Le rôle des policiers selon Gbagbo Laurent

Vous êtes des policiers, vous n’êtes pas des juges... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Vos ennemis, ce sont tous ceux qui sont contre la République.Tous ceux qui veulent installer la chienlit, le désordre. Tous ceux qui veulent troubler les élections. Battez-vous contre le désordre, contre la chienlit… Ne réfléchissez pas, ce sont les juges qui réfléchissent. Vous êtes des combattants du respect de l’ordre public. S’il y a des dégâts, les juges rétabliront tout. La République se construit avec les Forces de l’ordre, avec les forces de combat… Moi, j’ai les bras de la République. Quand le moment arrive pour que je lance mes bras, je les lance.
Matez tous ceux qui sèment le désordre et après on réfléchira … Matez, matez, tous ceux qui sont contre la République... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Votre rôle n’est pas de réfléchir comme les juges. Ce sont les commissaires qui réfléchissent à votre place… Vous, votre rôle, c’est de mater, de mater…Le policier ne doit pas réfléchir… Il doit taper et s’il y a des erreurs, s’il y a des problèmes nous allons arranger…

Gbagbo Laurent, Chef de l'Etat ivoirien, à l'occasion de l'installation de la CRS 3 à Divo le vendredi 27 Août 2010


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jeudi 30 avril 2009

1er Mai : quelle utilité?

Un peu d'historique : Le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste "The Alarm" afin d'organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendues pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à tra vers les USA. Le mouvement se poursuit les jours suivants; le 3 mai, à Chicago, un meeting se tient près des usines Mc Cormick.
Trois ans plus tard, en 1889, le congrès de l'Internationale Socialiste réuni à Paris décidera de consacrer chaque année la date du 1er mai : journée de lutte à travers le monde.
Le "1er mai" sera d'abord récupéré par la révolution bolchévique, puis par les nazis, et enfin par le régime de Vichy qui le transformera en "Fête du travail", sans jamais réussir totalement à lui enlever son origine libertaire, en 1941 par la loi Belin en faisant de ce jour un jour chôme et payé.

A l'origine quête libertaire, le 1er Mai au fil des années s'est mué en revendications corporatistes. C'est l'occasion pour les syndicats de donner leur sentiment sur la politique socio-économique du gouvernement par des marches plus ou moins impressionnates dont le clou est la remise des cahiers de doléances au gouvernement.

En Côte d'Ivoire, chaque année les centrales syndicales sacrifie à ce rituel. Depuis quelques années, chaque 1er mai les centrales syndicales présentent la même litanie de revendications contenue dans un cahier de doléances remis au chef de l'Etat qui resteront dans les tiroirs de la présidence. Et le 1er mai suivant le même scénario recommence sans que les fonctionnaires ne voient leur situation sociale évoluée d'un iota. Et les centrales syndicales restent muettes comme une carpe.

A mon sens chaque 1er mai devait être suivi de négociations avec le gouvernement sur la base des cahiers de doléances présentés par les différentes centrales au nombre de trois. Ces négociations devant déboucher sur une feuille de route sociale en priorisant les actions à entreprendre par le gouvernement pour répondre aux attentes des fonctionnaires avec la mise en place d'un comité paritaire de suivi. Ce qui aurait l'avantage de réduire de manière significative la fréquence des grèves et de redonner tout son sens au 1er Mai.


mercredi 22 avril 2009

4ème accord complémentaire à l'Apo : quel bilan?

Le processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire est menacé par les intérêts économiques et politiques des signataires de l’accord politique de Ouagadougou selon le dernier rapport du groupe d'experts de l'Onu. Les échanges violents entre les deux camps autour de la compréhension et de l'application du 4ème accord complémentaire à l'Apo, par presse interposée n'est que la face visible de cet iceberg.

Le 4ème accord complémentaire à l'Apo, sensé régler définitivement les questions militaires qui plombaient le processus de sortie de crise,  a été signé le 22 décembre  2008. Après quatre mois d'application, quel bilan pouvons nous faire?

