Le rôle des policiers selon Gbagbo Laurent

Vous êtes des policiers, vous n’êtes pas des juges... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Vos ennemis, ce sont tous ceux qui sont contre la République.Tous ceux qui veulent installer la chienlit, le désordre. Tous ceux qui veulent troubler les élections. Battez-vous contre le désordre, contre la chienlit… Ne réfléchissez pas, ce sont les juges qui réfléchissent. Vous êtes des combattants du respect de l’ordre public. S’il y a des dégâts, les juges rétabliront tout. La République se construit avec les Forces de l’ordre, avec les forces de combat… Moi, j’ai les bras de la République. Quand le moment arrive pour que je lance mes bras, je les lance.
Matez tous ceux qui sèment le désordre et après on réfléchira … Matez, matez, tous ceux qui sont contre la République... Moi, mon père était militaire et après policier, donc je connais le rôle des policiers…Votre rôle n’est pas de réfléchir comme les juges. Ce sont les commissaires qui réfléchissent à votre place… Vous, votre rôle, c’est de mater, de mater…Le policier ne doit pas réfléchir… Il doit taper et s’il y a des erreurs, s’il y a des problèmes nous allons arranger…

Gbagbo Laurent, Chef de l'Etat ivoirien, à l'occasion de l'installation de la CRS 3 à Divo le vendredi 27 Août 2010


lundi 28 juin 2010

Affaire Tagro : ce que j’en pense


Le Président de l’assemblée nationale, Mamadou Koulibaly, en accusant le Ministre de l’intérieur, Désiré Tagro, tous deux cadres du FPI, parti au pouvoir, de détournement de fond et de trafique d’influence vient de lancer une bombe dans le marigot politique ivoirien dont certains observateurs de la scène politique ivoirienne doute des dégâts que pourrait faire son explosion. La seule conséquence pour le moment de cette affaire est de reléguer le processus électoral au second plan, comme si la priorité actuelle des ivoiriens est d’engager une opération main propre dans l’administration.

Les accusations portées contre le Ministre de l’intérieur concernant surtout le concours d’entrée à l’école de police ne sont pas des faits nouveaux. Tous ceux qui vivent en Côte d’Ivoire savent que tous les concours d’entrée dans l’administration ivoirienne sont payants (ENA, Ecole de police, Ecole de gendarmerie, Ecole des infirmiers et sages-femmes etc…). On avance même des sommes qui vous donnent le tournis : un à trois millions pour les régis financières (douane, impôts, trésor), commissaires de police, inspecteurs de l’enseignement primaire …

Déjà en 2007, le Président de la chambre de commerce et d’industrie au cours d’une émission (dont le nom m’échappe) organisée par la maison de production Martika où des personnalités de la société civile étaient invités pour débattre d’un sujet précis, avait attirer l’attention des autorités ivoiriennes sur la mafia qui s’est organiser autour de tous les concours d’entrée à la fonction publique ivoirienne où des sommes faramineuses étaient demandées aux candidats pour garantir leur succès. A cette époque, cela n’a choqué ni le Président de l’assemblée nationale, ni le Chef de l’Etat Laurent Gbagbo.

Toute cette mafia autour des concours, tous les cadres du FPI le savent. Certains en ont bénéficié. Mais personnes n’osent en parler ouvertement. Il y en même qui estiment que c’est un problème interne au FPI et que cette affaire qui concerne la gestion de l’Etat, n’aurait pas dû être portée sur la place publique. Seul Mamadou Koulibaly a eu le « courage » de dire publiquement ce que les ivoiriens savent déjà. Monsieur Mamadou Koulibaly est le Président de l’assemblée nationale, donc deuxième personnage de l’Etat, et 3ème vice-président du FPI. Ce qu’il dit n’a pas le même poids et le même écho que ce que le citoyen lambda dit.

Le Président de l’assemblée nationale aurait du aller au bout de sa logique en prenant l’initiative de la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire en élargissant son champ d’action à tous les concours organisés dans le pays au lieu d’attendre une requête des groupes parlementaires de l’opposition, si vraiment sa motivation est que la vérité soit connue des ivoiriens et que cette pratique mafieuse disparaisse à jamais de l’administration ivoirienne. A moins que Mamadou Koulibaly pense, comme un certain Nicolas Sarkozy, en se regardant chaque matin dans le miroir à l’après Gbagbo. Cette affaire dont il est à l’origine serait alors l’occasion rêver de se donner une image de monsieur propre dans la conscience des ivoiriens qui sauront s’en souvenir au moment opportun.

En accusant Soro Guillaume et Sagem dans une affaire de pot de vin de 10 milliards, l’objectif visé par le Chef de l’Etat, candidat à sa propre succession dans une élection présidentielle maintes fois reportée, ne serait-il pas de discréditer Sagem, opérateur technique de cet interminable processus électoral qui est vu du camp présidentiel comme une structure favorable à l’opposition et le Premier ministre Soro Guillaume, maître d’œuvre du processus de sortie de crise dans le cadre de l’accord politique de Ouagga (APO) ?

Le Chef de l’état à saisi le procureur de la république pour enquêter sur les accusations du Président de l’assemblée nationale, sans suspendre le mise en cause, et lui déposer les conclusions dans un délais de 30 jours. Espérons simplement que Le Procureur Tchimou aura le courage et l’audace de faire son boulot en ne recherchant la vérité rien que la vérité, et que les résultats qu’il présentera au peuple ivoirien soit convainquant et ne soit pas entachés de suspicions.

lundi 21 juin 2010

Affaire Tagro


Par un communiqué lu dimanche 20 juin 2010, après la fin du match Côte d'Ivoire–Brésil, par Gervais Coulibaly, porte-parole du président de la République, au cours du journal télévisé de la RTI 1ère chaîne (la télévision publique), le président Laurent Gbagbo a saisi le Procureur de la République aux fins de diligenter urgemment une série d’enquêtes. Voici le contenu de ce communiqué : "Ivoiriennes, Ivoiriens, populations vivant en Côte d’Ivoire, Le 2 juin 2010, au cours du Colloque qui s’est tenu à l’Assemblée Nationale sur les 20 ans du multipartisme en Côte d’Ivoire, Monsieur Mamadou Koulibaly, Président de l’Assemblée Nationale, a accusé Monsieur Désiré Tagro, Ministre de l’Intérieur, d’avoir recruté massivement à l’Ecole Nationale de Police, les ressortissants de sa tribu d’origine et d’avoir négocié l’Accord Politique de Ouagadougou qui aurait échoué. Dans la foulée de ces déclarations, certains organes de presse, reprenant ces accusations, ont en outre accusé le Ministre de l’Intérieur d’avoir détourné pour son compte les sommes allouées à l’organisation du Hadj ainsi qu’une partie de celles versées par la Société TRAFIGURA, dans le cadre de l’indemnisation des victimes des déchets toxiques. Face à toutes ces accusations, le Président de la République vient de saisir ce jour, Monsieur Tchimou Raymond, Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan Plateau, à l’effet d’ouvrir une enquête sur les faits précis suivants : 1. Quel est le nombre d’admis au concours d’entrée à l’Ecole Nationale de Police, Session 2007, 2008 et 2009 qui sont originaires des sous-préfectures de Saioua et Nahio, tous Corps confondus ? Vérifier également si le Ministre de l’Intérieur a directement ou indirectement marchandé les places mises au concours ou s’il a fait obstruction aux poursuites engagées contre une personne qui les aurait marchandées. 2. Le Ministre de l’Intérieur a-t-il détourné pour son compte ou pour le compte d’autrui les sommes d’argent mises à la disposition des éditions 2007, 2008,2009 du Hadj et à quel montant s’élèvent ces détournements ? 3. Le Ministre de l’Intérieur a-t-il détourné les sommes payées à l’Etat de Côte d’Ivoire par la Société TRAFIGURA pour l’indemnisation des victimes des déchets toxiques ? 4. Le Ministre de l’Intérieur a-t-il perçu seul ou avec autrui (notamment le Premier Ministre), la somme de dix milliards de francs CFA qui lui auraient été versée à titre de commission par la société S.A.G.E.M. Sécurité. Le Procureur de la République devra dans un délai d’un mois, à compter de ce jour, dresser rapport de ses investigations".

