire ses sanctions contre la Côte d’Ivoire jusqu’à la tenue d’une élection présidentielle. Trouvez-vous cette décision pertinente ?

Venance Konan : Tant qu’on n’a pas trouvé une solution à la crise, il vaut mieux ne pas donner des armes aux belligérants. Aujourd’hui, on est en train de nous faire croire que Guillaume Soro (l’actuel Premier ministre ivoirien et secrétaire général de l’ex-rébellion des Forces Nouvelles, ndlr) et le président ivoirien Laurent Gbagbo sont de grands amis, que Charles Blé Goudé (le leader des Jeunes patriotes, mouvement proche du parti au pouvoir, ndlr) et Guillaume Soro s’entendent bien, mais personne n’est dupe ! J’ai peur que le pire ne soit devant nous. Je ne crois pas du tout en cette paix annoncée. Pour moi, c’est une paix factice. Le fait est qu’aujourd’hui les ex-rebelles, comme on les appelle, sont toujours armés et occupent toujours le Nord. Les milices qui sévissent à l’ouest du pays et à Abidjan sont toujours présentes. Je les ai vues dans un quartier qui s’appelle Willamsville, à Abidjan, faire leur footing au petit matin. Et ce n’est le seul quartier où on peut les voir. C’est une réalité que nous vivons tous les jours. Nous sommes dans une fausse paix dans laquelle chaque partie attend de voir qui baissera la garde le premier. Les problèmes de fond qui nous ont conduits dans cette crise restent toujours présents, notamment le problème d’"ivoirité".

Afrik.com : Est-ce que la tenue de l’élection présidentielle réglerait ces problèmes dont vous parlez ?

Venance Konan : L’élection ne constitue pas forcément la fin de la crise. Tant qu’on n’aura pas résolu les problèmes de fond qui nous ont menés à cette crise, on aura rien réglé en allant à l’élection présidentielle. Je fais partie d’un groupe de personnes dont Jean-Louis Billon et le président de la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme. Nous avons proposé, en 2005, dans un livre intitulé Scénarios pour la Cote d’Ivoire, quatre schémas possibles de sortie de crise. Pour nous, le meilleur scénario était qu’on se donne le temps d’une transition un peu plus longue qui permettrait de régler tous ces problèmes de fonds, notamment celui de l’identité, de la nationaité. Il y a des gens, qui sont nés en Côte d’Ivoire de parents immigrés, à qui on la refuse la nationalité, ça pose aussi un problème dans le cadre de l’identification des populations en vue des élections. Le désarmement, les problèmes fonciers et constitutionnels comptent également parmi les questions auxquelles il faut trouver des réponses. Tout le monde est d’accord pour dire que cette Constitution mal faite est en partie à l’origine de la crise politique que nous traversons. Personne ne nous a écouté mais nous ne désespérons pas.

Afrik.com : L’élection présidentielle, initialement prévue pour 2005, a été maintes fois reportée. Aujourd’hui, la date du 30 novembre prévue par l’accord de Ouagadougou semble elle aussi compromise. On parle désormais du premier trimestre 2009. Comment expliquez-vous cette situation ?

Venance Konan : Dans nos propositions en 2005, nous parlions d’un scénario que nous avons appelé la fuite en avant. Nous y sommes. C’est-à-dire qu’on ne règle rien, mais on essaie de gagner du temps, chacun se croit plus intelligent que l’autre et le pays est en train de couler. Parmi les éléments qui me permettent de dire que le pire est devant nous, il y a la violence qui s’institutionnalise en Côte d’Ivoire. Si vous avez suivi l’actualité de ces derniers jours, il y a une rumeur d’enlèvements d’enfants. Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Aujourd’hui, il est dangereux d’être sur les routes à partir de 18 heures. Des "coupeurs de route", des brigands, sont partout, dès la tombée de la nuit. A Abidjan, les bandits agissent impunément, notre police est complètement pourrie, la corruption gangrène toute la société… Tout cela me fait croire que le pire est devant nous.

Afrik.com : Ce report d’élections n’étonne donc personne en Côte d’Ivoire ?