Ce 4ème accord traite de deux questions essentielles dans le processus de sortie de crise : il s'agit des questions relatives aux volets militaire et administratif de l'Apo.

Que dit le 4ème accord complémentaire des questions militaires?
Le titre II de cet accord dit en ses articles 2 ,3, 4 et 5 concernant le désarmement des ex-combattants et la mise en place de la nouvelle armée ivoirienne : "Article 2: Les deux Parties conviennent que les textes juridiques relatifs à la Nouvelle armée nationale seront élaborés et signés au plus tard dans un délai d'un mois à compter de la date de signature du présent Accord complémentaire. La mise en place effective de la Nouvelle armée nationale interviendra au plus tard un mois après l'investiture du nouveau Président de la République.
En attendant la mise en place de la Nouvelle armée nationale, le Centre de commandement intégré (Cci) poursuivra ses activités conformément aux dispositions des paragraphes 3.1.1., 3.1.2., 3.1.3, de l'Accord politique de Ouagadougou.
Article 3: Afin de favoriser l'organisation des élections dans de bonnes conditions, les deux Parties ont convenu de relancer, sans délai et sous la conduite du Cci et la supervision des Forces impartiales, le désarmement, le stockage des armes des deux Forces ex-belligérantes, ainsi que la démobilisation des ex-combattants des Forces nouvelles. En tout état de cause, ces opérations devront être achevées au plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle.
 Article 4: Afin d'accélérer la démobilisation des Ex-combattants des Forces Nouvelles, les Parties invitent le Gouvernement à verser au Ex-combattants démobilisés une prime ou aide directe de démobilisation d'un montant de cinq cent mille (500.000) francs CFA pour solde de tout compte. En tout état de cause, la démobilisation des ex-combattants des Forces armées des forces nouvelles (Fafn) devra être achevée au plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle.
Article 5: Concernant le démantèlement des milices, les deux Parties; conviennent d'entamer leur désarmement, le stockage de leurs armes et leur démobilisation sous l'autorité du Cci et sous la supervision des Forces impartiales, concomitamment avec la démobilisation des ex-combattants des Fafn. En tout état de cause le démantèlement des milices devra être achevé au plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle. Afin d'accélérer le démantèlement des milices, les parties invitent le Gouvernement à verser aux miliciens démobilisés une prime ou aide directe de démobilisation d'un montant de cinq cent mille (500.000) francs CFA pour solde de tout compte."


Que disent les dispositions des paragraphes 3.1.1, 3.1.2 et 3.1.3 de l'Apo?
Paragraphe 3.1.1: Dans un esprit de cogestion des questions liées à la défense et à la sécurité, les deux parties ex-belligérentes conviennent de créer un Centre de Commandement intégré chargé d'unifier les forces combattantes en présence et de mettre en oeuvre les mesures de restructurations des forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire.
Paragraphe 3.1.2: Le Centre de commandement intégré adoptera son organigramme et sera placé sous le commandement conjoint du Chef d'Etat Major des FANCI et du Chef d'Etat Major des FAFN. Il sera paritairement composé d'officiers  désignés par les deux Chefs d'Etat Major.
Paragraphe 3.1.3: Le centre de commandement intégré aura pour missions essentielles:
- la contribution à l'élaboration de la politique de défense et de sécurité;
- la mise en oeuvre du Programme National de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion (PNDDR) sous la supervision des forces impartiales;
- l'opérationnalisation des tâches militaires et de sécurité liées au processus de sortie de crise;
- la sécurisation des audiences foraines, des opérations d'identification, ainsi que la sécurité du processus électoral;
- la mise en place d'unités militaires et paramilitaires mixtes;
- la coordination des mesures visant à garantir la protection et la libre circulation des personnes et des biens sur toute l'étendu e du territoire national.
Constat: Les textes juridiques relatifs à la nouvelle armée ivoirienne ne sont pas encore signés. Le Cci n'est pas encore opérationnel. Le désarmement des ex-combatants et des milices n'est pas effectif.