Ce communiqué me laisse perplexe. Primo, je trouve que les 3o jours sont insuffisants pour mener une enquête sérieuse concernant ces différents dossiers. Secondo, le fait que le Premier Ministre Soro Guillaume soit cité dans un des dossiers ne met-il pas en danger le processus de sortie de crise ? Et si à travers ces enquêtes, la véritable cible est le Premier Ministre. Il n'est un secret pour personne que le camp présidentiel cherche à se débarrasser de Soro Guillaume. Ce qui leur permettra d'organiser les elections à leur convenance. Tertio, si le but de ces enquêtes est de faire éclater la vérité, le ministre Tagro doit être suspendu de ses fonctions le temps que durera les investigations du procureur. Les accusations contre le ministre de l'intérieur émanent tout de même du Président de l'assemblée nationale qui est de surcroit le troisième vice-président du FPI, parti au pouvoir.

mardi 15 juin 2010

RTI : Rêve ou réalité

Dimanche 13 juin 2010, une journée de pluie sur Abidjan qui a rendu le carrefour indénié, comme d'habitude, impraticable. Ce jour, regardant le journal télévisé de 20h de la première chaine de la télévision ivoirienne par obligation, parce que lorsque je suis chez ma femme à Bingerville, c'est la seule chaine dont elle dispose, j'ai cru rêver. je ne regarde jamais le journal télévisé de la RTI. Notre télévision, la chaine des grands évènements a transformé le journal télévisé, grand moment d'informations, en émission de propagande pro-Gbagbo.
Ce jour-là, j'ai eu l'impression de rêver. Le journal n'a duré qu'une trentaine de minutes. Pendant ces trentes minutes d'informations à l'ivoirienne, ni le nom de son excellence Gbagbo Laurent, Président de la république, ni les noms des nombreux mouvements de soutien au candidat Gbagbo qui pillulent sur la scène politique ivoirienne n'ont été cités par le journaliste. Même pas un "petit reportage" sur leurs activités ; alors que d'habitude, c'est ce qui fait la substance du journal télévisé.
Ce jour-là, il y a eu tout de même un reportage sur les activités de la première dame, Simone Ehivet Gbagbo. Elle n'a pas parler de politique mais de dévéloppement. Elle n'a même pas fait allusion à son mari.
A la fin du journal, la commission nationale de la communication et de l'audiovisiuelle (CNCA) a donné le temps d'antenne des mouvements politiques et de la société civile qui place le camp présidentiel largement devant.
Peut-être que c'est l'explication de mon rêve.

mercredi 21 avril 2010

En grande difficulté énergétique, la Côte d'Ivoire vend du courrant au Burkina


La Côte d'Ivoire, confrontée depuis février à des coupures de courant, a promis mardi de fournir de l'électricité au Burkina Faso qui subit le contrecoup de la situation chez son voisin et fournisseur.

La Côte d'Ivoire va exporter dès jeudi 15 à 20 mégawatts au Burkina, indique un communiqué publié au terme d'une visite de 72 heures à Abidjan du ministre burkinabè des Carrières et de l'Energie, Abdoulaye Cissé.

Cette fourniture doit atteindre 25 à 30 mégawatts début mai pour se situer à 50 mégawatts fin juin. Les exportations sont censées reprendre début juillet leur "cours normal".

M. Cissé a appelé les deux pays à "faire des efforts communs pour surmonter (leurs) difficultés énergétiques".

La Côte d'Ivoire, qui a découvert en février la vie au rythme des délestages à la suite d'une panne dans une de ses centrales électriques, s'engage donc malgré sa "situation difficile" à respecter les termes du contrat qui la lie au Burkina.

Grâce à l'interconnexion entre les deux voisins, la Côte d'Ivoire fournit 25 mégawatts de courant depuis 2001 à la deuxième ville du Burkina, Bobo Dioulasso (ouest), et 86 mégawatts à Ouagadougou depuis décembre 2009.

Ouagadougou, Bobo Dioulasso et plusieurs autres villes de ce pays sahélien, qui reçoivent en partie l'électricité ivoirienne, subissent des délestages depuis plusieurs semaines.

Source AFP

Quelle idée de vendre du courant alors qu'on arrive pas à satisfaire sa propre consommation. Ce qui est inique dans tout çà, c'est que le gournement en signant le contrat de décembre 2009 savait que les ivoiriens allait subir la dureté d'une longue période de délestage. C'est tout simplement irresponsable.

Que les ivoiriens meurent par faute de courrant dans les hôpitaux, le pouvoir s'en fou. Que les entréprise licencient du fait du délestage, c'est le cadet de leur soucis.

Comment peut-on acheté du courant au Ghana pour essayer d'atténuer le délestage et dans le même temps en vendre ? Cela dépasse l'entendement du cytoyen.

On nous a dit que ce second délestage serait moins ressenti par la population. C'est le contraire qui se passe. Une fois de plus, on nous a menti.

Sur cette affaire de vente de courant au Burkina, le Chef de l'Etat doit des explications à la nation. Mais dans ce pays les autorités peuvent faire ce qu'il veulent car pour eux le peuple n'existe pas. Tout se résume à eux. Un point c'est tout!

vendredi 9 avril 2010

curriculum vitae de notre Afrique apres 50 ans de carriere

Objet : CURRICULUM VITAE

NOM : Continent
PRENOM : Africain
AGE : Berceau de l'humanité.
SITUATION MATRIMONIALE : Célibataire avec plus d’un milliard d’enfants.
CONTACT : Au sud de l’Europe, à l’est de l’Amérique.

Objectif : Mettre mes enfants et mes ressources à la disposition des autres pour contribuer à leurs développements.

DOMAINES DE COMPETENCE

Coups d’Etats, guerres, génocides.

ETUDES ET FORMATIONS

-Hautes études à l’ESOCE (Ecole Supérieure Occidentale de Commerce d’Esclaves).
-Hautes études à l’AFRIQUE (L’Africaine de Formation pour la Réélection des Incompétents, Querelleurs, Usurpateurs et Egoïstes).

DIPLÔMES OBTENUS

-Le MRTS (Médaille de Reconnaissance du Tirailleur Sénégalais).
-Le GPRTT (Génocide le Plus Rapide de Tous les Temps).
-Le CPRMPP (Continent le Plus Riche Mais le Plus Pauvre).
-Le CPTS (Continent le Plus Touché par le SIDA).
-Le CPDPP (Continent ou les Présidents Durent le Plus au Pouvoir).
-Le PMDDP (Premier en Matière de Détournement de Deniers Publics).
-Le CPE (Continent le plus endetté).
-Le CN (Continent ''Noir'')

EXPERIENCES

-Participation aux deux guerres mondiales.
-Mes coups d’Etats:
•1952 : Égypte, Mohammed Naguib renverse Farouk Ier
•1958 : Soudan, Ibrahim Abboud renverse Abdullah Khalil
•1963 : Congo, David Moussaka et Félix Mouzabakani renversent Fulbert Youlou
•1963 : Togo, Emmanuel Bodjollé renverse Sylvanus Olympio
•1965 : Algérie, Houari Boumédiène renverse Ahmed Ben Bella
•1965 : Zaïre, Mobutu Sese Seko renverse Joseph Kasa-Vubu
•1966 : Burkina Faso, Sangoulé Lamizana renverse Maurice Yaméogo
•1966 : Burundi, Michel Micombero renverse Ntare V
•1966 : Centrafrique, Jean Bédel Bokassa renverse David Dacko
•1966 : Nigeria, Johnson Aguiyi-Ironsi renverse Nnamdi Azikiwe

