Le rôle des policiers selon Gbagbo Laurent

Vous êtes des policiers, vous n’êtes pas des juges... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Vos ennemis, ce sont tous ceux qui sont contre la République.Tous ceux qui veulent installer la chienlit, le désordre. Tous ceux qui veulent troubler les élections. Battez-vous contre le désordre, contre la chienlit… Ne réfléchissez pas, ce sont les juges qui réfléchissent. Vous êtes des combattants du respect de l’ordre public. S’il y a des dégâts, les juges rétabliront tout. La République se construit avec les Forces de l’ordre, avec les forces de combat… Moi, j’ai les bras de la République. Quand le moment arrive pour que je lance mes bras, je les lance.
Matez tous ceux qui sèment le désordre et après on réfléchira … Matez, matez, tous ceux qui sont contre la République... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Votre rôle n’est pas de réfléchir comme les juges. Ce sont les commissaires qui réfléchissent à votre place… Vous, votre rôle, c’est de mater, de mater…Le policier ne doit pas réfléchir… Il doit taper et s’il y a des erreurs, s’il y a des problèmes nous allons arranger…

Gbagbo Laurent, Chef de l'Etat ivoirien, à l'occasion de l'installation de la CRS 3 à Divo le vendredi 27 Août 2010


samedi 31 janvier 2009

Thank you Ghana !


C’est du premier pays d’Afrique subsaharienne à avoir accédé à l’indépendance, il y a cinquante-deux ans, que nous vient la première bonne surprise de cette année 2009. Un chef d’État, John Kufuor, qui se retire sagement du pouvoir à l’issue de ses deux mandats, sans avoir jamais songé à modifier la Constitution. Deux candidats, John Atta-Mills et Nana Akufo-Addo, tous deux juristes, engagés dans une compétition acharnée mais qui soldent leurs comptes dans les urnes sous la supervision d’une commission électorale irréprochable. Un scrutin qui se joue à quarante mille voix près (sur neuf millions de votants). Un taux de participation record de 73 %. Une administration neutre. Un vaincu qui, tout en reconnaissant sa défaite, choisit de contester en partie les résultats auprès des tribunaux plutôt que dans la rue et se prépare à jouer le rôle d’opposant qui est désormais le sien. Un vainqueur qui tend aussitôt la main à son concurrent et fait tout pour rassurer les partisans de ce dernier. Ce n’est pas en Suède que se déroule ce conte de fées, mais au Ghana. Un pays au passé tourmenté, qui a connu son lot de coups d’État dont deux furent l’œuvre de Jerry John Rawlings, celui-là même dont la prise du pouvoir il y a trente ans s’accompagna de l’exécution sanglante de huit généraux et celui-là même à qui l’on accorde aujourd’hui le crédit d’avoir instauré une vraie culture démocratique parmi ses concitoyens.

 

Pour tous ceux qui, dans le monde des Blancs, estiment encore que les élections sur le continent sont par définition truquées, frauduleuses et ethnicisées, rituels politiques purement formels, luxes inutiles, bouffonneries de rois nègres et tragiques illustrations de l’incapacité pathologique des sociétés africaines à assimiler la modernité politique, bref pour tous ceux qui partagent la lettre et l’esprit d’un certain « discours de Dakar », la leçon est cinglante. Le modèle ghanéen, avec son électorat policé, son alternance banalisée, son leadership de qualité, ses partis structurés, son « marché » politique libre et concurrentiel, démontre, s’il en était besoin, que le communautarisme et le clientélisme, toujours très présents, n’empêchent ni l’expression d’un vote d’opinion ni le bon fonctionnement de la démocratie électorale. Dans ce pays où, en outre, l’économie marche plutôt bien – 6 % de taux de croissance et d’intéressantes perspectives pétrolières à partir de 2010 –, voter est un acte qui a du sens, parce que connecté à la réalité et susceptible d’avoir un impact sur la vie quotidienne.

Ce rare exercice d’afro-optimisme fera-t-il école en 2009 ? On pense à la Côte d’Ivoire voisine bien sûr, mais aussi aux prochaines échéances présidentielles au Congo, en Angola ou au Niger. On songe également aux pays du Maghreb, à qui le Ghana administre une belle leçon de maturité et d’intelligence. Au Zimbabwe, qui est un peu le contre-exemple. Point d’illusions excessives toutefois. La dévolution du pouvoir par les urnes n’est pas, on le sait, la règle absolue sur le continent. De Nouakchott à Conakry, le déblocage de situations tendues à la tête de l’État se fait encore sur le mode de la violence présentée comme une rectification nécessaire des erreurs induites par un multipartisme perverti. Paradoxe – ou régression – suprême, on a même vu en Mauritanie, et surtout en Guinée, des partis d’opposition démocratique apporter leur soutien à des officiers putschistes, comme s’ils avaient désespéré de conquérir un jour le pouvoir par le biais du fonctionnement normal des institutions, comme si la fraude et la déviance devaient éternellement faire obstacle à la tenue d’élections réellement compétitives. Quant au nord du Sahara, séparé du sud par un océan géopolitique et culturel, là où les paris sont inutiles à l’instar des courses à un seul cheval, les pouvoirs en place n’ont nul besoin de tricher, si ce n’est sur le taux de participation. C’est dire donc s’il convient de se méfier des contagions faciles. On a vu les conditions qui, mises ensemble au même moment, ont présidé au « miracle » ghanéen. Il n’est pas sûr, hélas, qu’on les trouve réunies ailleurs. Sauf à espérer que, comme en 1957, quand le pays de Nkrumah ouvrit le bal des indépendances, les autres suivent son exemple.

Jeune Afrique- Par : François Soudan  


dimanche 25 janvier 2009

Présentation des voeux de nouvel an: Gbagbo, l'historien explique la pauvreté et le phenomêne de nouveaux riches

Cela nous rassure M. le Président. Cependant, la crise perdure et les conséquences sont là, les Ivoiriens s'appauvrissent. On sent vraiment ses effets avec les déchets ménagers dans les rues. Comment faites-vous pour juguler cette crise?
Ne mélangez pas les deux choses. Il y a les déchets ménagers et la paupérisation. Il faut les séparer.
Premièrement, c'est normal qu'on devienne pauvre dans un pays en guerre. Des livres sont écrits sur la guerre, il faut les lire. La guerre rend les gens pauvres. J'écoute certains dire qu'une minorité devient riche. C'est aussi cela la guerre. Dans cette situation, il y a toujours un petit noyau qui devient riche. Parce qu'il vend ce dont on a besoin. Je disais tantôt aux religieux que certains se sont enrichis au Nigeria grâce au commerce de chiens. Ils les cherchaient à travers l'Afrique de l'Ouest. Et les vendaient au Nigeria pour se faire de l'argent. Pendant la 2è guerre mondiale, en France, certains se sont enrichis grâce au commerce avec l'Allemagne. La guerre crée un petit groupe de nouveaux riches. Le plus grand nombre s'appauvrit. Le tout est d'en savoir la proportion. Toutefois, je ne connais pas un pays au monde où tous les habitants ont le même niveau de richesse. Tous les traités d'économie ont été écrits parce qu'il y a des riches et des pauvres. Un essai a même été intitulé, la pauvreté, richesse des nations. Ce sont les riches qui ont les moyens pour capitaliser, accroître leur richesse et les pauvres sont des employés. Mais le problème pour un gouvernement, c'est de faire en sorte que ceux qui sont les moins nantis aient droit au minimum vital; qu'ils aient les moyens d'avoir accès à l'école, aux soins de santé, au travail. Et que leurs enfants puissent rêver aussi à un avenir prometteur. Comme nous. Enfant de pauvre. Sinon, nous ne serions pas arrivé à ce stade. C'est cela la politique d'un Etat. Il ne s'agit donc pas de supprimer les riches. Aucun pays ne l'a fait. Vous avez vu les résultats des pays qui ont tenté de les supprimer. Ils se sont écroulés.
Qu'est-ce qu'on fait alors?
C'est pourquoi, nous avons lancé la politique de l'école gratuite, l'assurance maladie universelle, pour que tous ceux qui habitent en Côte d'Ivoire aient accès à un médecin si leur état de santé l'exige. C'est pourquoi, nous avons lancé la décentralisation pour que dans chaque région, les gens puissent jouir de ce dont ils ont besoin. D'où également la politique d'électrification et d'adduction d'eau. Or cette politique a été freinée par la guerre. C'est pourquoi, il faut vite y mettre fin. Je voudrais insister sur le fait qu'il ne faut pas rêver en pensant qu'il y a des pays où il n'y a pas de pauvres.
Il y a des pauvres et des riches certes, mais le problème c'est que les Ivoiriens se demandent comment ces nouveaux riches ont fait pour acquérir des biens alors que le peuple s'appauvrit. Vous qui avez décidé, en homme de gauche, de combattre ces enrichissements illicites, les détournements d'argent. Où en êtes-vous avec ce combat?
On continue. Vous êtes Ivoiriens, journalistes, vous observez. On ne combat pas l'enrichissement. Je ne le ferai jamais. Ceux qui peuvent devenir riches par leur travail, qu'ils le fassent.
Cependant, on combat l'enrichissement frauduleux. Je ne peux pas, sous prétexte de ce combat, aller arrêter des justes et les jeter en prison. Mais quand dans un secteur, ou un domaine donné, on me montre des preuves qu'il y a des malversations, je saisis le tribunal, le procureur, qui lance une procédure. C'est cela mon rôle.
C'est ce que vous avez fait dans la filière café-cacao. Mais des proches de ceux qui sont en prison disent que ces responsables ont largement contribué à l'effort de paix en achetant des armes pour l'Etat, et qu'ils sont aujourd'hui mal récompensés. Qu'en dites-vous?
Je n'en dis rien. Puisque c'est une affaire qui est devant la justice. Ce n'est pas mon rôle de commenter les affaires qui sont en cours. Sur ce point, je voudrais vous dire que les producteurs ont effectivement donné 10 milliards pour l'achat des armes et nous les avons effectivement achetées. Mais cela n'est pas une assurance contre ce qui va suivre. Il faut qu'on soit clair. Au niveau d'un Etat, on ne s'assure pas pour pouvoir voler. Je ne dis pas qu'ils ont volé. Il ne me revient pas de le dire. C'est le tribunal qui y est habilité.
S'il est vrai que les proches des responsables le disent, c'est qu'ils ont tort. Si la filière café-cacao a donné 10 milliards de francs pour l'achat des armes, cela est inscrit dans les livres. Il faut que toutes les dépenses de l'Etat soient tracées. Cette dépense l'est donc. Ce n'est pas ce qu'on leur reproche. Ce que les juges qui les ont mis aux arrêts leur reprochent, c'est certainement autre chose que nous attendons de voir.
M. le Président, êtes-vous en train de dire que ces personnes ont été incarcérées parce qu'elles ont détourné de l'argent?
Non. Je dis qu'on m'a signalé des cas de détournement. J'ai demandé au procureur de la République de faire un rapport. Et s'il pense qu'il y a des raisons de poursuites, qu'il le fasse.
Vos adversaires disent que ce combat est restrictif dans ce pays, qu'il y a d'autres qui sont en liberté. Pouvez-nous dire s'il y a des gens qui, aujourd'hui, se livrent à ce genre de chose? Et le jour où vous aurez les preuves, iront-ils en prison?
Le combat est forcément restrictif. Ce que je reproche à mes prédécesseurs, c'est de ne l'avoir pas mené. S'ils l'avaient fait, on serait bien loin. Je le commence, il faut qu'ils m'applaudissent au moins. Pour qu'ils jurent qu'un jour si, par hasard, ils reviennent au pouvoir, ils continueront mon œuvre.
Forcément, il y a des gens qui ont volé et qui sont en liberté. On ne peut pas arrêter des personnes sur la base des soupçons. Le Chef de l'Etat saisit la justice s'il a des soupçons dans un secteur donné. Les citoyens peuvent aussi le faire. Il ne faut pas que les gens attendent seulement que le Chef de l'Etat le fasse. La justice existe pour tous les citoyens qui vivent en Côte d'Ivoire.
Source le Nouveau Reveil.