Que dit le 4ème accord complémentaire des questions relatives au rétablissement de l'autorité de l'Etat et du redéploiement de l'administration sur l'ensemble du territoire national?
C'est le titre III de cet accords, en ses articles 8 et 9 qui traite de ces questions. ces articles disent ceci: "Article 8: Reconnaissant que la non réunification du pays et les lenteurs accusées dans la normalisation institutionnelle et politique constituent de sérieux obstacles à l'organisation d'élections justes, transparentes et démocratiques, les deux Parties conviennent que:
- Les agents de la fonction publique civile de l'Etat seront affectés dans la zone Centre - Nord - Ouest (Cno) par leur ministère respectif et prendront fonction au plus tard le 15 janvier 2009 ;
- Les magistrats des tribunaux et des cours d'appel, nommés dans la zone Cno, prendront fonction au plus tard le 15 janvier 2009. Leurs collaborateurs seront nommés par leur ministère de tutelle et prendront service au plus tard le 15 janvier 2009 ;
- Afin de favoriser la réouverture des tribunaux dans la zone Cno et la sécurisation de l'ensemble du processus l'électoral, les deux Parties conviennent que les Fds et les Fafn mettront à la disposition du Cci des éléments de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale, comprenant des officiers de police judiciaire, conformément aux dispositions de l'article 5 du Troisième Accord complémentaire du 28 novembre 2007 ;
- Les Préfets de régions, les Préfets de départements et les Sous-préfets nommés dans la zone Cno exerceront la plénitude de leur pouvoir au plus tard le 15 janvier 2009. A cet effet, une cérémonie de passation des charges avec les Commandants de zone et les commandements de secteur sera organisée.
Article 9: Le redéploiement de l'administration fiscale et douanière sur l'ensemble du territoire national, et en particulier dans la zone CNO, débutera immédiatement après la signature du présent Accord, sous la supervision du Représentant spécial du Facilitateur.
Les Forces impartiales contribueront à la sécurisation du personnel de l'administration ainsi déployé."

Constat : A ce jour, l'autorité de l'Etat, le redéploiement de toute l'administration et l'unicité des caisses ne sont pas effectifs.
 

Au total aucune disposition contenue dans ce 4ème accord complémentaire à l'Apo n'a connu un début de mise en oeuvre.

Le conclave accouche d'une souris

Le conclave, dit historique, tenu par les forces nouvelles le lundi 20 avril 2009 dans leur fief de Bouaké où des décisions courageuses devaient être prises, n'a finalement rien eu d'historique. Ce fut tout simplement une banale réunion de gens qui ne sont pas prêt à faire leur  part de sacrifice dans le processus de sortie de crise; une banale réunion de gens qui ne sont pas prêt à déposer les armes; une banale réunion de gens qui ne pas prêt de lâcher tous les biens et privilèges malhonnêtement acquis pendant ces années de crises; une banale réunion de gens qui ne supportent pas les critiques; une banale réunion de gens qui font tout pour retarder le processus de sortie de crise en accusant leurs adversaires d'hier, tous deux signataires de l'accord politique de Ouagadougou (Apo) qui aurait du nous  faire sortir de cette crise il y a belle lurette, de mauvaise foie dans l'application de cet accord; une banale réunion au cours de laquelle aucune décision courageuse n'a été prise.


Que retenir de ce conclave très médiatisé, comme une réunion capitale dans le processus de sortie de crise? Rien, sinon que les rebelles menacent de reconsidérer leur position dans le processus de sortie de crise si l'élection présidentielle n'a pas eu lieu en 2009. Faut-il les prendre au sérieux où considérer ceci comme un coup de bluff pour distraire les ivoiriens sur leur part de responsabilité dans la mise en oeuvre de l'Apo qu'ils ont librement signé avec le camp présidentiel.