•1966 : Ouganda, Milton Obote renverse Edward Mutesa
•1968 : Mali, Moussa Traoré renverse Modibo Keïta
•1969 : Libye, Mouammar Kadhafi renverse Idris Ier
•1969 : Soudan, Gaafar Nimeiry renverse Ismail al-Azhari
•1971 : Ouganda, Idi Amin Dada renverse Milton Obote
•1973 : Rwanda, Juvénal Habyarimana renverse Grégoire Kayibanda
•1974 : Éthiopie, Aman Andom renverse Hailé Sélassié Ier
•1974 : Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Aman Andom
•1974 : Niger, Seyni Kountché renverse Hamani Diori
•1975 : République fédérale islamique des Comores, Saïd Mohamed Jaffar renverse Ahmed Abdallah
•1975 : Nigeria, Yakubu Gowon renverse Johnson Aguiyi-Ironsi
•1975 : Tchad, Noël Milarew Odingar renverse François Tombalbaye
•1976 : Burundi, Jean-Baptiste Bagaza renverse Michel Micombero
•1976 : République fédérale islamique des Comores, Ali Soilih renverse Saïd Mohamed Jaffar
•1977 : Congo, Joachim Yhombi-Opango renverse Marien Ngouabi
•1977 : Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Tafari Benti
•1978 : République fédérale islamique des Comores, Said Atthoumani renverse Ali Soilih
•1978 : Mauritanie, Mustafa Ould Salek renverse Moktar Ould Daddah
•1979 : Centrafrique, David Dacko renverse Bokassa Ier
•1979 : Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo renverse Francisco Macías Nguema
•1979 : Tchad, Goukouni Oueddei renverse Félix Malloum
•1979 : Ouganda, Yusufu Lule renverse Idi Amin Dada
•1980 : Burkina Faso, Saye Zerbo renverse Sangoulé Lamizana
•1980 : Guinée-Bissau, João Bernardo Vieira renverse Luis de Almeida Cabral
•1980 : Au Libéria, Samuel Doe renverse William Richard Tolbert
•1981 : Centrafrique, André Kolingba renverse David Dacko
•1982 : Burkina Faso, Jean-Baptiste Ouédraogo renverse Saye Zerbo
•1982 : Tchad, Hissène Habré renverse Goukouni Oueddei
•1983 : Burkina Faso, Thomas Sankara renverse Jean-Baptiste Ouédraogo
•1983 : Nigeria, Muhammadu Buhari renverse Shehu Shagari
•1984 : Guinée, Lansana Conté renverse Louis Lansana Beavogui
•1984 : Mauritanie, Maaouiya Ould Taya renverse Mohamed Khouna Ould Haidalla
•1985 : Ouganda, Basilio Olara Okello renverse Milton Obote
•1985 : Soudan, Swar al-Dahab renverse Gaafar Nimeiry
•1986 : Soudan, Ahmed al-Mirghani renverse Swar al-Dahab
•1987 : Burkina Faso, Blaise Compaoré renverse Thomas Sankara
•1987 : Burundi, Pierre Buyoya renverse Jean-Baptiste Bagaza
•1987 : Tunisie, Zine el-Abidine Ben Ali renverse Habib Bourguiba
•1989 : Soudan, Omar el-Béchir renverse Ahmad al-Mirghani.
•1990 : Libéria, Prince Johnson renverse Samuel Doe
•1991 : Mali, Amadou Toumani Touré renverse Moussa Traoré
•1992 : Algérie, le Haut conseil de securité renverse Chadli Bendjedid
•1995 : République fédérale islamique des Comores, Ayouba Combo renverse Said Mohamed Djohar
•1996 : Burundi, Pierre Buyoya renverse Sylvestre Ntibantunganya
•1996 : Niger, Ibrahim Baré Maïnassara renverse Mahamane Ousmane
•1997 : Zaïre/République démocratique du Congo, Laurent Désiré Kabila renverse Mobutu Sese Seko
•1999 : Union des Comores, Azali Assoumani renverse Tadjidine Ben Said Massounde
•1999 : Côte d'Ivoire, Robert Guéï renverse Henri Konan Bédié
•1999 : Guinée-Bissau, Ansumane Mané renverse João Bernardo Vieira
•1999 : Niger, Daouda Malam Wanké renverse Ibrahim Baré Maïnassara
•2003 : Centrafrique, François Bozizé renverse Ange-Félix Patassé
•2003 : Guinée-Bissau, Verissimo Correia Seabra renverse Kumba Yala
•2005 : Mauritanie, Ely Ould Mohamed Vall renverse Maaouiya Ould Taya
•2008 : Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz renverse Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi
•2008 : Guinée, Moussa Dadis Camara s'accapare du pouvoir à la mort de Lansana Conté
•2009 : Madagascar, Andry Rajoelina dénonce et renverse à une vitesse impressionnante le régime de Marc Ravalomanana

-2010 : Niger, Djibrilla Hamidou renverse Tandja Mamadou



AUTRES CONNAISSANCES

Analphabétisme, déscolarisation, chômage et appauvrissement.

LOISIRS

Troubles, faire beaucoup d’enfants et famine.

samedi 3 avril 2010

Palabre autour du désarmement


Le camp présidentiel en engageant cette polémique, montre une fois de plus sa mauvaise foi et son peu d’empressement à aller à l’élection présidentielle, alors tous les sondages réalisés par la Sofrès, y compris le dernier qui vient de paraître, donnent Gbagbo Laurent vainqueur dans tous les cas de figure. Alors de quoi a-t-il peur ?

Le camp présidentiel en faisant croire que le désarmement concerne uniquement les ex-rebelles fait une lecture tronquée et à son profit du quatrième accord complémentaire de Ouagadougou. Que dit cet accord ? A l’article 2 il est écrit ceci : « Les deux Parties conviennent que les textes juridiques relatifs à la Nouvelle armée nationale seront élaborés et signés au plus tard dans un délai d'un
mois à compter de la date de signature du présent Accord complémentaire. La
mise en place effective de la Nouvelle armée nationale interviendra au plus tard
un mois après l'investiture du nouveau Président de la République ». Concernant le désarmement proprement dit, les articles 3, 4 et 5 en fixent les modalités :
- Article 3: Afin de favoriser l'organisation des élections dans de bonnes conditions,
les deux Parties ont convenu de relancer, sans délai et sous la conduite du Cci et la
supervision des Forces impartiales, le désarmement, le stockage des armes des
deux Forces ex-belligérantes, ainsi que la démobilisation des ex-combattants; des
Forces nouvelles. En tout état de cause, ces opérations devront être achevées au
plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection présidentielle.
Les armes recueillies seront stockées par le Cci, sous la supervision des Forces
Impartiales.
- Article 4: Afin d'accélérer la démobilisation des Ex-combattants des Forces
Nouvelles, les Parties invitent le Gouvernement à verser au Ex-combattants
démobilisés une prime ou aide directe de démobilisation d'un montant de cinq cent
mille (500.000) francs CFA pour solde de tout compte. En tout état de cause, la
démobilisation des ex-combattants des Forces armées des forces nouvelles (Fafn)
devra être achevée au plus tard deux mois avant la date fixée pour l'élection
présidentielle.
- Article 5: Concernant le démantèlement des milices, les deux Parties; conviennent
d'entamer leur désarmement, le stockage de leurs armes et leur démobilisation
sous l'autorité du Cci et sous la supervision des Forces impartiales,
concomitamment avec la démobilisation des ex-combattants des Fafn. En tout état
de cause le démantèlement des milices devra être achevé au plus tard deux mois
avant la date fixée pour l'élection présidentielle.
Les armes recueillies seront stockées par le Cci, sous la supervision des Forces
Impartiales.
Afin d'accélérer le démantèlement des milices, les parties invitent le
Gouvernement à verser aux miliciens démobilisés une prime ou aide directe de
démobilisation d'un montant de cinq cent mille (500.000) francs CFA pour solde de
tout compte.