Gbagbo laurent, le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire, trouve normal que les ivoiriens deviennent pauvres dans cet pays, même en crise, alors que tous les objectifs de recettes ont été atteint(impôt, douane et port); alors que l'Etat n'achète que de grosses 4x4 grandes consommatrices de caburant; alors que son budget a connu une augmentation exponenentielle ( il est d'environ 60 milliards de FCFA. Sous Bédié il était de 15 milliards et le FPI le trouvait exagéré). Ca donne à refléchir sur les compétances de ce monsieur, de surcroit socialiste, à gouverner ce pays.

Concernant le phénomêne de nouveaux riches, et vous le savez bien, la question des journaliste ne concerne pas ceux qui ont investi leur argent en prenant des risques; mais il s'agit des respnsables de l'administration et des dirigeants des entreprises publiques qui en quelques années sont devenus des milliardaires. Comme le dit les chanteurs de zouglou, on se connait en détail.

Vous affirmez: "Je ne peux pas, sous prétexte de ce combat, aller arrêter des justes et les jeter en prison. Mais quand dans un secteur, ou un domaine donné, on me montre des preuves qu'il y a des malversations, je saisis le tribunal, le procureur, qui lance une procédure. C'est cela mon rôle."

Le "on me montre des preuves", c'est qui ce on. Qui doit vous montrez des preuves. A quoi servent les inspecteurs d'Etat? Quel est le rôle de la cours des comptes. Il est existe des moyens pour contrôler l'utilisation de l'argent publique, c'est l'audit. Le budget de l'Etat ivoirien ne vous appartient pas, vous en êtes que le gestionnaire et à ce titre vous devez rendre compte de ce que vous en avez fait. Il faut que les ivoiriens apprennent à rendre compte de leur gestion. C'est ça aussi le démocratie.

vendredi 23 janvier 2009

Ivoirité: La part de vérité du Professeur Bernard Zadi Zaourou


•De l’avis de nombre d’observateurs de la vie publique, les intellectuels ivoiriens ont démissionné depuis au moins une décennie. Partagez-vous cette opinion ?
Vous dites depuis une décennie. Quand vous parlez de démission, à quel défi faites-vous allusion ? Quelle exigence ou attente nationale ?

*Il y a nombre de chantiers comme celui de l’ivoirité par exemple ! Quand le politique a fait la trouvaille, ce sont les intellectuels qui l’ont conceptualisée et qui n’ont pas su dire attention quand il le fallait. Quand le coup d’Etat est survenu, les intellectuels n’ont pas su dire non face aux dérives de la junte.Avant le coup d’Etat, il y a eu l’ivoirité que certains intellectuels ont cautionnée. Sur la question de l’ivoirité, moi j’ai toujours été sceptique quant à la manière dont ce problème est abordé pour un certain nombre de raisons. Je pense avoir une légitimité pour aborder cette question parce que j’étais le ministre de la Culture et je sais que le président Bédié avait posé ce problème d’un point de vue purement culturel. Dans le cadre de l’action gouvernementale, c’est moi qui gérais cette question. Je ne crois pas m’être surpris en train d’élaborer un concept de rejet, d’exclusion. Même de toute bonne foi, à un moment donné, le président de la République a voulu créer un haut conseil de l’ivoirité. C’est moi qui l’ai mis en garde contre ce projet. Je lui ai dit que puisque les politiciens ont récupéré ce concept, cela risquait d’être vu comme une institutionnalisation de l’ivoirité. Il m’a écouté. Le fait que les politiques se soient emparés du mot ivoirité pour l’interpréter comme un concept d’exclusion ne signifie pas forcément que ce concept a eu réellement ce contenu. Il faut être honnête. Personne ne peut me citer un texte de Bédié dans lequel il met l’accent sur l’exclusion des gens à partir de l’ivoirité. Ce n’est pas vrai. Bédié n’est même pas le père de l’ivoirité puisque c’est Niangoran Porquet qui l’a créé. C’est un concept culturel. Dans mon dernier livre, je dis que c’est une fleur du jardin senghorien. C’est Senghor qui a fait la promotion de ces mots formés à partir du suffixe « ité » comme arabité, sénégalité, francité, malgacité, africanité etc. Cela signifie l’état d’être Arabe, Sénégalais, Malgache, Ivoirien ou Africain.

•Mais n’empêche, ce concept a très vite glissé sur le terrain de l’exclusion…

*…Ce concept qui n’était que culturel et sociologique a été récupéré par les politiciens. Ils lui ont donné un contenu négatif. Cela est dû au fait que quelques ministres ont commis l’erreur de donner des interviews sur ce concept-là sur la base de concessions erronées. Je pense notamment au ministre Kouamé Faustin. Mais est-ce qu’on peut ramener le programme d’un gouvernement à l’opinion d’une ou deux personnalités ? Je dis non. Il n’y avait pas une politique d’Etat sous Bédié consacrant l’exclusion avec comme canal le concept d’ivoirité. Il y avait une cellule comme la Curdiphe où il y avait des hommes de haut niveau comme Niangoran Bouah, Saliou Touré, Jean Marie Adiaffi, Loucou Jean Noël, Niamkey Koffi…ils ont soutenu l’ivoirité mais je n’ai pas vu ces intellectuels-là, discriminer les autres Ivoiriens dans leurs discours et par rapport à l’ivoirité. Je les connais tous personnellement et, croyez-moi, ils ne sont nullement tribalistes. Je sais que bien des éléments des forces de défense et de sécurité ont eu à l’égard de nos frères du Nord des comportements inadmissibles. Personne ne peut nier cela ni cautionner cela.

•Pourquoi n’aviez-vous pas personnellement adhéré à la Curdiphe ?

*Je n’étais pas tenu d’y être. Adiaffi m’en avait parlé mais je n’ai pas été motivé particulièrement. Mais ce n’est pas lié à l’ivoirité. Evidemment, les politiciens s’en sont servis pour leur propagande, mais on ne peut pas dire que ce sont les intellectuels qui ont en fait corrompu le concept d’ivoirité pour ruiner l’image du président Bédié. Ils voulaient à tout prix la chute de son régime. Eh bien, ce régime est tombé. Mais la situation de bouse que nous vivons depuis 1999 leur donne-t-elle satisfaction ?


•Mais lorsque le concept a dévié, ces intellectuels ne sont pas revenus à la charge pour dire attention, ce n’est pas cela l’ivoirité. La Curdiphe, par exemple, n’a pas survécu au coup d’Etat de 1999 ?

*Il y a au moins un intellectuel qui a écrit un ouvrage entier, un de mes conseillers au ministère de la Culture, en l’occurrence Boa Tiémélé Ramsès. Il fait le point de la question dans un ouvrage que je vous conseille de lire. C’est un professeur de philosophie. Il montre clairement pourquoi il y a eu les dérapages. Je m’excuse, si certains croient que Bédié est le diable, je fais alors l’avocat du diable. L’ivoirité relevait de mon département. Bédié a dit que l’ivoirité était un concept d’intégration culturelle et les Ivoiriens et les autres Africains qui vivent en Côte d’Ivoire doivent travailler jusqu’à ce qu’il y ait une symbiose qui se réalise. Cette synthèse culturelle devait permettre à la Côte d’Ivoire de faire un bond en avant dans tous les domaines. Où est l’exclusion ? Je suis prêt à affronter n’importe qui sur ce sujet, sur un plateau de télévision ou ailleurs. Au ministère de la Culture, nous disions que l’ivoirité est une création de Niangoran Porquet et non de Bédié.

Interview réalisée par, Traoré M. Ahmed

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La grande démission des intellectuels ivoiriens

«Les intellectuels ivoiriens ont démissionné». C’est le constat fait par nombre d’observateurs de la vie publique de la Côte d’Ivoire. Nord-Sud Quotidien a décidé d’ouvrir le débat.

«Si les Guinéens, par leur passivité et leur démagogie coutumières, multiplient les couplets de louange et laissent passer ses excès et ses dérives, ce jeune et innocent capitaine deviendra très vite un monstre, un de plus dans un pays qui a connu Sékou Touré et Lansana Conté », cette mise en garde est celle de l’écrivain Tierno Monénembo, au lendemain du coup d’Etat qui vient de secouer son pays. C’est ce type de posture intellectuelle qui a manqué à la Côte d’Ivoire, notamment lors du coup d’Etat du général Robert Guéi en 1999. Très peu d’intellectuels et d’élites ivoiriens, en effet, ont eu le courage d’enjamber la langue de bois, de revêtir la livrée du courage pour poser, de manière honnête et responsable, les balises et prévenir des dérives inhérentes à tout pronunciamiento. Tous, en tout cas la grande majorité d’entre eux, ont opté soit pour la voie du silence complaisant soit, pour la collaboration avec la junte, en qualifiant cette prestation de service de tactique électoraliste ou de stratégie politique. La conséquence est là. Implacable. 

On a laissé l’ivoirité prospérer

Sous la houlette des plus grands intellectuels de ce pays, nous avons bâti une Constitution décriée, “digne d’un pays d’illettrés” selon le mot du Pr Zadi Zaourou et dont certaines dispositions sont devenues automatiquement caduques dès son adoption. Nous vivons, en ces jours mêmes, une crise identitaire dont la guerre n’est qu’un des avatars, qui aurait pu être évitée. Les intellectuels, flambeaux de la société, qui éclairent les consciences par leur lumière, n’ont pas su ou pas voulu identifier le péril social et sonner l’alerte avant que le crash ne se produise. Le pire a fini par arriver. Nous sommes de plain-pied dans la crise sociale, politique, identitaire, économique. En un mot comme en mille, la grande partie des intellectuels ivoiriens a totalement démissionné. Pourtant, ce n’est pas faute de tribune pour s’exprimer ou de disciples prêts à vulgariser leur parole. Les masses ivoiriennes en sont désormais réduites à considérer les intellectuels de ce pays comme des arbres gorgés de fruits, que l’on ne peut hélas, savourer. A quoi sert donc un arbre fruitier si l’on ne peut se délecter de ses fruits ? De quelle utilité est un intellectuel pour sa société si ses diplômes et sa grande connaissance des êtres et des choses ne se réduisent finalement qu’à un titre prestigieux qu’il négocie chaque mois contre un salaire ?