Tout ce cirque me donne l'impression que l'Apo et ses nombreux accords additionnels ne sont rien d'autres qu'une pièce de théâtre, avec comme metteurs en scène le Premier Ministre Soro Guillaume, chef des rebelles et Le Président Laurent GBagbo, où le rôle des différents acteurs est réglé comme du papier à musique.

mercredi 15 avril 2009

Venance Konan, Journaliste-écrivain : "Côte d’Ivoire: Comédie présidentielle !"

Notre pays a fini par avoir son fameux statut de pays pauvre très endetté. Pour l'occasion, notre président bien-aimé a fait un grand discours non improvisé pour une fois, c'est dire combien le sujet était important, pour nous dire en gros que nous ne devions pas gaspiller ce qu'on allait nous prêter à nouveau, qu'il fallait payer en priorité ceux à qui l'Etat devait de l'argent (comme peut-être celui qui a fait les grands travaux très indispensables pour notre pays en cette période de crise que sont les palais de l'Assemblée ou du sénat à Yamoussoukro ?). C'est compris chef, on ne gaspillera pas. Mais comme ce n'est pas nous qui décidons et qui gérons cet argent qui va venir, je ne sais pas si c'est à nous qu'il faut dire tout cela.


Il y a malheureusement 19 personnes qui ne profiteront pas de toutes les belles perspectives que nous offre notre nouveau statut de pays pauvre très endetté. Il s'agit de celles qui sont mortes au stade. Pour l'occasion aussi notre chef bien-aimé a versé de chaudes larmes. Parce que la FIFA avait demandé qu'une minute de silence soit observée sur tous les stades du monde à la mémoire de nos morts. Notre chef a dit que pour une fois on avait manifesté de la solidarité envers notre pays. Et il y avait là effectivement pour un chef d'Etat de quoi pleurer. Mais pas quand les gens sont morts écrasés au stade, pas quand des femmes qui manifestaient contre la vie chère sont tuées, pas quand des personnes meurent parce qu'on a déversé des déchets toxiques sur eux, pas quand Marcellin Yacé et tant d'autres innocents ont été tués cette nuit du 19 septembre 2002 pour s'être trouvés au mauvais moment au mauvais endroit, pas quand une bonne centaine de personnes ont été tuées en mars 2004 par des bandes qualifiées de parallèles par le ministre Bléou, pas quand Fofié a enfermé des dizaines de personnes dans des containers jusqu'à ce que mort s'ensuive, pas quand les rebelles de Soro ont assassiné des gendarmes et leurs enfants à Bouaké, pas quand on a découvert un charnier de plus de 60 corps à Yopougon en 2000, pas quand des femmes du RDR ont été violées par des forces de l'ordre en 2000, pas quand l'étudiant Habib Dodo a été sauvagement tué par des membres de la FESCI, pas quand une étudiante a été violée par des éléments de la même FESCI, pas quand Badolo a été tué par des éléments des forces de l'ordre, pas quand Guéï et ses proches ont été sauvagement assassinés. Mais quand la FIFA demande qu'on observe une minute de silence pour nos morts. Ce qu'elle fait chaque fois qu'il y a des morts sur un stade. Je crois quand même que si les autres ne manifestaient pas de la solidarité à notre égard, nous n'aurions pas eu notre statut tant envié de PPTE, et ils ne seraient pas venus s'interposer entre nous pour nous éviter de nous manger les uns les autres.