A la lecture de ces quelques articles, on se rend compte que toutes les conditions pour le bon déroulement du processus Ddr ne sont pas réunies. Le Ministre de la défense Amani N’Guessan vient de déclarer que l’Etat n’a pas les moyens de payer les cinq cent mille francs cfa sans rien proposer de concret ; le démantèlement des milices n’est pas effectif ; tous les textes réglementaires que le Chef de l’Etat Laurent Gbagbo doit signer pour faciliter le processus Ddr ne le sont pas ; le centre de commandement intégré (Cci) qui préfigure la nouvelle armée et chargé du désarment, le stockage des armes des deux forces ex-belligérantes ainsi que la démobilisation des ex-combattants des forces nouvelles n’est pas fonctionnel.

Toute cette polémique, après l’épisode de dissolution de la Cei et du gouvernement, n’a qu’un seul objectif : c’est de retarder au maximum l’élection présidentielle que Gbagbo n’est pas sur de gagner pour qu’il puisse organiser son cinquantenaire de l’indépendance car cet évènement fait partie de sa stratégie électorale. C’est après cela qu’on pourra avoir une certaine lisibilité de l’horizon électoral ivoirien.

Si Gbagbo tient à ce que l’élection présidentielle puisse s’organiser dans les trois mois à venir, il gagnerait à créer les conditions, dans l’esprit et dans la lettre du quatrième accord complémentaire de Ouagga, pour que le processus Ddr puisse effectivement s’achevé deux mois avant l’élection présidentielle, au lieu de passer tout son temps à susciter des polémiques par son camp. Il va s’en dire le désarmement entraînera ipso facto la réunification du pays. C’est le seul grand service qu’il peut rendre à toute la Côte d’Ivoire.

mercredi 24 mars 2010

Le brave et les bandits ?



Le mardi 23 mars 2010 s’est déroulée à l’aéroport international Félix Houphouët Boigny de Port-Bouët, la pose de la première pierre de l’Hôtel international Onomo, Laurent Gbagbo déclare : «comme depuis un moment je n’ai pas parlé, je ne vais pas parler longtemps. Mais certains peuvent se poser des questions sur les débats qui ont lieu sur la sortie de crise. Vous savez, je suis très fatigué. Donc la nuit avant de dormir, je regarde beaucoup les films surtout les films westerns sur DVD. J’ai achevé totalement une série de films. Ces films je les regarde vers 2 à 3 heures du matin puis je m’endors. Mais il est bien de savoir que ces films sont conçus de la même façon.....Mais n’oubliez pas que dans les films westerns, les grandes batailles ne s’engagent qu’à la fin du film. Quand les uns et les autres parlent, crient et se renvoient la balle c’est qu’on est à la fin du film. On-est-à-la-fin-du-film ».
Ce que le Chef de l'Etat ne dit pas, c'est que ces films werstern se terminent toujours dans la violence : le sang coule, il y a des morts. Aussi, dans un film werstern il y a un brave, des bandits et parfois des indiens. Et le brave gagne toujours. Alors qui est le brave ? Certainement lui.

samedi 20 mars 2010

Gbagbo commande un Falcon 900 à… 13 milliards de F.CFA !


Gbagbo achète un avion privé à plus de… 13 Milliards de F.CFA ! (oui, vous avez bien lu). Alors que la population ivoirienne dort dans le noir, il y a pénurie d’eau à Abidjan et dans plusieurs villes ivoiriennes, deux Ivoiriens sur quatre n’ont pas deux repas par jour… L’information – très confidentielle – a été dévoilée par la Lettre du Continent n°583.

Démentie par la présidence ivoirienne, l’info a été reprise et confirmée par la Lettre du continent dans sa dernière édition n°584 en date du 18/03/2010 sous le titre de « Ô mon beau Falcon ! »

Le Président Laurent Gbagbo aurait passé commande d’un Falcon 900 (de seconde main) pour la bagatelle somme de 20 millions d’Euros dont 4 millions de commission. Cet avion hyper luxueux transportant 12 à 14 passagers viendra s’ajouter à la flotte présidentielle, déjà riche de deux vieux Grumman (certes) achetés au temps d’Houphouët-Boigny (le Fokker 100 présidentiel est toujours hors d’usage, après l’auto( ?) attentat contre le Premier ministre ivoirien Soro Guillaume à Bouaké, en juin 2007).

Ce «bijou», dont rêve aussi le centrafricain Bozizé, pourrait être livré en juin prochain, c’est-à-dire à peine un mois avant le cinquantenaire de la Côte d’Ivoire (le 7 août 2010), une célébration à laquelle l’Historien-Président tient. Avec une telle dépense de prestige que d’aucuns pourraient qualifier de «folie», au moment où la Commission électorale indépendante (CEI) manque de façon criarde de moyens financiers ; l’on pourrait déduire que les élections, ce n’est pas pour demain la veille. Et que Laurent Gbagbo compte bien se maintenir au pouvoir…

La Rédaction de Connectionivoirienne.net

vendredi 5 mars 2010

A quand le bout du tunnel ?

La CEI rétablie mais pas encore fonctionnelle, le gouvernement au grand complet depuis hier. Cette crise née de l’affaire des 429 000 personnes issues du croisement interne de la CEI, version Beugré Manbé et de la double dissolution de la CEI et du gouvernement par le Président candidat Laurent Gbagbo, aura retardé le processus électoral de plus d’un mois. Est-ce la dernière crise ? Je n’en suis pas sûr.

Deux autres bombes à retardement attendent les ivoiriens. La première est prête à exploser. Nous avons eu un avant goût ; un avant goût meurtrier avec sont lot d’édifices publiques saccagés avant qu’il ne soit suspendu par le Chef de l’Etat et son Premier Ministre. Je veux parler du contentieux judiciaire. Le FPI est convaincu que la liste de 5 300 000 personnes croisées positivement est truffée de fraudeurs. Le camp présidentiel tient donc à épurer cette liste par des radiations massives. Ce que l’opposition au sein du RHDP est prête à contester même dans la violence. Toute cette tension parce que les juges sont soupçonnés de rouler pour le camp présidentiel car le poste est en jeu. La preuve les substituts du procureur de Divo et de Sinfra ont reçu une nouvelle affectation par un décret pris par le Chef de l’Etat sans l’avis du ministre de la justice. Leur faute qui a mis le grand manitou dans tous ses états est d’avoir jugé irrecevable des requêtes en radiation présentées par son camp. Cette bombe risque de faire beaucoup de dégâts si les protagonistes ne se mettent pas autour d’une table pour trouver un consensus sur le listing électorale.

La deuxième bombe concerne le désarmement et la réunification du pays. L’accord complémentaire 4 de Ouaga stipule que le désarmement doit s’achever deux mois avant l’élection présidentielle. A quelle étape se trouve le processus de désarmement ? Mystère. La mise en place du centre de commandement intégré (CCI), le préforma de la nouvelle armée, piétine. Du com’zone et du corps préfectoral, on ne sait pas qui est le véritable responsable des villes de la zone ex-rebelle. L’unicité des caisses est loin d’être une réalité. Cette situation constitue un argument pour le camp présidentiel qui pourra s’en servir après la bataille du listing électoral.