Quand l’ivoirité a poussé ses premiers vagissements sous le régime Bédié, il est apparu que ce sont des intellectuels qui l’avaient conceptualisé, nourri, défendu, et lui ont donné du volume et du coffre. Rassemblés au sein d’une structure créée pour la cause qu’ils ont baptisée Curdiphe (Cellule universitaire de réflexion et de diffusion des idées de Henri Konan Bédié), des universitaires ivoiriens ont fait la promotion de l’ivoirité, un concept culturel qui a été instrumentalisé pour devenir une arme politique de destruction massive. Selon Jean-Noël Loucou, universitaire de renom, «l’ivoirité est une exigence de souveraineté, d’identité, de créativité. Le peuple ivoirien doit d’abord affirmer sa souveraineté, son autorité face aux menaces de dépossession et d’assujettissement: qu’il s’agisse de l’immigration ou du pouvoir économique et politique». L’ivoirité devenait ainsi une arme pour protéger les Ivoiriens contre de prétendus envahisseurs. Dans la même optique, Niamkey Koffi, lui, a indiqué que «pour construire un “Nous”, il faut le distinguer d’un “Eux” […] Il faut parvenir à établir la discrimination NOUS/EUX d’une manière qui soit compatible avec le pluralisme des nationalités.» En termes simples, l’ivoirité doit servir de barrière, de ligne de démarcation entre des citoyens censés être autochtones et d’autres, suspectés de vouloir se fondre frauduleusement dans cette autochtonie.  

Sous la transition militaire

Le Pr Georges Niangoran-Bouah, pour sa part, définit l’ivoirité, « comme l’ensemble des données socio-historiques, géographiques et linguistiques qui permettent de dire qu’un individu est citoyen de Côte d’Ivoire ou Ivoirien. Ce terme peut aussi désigner des habitudes de vie, c’est-à-dire la manière d’être et de se comporter des habitants de Côte d’Ivoire, et enfin, il peut aussi s’agir d’un étranger qui possède les manières ivoiriennes par cohabitation ou imitation ». 


Après la conceptualisation, la promotion. Grâce à une puissante machine de propagande, une grande partie du peuple a subi un lavage de cerveau sur cette idée d’ivoirité qui devait préserver les Ivoiriens contre des étrangers cupides, envahisseurs, voleurs d’emplois, de femmes, de pouvoir, de bonheur en un mot. Et les dérapages ont commencé. L’ivoirité que Bédié indiquait n’être qu’un concept culturel, a commencé à glisser sur le terreau politique. Et a pris les traits d’une préférence nationale mal fondée. Des politiciens véreux et les forces de l’ordre, s’en sont servis comme instrument pour brimer tous ceux dont les noms ne luisaient pas dans le miroir de l’ivoirité. Aucun des intellectuels et théoriciens de l’ivoirité n’a été capable de dire que l’on allait à la dérive. Les brimades se sont amplifiées devant leur silence complice jusqu’à ce jour fatidique de Noël 1999 où la machine a été enrayée par les « jeunes gens ». Le Pdci a perdu le pouvoir et la Curdiphe a disparu comme par enchantement, emportant avec elle, son ivoirité. 

De même, lorsque les clubs de soutien poussaient comme des champignons, avec pour seul discours la promotion de l’ivoirité et ses funestes conséquences, les intellectuels proches du camp présidentiel, anesthésiés par le pouvoir, ou l’argent ou les deux, n’ont pu prendre de la hauteur pour jouer leur rôle de guide, d’objecteur de conscience. Et ce qui devait arriver arriva. Bédié a payé cash les outrances de ses intellectuels “suiveurs”.

La transition militaire en 2000, de triste mémoire, signe l’agonie des intellectuels. Le général Guéi Robert et ses “jeunes gens” sont vite pris en main par des politiciens munis de calculatrices. Ils réussiront à détourner le chef de la junte de la « mission d’assainissement de la vie publique » qu’il s’est lui-même assignée. Lors de la rédaction de la Constitution d’août 2000, les intellectuels, parqués dans des camps, n’ont pas eu le courage de relever les incongruités du texte fondateur de la Deuxième République. Par décret n°2000-13 du 21 janvier, le général Guéi Robert a mis sur pied une Commission consultative constitutionnelle et électorale (Ccce) en vue de faire le toilettage les textes fondamentaux du pays. Autour d’Ekra Mathieu, président de la Ccce, il y avait Bernard Dadié, Memel Fotê, Lamine Diabaté, Seri Gnoleba, Kotchy Barthélemy, Assoa Adou, Zadi Kessi, El Hadj Aboubacar Fofana, Mgr Paul Dakoury, Sansan Kouao, Kouamé N’Sikan… En somme, les sages du pays s’étaient retrouvés pour redresser le pays. Ils ont examiné et retouché le projet que la sous-commission constitution présidée à l’époque par le Pr Ouraga Obou, leur avait remis. Les sages trouvaient ce texte mal rédigé, incohérent et porteur de germes de conflits futurs. Hélas ! Ces gens de grande mesure ont été accusés de tripatouillage par un groupe de politiciens activistes. Pour le malheur de notre pays, ces activistes avaient de l’influence auprès de Guéi. Des Ong créées à la va-vite ont essaimé et ont commencé à empoisonner l’atmosphère autour de cette idée de tripatouillage. Selon ces gens, le texte tel qu’il était sorti de la sous-commission devait être soumis, sans aucune retouche ni amélioration, au vote populaire, quelles que soient ses faiblesses évidentes. Leur diktat a été imposé par Guéi aux Ivoiriens. Cette société civile préfabriquée a tronqué le jeu politique alors que, selon le mot du Pr Zadi Zaourou, « elle est constituée de jeunes gens qui malgré leur bonne volonté, n’ont pas le poids et la culture nécessaires » pour faire une lecture appropriée des problèmes d’intérêt national. Sous leur impulsion donc, une Constitution bancale a été servie aux Ivoiriens. On n’a pas entendu d’intellectuels emboucher la trompette de l’avertisseur, pour clamer haut et fort que le rôle d’une commission est justement de dépoussiérer les textes d’une sous-commission. 

Les intellectuels sont tous marqués

Jusqu’à ce jour, Koné Dramane, un intellectuel, continue de clamer haut et fort, contre l’évidence, que cette Constitution est bonne : « Je ne pense pas que la Constitution soit bancale. Ça aussi, c’est une crise de représentation. C’est une Constitution qui n’est pas parfaite puisqu’elle n’a pas été votée à 100%, mais elle fait quand même notre fierté. Elle est soumise aussi à l’épreuve du temps et de l’application».

A l’avènement de Laurent Gbagbo, tous les professeurs qui, à quelque moment que ce soit, ont eu à faire chemin avec lui dans sa longue marche vers le pouvoir, ont déserté l’université. Mamadou Koulibaly, Bohoun Bouabré, Boga Doudou, Lida Kouassi, Agnès Monnet, Voho Sahi, Gnaoulé Oupoh, Sery Bailly, Yao N’Dré, Koné Dramane, Hubert Oulaye …sont tous partis. Ils ont troqué la toge universitaire contre le complet veston et les amphithéâtres contre les cabinets douillets des ministères. Le revers a été immédiat pour l’université. Un déficit d’enseignants de rang A. Assistants, maîtres-assistants, maîtres de conférences, professeurs titulaires… tous ne rêvent que d’une seule chose : s’asseoir dans un bureau ministériel ou à défaut celui de directeur de cabinet, de chef de cabinet, de conseiller spécial, de chargé de mission. Tous veulent jouir du pouvoir et des privilèges, sans qu’aucun d’entre eux ne prenne le pari de poser un regard critique sur la pratique du pouvoir. La République de Côte d’Ivoire a été rebaptisée «République des professeurs». Seuls un nombre infime d’entre eux, a gardé des liens avec l’université. Et cela désole le Pr Zadi Zaourou. «Le fait que certains collègues arrivent à ces postes et se coupent complètement de l’université fragilise notre enseignement parce que, très souvent, ce sont des professeurs de haut niveau.

Quand l’intellectuel a peur…

Ils ont tort car leur métier c’est l’enseignement » regrette-t-il. En allant dans les cabinets, les professeurs se sont mis au service d’un camp ou d’une chapelle politique. Quel que soit le camp et quel que soit le parti politique. Dès lors, toutes les pensées qu’ils émettent sont faites à travers le prisme déformant de leur idéologie. Et le Pr Mamadou Koulibaly de sonner la charge: « Quand on écoute certains, on se demande même s’ils sont intellectuels. Tous sont aujourd’hui politiquement marqués et chacun réfléchit à travers le prisme de ses aspirations politiques. Souvent quand je suis face à mes collègues universitaires des autres pays, j’ai honte qu’on m’identifie comme intellectuel ivoirien. Pourtant, il y a une dizaine d’années, on était tous fiers d’être étiquetés comme intellectuels ivoiriens.”

Certains intellectuels expliquent leur disparition par la peur. Deux sortes de peur : d’abord la peur de perdre des privilèges durement acquis. Ayant accédé à de hautes fonctions dans l’administration, une grande partie des universitaires a perdu le sens de la critique. Selon un sociologue du Fpi, qui a requis l’anonymat pour des raisons évidentes, «chacun se dit : si je parle, on va m’enlever le pain de la bouche. Dès lors tout le monde se tait». Ensuite, la peur des représailles. Elle amène certains universitaires de haut vol et de grands penseurs à choisir l’option de «l’exil intérieur» et de se résigner à ne pas critiquer. L’on a ainsi vu de grands maîtres comme Barthélemy Kotchy entrer dans une forme d’hibernation intellectuelle. Cela, dit-on, pour éviter de susciter le courroux des maitres de la refondation dont il ne partageait plus les options nouvelles et l’orientation politique.

Traoré M. Ahmed
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lundi 19 janvier 2009

Application du 4eme accord complémentaire de Ouaga


 Le 4ème accord complémentaire de l'accord politique de Ouaga prévoyait pour le 15 janvier 2009 le redéploiement effectif de l'administration dans la zone sous contrôle des forces nouvelles avec le rétablissement de l'autorité de l'Etat et l'unicité des caisses. Ce qui  signifie la disparition des commandants des zones. Passer cette date, c'est toujours le statut quo. On est encore au stade des incantations. C'est à croire que Soro Guillaume, Secrétaire des forces nouvelles et à ce titre premier ministre signataire de cet accord et chargé de sa mise en oeuvre, n'a plus d'autorité sur ses hommes. Cette première étape dans l'application du 4ème accord complémentaire était l'occasion pour Soro Guillaume et ses hommes de montrer au peuple ivoirien et à la communauté internationale leur irréversible détermination à sortir de cette crise. Malheureusement, la réalité est là: Soro Guillaume et ses hommes ne sont pas du tout presser d'abandonner la poule aux oeufs d'or. Comme cette situation fait l'affaire du camp présidentiel, on continue de jouer la même scène de théâtre aux ivoiriens qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Si Soro et Gbagbo n'ont pas la compétence, la détermination et la conscience de la souffrance et de la misère des ivoiriens pour les sortir de cette crise qu'ils démissionnent car il ne doit plus avoir d'accords complémentaires à l'accord politique de Ouaga. Vous en avez suffisament signé.