Venance Konan : Tout le monde savait depuis longtemps que cette élection n’aurait pas lieu. Les gens ne veulent pas d’élection. Ne nous faisons pas d’illusion. Ni M. Gbagbo ni M. Soro ne veulent de l’élection. Gbagbo ne veut pas d’élection d’abord parce qu’il n’a pas d’opposition devant lui pour le contraindre à la faire ! Il a gagné un an, deux ans, trois ans, pourquoi voulez vous qu’il s’arrête en si bon chemin ? On dit qu’il n’est pas président de la République, seulement chef d’Etat, mais en attendant, il jouit de tous les pouvoirs. L’Assemblée Nationale ne siège même plus, Laurent Gbagbo est tout puissant ! Selon La Lettre du Continent, le budget de souveraineté de Gbagbo est monté à 71 milliards de francs CFA, avec cet argent, il fait ce qu’il veut ! Comment voulez vous qu’il organise des élections qu’il peut perdre ? Je pense que si on organise des elections claires et transparentes, Monsieur Gbagbo n’a pas beaucoup de chance de gagner !

Afrik.com : A quoi peut on s’attendre si la présidentielle continue d’être reportée ?

Venance Konan : On va vers le chaos ! En 2005, on nous a dit qu’il fallait attendre 2006 pour voter, les gens ont crié mais nous avons attendu. 2006 on nous dit que ce sera en 2007, ensuite l’élection a été reportée à 2008. Nous avons encore attendu. Et là, on va la reporter en 2009 c’est clair ! Et ça risque de continuer. Mais un jour, on tombera dans le chaos parce que la population n’en peut plus. La situation économique est difficile. Le président de l’assemblée nationale, Mamadou Coulibaly a dit que 70% des Ivoiriens n’arrivent pas à prendre plus d’un repas par jour et on le voit ! Des bidonvilles poussent partout, des enfants ne vont plus à l’école parce que les parents n’ont plus d’argent. On avait annoncé récemment que le cacao allait être acheté à 700 F CFA le kilo, aujourd’hui c’est à peine 200 francs que le paysan touche. Beaucoup s’abstiennent désormais de vendre leur cacao. Aujourd’hui ils n’ont plus un sou ! Un jour ça va exploser.

Afrik.com : Que doit-on faire pour en finir avec la crise en Côte d’Ivoire ?

Venance Konan : Nous proposons qu’on mette en place une vraie transition consensuelle pour résoudre les problèmes afin qu’on puisse aller aux élections tranquillement. Personne ne veut nous écouter parce qu’il y a des gens qui ont le pouvoir et qui ne veulent pas le lâcher. Un jour, quelqu’un va sortir de l’armée ou d’ailleurs et va jouer au fou comme cela s’est passé dans d’autres pays de la sous région. Si nous ne nous asseyons pas pour parler franchement, c’est ce qui risque d’arriver. Nous avons demandé une sorte de conférence nationale pour que les Ivoiriens se parlent et se disent la vérité. Mais personne ne veut nous écouter.

Afrik.com : Quel doit être, selon vous, le rôle de la communauté internationale dans la résolution de cette crise ?

Venance Konan : On aurait bien voulu que la communauté internationale s’implique davantage dans la crise ivoirienne. Mais nous ne devons pas nous faire d’illusion non plus ! Ce n’est pas à elle de régler nos problèmes, on le voit au Congo et ailleurs. Si la solution peut venir de l’extérieur c’est tant mieux ! Cependant, je n’y crois pas.

par Stéphane Ballong

samedi 1 novembre 2008

Journalistes de Côte d'Ivoire: comment faire un effort pour être médiocre?

Ce matin, depuis ma chambre d'hôtel, obligé de suivre la seule chaîne de télévision nationale, malheureusement, un journaliste dans la bétise.

Mais enfin, dites-nous combien s'élève la prîme spéciale pour être obligé de faire une caravane spéciale du candidat GBAGBO laurent à travers la Côte d'Ivoire avec l'argent du contribuable, et avoir des temps d'antenne pour en parler ...
Pourquoi ne pas en faire autant pour tous les candidats déclarés, cela ne sera que justice.ARRETEZ DE VERSER DANS LA MEDIOCRITE , notre pays retrouvera plus vite une paix.

Si c'est la nouvelle mission de la RTI, alors qu'on mette fin à la redevance RTI. Monsieur Brou Amessan ne doit pas confondre son rôle de directeur de la télévision publique qui appartient au peuple ivoirien et son militantisme politique.