En tant qu’observateur la vie politique de la Côte d’Ivoire, le constat que je fais du processus électoral, médicament magique qui nous sortira de la crise, est qu’à chaque étape de ce processus il y a trouble. Le début des audiences foraines s’est fait dans la violence. Violence provoquée par le camp présidentielle. Ce qui entraîna la chute du gouvernement Banny et l’avènement de l’accord politique de Ouaga. On pensait qu’avec ce nouvelle accord signé entre le camp présidentiel et les rebelles qui consacra Soro Guillaume premier ministre et présenté comme un model, les violences et sans l’implication de l’ONU, la violence était derrière nous. On dit souvent que chasser le naturel, il revient au galop. A peine commencé, l’identification et l’enrôlement connu sont lot de violences avec des sites saccagés et des valises de la SAGEM volées par des partisans de gbagbo Laurent.

L’APO a eu trois ans hier. Prévu à sa signature pour mettre fin aux souffrances des ivoiriens dans un délai de dix mois par l’organisation d’élection présidentielle dans la transparence, trois ans après les ivoiriens ont du mal à voir le bout du tunnel. La mauvaise fois des hommes politiques, la peur de perdre l’élection présidentielle avec tous les privilèges de cette fonction, la course effrénée à l’enrichissement illicite dans cette situation (la mangeocratie) dont les seules victimes sont ceux qui n’ont pas accès au partage du gâteau et ce sont les plus nombreux constituent les principaux obstacles au bon déroulement du processus électoral.

Attention au jour, si vous n’organisez pas les élections, où le peuple comme un seul homme, exaspéré, vous dira, vous les dirigeants politiques, ça suffit. Il est temps que vous oubliez vos petites personnes, il est temps que vous pensez pour une fois de votre vie au peuple.

lundi 22 février 2010

Suspension de France 24, Franck Anderson Kouassi en militant FPI

La diffusion de la chaîne de télévision France 24 a été « suspendue » lundi en Côte d’Ivoire pour « traitement non professionnel de l’information » concernant « l’actualité politique » récente dans le pays, a annoncé l’organe ivoirien de régulation des médias.

Le Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA) a pris « une mesure conservatoire » visant la diffusion de la chaîne, « en attendant la délibération du Conseil », a déclaré à l’AFP son président Franck Anderson Kouassi.

« La décision prise vendredi est entrée en vigueur ce lundi », a-t-il ajouté, expliquant cette mesure par le traitement par France 24 de « l’actualité politique » récente, sans plus de précision, toujours selon AFP.

Si France 24 traitement l'information l'information de manière non professionnelle, que dire de la RTI. Cette chaîne publique, sensée refleter l'ensemble des opinions politiques, ne fait que de la propagande pro-Gbagbo à longueur de journée. Notre chaîne nationale est devenue un organe de presse du camp présidentiel.

Franck Anderson Kouassi, le PPrésident du CNCA, s'il veut être conséquent avec lui-même, par à l'interdiction de France 24, doit interdire aussi la diffusion de la RTI 1ère chaîne. A moins qu'il n'ait revêti ses habits de militant FPI. Parce que dans la situation actuelle, chaque responsable doit déclarer de quelque manière que se soit sa flamme au grand Manitou. Sinon .....

Ainsi va la démocratie sous la refondation !

samedi 20 février 2010

Le Chef d'Etat major dans ses habits de militant


Hier au journal télévisé de 20h de la chaîne des grands évènements (RTI), le Général Mangou, Chef d'Etat major des forces armées ivoiriennes (CEMA), accompagnés de deux de ces collaborateurs a lu un communiqué, après la tuérie de Gagnoa, région natale de Laurent Gbagbo,donnant la position des militaires dans la situation socio-politique que connait actuellement le pays après la double dissolution du gouvernement et de la CEI.

On nous a maintes fois repeté que l'armée était républicaine. Ce qui veut dire que tous les ivoiriens devaient se reconnaître dans leur armée. Ce qui veut dire que l'armée reste neutre dans le débat politique et qu'elle n'a pas à prendre position pour un camp.

Hier dans la déclaration du CEMA, c'est tout le contraire que nous avons constaté. Le CEMA a clairement pris position pour le camp présidentiel, menaçant les learders de l'opposition d'arrestation.

Le CEMA, sur qui courrait des rumeurs de mise en résidence surveillée par le grand Manitou, a cru bon se saisir de cette occasion pour démontrer à son vénéré Chef qu'il reste loyal et fidel quelque soit ce la situation. Cette déclaration intervien aussi dans le contexte du coup d'Etat qui s'est produit au Niger qui a du certainement troublé le sommeil du grand Manitou qu'il fallait rassurer.
Cette déclaration de Mangou montre bel et bien que l'armée ivoirienne n'est pas républicaine mais partisane
Attention à la tandjanite (le syndrome Tandja)...

lundi 15 février 2010

C’est reparti en Côte d’Ivoire


La poudrière ivoirienne est allée chercher sa propre boîte d’allumette. C’est le moins qu’on puisse dire après la décision prise vendredi par Laurent Gbagbo de dissoudre et le gouvernement et la Commission Electorale Indépendante.

Une décision qui n’est pas restée sans réponse puisque le rassemblement des « houphouettistes animé par les poids lourds Bédié et Ouattara est formel depuis hier : pour lui, Gbagbo n’est plus le chef d’Etat de la Côte d’Ivoire mais l’auteur d’un coup d’Etat annoncé nul et de nul effet. Voilà donc rouvertes les tranchées que l’on croyait à jamais refermées au pays d’Houphouët et ce n’est une bonne nouvelle pour les Ivoiriens qui voulaient mettre derrière eux la lourde parenthèse de sang versé au nom de l’ethnie et du pouvoir. Et même s’ils ont appris à faire avec les sautes d’humeur de son voisin qui crée la moitié de leurs ressources, les pays de l’Uemoa, eux non plus, ne doivent plus être rassurés. Pas plus que Guillaume Soro : le Premier ministre, cette fois-ci du seul Gbagbo, sait, malgré sa bonne contenance et ses propos consensuels, que le décret qui l’a reconduit le week-end est plus mortel que les roquettes lancées contre son avion quelques années plus tôt. Il était soupçonné déjà de faire du travail fractionnel, lui qu’on disait rouler pour Ado, donc une partie de l’opposition ; il eut, en outre, quelques difficultés avec des têtes fortes de Forces nouvelles. Le décret du vendredi décantera désormais les choses et ce ne serait pas forcément à son profit. C’est pourtant le médiateur Compaoré qui a encore du pain sur la planche. Il attendait conformément à son approche de la médiation que les parties au conflit lui acheminent leurs positions pour qu’il les rapproche dans sa synthèse à lui. Pour rester dans le dossier, il lui faudra désormais enfiler sa tenue de pompier. La soudaineté et l’ampleur du feu, même-là, pourraient être dissuasives. C’est, sans doute, reparti pour la Côte d’Ivoire.