Peut-être que la Côte d'Ivoire a besoin d'un MESSIE pour sa renaissance!

vendredi 9 janvier 2009

Démocratie en Afrique: l'exemple ghanéen

Des élections législative et présidentielle viennent de se dérouler au Ghana sans que le pays se déchire, sans violence et dans le respect mutuel. Ces élections, remportées par l’opposition, ont été organisée par la structure chargée des élections qui à la confiance de tous les acteurs politiques ghanéens et qui est dirigé par la même personnalité depuis environ 15 ans. Le mandat du Président John Kufor étant arrivé à son terme (au Ghana le mandat présidentiel est de 4 ans), il n’a cherché ni à tripatouiller la constitution pour se maintenir au pouvoir comme s’est souvent le cas en Afrique ni à tronquer l’élection présidentiel pour que son candidat sorte vainqueur contre la volonté du peuple. A observer la scène politique africaine où des Présidents, après des décennies au pouvoir, sont prêts à tout pour s’y maintenir, où des opposants arrivés au pouvoir par des élections démocratiques manœuvrent pour s’y maintenir, on croirait que le Ghana se trouverait sur un autre continent. 
Le Ghana est bel et bien en Afrique, en Afrique de l’ouest, à la frontière est de la Côte d’Ivoire qui naguère étaient enviée des Ghanéens.
Faut-il désespérer de l’Afrique ? Je pense que non. Le processus démocratique amorcé par la plupart des pays africains est irréversible même si dans nombre de ces pays ce processus à du plomb dans l’aile. Quelques pays, (je parlerai surtout de l’Afrique de l’ouest, région que je connais mieux), ont déjà écrit une belle histoire de leur parcours démocratique. Il s’agit du Bénin, du Mali et bien sur le Ghana dont je salut la maturité et le sens de la nation de leur classe politique ainsi que de leurs citoyens. Quant au Sénégal, j’apprécierai mieux la vigueur de leur démocratique à la fin du mandat de Aboulaye Wade.
Que les Mugabé, Bongo, Sassou N’Gesso, Paul Biya, Blaise Compaoré, Eyadema Fils, Gbagbo Laurent…… puissent se nourrir de la leçon de démocratie donnée par la classe politique ghanéenne.

dimanche 4 janvier 2009

Assalé, bienvenue au pays des zombies


Après avoir lu dans le Nouveau Reveil cette lettre de Venance Konan, j'ai décidé d'en publier une partie car elle dresse le sombre tableau de la réalité politique, économique et social de notre ex-beau pays.

Mon cher Assalé Tiémoko Antoine

Il y a un an, à quelques jours près, le tout-puissant procureur Tchimou te faisait mettre au trou pour douze mois. Il en avait le pouvoir et il l'a utilisé. Je t'avais alors écrit, à la veille de la nouvelle année, pour te demander de lui souhaiter quand même une bonne année. Je sais que tu l'as fait. Le 31 décembre 2007, il a dû boire du champagne, comme le font tous les hommes puissants de ce pays. Il n'y avait pas de raison qu'il ne le fasse pas. Il venait d'envoyer à la MACA l'impertinent Assalé Tiémoko, celui qui écrivait que notre justice était pourrie, que les concours de l'ENA s'achetaient, que notre pays allait dans le mur.
Cela dit, petit frère Antoine, je te souhaite quand même la bienvenue. Bienvenue au pays des zombies. Tu sais ce que c'est que les zombies. Ce sont des espèces de morts vivants qui n'ont plus aucune volonté et font tout ce que celui qui les contrôle veut qu`ils fassent. Zombies. C`est ce que nous qui étions en dehors des murs de la MACA sommes devenus. Franchement, nous ne sommes pas mieux que toi qui était de l'autre côté. On nous fait vivre dans les ordures et nous y restons. Sans émettre la moindre protestation. En sachant très bien que nous risquons d`avoir une grosse épidémie un de ces jours. Tu as vu dans quel état est notre belle lagune ? Notre président bien-aimé augmente chaque année ses fonds de souveraineté jusqu'à dépasser les 60 milliards, lui qui se plaignait des quinze milliards de Bédié, au temps où la Côte d'Ivoire n`était pas coupée en deux, et nous l'acclamons. Maintenant il ne se donne plus la peine de faire voter son budget par l'Assemblée nationale. Aucun député n'a protesté. Et nous trouvons cela absolument normal. Que peut dire un zombie ? Un de mes amis qui n'est pas Ivoirien m`a demandé " pourquoi personne ne proteste, pourquoi personne ne se lève pour organiser les gens ? " La réponse est simple, mon cher Jacques. Nous sommes zombifiés. Assalé, tu me diras peut-être " que fait l'opposition ? " Laisse tomber cette affaire d`opposition, petit frère. Comme j`ai beaucoup de respect pour certains membres de cette soi-disant opposition, je m'abstiens désormais de dire ce que je pense d'elle. Mais sache que du fait de la ménopause intellectuelle qui frappe cette opposition dans son ensemble, elle est totalement coresponsable des malheurs des Ivoiriens. Mais pour être totalement honnête, il n'y a pas que cette opposition qui soit coresponsable. Nous le sommes tous, nous qui nous sommes laissés zombifier par la peur, par l`argent, par la corruption, par les mensonges, par notre égoïsme, et pour dire, par notre nègrerie. Il n'y a que des nègres pour subir ce que nous subissons aussi passivement, sans réagir, pour applaudir les bourreaux, pour peu qu`ils distribuent un peu de l'argent qu'ils nous volent, pour suivre des soi-disant opposants qui ne sont que les complices objectifs de nos dictateurs.
Petit frère, tu comprends que je suis totalement écœuré et que j`ai de plus en plus honte d`être ivoirien. Mais on ne peut pas se renier. Je continue donc d`assumer ma condition d`Ivoirien et de zombie. Comme je ne suis pas encore candidat pour traverser le désert, et sauter dans une pirogue pour me retrouver à Lampedusa, je ne peux que rester dans ce pays mien et pousser de temps en temps une gueulante qui, je le sais, n`émouvra personne et ne changera rien. Mais c`est la seule façon que j'ai trouvée pour ne pas devenir fou. Petit frère Antoine, tu connais la dernière trouvaille de notre président bien-aimé dont le génie, la compétence, l`habileté, la vision, le patriotisme, le tout ce que tu veux sont reconnus dans le monde entier ? Il se bat en ce moment comme un beau diable pour que notre pays soit classé parmi les pays pauvres très endettés. Ailleurs, on se bat pour être classé parmi les meilleurs, nous, on se bat pour être parmi les derniers. Chacun mène le combat qu`il peut. Allez expliquer ensuite à nos enfants qu`il faut qu`ils travaillent bien à l`école pour être parmi les premiers. Il paraît que nous sommes sur la bonne voie pour obtenir cette place tant convoitée de pays pauvre. Il ne nous reste plus qu`à organiser des séances de prières dans nos mosquées, temples et églises pour obtenir que le pays qu`Houphouët-Boigny rêvait de voir parmi les plus développés soit désormais classé parmi les plus pauvres de la terre. Notre survie en dépend, à ce qu`on nous a dit. Et les zombies que nous sommes devenus ne trouvent rien à y redire. Nous danserons certainement le jour où l'on sera classé PPTE (pays pauvre très endetté), si l`on nous le demande. Nous avons bien dansé le jour de la signature de l`APO. Tu connais l`APO, petit frère ? C`est l'Accord Politique de Ouagadougou. On l`avait signé avant que tu n`ailles au trou. Notre président bien-aimé a dit que c'est le plus bel accord que l`esprit humain n`ait jamais imaginé, qu`il devrait être enseigné dans les écoles de sciences politiques, et que Soro Guillaume et lui, les signataires de ce bel accord, devraient se voir décernés le prix Nobel de la Paix. Si les Européens n`étaient pas, comme toujours, jaloux de ce qui se crée en Afrique, c'est l'accord politique de Ouagadougou qu'ils auraient proposé aux Israéliens et Palestiniens qui s`étripent à nouveau. Eh bien, quand cet accord a été signé, on nous a demandé de danser. Et nous avons dansé. Que pouvions-nous faire d`autre ? Madame Simone Gbagbo et Sidiki Konaté ont même dansé le " gbégbé " ensemble à Yopougon. Blé Goudé, Soro Guillaume et Wattao sont devenus, comme cela, par la magie de l`APO, les meilleurs amis du monde. Concernant Blé Goudé, quelqu'un a dit très sérieusement à la télévision qu`il est désormais le Gandhi ivoirien. Mais ça, ça n`a rien à voir avec l`APO. C`est grâce aux sanctions de l`ONU. Elles adoucissent les mœurs encore mieux que la musique. Fofié Kouakou de Korhogo qui enfermait les gens dans des containers jusqu`à ce que mort s`ensuive est devenu lui aussi plus doux qu`un agneau depuis qu'il a pris sa sanction dans les gencives. Et mon ami personnel Djué Eugène est devenu très silencieux depuis sa sanction onusienne. Et aussi depuis qu`il a été bastonné à la présidence. Je ne sais pas si tu as appris cette affaire à la MACA. Il était allé à la présidence demander son " bonne année " et on n`a pas voulu le lui donner. On l`a plutôt donné aux autres, ceux du clan. Djué s`est fâché tout noir, et les autres se sont aussi fâchés. Résultat, il a été copieusement battu. Petit frère, avant que tu n`ailles en prison, on cherchait la date des prochaines élections. Tu as passé un an en taule et tu en es sorti. Eh bien, on continue de chercher la date de ces fameuses élections. L`opposition attend sagement que M. Gbagbo se décide à les organiser. Et M. Gbagbo a dit "si on n`organise pas d`élection ça fait quoi ?" Et personne parmi les zombies que nous sommes devenus n`a pu lui répondre. Résultat ? Il n`y aura pas plus d`élection cette année qu`il n`y en a eu en 2008, en 2007, en 2006, en 2005. Et ça ne fera rien du tout. Bien sûr, tes sclérosés d`opposants te diront que grâce à leur brillante stratégie, M. Gbagbo n`aura pas d`autre alternative que d`organiser les élections dans le premier trimestre de 2009 et…de les perdre. C`est ce qu`ils me disent chaque année depuis 2005. Ils ne se rendent pas compte qu`ils sont désormais les seuls à s`écouter parler, parce que les Ivoiriens dans leur ensemble ont décroché par ailleurs à cette opposition qui a étalé aussi lamentablement son incompétence. La vérité, petit frère, est que toute la classe politique qui a toujours vécu grassement sur le dos des Ivoiriens a signé un pacte, pour continuer à sucer le sang du peuple. Quel opposant, député ou homme politique ivoirien as-tu entendu dénoncer comme il se doit le sort fait au peuple ivoirien ? Je te parlais plus haut de l`APO, ce si bel accord qui devait nous conduire aux élections qui n`intéressent aucun homme politique ivoirien en réalité. On en est au quatrième accord complémentaire à cet accord. Cela signifie que l`on tourne en rond, que l`on nous berne, qu`on nous prend pour les zombies que nous sommes effectivement, et pendant ce temps, le nord de la Côte d`Ivoire est toujours entre les mains d`une bande de pilleurs de banque, de bandits de grands chemins qui ont tué et torturé, et dont le chef est le premier ministre de ton pays. C`est là l`une des vertus de l`APO. Une autre est d`avoir mis la Côte d`Ivoire sous le contrôle direct du Burkina Faso. Plus rien ne se passe désormais dans notre pays sans l`aval du beau Blaise du Burkina. Dès qu`un problème se pose ici, nos dirigeants et nos opposants, dont certains ont été président et premier ministre de ce pays se précipitent à Ouagadougou pour prendre les instructions de Blaise. C`est ce qu`on appelle libérer le pays de la colonisation. Je crois qu`on a voulu nous dire qu`il vaut mieux être colonisé par un voisin plus faible que soi, mais plus intelligent, plutôt que par un pays lointain et puissant. On appelle tout ça refondation, mon cher petit frère. Veux-tu que je te parle de ton école, de notre école ? A quoi bon ? Que ne sais-tu pas déjà ? Tu as d`ailleurs écrit de très beaux papiers sur cette école refondée. C'est aussi tout cela qui t'a conduit en prison. Tu as vu que cela n'a soulevé aucune émotion chez les zombies que nous sommes. Tout ce qui arrive aux zombies est bon pour eux. Et ils disent que tout ce que Dieu fait est bon. C'est la phrase préférée des zombies ivoiriens en ce moment. Et la FESCI continue son œuvre de destruction de cette école qui devait former l`élite de notre pays mais qui ne forme plus que des crétins zombifiés. Que te dire d`autre, petit frère ? En fait je voulais tout juste te souhaiter la bienvenue dans notre monde de zombies et j'ai fait des digressions. Je vieillis et je commence à radoter. Bonne et heureuse année. Souhaitons ensemble une bonne année à tous les zombies, à ceux qui les ont zombifiés, et n`oublions surtout pas le procureur Tchimou. Ne sois pas ingrat petit frère. Grâce à lui tu as quand même passé un an, logé et (mal) nourri aux frais de l`Etat. Ce qui n`est pas si mal pour le chômeur que tu es et qui risque de le rester encore longtemps lorsque notre pays sera classé PPTE.
Venance Konan, écrivain,
journaliste indépendant