On a donc créé une commission d'enquête pour retrouver les coupables de cette tragédie que tout le monde connaît. On a même fait mieux : on a confié l'enquête au principal suspect qu'est la police. Quel résultat attendez-vous ? Je ne sais plus quel homme politique français avait dit que lorsque l'on veut enterrer une affaire, on crée une commission. Remarquez quand même qu'on n'a pas eu besoin de commission pour enterrer l'affaire des escadrons de la mort qui ont tué des dizaines de personnes au début de la crise, et celle des plus de cent personnes tuées selon l'ONU les 25 et 26 mars 2004. Au fait, il y a eu une commission qui avait été créée par l'Assemblée nationale pour trouver ceux qui ont permis que la guerre de septembre 2002 ait lieu. Cela fait plus de six ans qu'elle existe. Qu'a-t-elle trouvé ? Je suppose qu'elle continue de chercher. Généralement les présidents et les membres de ces commissions sont très bien payés. Ne vous inquiétez donc pas pour eux. Pour les morts du stade, il se passera ce qui se passe d'habitude, comme dans l'affaire des déchets toxiques par exemple, c'est-à-dire que l'on mettra au trou quelques seconds ou troisièmes couteaux, les principaux responsables ne seront pas inquiétés et l'on attendra la prochaine catastrophe. Car il y en aura d'autres, bien entendu. A quoi vous attendez-vous lorsque la corruption est la chose la mieux partagée dans un pays, lorsque la seule valeur qui compte est l'argent vite et malhonnêtement gagné, lorsque l'on a élevé le jemenfoutisme, l'irresponsabilité, la promotion de l'incompétence, l'impunité en modes de gouvernement ? Ce à quoi nous avons abouti aujourd'hui, c'est la banalisation de ce genre de drame. Et c'est bien ce qu'ont illustré nos joueurs professionnels qui sont allés tranquillement danser en boîte de nuit après les morts du stade. Combien de morts ne jalonnent-ils pas notre récente histoire ? Et quelles ont été nos réactions après ? Qu'avons-nous fait et dit après ceux que j'ai évoqués plus haut ? Combien de personnes protestent-elles devant les abus flagrants des droits de l'homme dont nous sommes tous les jours victimes ? Combien de larmes avons-nous versées devant ces violations de nos droits les plus élémentaires ? Quelles mesures prenons-nous pour que cela ne se reproduise plus comme on le fait dans les pays civilisés ? Combien de marchés n'ont-ils pas brûlé dans ce pays ? Qu'avons-nous fait pour les empêcher de brûler à nouveau ? Combien de morts n'enregistrons-nous pas sur nos routes tous les jours ? Que n'a-t-on pas dit sur le racket des policiers ? Que faisons-nous pour lutter contre cela ? N'a-t-on pas entendu dans ce pays un ministre de l'Intérieur, Yao N'dré en l'occurrence, demander aux policiers de racketter moins ?


Oublions tout cela. Le Festival de cinéma de Cannes va s'ouvrir bientôt et j'en connais un qui a de sérieuses chances de figurer dans le palmarès du meilleur comédien. Ou du meilleur comique. Notre président bien-aimé qui est un homme sérieux a dit, lors de l'inauguration d'une usine de traitement du caoutchouc quelque part vers Dabou, que notre pays était en train d'entrer dans l'ère industrielle. Que c'est beau ! C'est ce qu'on nous dit chaque fois qu'un industriel vient planter une usine chez nous. Je me souviens des délires d'un Fologo après un séjour en Italie où un certain Dambiré lui avait fait miroiter un projet magnifique judicieusement baptisé Magnificat, qui devait construire des centaines de milliers de logements, transformer nos bidonvilles en riantes cités modernes, nous procurer des centaines de milliers d'emplois entre Abidjan et Moossou. Il avait dit que ce projet magnifique devait nous faire entrer dans l'ère industrielle, qui devait être le " second miracle de la Côte d'Ivoire ", celui de Gbagbo. Ce projet s'appelait " the future of Africa. " Je ne sais pas pourquoi mais chaque fois qu'on veut nous entuber, on emploie des mots anglais. Je ne sais pas si Gbagbo a écouté Fologo lui raconter cela sans rire. Si ça se trouve, il a peut-être pleuré de joie, émotif comme il est. Je suis désolé mais lorsqu'un pays veut sérieusement entrer dans l'ère industrielle, il ne laisse pas la FESCI tuer l'école. C'est par le sérieux qu'un pays met dans la formation de sa jeunesse que l'on apprécie sa volonté d'entrer dans l'ère industrielle. Ce n'est pas par des incantations magiques que cela se produit. Ce n'est pas parce que des centaines d'entreprises s'installeront dans une zone franche à Bassam où elles ne paieront pas d'impôts que nous serions entrés dans l'ère industrielle. Non. C'est lorsque nous aurions, dans un premier temps formé suffisamment de cadres pour faire fonctionner à peu près normalement notre pays, c'est lorsque dans un second temps nous aurions formé suffisamment de cadres capables d'inventer, de créer, de transformer la matière pour résoudre nos problèmes essentiels, pour que nous utilisions d'autres énergies que nos muscles, c'est à ce moment-là, oui, que l'on pourra peut-être parler d'ère industrielle. Nous en sommes très loin. Et nous risquons de ne jamais y arriver si nous ne commençons pas par en prendre le chemin. Ce n'est ni la taille, ni le nombre de palais d'un pays qui font de lui un pays industriel. C'est la qualité de son enseignement, et la qualité de ses cadres. Houphouët-Boigny qui n'avait pas fréquenté d'université l'avait compris, lui. C'est pour cela qu'il a construit des grandes écoles à Yamoussoukro et accordé des bourses à l'étranger à tous les Ivoiriens méritants. C'est de ces grandes écoles et de ces universités étrangères que sont sortis la plupart des cadres qui font tenir encore ce pays et qui font notre fierté à l'extérieur. Est-ce avec les cancres de la FESCI ou les analphabètes de la rébellion que l'on a déversés à tous les échelons de notre administration que l'on fera entrer ce pays dans l'ère industrielle ? Il ne faut quand même pas rêver ! Ce que nous pouvions espérer était d'être classé pays pauvre très endetté, et c'est bien ce que nous avons obtenu. Mais visiblement, ce que nous apprécions le plus, c'est lorsque nous nous jouons la comédie.