Adam Thiam

Le Journal du Mali

samedi 13 février 2010

Côte d'Ivoire yako

Le Chef de l’Etat candidat, alors qu’on attendait les propositions du facilitateur Blaise Compaoré, a décidé hier vendredi 12 février dans une intervention télévisée, de dissoudre la CEI et le gouvernement, selon lui pour mettre fin à la crise qui secoue la CEI et sauver l’accord politique de Ouagadougou. A première vue cette décision a été prise de manière unilatérale et cavalière. D’ailleurs Gbagbo a toujours crié à qui veut l’entendre qu’il n’y a pas d’opposition en Côte d’Ivoire, il peut donc ne faire qu’à sa guise. Un objectif visé par le Chef de l'Etat en prenant une telle décision est d'écarter le RHDP du cadre institutionnel du processus électoral, colonne vertébrale de la sortie de crise. Cette décision montre aussi que Laurent Gbagbo n'est pas un homme de compromis. Il prospère dans la confrontation, dans l'épreuve de force. L'opposition politique n'a pas d'armée, donc il n' a aucune considération pour elle. Soro Guillaume a une armée et un territoire, donc il le menage. C'est le principe de l'équilibre de la terreur. Jetez un coup d'oeil sur le parcours politique de Gbagbo. Son cursus politique est jalonné d'épisode de violance. D'ailleurs, son accession à la magistrature suprême ne s'est-elle pas faite dans la violance, dans le sang d'innocents ivoiriens qui ont cru défendre la démocratie. Gbagbo au pouvoir, les a royalement rayé de sa mémoire. Ne me parlez surtout pas de ce triste monument, dit des martyrs.

Cette décision, contrairement à l’argumentation de Laurent Gbagbo, plonge la Côte d’Ivoire dans une incertitude et met un coup de frein au processus consensuel de sortie de crise, donc à l'accord politique de Ouaggadougou. Quand est-ce que ce fameux gouvernement va être mise en place et avec quelle configuration ? Quelle sera l’architecture de cette nouvelle CEI ? Se fera-t-elle en concertation avec les autres candidats à l’élection présidentielle ? Ou bien ça sera une CEI à la solde du grand Manitou ? Le véritable problème de Mambé n’est pas l’affaire des 429 000 personnes issues du croisement interne, ce n'est qu'un prétexte, mais plutôt son esprit d’indépendance vis-à-vis du Chef de l’Etat. D’ailleurs Miaka Oreto, le secrétaire général du FPI a affirmé sur ONUCI-FM que son parti n’était pas tout à fait d’accord avec cette composition de la CEI qui n'est pas à leur avantage, qu’il n’a jamais eu confiance en Beugré Mambé et qu’il savait qu’une telle situation se présenterait. A chacun de tirer sa conclusion.

Le candidat Gbagbo veut user de tous les moyens pour gagner l’élection présidentielle : avoir la CEI sous son contrôle ; instrumentaliser la justice pour radier des noms de personnes que son camp a décidé qu’elles ne sont pas ivoiriennes. Il y a deux alternatives qui se présentent au Chef de l’Etat candidat ; soit il organise l’élection présidentielle dans les conditions qui lui sont favorables avant juin 2010 pour prendre en compte la mise en garde du conseil de sécurité de l'ONU et qui lui permettent de gagner avec certitude, soit il organise l’élection présidentielle à ses conditions en Octobre 2010 après avoir célébré son cinquantenaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Parce qu'il estime être le maître du jeux.

Qu’elle sera la réaction des partis de l’opposition, de la communauté internationale et de même que Blaise Compaoré, facilitateur de la crise ivoirienne ?

La stratégie du camp présidentiel pour gagner les élections est en marche.

Ainsi va la démocratie ivoirienne sous la refondation.

Que Dieu protège les ivoiriens !

vendredi 12 février 2010

Mandela : un homme exceptionnel


Il y'a 20 ans, les premiers pas d'homme libre de Mandela, libéré par Frédéric Déclerc le 11 février 1990. Elu en 1994 premier Premier noir de l'Afrique du Sud, il décida, au terme d'un seul mandat de se retirer du pouvoir et de la vie politique pour donner une chance à la nouvelle démocratie de son pays arc-en-ciel, alors sa popularité était à son sommet. Bel exemple d'humilité, de sagesse et d'amour du peuple. Que le Tout Puissant donne encore longue vie à ce model vivant pour tous les africains et le monde entier.

Au moment de cet hommage universel rendu à Mandiba, Blaise compaoré, le faciltateur des conflits de la CDEAO, cherche à modifier la constitution du Burkina Fasso pour s'éterniser au pouvoir. Pauvre Afrique.

jeudi 11 février 2010

Deux magistrats sanctionnés pour avoir fait leur boulot

Le Chef de l’Etat Laurent Gbagbo vient de prendre un décret à l’insu du Ministre de la justice pour relever deux magistrats de leur fonction et les affecter dans une autre juridiction. Il s’agit du substitut du procureur résident de Divo et de celui de Sinfra. Motif de cette sanction : ces deux magistrats ont jugé irrecevable des plaintes pour radier plusieurs électeurs de la liste électorale provisoire, parce que la procédure en la matière n’a pas été observée. Voilà le crime que ces deux magistrats ont commis. Le camp présidentiel ayant mis en place une stratégie de radiation massive de pétitionnaires du listing électoral avec la complicité obligée des magistrats. Celui qui osera aller à l’encontre des instructions données par le grand Manitou, qui veut à tout prix gagner l’élection présidentielle, sait désormais à quelle sauce il sera mangé. Ne dit-on pas que qui veut aller loin ménage sa monture.

Quand je regarde dans le rétroviseur politique, cette affaire me rappelle une autre. Celle du juge Ballo Bi de Dimbokro qui avait délivré un certificat de nationalité à Alassane Ouattara et qui avait subit le courroux de Bédié, alors Chef de l’Etat. Le FPI à cette époque avait vivement dénoncé cette sanction qui foulait aux pieds l’indépendance des juges. Les hommes changent, les pratiques demeurent….

Après cela, on viendra expliquer au peuple que Gbagbo Laurent est le plus démocrate des présidents africains et patati patata…. Et de fois ce sont des intellectuelles qui se livrent à ce jeu. Quand les poches sont pleines, on est prêt à tout. Cette situation m’amène à me poser la question suivante : la Côte d’Ivoire est-elle un pays démocratique ? Un pays où les juges sont sous la tutelle du pouvoir en place. Alors que l’indépendance de la justice est un élément fondamental de toute démocratie. En Afrique, on a l’impression que la démocratie se résume en l’existence de plusieurs partis politiques et en l’organisation d’élections. C’est désolant …..

Au moment où j’écris ce billet, j’apprends que le contentieux judicaire est suspendu par le Chef de l’Etat et le Premier Ministre jusqu’à nouvel ordre.

Ainsi va la démocratie ivoirienne sous la refondation !

mardi 9 février 2010

Côte d’Ivoire Le ministre de la Justice interdit de télévision


La République serait-elle tombée sur la tête ? Le garde des sceaux ministre de la Justice et des Droits de l`Homme a été interdit du Plateau de la télévision nationale première chaîne par les responsables de la Rti tout simplement parce que le substitut du procureur de la République devrait y intervenir. Or, le parquet est sous la tutelle du ministre de la Justice. Une véritable injure et entorse aux valeurs républicaines. Comment en effet dans un pays sérieux, l`on peut humilier un ministre devant son propre subalterne ? Le ministre de la Justice Koné Mamadou devrait en effet lancer un message aux magistrats et agents du système judiciaire impliqués dans la gestion du contentieux électoral. Son passage au journal de 20 heures avait été programmé depuis la veille. Le ministre était même à bord de son véhicule de commandement et avait pris la direction de la Rti lorsqu`il a été joint par téléphone par les responsables de la Rti qui lui ont signifié qu`il n`était plus attendu à la télévision parce que le substitut du procureur, donc subordonné hiérarchique, devrait intervenir. Tout simplement renversant !
Akwaba Saint-Clair

Le Nouveau Reveil

la RTI est-elle devenue un organe du FPI ?