vendredi 2 janvier 2009

Voeux du Chef de l'Etat à la nation


A la veille de chaque nouvelle année les Chefs d'Etat ou de gouvernement prononcent un discours radio-télévisé à leur différents peuples pour tenter de répondre à leurs attentes et de les rassurer quant à leur légitime désir d'un mieux vivre.

En Côte d'Ivoire nous avons longuement et attentivement écouté notre chef d'Etat dans l'espoir que le peuple, mais surtout les fonctionnaires qui attendent après le forum social de Grand-Bassam une revalorisation salariale à partir de janvier 2009, puisse être rassurés des mésures concrètes qu'il compte prendre pour lutter efficacement contre la cherté de la vie.

Dans son intervention, le Chef de l'Etat donne l'impression d'avoir conscience des difficultés de ses compatriotes; en effet il déclare: "Nous avons connu la guerre. La crise née de cette guerre a créé dans le pays une situation inhabituelle. Je vois bien les difficultés de toutes sortes dans lesquelles vivent aujourd’hui beaucoup d’entre nous. Je sais que la cherté de la vie qui est la raison essentielle de ces difficultés est telle que les plus durement touchés en sont arrivés pour certains à perdre espoir. La vie est devenue chère parce que l’accès au transport, aux produits de première nécessité et au logement n’est plus facile pour beaucoup d’entre nous." Belle analyse! Comme solution, il propose: "Aujourd’hui, les cours du pétrole sont à la baisse." "Si les tendances actuelles à la baisse se maintiennent, nous aurons une deuxième baisse des prix à la pompe au début de 2009. S’agissant des denrées de première nécessité, je veux parler surtout des produits vivriers, la Côte d’Ivoire produit en quantité suffisante ce que les Ivoiriens ont l’habitude de consommer." "J’en déduis que le problème n’est pas celui de la production mais qu’il s’agit surtout d’un problème de réorganisation de la distribution. Je vais recevoir, dans le courant du premier trimestre de la nouvelle année, les acteurs du secteur des vivriers pour chercher avec eux, un système de redistribution qui nous mette à l’abri de la spéculation."

Le Chef de l'Etat révèle " Lorsque j’arrivais à la Présidence de la République, en octobre 2000, le baril de pétrole coûtait environ 35 dollars US sur le marché international." Cela fait quelques mois que le baril de pétrole oscille autour de 40 dollards US. Pourtant le prix à la pompe ne baisse pas et reste élevé.

Le Chef de l'Etat poursuivant son analyse de la situation socio-éconimique du pays estime: "En ce qui concerne le logement, c’est un fait que la forte concentration démographique dans les centres urbains des régions du Sud, et particulièrement à Abidjan, à cause de la guerre, a suffi à elle seule, à faire grimper les coûts du logement. Or, à cela est venue s’ajouter la flambée des coûts des matériaux de construction des bâtiments, notamment le fer, le ciment, le sable etc. La question du logement est donc aussi un enjeu de la Paix. Tout comme le chômage."

Pour le chômage, sa solution réside dans la mise en place du fond national de solidarité et le projet de création de la zone franche de biotechnologie: " C’est pourquoi j’ai mis en place le Fonds national de solidarité (Fns) destiné à la promotion de l’auto-emploi, permettant aux jeunes de créer leurs propres entreprises. Je constate malheureusement que malgré l’ancienneté de cet outil, très peu de jeunes le sollicitent. En 2009 nous allons prendre des mesures non seulement pour faire connaître davantage ce fonds mais surtout pour alléger les conditions d’éligibilité. Cependant, la plus grande action de lutte contre le chômage des jeunes que j’ai initiée est la création de la Zone Franche de la Biotechnologie et des Technologies de l’Information. La réalisation de ce projet économique majeur a été confiée au Village des Technologies de l’Information. Les études de ce projet sont entièrement achevées. Le financement est déjà obtenu pour la première partie de sa réalisation. Il débutera en janvier 2009 et générera à terme et au profit de nos jeunes diplômés, quarante mille (40.000) emplois directs et au moins deux cent mille (200.000) emplois indirects."

Concernant l'augmentation exponentielle des matériaux de construction, aucune solution.

Sur la question du front social, alors que les fonctionnaires attendent avec impatience une revalorisation salariale, le Chef de l'Etat semble lier leur sort à la sortie de crise régie par l'accord de Ouaga alors que le train de vie de l'Etat et de tous ceux qui gravitent autour du pouvoir n'est pas du tout affecté par cette crise: "Sur la question des remous sociaux, jamais notre pays n’a connu autant de manifestations qu’en 2008. Je comprends ces mouvements et personnellement, je le dis à tous les Ivoiriens, je n’empêcherai jamais les revendications syndicales. Je sais les efforts à faire pour répondre aux revendications des travailleurs. J’en appelle cependant au sens de la responsabilité de tous les leaders syndicaux de Côte d’Ivoire et, au-delà, de tous les travailleurs du secteur privé comme du secteur public. Nous sortons de guerre. Notre économie doit se remettre des conséquences de la guerre. Gardons cela à l’esprit dans l’expression de nos revendications. La satisfaction pleine et entière de toutes ces revendications est liée à la sortie de crise. Nous sommes sur la bonne voie depuis la signature de l’Accord Politique de Ouagadougou." Cette crise dont les ivoiriens doutent de la sincérité des deux signataires de cette accord à nous en faire sortir.

Au total, nous sommes restés sur notre fin car le Chef de l'Etat vient une fois de plus de nous démontrer son incapacité à répondre  aux aspirations légitimes d'un mieux vivre de ces concitoyens après plusieurs années de sacrifice.


mardi 30 décembre 2008

Un politologue français prévient : « Gbagbo ira à des élections tant qu’il sera certain de les remporter »

Christian Bouquet a mis les pieds dans le plat du débat politique ivoirien, en révélant la volonté de certains acteurs politiques ivoiriens, de bloquer le processus de paix. Parlant du chef de l’Etat ivoirien, ce politologue français a révélé qu’il n’ira à des élections que s’il est convaincu de pouvoir les remporter. « Gbagbo ira à des élections tant qu’il sera certain de les remporter », a-t-il indiqué sur Rfi. Au dire de Christian Bouquet, depuis les dernières élections présidentielles, les tendances ont bougé, parce que les rapports de force ont beaucoup évolué sur le terrain. Mais, a-t-il tempéré, « il semble d’après les analystes que la ligne a assez peu bougé et on pense que les indications qui étaient sorties des municipales 2001, ne seront pas très loin de ce qui pourraient sortir du scrutin présidentiel 2009, si les élections sont justes, équitables et normalement organisées ». En clair, selon Bouquet, les résultats des prochaines élections présidentielles ne seront pas loin de ceux des municipales, si tout se passe bien. Cependant, s’est-il montré pessimiste , sachant qu’un acteur de poids va perdre, il faut craindre à l’horizon des difficultés. « C’est ce qui fait toute la fragilité du système. Au moment où le chef de l’Etat va comprendre qu’il va perdre, alors il est possible que des grains de sable s’insinuent dans le processus », a-t-il analysé. Christian Bouquet a dédouané les acteurs politiques ivoiriens accusés de faire perdurer la crise ivoirienne, et qui avaient promis d’organiser les élections le 30 novembre dernier. « C’était une promesse difficile à tenir dans la mesure où il fallait passer par tout le processus long et compliqué. Techniquement, il y avait beaucoup de choses à mettre en place, il n’y avait pas mal d’argent à trouver. Et puis il y avait une partie des acteurs qui freinaient un peu le processus, tandis que d’autres avaient voulu que ça aille plus vite », a-t-il ajouté. Non sans indexer les gens qui sont au pouvoir, et qui craignent de le perdre et qui livrent des combats d’arrière-garde sur la question du désarmement avant les élections. « Les gens qui sont au pouvoir, peuvent craindre de le perdre, alors on assiste à des combats d’arrière-garde de la part des gens au pouvoir, le FPI en particulier qui voudrait le désarmement avant les élections... », a-t-il précisé. Même si la communauté internationale, à en croire le politologue français, est mise en veilleuse par les acteurs de la crise ivoirienne, il n’empêche qu’elle est présente pour la validation des étapes du processus électoral. « C’est vrai que ce sont les Ivoiriens qui sont maîtres chez eux dans la gestion du processus électoral, mais il est quand même placé sous surveillance étroite de l’Onuci », a conclu Christian Bouquet.

mardi 30 décembre 2008 par Y.DOUMBIA (Soir info)

Faiblesses de Ouaga 4

L'accord complémentaire 4 à l'accord politique de Ouaga dit Ouaga 4 prévoit l'intégration de 5000 soldats des forces nouvelles à la future armée ivoirienne sur une période de 2 ans. Cette disposition de Ouaga inspire plus d'inquiétudes qu'il n'apporte d'éclaircissement quant aux points de blocage de l'accord politique de Ouaga relatifs au désarmement avant la tenue des élections. Alors que tout le monde appelle à la tenue de l'élection présidentielle au premier semestre 2009, les deux protagonistes de cette interminable crise signent un accord complémentaire qui prévoit en fait le processus DDR sur 2 ans, ce qui signifie que le DDR ne sera pas achevé si par extraordinaire l'élection présidentielle devrait avoir lieu en 2009. Est-ce que le nouveau président élu, si ce n'est pas monsieur Gbagbo Lauent, se sentira engager par les termes d'un accord qu'il n'a pas signé? C'est la première faiblesse de Ouaga 4.