Venance Konan, Journaliste-écrivain ;email : venancekonan@yahoo.fr

mercredi 8 avril 2009

Pétrole ivoirien - Les très bonnes affaires de FAKHOURY

L’architecte s’est vu confier tous les travaux du transfert de la capitale payés en pétrole à 30 dollars le baril. Soit un bonus de 58 millions d’euros. Assez pour que le FMI réclame des explications. 

Les « grands travaux d’investissement de l’Etat » ivoirien ont fait au moins un bienheureux, l’architecte libano-ivoirien Pierre Fakhoury. Celui-la même qui s’est immortalisé sur l’un des vitraux de la basilique de Yamoussoukro qu’il a construite. Au total, ce sont deux protocoles d’accord, quatre avenants et douze contrats qui ont été signés entre le gouvernement ivoirien et le groupe Pierre Fakhoury Operator, PFO. 

Ces différents accords confient à l’architecte les « grands travaux d’investissement de l’Etat » : le transfert de la capitale à Yamoussoukro, le pont de l’île Boulay, la voirie, les réseaux divers et les aménagements paysagers de la zone administrative et politique de Yamoussoukro, le palais de la présidence de la République à Yamoussoukro, le terrassement de la zone administrative et politique et la voie triomphale, l’Assemblée nationale et le Sénat à Yamoussoukro, la construction de l’autoroute de contournement de la ville de Yamoussoukro, la rénovation du village Ivoire Hôtel et Ivoire Trade center à Abidjan, le mémorial Félix-Houphouët Boigny à Abidjan. 

Pour tous ces travaux, Fakhoury a obtenu à la fois, le contrat d’opérateur, d’études architecturales et techniques et de réalisation. Tous ces contrats n’ont fait l’objet d’aucun appel d’offres. Du gré à gré, reconnaît le Ministère de l’économie et des finances. 

Coût 

Quel en est le coût total ? Des centaines de milliards de francs CFA. Le futur pont qui portera le nom du président Laurent Gbagbo, est évalué entre 95 et 150 milliards CFA (144,8 millions et 228 millions d’euros) dans sa première phase, pour atteindre 700 milliards FCFA (1,06 milliard d’euros) en phase finale. Gré à gré, coût faramineux, ce n’est pas tout. Le mode de paiement est tout aussi inhabituel. Du troc. Travaux contre pétrole à un cours qui s’est révélé finalement bien plus bas que le marché. L’accord est conclu en 2005 alors que le baril de pétrole Brent est à 58,09 dollars à Londres, prévoit pour une livraison en 2008, le paiement de 30 dollars, « au risque de l’opérateur ». Mais en cas de surplus, l’opérateur encaisse quand même le tiers de la plus-value ! En 2005, était-il risqué de parier sur un baril à moins de 30 dollars ? 