Remplacement de substituts résidents du procureur de Divo et de Sinfra : Laurent Gbagbo a encore violé la Constitution

Les substituts résidents du procureur à Divo et à Sinfra ont été remplacés. La décision est tombée hier comme un couperet. Le président Laurent Gbagbo a pris un décret pour remplacer ces magistrats. Mais cette décision a été apparemment prise en violation de la Constitution et de la loi portant sur le statut des magistrats. Si le chef de l’Etat est le seul habilité à faire des nominations et autres réaffectations dans l’administration et dans l’armée en ce qui concerne les hauts cadres, il ne dispose pas dans le domaine judiciaire d’un pouvoir discrétionnaire. La Constitution en son article 106 et l’article 5 de la loi portant sur le statut des magistrats stipulent que les nominations, les affectations, les déplacements des magistrats du Parquet se font sur proposition obligatoire du ministre de la Justice. Il est vrai que c’est le chef de l’Etat qui signe le décret, mais en matière d’administration judiciaire la Constitution et la loi lui font obligation de le faire sous proposition du ministre de la Justice. Pour les juges du siège, il faut non seulement l’avis de la tutelle, mais surtout sous proposition préalable du Conseil supérieur de la magistrature. Les juges de grade inférieur sont également soumis à un minimum de protection. Dans tous les cas, le chef de l’Etat ne peut pas décider de façon unilatérale en la matière sans violer la Constitution. Nos sources nous indiquent que le Garde des Sceaux qui était hier en déplacement à Bouaké n’a pas été consulté dans cette décision. Laurent Gbagbo a donc pris sur lui, de violer la Constitution sans aviser la hiérarchie. C’est donc une atteinte terrible à l’indépendance de la magistrature. Dans cette affaire, l’on constate que Laurent Gbagbo a plus agi pour protéger des intérêts particuliers que l’intérêt de la nation comme le lui recommande la Constitution. Cette décision intervient après que les substituts résidents de Divo et de Sinfra ont refusé de cautionner les radiations arbitraires du FPI. Le substitut résident de Divo, on se le rappelle, par des réquisitions conformes à la loi, avait requis l’irrecevabilité des demandes pour radiation introduites par le FPI. Le juge du Parquet avait estimé au cours de la première audience que les demandes devaient être introduites obligatoirement devant la CEI avant de saisir le tribunal. Il a également estimé que les demandes en radiation devaient être accompagnées de pièces justificatives. Conformément au code électoral et à la procédure en vigueur. A Sinfra, le substitut du procureur ne voulait pas, non plus, cautionner les jugements du président du tribunal . Le chef de l’Etat a décidé de mener une guerre contre tous les magistrats qui ont décidé de faire barrage au FPI dans sa volonté de spolier la nationalité à de milliers d’ivoiriens. Malheureusement, en foulant au pied la loi au risque de commettre un parjure, il y a de quoi à désespérer de la Côte d’Ivoire. Car avec un président qui ne respecte aucune règle, les jours à venir s’annoncent difficiles pour la République.

Jean-Claude Coulibaly (Le Patriote)

Politiquement incorrect Et alors ? Par Venance Konan

Par Venance Konan – L’Inter

Le vendredi dernier une amie très chère m’a appelé de Bouaké pour me dire qu’il n’y avait plus d’électricité dans la ville depuis 30 heures. L’eau aussi venait d’être coupée et on ne pouvait plus utiliser les téléphones cellulaires. Malgré toute l’amitié que j’ai pour cette dame, j’ai eu envie de lui dire « et alors ? » Oui, Catherine, on a coupé l’électricité et l’eau à Bouaké, et alors ? Qui veux-tu que cela dérange dans ce pays ? Souviens-toi, en novembre 2004, on a coupé l’eau, l’électricité et le téléphone dans tout le nord du pays pendant plusieurs semaines. Cela avait commencé le jour de nos bombardements sur la zone rebelle. Les bombardements ont duré trois jours. Mais l’eau, l’électricité et le téléphone sont restés coupés pendant des semaines. Qui s’en est offusqué ? Qui s’est plaint ? Ces bombes avaient d’ailleurs tué plusieurs autres personnes en dehors des soldats français et de l’Américain. Qui a parlé de ces personnes ? En mars 2004, on a tué au moins 120 personnes à Abidjan à l’occasion d’une marche projetée par l’opposition. Qui parle de ces morts ? Qui a porté plainte contre ce massacre ? Même l’opposition dont ils étaient des militants, l’as-tu entendue ? L’as-tu entendue menacer, ne serait- ce que pour la forme, de se retirer du gouvernement en signe de protestation contre ce massacre ? Nous serons bientôt en mars. Tu verras si une seule personne de cette opposition ira déposer ne serait-ce qu’une simple fleur sur la tombe de l’une de ces victimes, ou appelera à une minute de silence, juste une seule minute, en leur mémoire. Tu verras, Catherine, tu verras. Souviens-toi encore, il y a deux ans, une grenade avait déchiqueté neuf enfants le jour de l’an à Bondoukou. Plusieurs autres avaient été grièvement blessés. C’était pendant la période où un bâtiment avait pris feu à la RTI. Toute la Côte d’Ivoire avait défilé à la télévision pour pleurer sur le bâtiment en partie seulement endommagé. Il y a eu les évêques, les imams, les partis politiques, les syndicats, les chômeurs, les transporteurs, les prostituées, tout le monde. Qui as-tu vu verser une larme ou aller apporter un peu de compassion aux familles des enfants tués, et aux blessés ? Aucun évêque, aucun imam, aucun pasteur. Il a fallu plus d’un mois avant que la ministre Peuhmond ne daigne aller rendre visite aux blessés. Que vaut une vie humaine dans ce pays ? Qui s’est d’ailleurs préoccupé de savoir d’où était venue cette grenade ? Sous nos yeux, ici, des gens de la FESCI ont tué le jeune Habib Dodo et sauvagement violé une jeune fille sur le campus, des gardes républicains ont tués un certain Badolo. Cela fait des années que je m’égosille pour demander justice pour tous ces gens que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam. As-tu entendu une seule voix me répondre ? As-tu compté tous les morts qu’il y a eu dans ce pays depuis 2002 ? Qui pense à eux ? Qui pense à ceux que les rebelles ont sauvagement tués à Bouaké, les gendarmes et leurs enfants assassinés, Marcellin Yacé, les gens que Fofié a enfermés dans des containers, ceux que les escadrons de la mort ont tués, qui pense à eux ? On a coupé l’électricité et l’eau à Bouaké, à Ouellé, à Niakara, et alors ? Tout comme cette guerre de 2002 dont nous avions été prévenus plusieurs mois à l’avance, les responsables de la CIE et de la SODECI nous avaient avertis depuis plusieurs mois que nous risquions d’avoir des problèmes d’approvisionnement en électricité et en eau. Qui s’est-il senti concerné par cela ? De nos gouvernants à nous-mêmes, toi et moi compris, qui s’est senti concerné ? Ceux qui ont les moyens de s’offrir des groupes électrogènes l’on déjà fait. Le reste de la population ? Il n’a qu’à avoir les moyens de s’acheter des groupes électrogènes, c’est tout ! Si la population ivoirienne n’a pas encore compris que son sort laisse tout le monde totalement indifférent, eh bien, tant pis pour elle ! La Sir et Gestoci nous ont déjà dit qu’on risque de ne plus avoir de carburant. Et alors ? Qui voulez-vous que cela dérange ? Vous croyez qu’on n’a rien d’autre à faire ? Depuis des années nos marchés, magasins, administrations, maisons, et plantations brûlent les uns après les autres. Tout le monde en connaît les raisons : branchements électriques anarchiques, bouches d’incendies obstrués par les magasins, malveillance, mais qui cela préoccupe-t-il ? Bernabé est parti en fumée ? Le « black market » aussi ? Et alors ? Avant eux ce fut Orca, les marchés de Cocody, de Treichville, de Yamoussoukro…La vie n’a-t-elle pas continué ? Tu le sais bien, Catherine, la seule chose qui nous intéresse est qu’aucun Burkinabé ne s’inscrive sur notre liste électorale. Pour ça, oui, nous sommes prêts à descendre dans la rue, hurler notre colère, sortir nos machettes et gourdins. Pour tout le reste, on s’en fout complètement. Le pays peut brûler comme c’est le cas en ce moment, on peut vivre dans l’obscurité, sans eau courante, sans rien à manger, on peut augmenter tous les prix comme on veut, on peut nous déverser toutes sortes de déchets toxiques sur la tête, nous tuer tous un par un, on s’en fout complètement. Mais gare à l’étranger qui voudra voler notre belle nationalité ! Catherine, j’en suis désolé, mais ton pays est peuplé de « moutons ». Nous ne pousserons pas un seul cri lorsque l’on nous passera le couteau sur la gorge. Alors, s’il te plaît, ne viens plus nous déranger pour tes problèmes d’eau et d’électricité pendant que nous sommes en train d’achever la construction de nos nouveaux palais, de satisfaire nos maîtresses qui deviennent de plus en plus exigeantes (elles veulent maintenant la nouvelle voiture que Peugeot est en train de fabriquer en Chine pour les Chinois), et pendant que nous sommes en train d’apprêter nos costumes et robes pour célébrer les cinquante ans d’indépendance de notre pays.