La deuxième faiblesse de Ouaga 4 réside dans le fait qu'il ne proclame pas formellement la réunification du pays au 15 janvier 2009, mais parle de redéploiement de l'administration. Qui assurera la sécurité de cette zone si toute l'administration y est effectivement présente à cette date?

Ces constats nous amènent à penser, peut-être à tord, que Gbagbo et Soro sont entrain de rouler les ivoiriens dans la farine car ils ne sont pas encore prêts à organiser l'élection présidentielle.

mercredi 24 décembre 2008

De Ouaga en Ouaga

Le quatrième accord complementaire à l'accord politique de Ouagadougou vient d'être signé. Cet accord est sensé règler le problème des grades des militaires rebelles des forces nouvelles, le désarmement et le redeploiement de l'administration dans la zone sous contrôle rebelle. Etape indispensale dans le processus de sortie de crise, avant les élections.

Depuis la signature de l'accord politique de Ouagadougou entre Laurent Gbagbo, Chef de l'Etat issu du FPI et Soro Guillaume, actuel Premier Ministre et chef de la rebellion , nous sommes au quatrième accord complementaire. Ce qui amène la plupart des observateurs de la scène politique ivoirienne à être sceptique quand à l'organisation effective de l'élection présidentielle en 2009; alors que l'accord politique de Ouagadougou signé en mars 2007 était prevu pour être appliqué en dix mois.

Les difficultés d'application des premiers accords de sortie de crise residait dans le fait qu'il y avaient plusieurs signataires avec la forte implication et pression de la communauté internationale. Le pouvoir en place estimait que ces accords lui étaient défavorables.

Nous ne comprenons donc pas la mauvaise volonté que les deux signataires de l'accord politique de Ouagadougou, leur accord issu de leur dialogue direct, avec un facilitateur choisi par eux, Le Président du Burkina-Faso, Blaise Compaoré, mettent à son application pour libérer les ivoiriens qui sont fatigués de cette crise.

Nous osons espérer que ce quatrième accord complementaire sera le dernier et que la prochaine date de l'élection présidentielle qui doit être fixée par la CEI ne rencontrera pas la mauvaise fois des deux signataires de l'accord politique de Ougadougou.

jeudi 11 décembre 2008

Chronogramme de mise en œuvre de l`Accord de Ouagadougou


  jeudi 11 décembre 2008 - Par Notre Voie

1 Signature de l'Accord politique de Ouagadougou - Jour J 


2 Mise en place du Centre de commandement intégré. Commence deux (02) semaines après le jour J 

3 Mise en place du Cadre institutionnel d`exécution. Se fait quatre (04) semaines après la signature de l`Accord. 

4 Formation du Gouvernement. 
Se fait cinq (05) semaines après la signature de l`Accord 

5 Suppression de la zone de confiance et mise en place des unités mixtes. Commencent une (01) semaine après la formation du Gouvernement 

6 Démantèlement des milices. Commence deux (02) semaines après la formation du Gouvernement et dure deux semaines

7 Regroupement (rassemblement par unité des ex-combattants dans les sites de regroupement et stockage des armes sous la supervision des Forces impartiales) 
- Redéploiement de l`Administration 
- Début des audiences foraines. Commence deux (02) semaines après la formation du Gouvernement et dure trois (03) mois 

8 Enrôlement en vue de l`inscription sur la liste électorale et de l`identification. Commence un (01) mois après le début des audiences foraines

9 Unification des forces en présence et enrôlement pour le Service civique. Commence quinze jours après le début de l`enrôlement

10 Etablissement et distribution des nouvelles cartes nationales d`identité et des cartes d`électeur à partir de la liste électorale. Commencent à l`adoption officielle de la liste électorale définitive 

11 Fin du processus DDR et organisation des élections.

Ce chronogramme de l'accord politique de Ouagadougou, publié par le journal du FPI Notre Voie, dédouane les forces nouvelles (les rebelles ivoiriens) de leur mauvaise volonté à aller au désarmement. En effet, après la formation du gouvernement et la suppression de la zone de confiance, toutes les autres étapes du processus ont pris énormément de retard, notamment le démantèlement des milices qui n'est pas encore effectif. De plus le processus DDR prend fin après l'adoption officielle de la liste électorale définitive et la distribution des cartes d'identité et d'électeur. C'est ce qui constitue la faiblesse de cet accord. Alors je me pose des questions sur la polémique sur le désarmement provoquée par le FPI. Le Président du FPI sait bien que le Chef de l'Etat, le vrai patron de son parti et le Chef rebelle sont allés auprès de leur pote Blaise Compaoré pour signe un accord pour ne pas aller aux élections dans un délai raisonnable.

mercredi 10 décembre 2008

Palabre FPI - Forces nouvelles


Après les violences verbales entre les deux "complices" autour de la question du désarmement, le Chef de l'Etat, en bon père de famille, a reçu les deux parties séparément au palais de la présidence. Il parait qu'ils se sont entendus et ont décidés de clore l'incident. Tant mieux! Les deux parties, selon Fratmat, seront reçus à nouveau le 20 décembre 2008, mais cette fois-ci, en présence de l'autre père de famille, le Premier Ministre en ballade en Italie actuellement.

Tous ceci ressemble à un scénario de théâtre très bien écrit où chacun interprète avec maestria son rôle. Au lieu de distraire les ivoiriens qui ont faim et qui ne savent plus à quel saint se vouer, les deux signataires de l'accord politique de Ouagadougou et le facilitateur doivent dire au peuple de Côte d'Ivoire, de manière claire et sans ambiguïté, la chronologie des actions à mener pour atteindre le terme de ce processus de sortie de crise. Attention..... la marmite sociale est entrain de fortement bouillir. Faites tout pour éviter qu'elle n'explose, auquel cas cette explosion vous emportera tous. Messieux et mesdames les acteurs politiques qui ne voyez pas plus loin que la profondeur de votre poche un homme averti en vaut deux, dit le sage.

mardi 9 décembre 2008

Scénarios de sortie de crise pour la Côte d'Ivoire: Les quatre scénarios

La méthode des scénarios a été élaborée dans les années 70 par le groupe pétrolier Shell, pour faire face aux chocs pétroliers. Elle a, par la suite, été perfectionnée et utilisée dans plusieurs pays, à des moments cruciaux de leur histoire. Elle a, par exemple, été utilisée en 1992 en Afrique du Sud pour déterminer l'avenir économique de ce pays au sortie de l'apartheid. Elle a également été utilisée au Burundi pour aider le pays à sortir de sa crise. L'utilisation de scénarios montre bien que le futur n'est pas figé, mais plutôt susceptible d'être modelé par les décisions et actes d'individus, d'organisations et d'institutions. Cette méthode permet notamment:

  • d'être tenu en éveil devant les évènements; plus personne ne pourra dire "je ne savais pas" ou "je l'avais pas envisagé";
  • d'aller au-delà des schémas mentaux conventionnels pour imaginer le futur avec le spectre le plus large;
  • de reconnaître les signes du changement;
  • de tester la soutenabilité des stratégies en diverses circonstances.

L'élaboration des présents scénarios intervient dans un contexte où plusieurs accords de paix ont été signés par les différentes forces politiques et militaires, et même par le Président de la République pour les accords les plus récents, mais dont la mise en oeuvre connaît des difficultés, alors qu'approche la date constitutionnelle de tenue de l'élection présidentielle. Dans ce contexte, deux facteurs se distinguent clairement comme étant déterminant pour l'issue de la crise:

  • D'une part, le retour à la paix civile par la mise en oeuvre d'un processus des milices et de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des forces belligérantes et constitution d'une nouvelle armée républicaine,
  • D'autre par, le retour à une vie démocratique normale et apaisée pour récréer la cohésion sociale et permettre le redressement économique.

Quatre scénarios ont ainsi été élaborés:

Scénarios 1: "le chaos"

Accords de paix non appliqués>>>>>><<<<<  Les parties campent sur leurs positions                                                                                                                                                                      

Conséquences:

  • Pas de démantèlement des milices ni de désarmement;
  • Pas d'élections;
  • Fin du gouvernement de réconciliation;
  • Affrontements;
  • Répression, fuite des capitaux et des personnes, isolement du pays, risque de coup d'Etat, Guerre civile/exactions;
  • Accentuation de la crise sociale/économique/politique;
  • Fragmentation du pays.

Facteurs de risque

Ce scénario, "le chaos", est le pire qui puisse arriver à la Côte d'Ivoire. IL est cependant loin d'être une simple vue de l'esprit. L'évolution de la situation actuelle vers celles qu'ont connues des pays comme le Libéria, la Sierra Leone, le Rwanda ou même la Somalie est possible, aussi longtemps que la logique de guerre et l'inflexibilité dans les positions des uns et des autres demeurera.

Scénario 2: "La fuite en avant"

Accords de paix non appliqués: 

> Pas de démantèlement des milices

> Pas de désarmement

> Contestation du processus électoral

*Election en zone gouvernementale;

*Contestation des élections;

*Manifestations;

*Répression;

*Fuite des personnes et des biens/économie en déclin;

*Risque de coup d'Etat;

*Evolution vers la démocratie? ou Evolution vers le chaos.

Dans cette hypothèse, soit l'armée arrête la dérive de l'Etat et organise une vraie transition vers la démocratie, auquel cas le pays sort de ce scénario pour évoluer vers celui du redressement, soit elle décide de s'installer au pouvoir dans la durée avec suspension des institutions, des partis politiques et l'interdiction de manifester et le pays retourne au "chaos".

Facteurs de risque

Aucune des parties au conflit ne peut seule avoir raison contre tous. A trop forcer le cours des évènements sans régler les problèmes et à vouloir aller à des élections quel qu'en soit le prix, le risque est grand de basculer à tout moment vers le chaos. L'option militaire, quelle qu'en soit la nature comporte tout autant de risques, de faire évoluer le pays vers le chaos. D'une façon ou d'une autre, la fuite en avant est dangereuse.