Toutes les précisions dans Les Afriques No 70 à paraître jeudi 9 avril. 


Par Hance Guèye, Dakar 


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IMMOBILISME DANS L’APPLICATION DE L’APO La sortie de crise dangereusement compromise


Le processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire est dangereusement compris depuis la passation manquée des charges entre les préfets et les commandants de zone (Com-zone), le 4 mars 2009. Les forces nouvelles qui, jusque-là, avaient montré leur détermination à faire aboutir l’Accord politique de Ouagadougou (Apo) qu’ils ont signé avec le camp présidentiel, le 4 mars 2007, font entendre un autre son de cloche tout à fait différent des engagements qu’ils ont pris. Les Hommes de Guillaume Soro, notamment sur la question du désarmement et de la passation des charges entre les com-zones et les préfets, refusent de lâcher du lest et entendent marcher à leur rythme. Malgré la décision prise le 18 Mars 2009 par le chef de l’Etat Laurent Gbagbo, de ‘’donner un coup de fouet’’ à l’application du quatrième accord complémentaire à l’Apo, les forces nouvelles campent sur leur position. A savoir, ne pas déposer les armes avant les élections. En conséquence, elles se dressent contre tous les actes qui tendent à les conduire vers le désarmement. Il y a quelques jours, le chef d’état major des forces armées des forces nouvelles (Fafn), le général Soumaïla Bakayoko opposait un refus catégorique à la proposition du général Philippe Mangou, de redéployer les forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire (Fds-ci) dans les zones sous contrôle des Fn. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire ‘’Jeune Afrique’’ paru le lundi 6 Avril 2009, le com-zone des Fn à Bouna, Ouattara Morou levait un coin de voile sur la position de l’ex-rébellion par rapport aux questions délicates de l’application du quatrième accord complémentaire. ‘’...Nous allons également remettre les clés de nos zones aux préfets, mais pas à n’importe quel prix. Le ministre de l’Intérieur, Désiré Tagro souhaite passer en force. Pourquoi veut-il nous brusquer ? Il faut que les choses se passent en douceur’’ a indiqué le chef de guerre. Qui a été très clair par la suite : ‘’Quant au désarmement définitif, il sera réalisé par le président de la République issu de la prochaine élection. C’est lui qui indiquera la marche à suivre’’. Cette dernière position n’est pas celle du camp présidentiel qui continue de soutenir qu’il faut désarmer avant les élections. ‘’Il est bien difficile d’arracher les armes aux Fafn qui continuent à prélever des impôts à leur seul profit...Il faut que les Fafn renoncent à leurs avantages. Ces quelques personnes n’ont pas compris qu’elles compromettent l’avenir de millions d’Ivoiriens’’ a indiqué récemment à Bruxelles en marge de la 3éme conférence du forum progressiste mondial, le président du Front populaire ivoirien (Fpi, parti présidentiel), Pascal Affi N’guessan. Toutes ces différentes prises de position qui plongent l’application de l’Apo dans un immobilisme déconcertant, compromettent dangereusement la sortie de crise en Côte d’Ivoire. Les velléités guerrières semblent resurgir de part et d’autre. De sorte que l’on se demande si l’apparente entente entre le chef de l’Etat Laurent Gbagbo et son premier ministre Guillaume Soro (Secrétaire général des Fn) ne cache pas un réel malaise. Le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, Facilitateur du dialogue direct interivoirien semble impuissant désormais face au laxisme des signataires de l’Apo qui donnent l’impression de n’avoir pas totalement évacué les sentiments de méfiance et de prudence l’un vis-à-vis de l’autre.
BAMBA Idrissa (Soir Info)

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