Venance Konan
venancekonan@yahoo.fr

lundi 8 février 2010

Lotérie électorale

Qui bien malin pourrait dire quand aura lieu l’élection présidentielle. L’accord politique de Ouagadougou est en très grand danger car la colonne vertébrale de cet accord voulu par le Chef de l’Etat Laurent Gbagbo, l’élection présidentielle devient de plus en plus hypothétique. Le candidat Laurent Gbagbo, l’initiateur de cet accord, en accusant le Président de la CEI de fraude sur le listing électoral, vient sans doute de signer le certificat de décès de cet accord, malgré les efforts du Premier Ministre, l’autre signataire, de calmer le jeu et de rassurer les différents protagonistes, surtout le camp présidentiel. Curieusement, le Président du Burkina Fasso, Blaise Compaoré, facilitateur de la crise ivoirienne, reste muet comme une carpe. Le facilitateur serait-il exaspéré par les crises à n’en point finir qui jalonnent le processus de sortie de crise ?

D’ailleurs l’ONU, à travers le dernier communiqué de son conseil de sécurité concernant la crise ivoirienne, vient de lancer une sévère mise en garde aux autorités ivoiriennes les menaçant de reconsidérer les relations de l’ONUCI avec la Côte d’ivoire si l’élection présidentielle n’avait pas lieu avant juin 2010. Cette attitude de fermeté traduit l’exaspération et la lassitude de la communauté internationale devant les crises à répétition et le report incessant de la date de l’élection présidentielle. Le fait que le Directeur de la banque mondiale, lors de sa visite dans notre cher pays, ait lié le point d’achèvement du PPTE à la tenue de l’élection présidentielle, laisse de marbre les autorités ivoiriennes.

Tout ce mic mac traduit le manque de volonté notoire des acteurs de la scène politique ivoirienne, surtout du camp présidentiel alors que tous les sondages donnent vainqueur leur candidat dans tous les cas de figure, à aller à l’élection présidentielle. Chaque camp tire d’une façon ou d’une autre avantage de cette situation, ignorant totalement la souffrance du peuple.

Cette énième crise traduit bien, à l’analyse, une véritable crise de confiance et la hantise de chaque camp à perdre l’élection présidentielle. D’où cette lutte farouche pour le contrôle de la CEI. Amenant ainsi les acteurs politiques à s’inscrire dans une logique d’affrontement. Aucun camp n’est psychologiquement près à accepter sa défaite éventuelle. Ce ne sont pas des adversaires mais des ennemies politiques, engagés dans une bataille épique pour le contrôle des richesses de la Côte d’Ivoire et de la manne financière d’après crise. Et c’est là le malheur des ivoiriens.

Finalement, je crois que la solution radicale pour une paix durable et définitive en Côte d’Ivoire passe par les trois mesures suivantes
- L’ONU doit prendre toute ses responsabilités dans la résolution de cette crise. L’ONUCI ne doit plus être dans une mission d’accompagnement du processus de sortie de crise qui a atteint ses limites. Il est question d’imposer la paix par la mise à l’écart de la scène politique ivoirienne de Gbagbo, Bédié et Alassane qui depuis 1993 sont responsables des malheurs des ivoiriens et de Soro Guillaume.
- Une transition de trois ans avec des hommes et des femmes non marqués politiquement, sous la haute autorité de l’ONUCI
- Une dissolution du FPI, du RDR et du PDCI car ces partis politiques n’existent qu’à travers leurs leaders et sont ethniquement très marqués et cela tient des circonstances de leur création. Ces partis seront remplacés par de nouveaux partis avec de nouveau leaders.

Que Dieu ou Allah protège la Côte d’Ivoire car je ne crois plus à la capacité des trois, voire des quatre de sortir mon pays de cette situation.

vendredi 5 février 2010

Le cinquantenaire selon Gbagbo


Le dimanche 31 janvier 2010, rendant visite à un ami de l’école primaire, J’ai été surpris de voir une cérémonie qui avait lieu à la présidence de la république (je regarde très rarement la RTI) en présence du maître des lieux. Renseignement pris, il s’agissait du lancement de l’année du cinquantenaire de notre très cher pays, déchiré par une crise politique depuis 2002. A cette occasion le Chef de l’état a prononcé un discours d’environ une trentaine de minutes où il a demandé aux africains de réfléchir sur ce qu’ils ont fait de ces cinquante ans d’indépendances. Cette réflexion est nécessaire pour faire l’autopsie des Etats africains et surtout réfléchir sur le future de nos Etat.

La seule fois où Laurent Gbagbo a évoqué le nom du premier président de la Côte d’Ivoire, c’était de se poser la question de savoir pourquoi Houphouet Boigny qui était si populaire a opté pour le parti unique. Et cela sur un ton ironique. Peut-on parler d’indépendance de la Côte d’Ivoire sans rendre hommage au premier président de la Côte d’Ivoire. Tout le monde connait le parcours de Félix Houphouet Boigny au temps colonial. C’est en grande parti grâce au combat qu’il a conduit que la Côte d’Ivoire est devenu indépendante. Qui est à l’origine de l’abolition du travail forcé ? C’est Houphouet Boigny. Et Gbagbo Laurent en tant qu’historien le sais. Même si on déteste le lapin, il faut reconnaître qu’il a de grandes oreilles et qu’il court vite.

Ce discours du Chef de l’Etat, m’amène à me poser la question suivante : qu’el est l’intérêt de la célébration en grande pompe de ce cinquantenaire dans une période aussi trouble que celle que nous vivons actuellement avec l’affaire des 429 000 électeurs qui plombe le processus électoral, donc la sortie de crise ? Pour moi la célébration de cet évènement devrait se faire dans un climat de réconciliation nationale, occasion de renforcement de l’unité nationale, de rassemblement de tous les ivoiriens. Les conditions politique, économique, sociale et psychologique sont-elles réunies pour la célébration de ce cinquantenaire ?

L’impression que j’ai eue en écoutant ce discours est que le processus électoral, colonne vertébrale de la sortie de crise, n’est plus la priorité de Laurent Gbagbo. Pour lui la priorité des priorités est la célébration du cinquantenaire qu’il compte conduire jusqu’à son terme. Le Chef de l’Etat en a fait une affaire personnelle comme si célébrer cet évènement est pour lui une victoire sur ses adversaires politiques. D’ailleurs le Premier Ministre à briller par son absence à cette cérémonie de lancement.