Scénario 3: "Le redressement"

*Consensus pour une élection présidentielle libre et transparente;

*Délai raisonnable?

OUI          NON

                  Prise d'ordonnance pour les dernières lois

                 Elaboration d'un calendrier accepté par toutes les                                                                                    parties et report de l'élection

*Désarmement des forces belligérantes et démantèlement des milices;

*Réunification du pays/Redéploiement de l'administration/ Préparation des élections;

*Elections crédibles;

*Réformes constitutionnelles/Réformes économiques/Réformes sociales

§Populisme/Démagogie?     § Démocratie participative/Bonne gouvernance

>Risque de crise nouvelle       > Redressement/croissance/Paix sociale

(Fuite en avant?)

Facteurs de risque

Ce scénario supporte un réel dépassement de la part des acteurs politiques et militaires pour privilégier la paix, les intérêts et l'avenir du pays. Sa réalisation est conditionnée d'une part par le consensus politique qui doit ouvrir la porte à un désarmement et à un démantèlement des milices effectifs, et d'autre part à la mise en oeuvre de politiques macro-économiques pragmatiques.

Scénario 4: "La renaissance" 

*Consensus pour une nouvelle période de transition

OBJECTIF: Redresser l'économie, mettre en oeuvre les réformes institutionnelles avant de nouvelles élections

*Désignation de l'organe de gestion de la transition

§ Communauté internationale   --  § Gouvernement de technocrates

(Appui financier)

*Dissolution des milices/désarmement  

*Formation d'une nouvelle armée républicaine 

*Réunification du pays et réconciliation  nationale 

*Identification des personnes

*Assemblée constituante

*Nouvelle constitution     

 *Nouveau code électoral                                                         

Election libre et transparente (Fin de la transition)

                         NOUVEAU GOUVERNEMENT

  (Bonne gouvernance/Maîtrise des contraintes macro-économiques)

§ Stabilité politique et sociale  --  § Croissance économique durable

Facteurs de risque

Trois facteurs de risque importants sont à prendre en compte dans ce scénario: la nature du gouvernement de transition et sa durée, le contenu de la nouvelle constitution et les choix économiques du gouvernement issu des élections.

  1. Une transition dont le gouvernement serait l'émanation ou le choix des paris politiques ne constituerait qu'une réplique du gouvernement de réconciliation actuel, et serait de ce fait totalement contre productif. Il n'aurait ni la cohésion, ni les pouvoirs, ni l'indépendance nécessaires pour opérer de vrais changements. Il conduirait inévitablement aux scénarios 1 ou 2. Par ailleurs, s'agissant d'une  période de transition, il n'est pas exclu que les investisseurs et les acteurs économiques diffèrent leurs décisions stratégiques jusqu'à la tenue des élections, ce qui affecterait le redressement économique.
  2. Si les hommes politiques présentent la nouvelle constitution de façon aussi réductrice qu'en 2000 et si le contenu de celle-ci ne prend pas en compte les aspirations véritables du peuple, il n'est pas exclu qu'il soit la source de nouveaux conflits.
  3. Comme dans le scénario 3, les choix économiques du gouvernement issu des élections détermineront l'avenir du pays.

A chacun, après s'être imprégné de ces quatre scénarios, en fonction de son analyse et de sa compréhension de la crise ivoirienne, de dire dans quel scénario sommes nous.



lundi 8 décembre 2008

Scénarios de sortie de crise pour la Côte d'Ivoire: La nature de la crise

Il étais nécessaire de s'accorder sur la nature de la crise ivoirienne avant d'envisager les futurs possibles. La crise est donc présentée sous ses trois dimensions:

Crise politico -militaire

  1. Escalade dans l'exploitation des divisions/conflits ethniques, religieux et régionaux;
  2. Difficulté d'application des accords signés;
  3. Crise de confiance au sein de la classe politique;
  4. Crise d'autorité de l'Etat;
  5. Incertitude sur l'avenir;
  6. Crise de confiance et d'autorité au sein des forces de défense et sécurité;
  7. Division de fait du pays et de l'armée;
  8. Prolifération des milices et des armes;
  9. Scènes de violences répétées et insécurité grandissante.

Crise économique

  1. Accroissement du chômage (46,7% de perte d'emploi);
  2. Nombreuses fermetures d'entreprises et délocalisations (Répartition des sinistres par secteurs d'activité: Commerce: 48,37%/Service:8%/Industrie:4,11%....);
  3. Baisse importante du taux de croissance du PIB (de 5,4% en 1998 à 1,0ù en 2004);
  4. Baisse drastique des investissements ( en pourcentage du PIB: 15,3 en 1998, 9,9 en2003);
  5. Baisse croissante du revenu par Habitant ( Croissance PIB/hab. %: 9,3 en 1998, -0,8 en 2002);
  6. Forte dégradation des infrastructures économiques;
  7. Economie encore plus dépendante de l'exportation des produits agricoles, taux de transformation faible et industrialisation peu avancée.

Crise sociale

  1. Multiplication des conflits ethniques sur fond de litiges fonciers;
  2. Déplacements de populations (occupations, dépossessions, affrontements....);
  3. Accroissement de la violence sous toutes ses formes;
  4. Insécurité généralisée (alimentaire, sanitaire, biens et personnes...);
  5. Système éducatif en décomposition;
  6. Désintégration du tissu social;
  7. Instrumentalisation et aliénation de la jeunesse;
  8. Croissance démographique continue;
  9. Flambée des prix des produits de première nécessité.

L'interdépendance de ces trois dimensions de la crise nécessite une action simultanée à ces trois niveaux pour sortir du cercle vicieux de l'enlisement et aller vers le cercle vertueux de la croissance. Aucune croissance durable n'est envisageable si les tendances constatées au cours des dix dernières années ne sont pas inversées, la résolution de la crise politique en constituant un préalable.

Scénarios de sortie de crise pour la Côte d'Ivoire: Contexte

La tension politique actuelle suscitée par le débat sur le désarmement des forces nouvelles m'a amené à fouiller dans mes archives pour sortir certains documents relatifs à la crise politico-militaire que les ivoiriens vivent depuis septembre 2002.

Le premier document que j'aimerais vous faire partagé - document réalisé en juin 2006 - parle de quatre scénarios de sortie de crise. Voici l'introduction à ce document:

Partant du constat de la faible prise en compte des préoccupations du secteur privé et de la société civile dans le processus de résolution de la crise, un groupe d'Ivoiriens a pris l'initiative de réunir pendant neuf jours, à Busua, près de Takoradi, au Ghana, une trentaine de personnalités pour ensemble élaborer des scénarios de sortie de crise pour la Côte d'Ivoire. Le groupe étais composé de personnalités de toutes les tendances politiques, de toutes les religions et émanant aussi bien du secteur privé que de la société civile. Grâce à un financement de l'ambassade de suisse en Côte d'Ivoire, le groupe a bénéficié, pour la mise en oeuvre de la méthodologie d'élaboration des scénarios, de l'appui de trois experts belges dans le rôle de facilitateurs.

Après avoir analysé la crise ivoirienne sous tous ses aspects, notamment politique, social et économique, après avoir identifié les forces motrices qui traversent la société ivoirienne, après avoir dégagé les grandes incertitudes sur le futur et après avoir cerné les facteurs déterminants pour la sortie de crise, le groupe a élaboré sur la base d'un consensus, quatre scénarios de futurs possibles pour la Côte d'Ivoire.

Ces scénarios, qui décrivent ce que pourrait être la Côte d'Ivoire dans les dix prochaines années, ne constituent que des futurs possibles, présentés pour susciter et stimuler le débat, et insister sur le fait que la sortie de la crise ivoirienne sera façonnée par les actes et décisions des principaux acteurs de la vie politique, économique et sociale.

"UN dénouement heureux dans la crise ivoirienne est encore possible, bien qu'il n'y ait ni expédient ni solution miracle"; "pour y parvenir, le consensus est indispensable"; "une résolution de la crise par voie démocratique est une nécessité impérieuse". Voici quelques unes des conclusions du groupe des "scénarios pour la Côte d'ivoire".

Ce groupe conclut par ailleurs que la sortie est toute fois incertaine sans une dose  de bonne foi et que la fuite en avant est dangereuse. La Côte d'Ivoire n'inversera la tendance continue de son déclin pour amorcer une phase de croissance que si la crise politique est définitivement résolue et que sont mises en oeuvre des politiques économiques qui soutiennent le développement et le progrès social.

mercredi 3 décembre 2008

Sidiki Konaté est tombé sur la tête?


Sidiki Konaté, porte parole des forces nouvelles et ministre du tourisme et de l'artisanat, lors d'une conférence de presse organisée mercredi 02 Décembre 2008, a prévenu que "des jours sanglants" s'annonçaient sur le pays qui est engagé dans un difficile processus de sortie de crise, affirmant détenir "des preuves palpables d'un coup d' Etat en préparation contre Soro Guillaume leur secrétaire général et Premier Ministre." Selon Sidiki Konaté "Ce qui se passe, c’est que des anciens soldats des Forces nouvelles sont en train d’être transportés à Abidjan…pour tirer sur l’avion du Premier ministre ou sur son cortège" et que les auteurs présenteraient cette attaque comme "le prolongement à Abidjan d’un règlement de comptes entre les membres des Forces nouvelles." Faisant ainsi allusion à l'attaque d'une d'une de leur garnison par des dicidents qualifiés de pro IB ( Ibrahim Coulibaly) courant novembre 2008.

Pour les rebelles, le cerveau de ce complot n'est autre que monsieur Aphing N'Guessan, Président du FPI, qui lors d'une conférence de presse organisée le 26 Novembre 2008, faisait du désarmement et du rétablissement de l'autorité de l'Etat sur la partie du pays sous conrtôle rebelles un préalable à l'organisation d'élections crédibles. Par conséquent, ils demandent le retrait des ministres FPI du gouvernement et en font un préalable à la poursuite du processus de paix.

Cette malheureuse et irresponsable sortie de Sidiki Konaté indique tout simplement que les responsables des rebelles n'ont pas l'entière contrôle de leurs éléments mais aussi qu'ils n'ont aucun intérêt que ce processus aille à son terme, craignant des règlements de comptes post-crises de la part de certains de leurs éléments à qui ils ont promis monts et merveilles pour les enrôlés. Ils sont donc dans leurs logiques de tous essayés pour retarder voir empêcher le processus de sortie de crise. Pour combien de temps?

L'autre signataire des accords politiques de Ouagadougou, si sa volonté est qu'on sorte de cette crise, doit mettre la pression sur son Premier Ministre pour que le désarmement des rebelles mais aussi des milices pro-gouvernementales et la réunification du pays deviennent une réalité pour qu'enfin des élections crédibles soient organisées.

samedi 29 novembre 2008

Déclaration de Monsieur Aphing N'Guessan, Président du FPI


Dans la nuit du Dimanche 23 au lundi 24 novembre 2008, des individus armés ont attaqué la ville de Séguéla, précisément la prison civile et la poudrière des Forces Armées des Forces Nouvelles qui contrôlent la localité. De nombreux prisonniers, qui seraient des combattants proches de l'ex-com- zone KONE ZAKARIA en disgrâce et réfugié au Burkina Faso, ont été libérés et des armes ont été emportées. Des armes lourdes ont été utilisées et le bilan est lourd : 10 à 30 morts selon les sources, dont de nombreux civils soupçonnés de connivence avec les assaillants et sommairement exécutés après l'attaque. Dans le même temps (28 novembre 2008), des bruits de bottes se font entendre dans la région de Man. 30 prisonniers se sont évadés de la prison civile; des mouvements de combattants sont signalés et des informations récurrentes font état d'un embrasement imminent de la Région.
Les attaques de ces derniers jours viennent aggraver la situation d'insécurité généralisée dans laquelle sombrent les zones CNO sous contrôle de la rébellion des Forces nouvelles : cambriolages, braquages, coupeurs de routes, mutineries de combattants sont les situations quotidiennes vécues par les populations de ces zones abandonnées par l'Etat et livrées aux humeurs et à l'arbitraire de combattants armés sans foi ni loi. Alors le FPI s'interroge :
1 - Pourquoi ?
- Pourquoi deux ans après la signature de l'Accord politique de Ouaga, les populations des zones CNO continuent-elles de vivre hors de l'emprise de l'Etat, de subir l'arbitraire de combattants armés à travers des arrestations et des détentions arbitraires, des exécutions sommaires, et expéditives de mourir dans l'indifférence générale ? !
- Pourquoi deux ans après l'accord de Ouaga, le pays est-il toujours coupé en deux ; une partie du pays est-elle toujours prise en otage par des groupes armés qui refusent la présence de l'Etat et qui pillent impunément, au vu et au su de tous, les richesses nationales ? !
2 - Quand ?
- Quand prendra-t-elle fin cette situation aberrante et insupportable ? !
- Quand est-ce qu'enfin le Premier ministre de la République cessera d'être en même temps le chef d'une rébellion armée qui occupe illégalement une partie du territoire national où ne peuvent pas s'appliquer les lois de la République?
- Quand est-ce que l'Etat, à travers le Gouvernement, décidera enfin d'assumer vis-à-vis des citoyens de ce pays ses responsabilités régaliennes pleinement et totalement ; notamment d'offrir aux populations des zones CNO la Justice et la Sécurité qui leur sont dues, des Services publics de qualité et en quantité au même titre que leurs
frères et sœurs des autres régions ?
3 - Comment ?
- Comment peut-on parler d'élections ouvertes, justes et transparentes dans les conditions actuelles ?
- Est-il possible d'organiser dans la Paix et dans la sérénité et de façon crédible les opérations d'Identification et d'Enrôlement des électeurs dans ces zones soumises au diktat de combattants armés incontrôlés et incontrôlables ? !
- Quelles garanties donne-t-on aux responsables des partis politiques et à leurs militants qu'ils pourront, librement et en toute sécurité, circuler, se faire enrôler et contrôler les opérations d'Identification et d'enrôlement ?
Le FPI s'interroge.
La question essentielle de processus de paix, de l'Accord politique de Ouaga, la question du Désarmement et de la Réunification du pays est l'objet de dilatoire et de fuite en avant.
Or, tout est vain si le Désarmement des combattants et la restauration de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national ne sont pas effectifs.
L'Economie du pays risque de s'effondrer et la situation socio-politique de s'embraser si l'unicité des caisses de l'Etat n'est pas réalisée de façon urgente et la confiance des investisseurs, des opérateurs économiques et des bailleurs de fonds restaurée.
C'est pourquoi, le FPI :
- Lance un appel solennel au Président de la République, le Président
Laurent GBAGBO, et au Premier ministre SORO Guillaume, Secrétaire Général des Forces Nouvelles de faire le Désarmement et de la Réunification du pays leur principale priorité et agissent avec détermination afin que les élections se tiennent dans un pays pacifié, réunifié, normalisé ;
- Des élections sans Désarmement n'ont pas de sens ;
- Des élections sans Désarmement signifieront l'échec de l'Accord Politique de Ouaga ;
- Demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la sécurisation totale des opérations d'Identification et d'enrôlement dans les zones CNO et garantir la sécurité et la libre circulation de ses militants ;
- Appelle à la mobilisation totale de ses militants, de ses cadres, des Démocrates et de tous les patriotes pour assurer par leur présence massive dans les zones CNO et par une vigilance à toute épreuve, la réussite du processus d'enrôlement et la tenue prochaine d'élections crédibles ;
- Invite la Communauté Internationale à jouer pleinement sa partition, à soutenir matériellement et financièrement le processus de sortie de crise et à exercer les pressions adéquates sur les Forces Nouvelles afin qu'elles mettent fin à la souffrance des populations ivoiriennes à travers la fin de l'occupation illégale d'une partie du territoire national.
Abidjan, le 28 novembre 2008
Président du FPI
M. Pascal AFFI N'GUESSAN

Sur le fond, je suis d'avis avec le Président du FPI qu'aucune élection crédible ne peut être organisée dans ces conditions. Dans des billets précédents, j'ai relévé toutes ces difficultés inhérantes à la mauvaise volonté des deux signataires des accords politiques de Ouagadougou.
Monsieur Aphing N'Guessan semble rendre responsable de cette situation le Premier Ministre uniquement. Alors qu'il sait que dans le navire ivoire il y deux capitaines, qui seront co-responsables de l'échec ou de la réussite du processus de sortie de crise. Ne pas reconnaître cette réalité est synonyme de mauvaise fois. D'ailleurs son mentor, Monsieur Laurent Gbagbo, lorsqu'il était dans l'opposition, avait déclaré que "la mauvaise fois est la chose la mieux partagée en politique".

Pendant que les Ivoiriens meurent de faim Gbagbo et sa famille s`offrent 15 voitures à près d`un milliard

Quinze (15) voitures Toyota de type Land Cruiser GXR V8 rutilantes sont sorties depuis quelques jours du parking du guichet unique automobile. Ces véhicules dont le seul dédouanement a coûté toute une fortune (218.932.510 millions de F CFA) sont selon le bordereau d`envoi des soumissions N° 3085 / 08/ V/N du service des attributions du code occasionnel (SACO), la propriété de l`actuel chef de l`Etat ivoirien, Koudou Gbagbo Laurent. Le dédouanement d`un véhicule est revenu à 14.595.501f CFA. Le prix d`achat d`un véhicule s`élève à environ 40 millions. Ce qui revient à environ 55 millions par voiture. Calcul rapide, les 15 voitures donnent 825 millions de F CFA. Un montant qui n`est pas loin du milliard. Toujours selon le bordereau d`envoi des soumissions, le chef de l`Etat a décidé de prendre cinq de ces voitures et de repartir les dix autres véhicules comme suit. Quatre de ces voitures sont destinées à la première dame, Mme Simone Ehivet épouse Gbagbo, Mme Kipré née Gbagbo Djaya G a une voiture. La voiture ayant le numéro de châssis JTMHT09J185011285 est attribuée à Gbagbo Michel Koudou, et Gbagbo Gado Diazo Léa E a, elle aussi, une voiture. Ehouman épouse Appia Mart., Ehouman épouse Angounou, Ehouman épouse Singleton bénéficient chacune d`une voiture. Les souffrances du peuple ivoirien ne sont pas des priorités pour le chef de l`Etat qui aurait dû investir cette somme dans des projets utiles pour la population. Le chef des socialistes a préféré s`offrir des véhicules de luxe et en offrir à sa femme, à ses enfants et à ses proches en cette fin d`année 2008.

Lu dans le Nouveau Réveil ( de Jules Claver Aka)

vendredi 21 novembre 2008

Qui a intérêt à bloquer le processus électoral?

Ce mouvement de grève a pris des allures de bras de fer entre la Commission électorale indépendante et les agents concernés. Après moult tractations pour les amener à reprendre le travail, la CEI, en adéquation avec ses partenaires techniques en charge de l’identification, est passée à une phase coercitive. Dans un communiqué signé de son président Beugré Mambé, l’organe tutélaire du processus électoral a enjoint les grévistes à regagner leurs postes au risque de se voir remplacés par des candidats sur des listes d’attente. La CEI a haussé le ton. Elle a donné un ultimatum de quelques heures aux perturbateurs du processus électoral pour les contraindre à mettre fin à leur grève qu’elle estime illégale, au regard des efforts consentis pour répondre à leur revendication. Mais ces derniers n’ont pas repris le service et persistent dans leur mouvement malgré les négociations qu’ils ont eues avec leurs employeurs et qui auraient permis de lever des problèmes essentiels tels que la revalorisation acquise des salaires. Qu’est-ce qui, donc, pousse les grévistes à persévérer dans leur mouvement ? Qui a intérêt à ce que le processus électoral coince en entraînant encore d’autres retards dans le calendrier de sortie de crise ? Aujourd’hui, c’est la question fondamentale qui se pose. Ce, au moment où la CEI, elle-même, soupçonne des manœuvres souterraines pour ‘’entraver’’ l’identification et par delà, l’ensemble de ses actions. Au regard de ce qui oppose les agents grévistes à leurs employeurs, il y a matière à s’interroger sur les réelles motivations des plaignants, qui, semblent, parfois demander plus qu’ils n’en ont droit. Pour un emploi temporaire à durée très limitée à peine commencé, ils exigent des gratifications, à l’instar des employés à contrat indéterminé. Ces agents de l’identification se sont érigés en véritables syndicalistes, demandant ‘’l’immunité pour tous’’. Céder à toutes ces revendications sera une façon de cautionner une sorte d’impunité, porte ouverte à toute sorte de désordre et d’entrave au processus de sortie de crise suffisamment éprouvé par ce genre d’actes. Aujourd’hui, ce sont ces exigences, qui opposent la CEI aux agents d’identification et d’enrôlement grévistes dont les revendications actuelles sont loin de convaincre de leur bonne foi. Au départ, ces recrues de l’INS, de la SAGEM, de l’ONI et de la CNSI avaient des raisons très fondées pour manifester. Ils avaient des préoccupations très légitimes, qui étaient liées à leur traitement au sujet duquel les employeurs avaient initialement entretenu le flou. Mais, cette question de salaire et tous ses corollaires ne devrait plus poser problème, dès lors qu’ils ont tous signé un contrat de travail que personne ne les y a contraints. D’où tire-t-ils toutes ces revendications à caractère syndicaliste pour un service d’utilité publique frôlant le bénévolat et pour lequel ils sont rémunérés ? Que veulent réellement les agents grévistes ? Les opérations temporaires d’identification et d’enrôlement électoral sont-ils le lieu de monter ses talents de syndicalistes ? En tout cas, la CEI et ses partenaires doivent prendre leurs responsabilités afin d’éviter d’autres couacs au processus de sortie de crise et aux accords de Ouaga, dont certains observateurs n’hésitent plus du reste à annoncer son échec.
Par Félix D.BONY (L'Inter)